Procréation articficielle

— Je suis contre la PMA [procréation médicalement assistée] parce qu'elle consiste à stimuler hormonalement le corps de la femme pour provoquer le mûrissement de plusieurs ovules en même temps. Ça fiche en l'air tout le mécanisme biologique. Et puis imagine: tu arrives, tu veux un bébé, on t'a fait de la stimulation hormonale, et au moment de ponctionner les ovules, on te demande si tu ne veux pas faire un don d'ovules, pour des femmes stériles… toi t'es pas préparée, tu as peur que si tu dis non on s'occupe mal de toi, tu veux ton bébé… tu dis oui. Est-ce que c'est un consentement mûrement réfléchi? Pire, il y a les embryons: on ne les réimplante pas tous, on les congèle… A qui appartiennent-ils, quel est leur statut juridique si les parents se séparent? Et puis c'est une chose d'avorter, qu'il n'y est plus rien, c'est autre chose de savoir que ton embryon va servir à des expériences… Brrr, rien que d'y penser…
— Ça ne se passe pas comme ça pour les chevaux. On ne congèle pas, on réimplante. On synchronise les cycles de deux juments et on implante l'embryon de l'une dans l'autre.
— Mais quel est l'intérêt?
— Si c'est une jument qui a une belle carrière en compétition, ça évite de l'interrompre ou de la fatiguer. Comme ça, on peut avoir cinq ou six poulains la même année pour une seule jument. Certains sont contre car ils trouvent que ça fait baisser les prix; d'autres trouvent que c'est un bon moyen d'élargir le patrimoine génétique.
— Le contraire, plutôt, non? Tous frères, tous la même mère.
— Je veux dire qu'il n'est plus nécessaire que les géniteurs soient locaux, on peut faire traverser la moitié de la planète aux embryons sans déplacer les parents.




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Le soir je regarde Arte, les trois défenestrations de Prague qui ont été à l'origine de la Guerre de Trente ans.

Trois mariages

Ici et là certains se sont plaints de ne pouvoir échapper au mariage royal anglais, d'autres ont écrit qu'ils allaient "tenter d'y échapper".
Pour mes enfants, aucun problème.

Moi : Tu as vu le mariage d'Harry et Meghan ?
Ma fille : Harry? Quel Harry ?

Deuxième tentative, auprès de mon fils qui rentre des championnats de LoL au Zénith:
Moi : Harry et Meghan se sont mariés.
Mon fils : Harry ? Harry Potter ?

Bon bon. Je suis incomprise. (Mais oui c'est important. La belle-mère est noire. C'est fantastique. Cela aurait-il été possible avant Obama?) Les plus belles photos ici.



Mais le plus important, vraiment important, c'est que Sheldon et Amy se sont mariés. Le 10 mai, ma TL n'est vraiment pas à la hauteur, personne ne m'a prévenue.
— Et devine qui les a mariés ?
— …
— Luke Skywalker !!
(La fille de Mark Hamill fait partie des invités).



(On peut ajouter le mariage de Jean Dujardin. Le jour du mariage royal pour avoir la paix. Génie.)

Mardi

Je me réveille avec un sentiment de soulagement: A. va remettre aujourd'hui son mémoire et son dernier rapport de stage. Nous revenons de loin mais we did it ! Je suis fière de nous.

Il fait très lourd, un temps que je déteste.
Quatre, presque le même que la dernière fois, mais moi à la nage et Marc au un. Toujours aussi cahotique, impression de se battre contre le bateau. Pas de glisse.
Dans les vestaires je parle avec Agathe qui était en yolette. Elle non plus n'a pas fait une très bonne sortie: «à l'intérieur mon cœur pleurait», et c'est aussi mon sentiment, bien que je l'aurais exprimé de façon plus optimiste: «si nous avions été quatre de nous cinq, qu'est-ce que cela aurait donné?»
Deuil de notre équipage de cinq.
J'envoie un mot à mes quatre complices pour organiser un pot ensemble un de ces jours. Je voudrais en profiter pour leur proposer de rajouter trois ou quatre rameuses à notre groupe pour monter un huit (soyons obstinée).

Un pot avec Jean-Marc. Il fait une overdose de Vatican II. «Non mais il y a un pape qui dit blanc, et le suivant dit noir en citant le précédant pour assurer la continuité et tout le monde applaudit. Je n'en peux plus de cette hypocrisie.» (Il me fait peur car il prédit après François un pape très réactionnaire. Or quand on voit l'après-Obama…)
Jean-Marc songe à se convertir au protestantisme. Je lui promets de lui offrir ce jour-là les œuvres de Newman.
«Tu veux te convertir pour beaucoup de raisons "contre", tu devrais en trouver quelques-unes "pour".»
Nous disons beaucoup de bêtises et c'est très satisfaisant. (Un de nos prêtres professeur qui serait un "cuir" façon Foucault… Ça me le rend plutôt sympathique (mais il m'était déjà sympathique).)
Très bon cocktail «St Germain». Presque un Hugo.


