Faire-part

La femme de Paul est morte samedi, elle était enterrée cette après-midi à Saint-Sulpice.

La place Saint-Sulpice est encombrée de baraques en bois qui présentent des jeux éducatifs. Sans méfiance je m'engage à travers elles, toutes les issues sont bloquées, sans doute pour la sécurité des enfants, je suis obligée de faire un détour, chaque pas me coûte, j'ai mal aux pieds.

La façade de l'église est en cours de restauration ("pendant les travaux les boutiques sont ouvertes"), d'immenses palissades se dressent, enfermant des outils ou des machines, elles cachent le corbillard. J'entre, je m'avance le long d'un bas-côté, un homme dort affaissé sur une chaise.
Il y a beaucoup de monde et je ne connais personne. J'aperçois Paul, loin, au premier rang. Il est très rouge et paraît comme ratatiné.

La messe commence. Le prêtre célèbre «la gentillesse et la bonne humeur» de la disparue. Aux visages autour de moi, je vois qu'il dit vrai.
Je n'ai rencontré M. qu'une fois, c'était une petite dame courbée aux cheveux très blancs. Elle souffrait beaucoup du dos. C'était sans doute aux alentours de Noël 2001, je me souviens que nous avions discuté de l'imminent passage à l'euro. Nous étions allés voir, Paul, M., H. et moi, une comédie musicale, Irma la douce, avec Clotilde Courau, très jolie, à la voix un peu faible et un peu fausse (ce qui ne manquait pas de charme), puis nous avions pris un verre. Nos conjoints présentés et rassurés, les convenances respectées, nous continuâmes, Paul et moi, nos déjeuners hebdomadaires.

La messe se poursuit, très classique, sans beaucoup de personnalisation. Paul m'a dit à plusieurs reprises qu'il souhaiterait un Salve Regina lors de son enterrement, en souvenir de vacances scoutes dans les Alpes italiennes avant la seconde guerre mondiale. Comment pourrais-je faire respecter cela, personne ne me connaît dans sa famille.

Ma pensée vagabonde un peu. Une jeune femme au visage dur pleure en mâchant du chewing-gum. Sa petite fille sourit dans sa poussette. Les vieilles dames qui n'ont pas les cheveux courts ont de lourds chignons compliqués. L'émotion semble contrôlée, en réalité elle oscille, elle envahit l'assemblée par vagues. Vers la fin, toutes les femmes ont les yeux rouges, moi compris.

Lorsque nous sortons, les gens se saluent, se sourient, avec ce sourire des enterrements que j'aime, ce sourire des gens qui ont le cœur gros et sont heureux de voir un visage ami, un visage qui comprend.

Je retourne au bureau.

Bestiaire

Sur l'autoroute, juste devant nos roues, une cane et sa troupe de canetons minuscules et souriants finissent de traverser les six voies en se dandinant et disparaissent dans les fourrés.


Rue du Louvre, un homme arrête les voitures pour permettre à une souris gris foncé de traverser sans être écrasée.


Dans Carnets de guerre de Vassili Grossman acheté hier, la photo du chameau Kouznetchik m'enchante.