Cours, sans doute le dernier, de liturgie. C'est pratiquement une discussion, un partage d'expériences, structurée par l'histoire et la géographie.

Pendant des siècles l'accompagnement liturgique [catholique] de la mort allait de la chambre du mourant au lieu de l'ensevelissement (pas forcément en passant par l'église : car on ne faisait pas entrer un mort dans une église (restes des commandements juifs: un cadavre rend impur). Même si à d'autres moments on enterrait les morts dans les églises. Les deux sont vrais).

Le prof (moine): «Moi je pense que ne pas réfléchir à la mort, c'est un grand danger pour l'équilibre dans la vie. C'est de la vieille sagesse païenne, c'est les Grecs.»

«P. Gy : recension de quinze pages sur le livre de Philippe Ariès, L’Homme devant la mort (alors que P.Gy écrivait généralement dix lignes).»

Le cimetière des capucins de Palerme.
Le corps dont on se débarrasse.
Les urnes dans les maisons qui rendent fous.
Les familles qui se ruinent pour des funérailles (en Afrique, selon le témoignage de séminaristes (laissant les veuves misérables)).

Comment célébrer les mariages et les enterrements ?

— Mais, désolé, si on se marie moins, on meurt toujours autant. Un peu plus tard, peut-être, mais toujours autant.

Dîner avec Jean-Marc

— Non mais, si tous ceux rejetés par l'Eglise, les femmes, les homos, etc, quittent l'Eglise, cela va finir par se voir que c'est un club de mecs qui aiment s'habiller bizarrement.

Samedi

Double avec Gwenaëlle. Belle sortie, 14 km. Il fait beau, presque lourd.

Courses à Carré Sénart (pour des besoins de disque de sauvegarde). Comment avons-nous réussi à faire nos courses le samedi en ayant toute la semaine pour ce faire?
Mais ça va, pas trop de monde.
Nous remplissons un de ces caddies qui me fait rire, plein de bières et de boîtes chat. L'insouciance de la jeunesse retrouvée (c'est l'insouciance qui est retrouvée, pas la jeunesse!)

Je ne sais pas trop où est passé mon temps. J'ai repris quelques billets sur ce blog, il faut mettre à jour le lien des photos disparues depuis mars. Je continue Bonhoeffer, De la vie communautaire.

Retour en salle

Comme rarement mais régulièrement (ou l'inverse), je suis retournée en salle de sport, pour calmer ma culpabilité de ne pas aller ramer aujourd'hui (pas eu envie de traverser tout Paris uniquement pour ramer (peut-être que je devrais expliquer que je suis à la maison depuis dix jours pour écrire la dissertation de septième année — dernière année avant le mémoire, dernière dissertation — que bien évidemment je n'ai pas écrite tout en ayant cependant bien avancé, j'ai bon espoir (c'est l'équivalent d'un petit article, trente mille signes)).

Puisque je reste à la maison je n'irai pas non plus au théâtre voir Beaucoup de bruit pour rien. Après avoir manqué La tempête la semaine dernière pour cause de voyage dans le Perche, ce sera donc une année sans.

Puis sauna. J'apprends que s'il n'y a plus de louche pour verser de l'eau sur les pierres — ni de seau pour contenir l'eau, ni d'arceau en bois pour protéger l'ampoule — c'est qu'elle a été volée (il y a longtemps déjà. Moi, j'avais pensé que c'était pour éviter les excès, les gens qui versaient trop d'eau sur les pierres).

Sieste, j'ai trop forcé ce matin. Je mets l'après-midi à récupérer.

Les prénoms de la jeune génération

Enola et Timeo
Maurine et Lilou
Ethan et Louca (garçon)
Enzo
Matt
Gabin et Camille (garçon)

Sinon, Barbie a trouvé Ken.
— A ton avis, c'est quoi son prénom? Kevin?
— Je trouve qu'il a une tête de Jordan.

C'était Bryan.

Aviron et ballet

H. me dépose en passant gare de Lyon — pas de métro entre l'Etoile et la Défense, je prends le RER jusqu'à la grande Arche pour redescendre le parvis à pied et aller ramer.
Nous savions que nous serions là toutes les cinq mais sans nous être assez concertées : quel bateau voulions-nous faire étant entendu que nous ne faisions pas de yolette? (deux doubles un skiff, deux skiffs un canoë un double canoë, etc)
Nous n'avons donc pas pu indiquer un choix clair à l'entraîneur alors que nous n'étions pas toutes arrivées à la même heure (à quelques minutes près — mais le midi c'est important) et nous nous sommes retrouvées dispatchées entre différents bateaux, moi dans un quatre dont je connaissais bien les rameurs mais qui a été particulièrement cahotique, sans hauteur de mains. Sortie décevante, donc.

Déjeuner au café Beaubourg (plus de coquillettes aux truffes, plat d'hiver, mais une énorme profiterolle) puis palais Garnier pour Anne Teresa de Keersmaeker.

Regarder de la danse est sans doute ma façon préférée d'écouter de la musique. Ce soir:
- Quatuor n°4 de Bartok, dansé par quatre jeune filles dans une chorégraphie bondissante et ludique, où les claquements de talons ont leur rôle;
- La grande Fugue de Beethoven dansé par sept hommes et une femme en chemise blanche et veste noire (la femme ne s'identifie que tardivement). L'art de la chute.
- La Nuit transfigurée de Schönberg dans un croisement de couples qui courent et tombent et reconstituent le temps en décalant leurs mouvements.

A ma grande surprise, un couple et une famille quittent la salle durant la Fugue: qu'est-ce qui peut leur déplaire à ce point-là? A quoi s'attendaient-ils, qu'attendaient-ils?

Quand danseurs et danseuses viennent saluer, je suis étonnée de leur jeunesse.

Lecture et géopolitique

Je lis Rahner au soleil, Qui est ton frère?, article de colloque de 1982 qui rappelle combien le style de Jean-Paul II avait déstabilisé la Curie et les théologiens.
Parmi les intellectuels allemands appartenant à l'Eglise, il y en a beaucoup — disons-le en toute honnêteté — qui estiment que l'actuel pape est bien trop polonais. Mais pourquoi n'aurait-il pas le droit d'être polonais? […] Les «supporters» du Pape (que l'on me pardonne ce terme) devraient ne pas se formaliser de voir un chrétien moins enthousiaste qui, sans pour autant nier la fonction pontificale, fait honnêtement état de ses divergences d'opinion. Cette tolérance réciproque est aussi un aspect de la nécessaire fraternité qui doit régner actuellement à l'intérieur de l'Eglise.

Karl Rahner, Qui est ton frère ? ed. Salvator, Mulhouse 1982
Aujourd'hui nous savons que le pape suivant sera (a été) allemand.


Pour mémoire, Trump a dénoncé aujourd'hui l'accord nucléaire iranien peu après que la Corée du Nord a annoncé la fin de ses essais nucléaires. Tout se passe comme si maintenant que la menace nucléaire s'était éloignée des cotes américaines (l'Alaska), Trump la redirigeait vers Israël et l'Europe.
Der Spiegel fait une analyse proche, même si plus économique.

En bibliothèque

Découvert François Jullien. C'est bien.

Cours le soir. Gérard Billon, directeur de la revue Cahiers Evangile, pour professeur. Quand il cite, j'imagine sa langue de référence: hébreu ou grec? Torah ou Septante?: «Qui est enlevé au ciel dans l'Ancien Testament? Enoch en Gn 5 et Elie en 2Rois 2,11». Et je sais qu'il ne s'agit pas tant d'être enlevé, l'action, que de l'usage du même mot, très précisément.

Les cercles de la fraternité

Je commente rapidement l'évangile du jour aux enfants (ils sont nombreux, moi qui comptais sur un petit nombre un week-end de pont…): «Aimez-vous les uns les autres… Vous entendez souvent cela, mais on ne vous dit pas souvent comment vous y prendre. Evidemment, cela ne concerne pas vos amis et les gens que vous aimez bien, parce que ça, c'est facile. Après, il y a ceux qui vous sont indifférents, dont vous ne pensez rien et auxquels vous ne pensez jamais. Puis il y a ceux que vous n'aimez pas ou que vous détestez, avec ou sans raison. Il y a une dernière catégorie dont on ne parle pas souvent: ceux qui ne vous aiment pas, sans que vous sachiez pourquoi. Ceux-là, c'est bizarre. Je vous conseille de commencer par ceux auxquels vous ne pensez pas, ou pas souvent. Il faut commencer par faire attention: tenir une porte, porter un sac, sourire… Vous avez toute votre vie pour penser aux autres catégories, ce n'est pas si facile, il faut s'entraîner.»

Et je n'ajoute pas que concernant la catégorie de ceux qui ne vous aiment pas, l'urgent est de ne rien faire, surtout ne rien faire. Attendre et laisser venir.

Une boucle de cinquante kilomètres

Réveillée vers minuit vingt. Inquiète. Demain j'ai caté, dans huit jours je dois rendre cette fichue dissert et je n'ai pas lu grand chose. Je me lève.

Je descends dans la cuisine, me prépare une grande camomille, sors les affaires de catéchisme. Saint Paul. La conversion de St Paul. Possibilité de regarder les deux premiers chapitres d'un dessin animé sur Youtube : je vais le faire, pour une fois. J'ai la flemme pourrais-je dire, ce qui est vrai, mais aussi je ne suis pas sûre finalement qu'un dessin animé ne soit pas plus efficace d'un point de vue pédagogique. L'important est de transmettre, tant pis si j'ai l'impression de tricher, de ne pas faire ma part.

Une heure moins dix. Le téléphone sonne. Une sonnerie à peine, je décroche. C'est O. J'entends sa voix paniquée. Donc il est vivant (mon cerveau analyse au fur à mesure). A-t-il cassé la voiture? Non, il s'est trompé de branche de RER, il est à Noisiel.
— Pas grave, j'arrive. Mais il y en a bien pour une demi-heure.
N19, Francilienne, A4, N19. Je dépose O. à Boissy pour qu'il récupère la voiture, je rentre, me couche et m'endors immédiatement.

Bis

Et de nouveau ce matin. Dix-huit kilomètres sans m'ennuyer (parce que c'est toujours le défi : est-ce que je vais m'ennuyer ? Bien concentrée avec l'ojectif d'être calée sur la nage, je n'ai pas vu le temps passer).
Bassin très agité, beaucoup de vent. Ça ne va pas être drôle si c'est ainsi mardi. La seule consolation est que nous serons tous logés à la même enseigne.

A la différence d'en semaine, le week-end nous avons du temps après la sortie. On prend un café et on papote. La Vogalonga, la peur de la grève d'Air France (—Tu as pris Air France? Nous, on ne prend plus de billet avec eux depuis longtemps. —Il n'y avait pas trop le choix, il y a des milliers de gens qui vont à Venise ce week-end-là), le train de nuit, la difficulté du train de nuit quand on est grand (ou grande): « En Russie, ils font dépasser leurs pieds dans le couloir. Pour aller aux WC, la nuit, c'était chaud.»
Etc, etc…
Un beau bateau, une bonne équipe.

Débriefing BAFA :
— Tu connais le film Nos jours heureux ?
— Euh non.
— Eh bien c'est tout ce qu'il ne faut pas faire.

Dix-huit kilomètres

Entraînement à neuf heures. Equipage au complet. Puis démontage du bateau pour le mettre sur la remorque. Vincent a indiqué la stratégie : changement nage-barreur à chaque demi-tour (deux), une qui tient l'équilibre, deux en charge de faire tourner le bateau. Donc Agathe va être la nage la moitié du temps car je souhaite qu'Anne-Sophie soit à la nage les derniers kilomètres: elle apaise le bateau et le cadence. Et elle a un mental d'acier, ce qui est essentiel quand nous serons épuisées.
Or Agathe ne s'est pas beaucoup entraînée puisqu'elle avait une entorse au genou (enfin, finalement non, plus de peur que de mal. Mais elle s'est moins entraînée. D'un autre côté c'est la plus jeune d'entre nous, elle en a moins besoin à priori).

Une heure de l'après-midi. Restaurant pour ne pas faire le trajet le ventre vide, Mavrommatis de Passy, retour.

Vincent nous a envoyé un extrait de la liste des participants. Dossard 34. Nous ne sommes que trois yolettes de femmes, le plus lent des bateaux: des yolettes et des femmes. (Il y a des yolettes d'hommes, des quatre avec et sans barreurs et des huit, hommes, femmes, mixtes).
Trois yolettes féminines dont une de l'X. Des jeunes donc, à l'entraînement militaire…
Bref, je ne suis pas d'un optimisme démesuré. Mathématiquement nous devrions faire le plus mauvais temps ou l'avant-dernier. Tout dépendra du niveau technique des autres.

Muscles brûlants. Comment dormir ?

Trois remarques générationnelles

1 - J'ai affilié une petite fille née en 2018 prénommée Leia.

2 - J'ai affilié (en CDD) un homme né en 1959. C'est la première fois que je vois l'embauche de quelqu'un si près de la retraite. (J'avais vu des cumuls emplois-retraite, mais ce n'est pas la même chose.)

3 - J'ai fait une recherche pour comprendre "snowflake" (flocon de neige). Cela fait plusieurs fois que je croise le terme (il y a quelques jours encore, sur la pancarte d'un manifestant américain: "snowflake en colère") et je pensais que c'était une remarque de Trump pour disqualifier des opposants en insinuant que leur résistance était éphémère, comme neige au soleil.
Pas du tout : cela qualifie la générations des adultes de 2010 (chez nous la "génération Z") que leurs parents auraient élevé en insistant sur le fait qu'ils étaient uniques, une génération très susceptible et moins endurante que les générations précédentes.

A la nage

Entraînement le midi, nous sommes trois (Anne et Anne-Sophie). Yann et ?? pour compléter la yolette. Je pense que nous les avons fatigués.
J'étais à la nage. Ce n'est pas ma place, je me pose trop de questions. «Tu gamberges trop» disait René du temps de ma jeunesse.

L'art de nommer

Les noms des groupes scolaires visibles sur le plan du quartier affiché à la sortie Nanterre Préfecture du RER A:

- Robespierre,
- Pablo Picasso,
- Pablo Neruda,
- Elsa Triolet,
- Maxime Gorki,
- Paul Eluard.

Y a-t-il tant d'enfants à Nanterre Préfecture ?

Sortie du soir, espoir

La Seine a beaucoup baissé mais le courant est encore rapide. Les sorties vespérales (à partir de 18h) reprenaient aujourd'hui.

Trois tours d'île de la Jatte (13 km). Agathe (qui peut ramer une fois par semaine et pas le jour de la compétition, d'après son médecin), Anne, Anne-Sophie, Amandine et moi. Beaucoup d'insectes (je pense aux oiseaux), il fait frais.

Il se confirme que j'ai mal au dos, une barre au niveau des lombaires. Je veux croire que ce sont les muscles qui travaillent; je redoute que ce soit le même problème que l'année dernière (« une sorte d'entorse », avait dit le radiologue en regardant le scan de mes lombaires, ce qui avait fait tordre le nez au kiné).
J'avais justement encore quelques séances de kiné sur mon ordonnance, mais ont-elles moins d'un an? Quoi qu'il en soit, je suppose que le kiné n'aura pas de place.
Tenir jusqu'à la course. Après, tant pis.



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Agenda
H. a récupéré les clés de Tours cette après-midi et assisté à la première assemblée de copro ce soir. Le voilà élu.

Récapitulatif

Je ne peux saisir l'air du temps. Comment rendre la folie qui s'est de nouveau emparé de la France ? Twitter, FB, les chaînes d'information en continu donnent une impression d'urgence, de catastrophe et de fin du monde à tout moment. C'est fatiguant.

Le pire est de voir des amis, des connaissances, devenir tout à fait agressifs. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi mes amis homos sont restés amicaux pendant la lutte du "mariage pour tous" sans me réduire à ma dimension catholique — alors qu'eux-mêmes se faisaient insulter par la hiérarchie ecclésiale (pas toute mais quand même, quelle honte quand j'y pense) — tandis qu'aujourd'hui certaines connaissances de gauche perdent toute mesure devant mes positions plutôt conservatrices alors qu'il ne s'agit jamais que de choix qui ne les (qui ne me) touchent pas profondément au quotidien : que les zadistes obtiennent ou non le droit de rester sur les terres occupées depuis des années, que les cheminots conservent ou pas leur statut et leur retraite, que les étudiants soient ou pas sélectionnés, cela ne remettra pas en cause leur vie personnelle (alors que le droit ou pas de se marier devait avoir un impact direct sur la vie des homosexuels et le regard que la société posait sur eux).

Faut-il voir dans leur virulence la trace de leur incohérence, d'une conscience intime mais non acceptée de la bizarrerie de rejeter la sélection en étant de purs produits de la plus haute sélection (classes préparatoires, grandes écoles)? De la bizarrerie de monter en épingle sur FB ou des blogs la nullité des étudiants en première année de fac (pour faire rire leurs lecteurs, évidemment) pour ensuite réclamer que ces étudiants ne soient pas sélectionnés? De la bizarrerie d'être prêts à condamner leurs enfants ou petits-enfants à payer la retraite de personnes qui auront passé, qui passeront, plus de temps à la retraite qu'à avoir travaillé tandis que la pyramide des âges s'inverse inexorablement?

S'agit-il de vraies protestations portant sur l'objet des protestations, ou simplement de l'occasion de frondes contre Macron qui les insupporte?


Récapitulatif disais-je :
- 17 janvier : abandon du projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDLL). Les occupants (illégaux, non propriétaires) ont jusqu'au 1er avril pour évacuer la zone. Le 9 avril, l'évacuation forcée commence. Les journalistes ne sont pas autorisés à être présents : on crie à la censure (mais je pense "Rémi Fraisse").
Ma position : aucune raison de donner des terres sous prétexte d'un droit acquis par le squattage. Mes contradicteurs arguent de projets collectifs d'agriculture responsable : je ne vois pas en quoi respecter la loi sur la propriété empêche de faire de l'agriculture responsable en déposant des projets individuels.

- 15 février (à peu près) : la fac de Montpellier est bloquée par des étudiants qui protestent contre la sélection à l'entrée des universités. (Un professeur et un ex-doyen font intervenir l'extrême-droit contre ces étudiants: grave erreur, car si je (je étant une position possible et non "moi") trouve l'occupation ridicule, je ne pourrai que défendre les étudiants s'ils se font tabasser). Plusieurs universités sont peu à peu bloquées (Toulouse, Tolbiac). Les bloqueurs paraissent minoritaires. Ces minorités découvrent que les réseaux sociaux peuvent jouer contre eux : avant, seuls ceux qui prenaient le mégaphone étaient entendus, aujourd'hui n'importe qui peut twitter : la majorité silencieuse s'exprime, il est possible de connaître son avis. Depuis mi-avril (les vacances scolaires?), les facs sont peu à peu évacuées par les CRS.
Ma position : je ne comprends pas pourquoi ce sont les étudiants et non les lycéens, voire les parents des lycéens, qui protestent. Je crois qu'il faut de la sélection, qu'il nous faut les meilleurs chercheurs et les meilleurs ingénieurs et les meilleurs écrivains parce que c'est ce qui élève le niveau général d'une nation, en fait son prestige à l'international, c'est ce qui fait des brevets, des emplois; je trouve stupide de prétendre que tout le monde est égal devant les études alors que personne ne le dirait pour du foot, par exemple (tout le monde n'est pas Zidane ou Marie Curie, tout le monde peut jouer au foot ou apprendre la chimie: il s'agit de niveau, eh oui). Mais sans aller jusque là, au premier abord, il me paraît préférable d'admettre un étudiant dans une filière du fait de son travail et de ses aptitudes que par tirage au sort. Le tirage au sort fait perdre deux personnes: celle qui est admise dans une filière qui ne lui convient pas et celle qui n'y est pas admise alors qu'elle lui conviendrait. Admettons que j'ai tort. Il reste que je ne comprends pas que ce soient les étudiants qui protestent et non les parents de lycéens. (Je pense à ma nièce qui passe le bac cette année : quel casse-tête.) Ce point m'empêche de prendre les étudiants au sérieux.)

- 14 mars : le gouvernement présente un projet de réforme de la SNCF. Les syndicats de cheminots annoncent une grève perlée de deux jours par semaine pendant trois mois.
Ma position : là en revanche je comprends très bien. Défenses des droits acquis (qui entre nous soit dit ne sont pas remis en cause) et souhait d'emm*** un maximum de monde pour avoir gain de cause. C'est pour moi la définition du caprice: si on se roule par terre dans le magasin en faisant suffisamment de bruit, les parents gênés finiront par céder. Je ne crois pas une seconde à "une défense de l'intérêt général". Sur le fond, la réforme est inévitable puisque la France est tenue par ses engagements européens. Elle est préparée de longue date puisque c'est par cette prochaine mise en concurrence qu'on avait justifié les changements d'horaires de la SNCF il y a quelques années. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose? Nous avons tous gagné à la mise en concurrence des opérateurs mobiles, à l'apparition d'Uber. On brandit en contre-exemples les accidents en Grande-Bretagne et en contre-contre-exemple le réseau secondaire allemand. Je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, ce serait à tous les Français de protester, pas aux seuls cheminots : visiblement ce n'est pas le cas. Il s'agit bien de la défense d'intérêts personnels, et non de "l'intérêt général".)


Ajoutons à tout cela (et sans doute est-ce le plus important, le plus préoccupant) la montée de l'antisémitisme : 23 mars, meurtre de Mireille Knoll. Avoir échappé à Drancy pour finir assassinée à 85 ans…
Et toujours cette logique d'exclusive qu'il faut à tout prix rejeter : si vous combattez l'antisémitisme vous êtes contre l'islam, si vous êtes pour Israël vous êtes contre la Palestine.
Non.
Nous sommes pour la raison et pour la paix, même s'il faut se battre pour elles. (Dernière phrase qui me fait penser à un dernier fait de cette période confuse : le 14 avril bombardement franco-anglo-américain des forces de Bachar El-Assad après que des civils ont été gazés).

Magari !

— Tu viens avec moi voir les tulipes en Hollande ?
— Mais enfin maman, tu sais bien que si tu pars d'ici, tu ne reviendras pas.

Sortie à trois

Retour à La Défense un samedi : entraînement oblige. Anne, Anne-Sophie, moi. Amandine et ?? pour compléter. Trois tours d'île de la Jatte.
Mal au dos. Pourvu que cela ne tourne pas comme l'année dernière. Demain seules Anne et moi aurions été disponibles. Nous ne pourrons pas ramer car nous n'avons pas trouvé de rameurs pour compléter le bateau. Tant mieux, ça me laisse du temps pour récupérer.

Retour de O. Il a fait exceptionnelllement beau cette semaine, il a eu de la chance pour son stage BAFA.

Exercice 2017

Conseil d'administration d'arrêté des comptes dans nos anciens locaux. Je laisse la clé de mon ancien bureau que j'avais emmenée avec moi lundi sur la porte.

Du fait de la dernière loi sur la rotation des commissaires aux comptes, le CAC a changé. En un an, trois personnes sur les cinq avec lesquelles j'aimais travailler sont parties.

Le syndicaliste administrateur le plus actif n'est pas là: du fait de la grève il ne pouvait réserver son billet SNCF que vingt-quatre heures à l'avance, il a donc préféré ne pas venir. (Mais pourquoi? Pourquoi réserver son billet au dernier moment était-il si problématique?)

Sortie à cinq

Pour la première fois nous étions cinq pour nous entraîner. Découvert Isabel. J'ai pris la nage. Je n'aime pas cela, je ne suis pas assez sûre de moi.
Agathe a une entorse au genou. Elle ne peut plus ramer. Voilà qui résout les interrogations concernant les changements de barreur.

H. doit travailler avec les voisins à une solution marketing d'envoi de mails. Je décide donc d'aller voir Dans la brume. Pas mal. J'avais lu des critiques qui disaient que la fin aurait dû être creusée, il serait plus juste de dire qu'il n'y a pas de fin, un peu comme Cloverfield.

Je m'arrête chez Prêt à manger et ramène soupe et sandwich pour H. et moi.

Ceci n'est pas un oreiller

C'est un coussin. Housse arrivée arrivée aujourd'hui.


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Nous ne sommes que deux cette semaine à la maison. Comme à chaque fois que cela arrive (de temps en temps maintenant) j'ai l'impression d'entrapercevoir notre avenir, ces grandes pièces vides et silencieuses, la vacance du temps et de l'espace.

Mangé des galettes bretonnes. Plus rien dans le frigo, je me suis souvenue de cela au dernier moment (la dèche).

Sortie à quatre

Je crois que je n'ai pas expliqué que nous préparons une course le 1er mai. Nous nous sommes inscrites en ordre dispersé, il se trouve (coup de chance) que nous sommes cinq, de quoi faire une yolette (pas un quatre car deux rameuses sont peu expérimentées, "perdreaux de l'année"). Nous n'avons pas encore réussi à nous entraîner à cinq, les week-ends par ma faute, j'ai manqué le 7 avril à cause d'un TG, le 8 à cause du caté, le 14 parce que j'étais à Blois, et le 15 le club était fermé. En semaine c'est plus varié, cela dépend des réunions et obligations de chacune. Aujourd'hui c'est Agathe qui manquait. Catherine prise en remplacement a barré toute la sortie, Anne-Sophie à la nage, puis Anne, Isabel, moi. Sortie puissante à base de "pyramide" (exercice d'endurance).
Mon ambition est de ne pas arriver dernières.

J'ai l'impression d'une certaine hostilité de l'encadrement du club, j'ai l'impression que cet équipage féminin inattendu dérange (mais après tout, il ne fallait pas nous proposer de nous inscrire si un bateau n'était pas souhaité) sans que je comprenne pourquoi. Pure paranoïa de ma part?
Marin a fait une étrange remarque sur les bateaux de filles, sous-entendant quoi exactement? que nous papotions? que nous nous disputions? Voilà qui va totalement à l'encontre de mon expérience. J'ai le souvenir d'un "collectif" (esprit d'équipe, effacement des personnalités) très fort et d'une grande concentration. Le but commun avant le vedétariat.

J'aime le moment où le bateau ne fait plus qu'un. C'est ce que je préfère, le plus difficile. J'aimerais réussir cela en huit.

Emménagement

RER à Boissy. J'appuie sur toutes les touches de la télécommande, il y en a quatre. Le portail finit par s'ouvrir, puis la porte du garage, mais je ne sais pas en réponse à quel bouton. Même interrogation une fois dans le garage : il me semble qu'Antoine a dit que sa place était en face de la porte… on verra bien. Je me glisse entre un pilier et un énorme 4x4 Audi : c'est bien simple, on ne voit plus ma toute petite voiture (deux voitures de kéké dans deux styles différents).
RER, extrémité de ligne, je suis assise et c'est plutôt vide, c'était le but. Direction Nanterre Préfecture pour l'emménagement dans les nouveaux locaux.

Je suis seule. (J. est à l'enterrement.) Je ne participe pas au jeu de piste, j'ai déjà donné. Je passe la matinée à déballer les cartons, à mettre de l'ordre. C'est très neuf, très propre, très clair et je me sens très déprimée, perdue au milieu du grand tout. Je pense à cette analyse d'un architecte-urbaniste (impossible de retrouver la référence, c'était un Point-Seuil emprunté à la bibliothèque Malraux, un livre très intéressant sur la façon culturelle d'organiser l'espace) qui mettait en vis-à-vis l'attitude des Américains et des Allemands face à une porte de bureau : pour un Américain, une porte fermée est le signe que vous avez quelque chose à cacher, pour un Allemand une porte ouverte est le signe que vous n'êtes pas concentré, que vous ne travaillez pas.
Je suis un mix : j'aime une porte ouverte (ou un trou béant), mais entourée de murs. Je vis cette obsession du plateau ("open space") comme une bête copie des USA, qui ne réfléchit pas au fait, par exemple, que la productivité française est bien meilleure que l'américaine. Et ce n'est pas parce qu'on baptise quelque chose "Campus" qu'on se retrouve avec le succès de Google… Ça m'agace. Je suis agacée.

L'après-midi s'avance, je vois arriver mes voisins. Je suis si bien ancrée dans mon désespoir que je n'ai pas le réflexe d'aller me présenter — et ils ne viennent pas me voir. C'est peut-être une erreur, c'est sans doute une erreur, pour plus tard. Fatalitas, ce sont des bavards, surtout une : elle jacasse très fort pour fournir très peu d'informations. Comment vais-je pouvoir travailler ici? quelques difficultés à me concentrer sur la relecture du rapport annuel par les CAC.

Je fuis littéralement les bureaux à quatre heures et vais voir Red Sparrow, pour Jennifer Lawrence, bien sûr. Pas mal. A la fois trop elliptique et trop classique, mais plaisant. Pas un hasard que le méchant ressemble à Poutine. J'espère que nous irons le revoir en famille.

Je rentre. Je ne sais pas trop comment récupérer ma voiture. Je passe directement par la porte du garage. J'étudierai demain comment passer par le hall de l'immeuble. (A chaque jour sa découverte, son progrès.)


PS : pour mémoire, c'est aussi le jour de l'emménagement du Palais de justice dans ses nouveaux locaux place de Clichy. La ligne 13 ne va jamais suffire…

Printemps

Flemme d'aller ramer.

Sorti la table de jardin. Premier repas sous le sapin (premier depuis deux ans : l'année dernière la pelouse était en train de pousser : nous avons passé l'été sur la terrasse).

A. est là. O. est parti en stage une semaine pour son "appro BAFA" (stage d'approfondissement). Il a eu un train (pour Le Creusot) malgré les grèves.

Vieillir

Sur FB ce matin. C'est tellement ça. Comme le temps est immobile.


«Dans deux ans, 1990 sera passé depuis trente ans. Quand je pense "il y a trente ans", je pense à 1970.»


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(Pour moi, le plus bizarre a été de tomber sur la phrase : « le mur de Berlin est détruit depuis plus longtemps qu'il n'a existé ».)

Tours

Il fait beau. Visite du chantier, qui n'est quasiment plus un chantier, si ce n'est la terre dévastée de la future pelouse. Trois très beaux et très grands pins. Nous identifions tant bien que mal l'appartement à partir du plan sur le téléphone de H.: voilà, celui-là au sud, au milieu.
Nous faisons le tour, je pousse la porte du hall, elle cède, couloir, porte de l'appartement, même manège, nous sommes "chez nous".

Les murs sont très blancs (c'est étrange cette désaffection pour le papier peint, c'était drôle à choisir pourtant, un peu kitsch), je plains les futurs locataires: jamais ils ne pourront rendre un appartement dans un tel état de blancheur. Les WC sont aux normes handicapés, immenses, de quoi mettre une table à langer ou des étagères ou la machine à laver (mais sans arrivée d'eau) (il n'y a pas tant d'handicapés en France et un doute me prend: serait-on en réalité en train de préparer la grande dépendance qui va envahir la France dans vingt ans?), l'une des chambres est minuscule, le salon-cuisine est un seul grand carré, il n'y a pas de "coin" cuisine, l'évier est simplement posé là, sur un côté.
Ce qui me surprend le plus, ce sont les prises internet directement incluses dans les murs. Un ouvrier est en train de balayer la terrasse. Nous discutons un peu. Tout cela paraît de bon augure, propre, net, sérieux.
Je me rend compte que j'aurai du mal désormais à vivre dans si peu d'espace. Je me suis habituée à avoir beaucoup de place.

Brasserie, notaire, signature. Statue de Galilée dans le hall de l'immeuble du notaire (mais pourquoi?)

Emplettes, comme chaque fois que nous sommes tous les deux. H. veut remplacer sa valise cabine. Fou rire: —Mais on ne peut pas, le coffre est plein! —Pas grave, je la garderai sur les genoux et on laissera la vieille chez mes parents. (De l'inconvénient de voyager en cabriolet).
Eau de toilette, valise cabine, lingerie (comme la dernière fois à Tours), recharge de stylo, encore une casquette pour remplacer la précédente perdue, ceinture, boutons de commode en mosaïque bleue.

Repas au Mao, un quart d'heure pour réorganiser le coffre. Levée de la Loire au nord, décapotés dans la nuit qui tombe. Il a fait beau.
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