Comment trouver notre vieille [division] amie de Stalingrad1 dans la poussière et la fumée, au milieu du rugissement des moteurs avec le cliquetis des chenilles des tanks et des canons automoteurs dans le grincement des énormes convois sur roues qui vont vers l'ouest, dans le flot de ces gamins pieds nus, des femmes en foulards blancs qui se déplacent vers l'est, de ceux qui ont fui devant les combats avec les Allemands et qui maintenant rentrent à la maison ?
Des gens bien intentionnés nous avaient conseillé, afin de nous épargner les arrêts et les questions, de chercher une division caractérisée par une particularité connue de beaucoup : dans son régiment d'artillerie est attelé à un charroi un chameau surnommé Kouznetchik [«Criquet»]2. Ce né natif du Kazakhstan a parcouru toute la route de Stalingrad à la Berezina. Les officiers des transmissions ont l'habitude de repérer dans le convoi Kouznetchik et trouvent sans avoir à poser de questions l'état-major qui se déplace jour et nuit. Nous avons ri à l'écoute de ce conseil farfelu comme à une bonne plaisanterie, et nous avons continué notre chemin.
Et voici que nous sommes de nouveau sur la grand-route, dans la poussière et le fracas. Et la première chose que nous voyons est, attelé à une télègue, un chameau brun, la peau presque à nu, qui a perdu tout son pelage. C'est bien lui, le célèbre Kouznetchik.
Avance à sa rencontre tout un groupe de prisonniers allemands. Le chameau tourne vers eux sa tête peu avenante à la lèvre pendante : il est apparemment fasciné par la couleur inhabituelle des vêtements, peut-être renifle-t-il une odeur étrangère. D'un ton entendu, le conducteur crie à l'escorte : « Fais venir les Allemands ici, sinon Kouznetchik va les bouffer!» Et sur-le-champ nous apprenons tout de la biographie de Kouznetchik : lors des échanges de tir, il va se cacher dans les entonnoirs laissés par les obus et les bombes, il a déjà été recousu trois fois pour ses blessures et s'est vu décerner la médaille «Pour la défense de Stalingrad». Le commandant du régiment d'artillerie Kapramanian a promis à son conducteur que s'il amenait Kouznetchik jusqu'à Berlin, il serait récompensé. «Tu auras la poitrine entièrement couverte de décorations», a dit avec le plus grand sérieux, ne souriant que du coin de l'œil, le commandant du régiment. En suivant la route indiquée par Kouznetchik, nous sommes arrivés à la division.

Vassili Grossman, Carnets de guerre, p.302-303



1 Il s'agit probablement de l'ancienne 308e division de fusiliers, commandée à Stalingrad par le général Gourtiev et qui deviendra la 120e division de fusiliers de la garde en septembre 1943. Cette formation en majorité sibérienne avait défendu l'usine Barrikady à Stalingrad. Pendant l'opération Bagration, elle fut intégrée à la 3e armée.

2 Le chameau Kouznetchik devint célèbre moins d'un an plus tard quand il arriva à Berlin et qu'on lui fit traverser la ville pour cracher sur le Reichstag.

Librairie La Madeleine

  • Romain Gary, Lady L., toujours pour C. Un roman à l'écriture un peu artificielle mais surprenant à la première lecture.
  • François Truffaut, Les films de ma vie, parce que forcément, à lire Tlön et les autres, je finis par avoir envie d'avoir l'air moins bête.
  • Vassili Grossman, Carnets de guerre - De Moscou à Berlin, 1941-1945, parce Grossman est irrésistible. Je m'aperçois qu'avec ses petites lunettes et son air rêveur, il ressemble à Patrick.
  • Antoine Compagnon, Proust entre deux siècles, parce que je me suis soudain demandé lors des derniers cours si Compagnon ne trichait pas, s'il ne nous résumait pas son livre… (un premier feuilletage semble établir que non).
Dans les exemplaires soldés de mon libraire:
  • Jean-Paul Sartre, Huis clos, pour remplacer le mien qui part en lambeaux.
  • George Steiner, Réelles présences
  • Emmanuel Lévinas, Autrement qu'être ou au-delà de l'essence
Pour divers cadeaux que je projette :
  • RC, Eloge du paraître (x3)
  • RC, Le département du Gers (x2)
  • RC, Vie du Chien Horla

Bah

On s'absente deux jours qui paraissent deux mois, il semble que tout aura changé en rentrant.
Et puis non, rien.

La vie mode d'emploi

[…]
Pour Nadine, les choses de la vie sont simples : les hommes se servent de leur intelligence pour devenir — ou, dans le cas du baron Edmond, rester — riches, et les femmes se servent de leur intelligence et de leur poitrine («Sans parler de ma jolie poitrine qu'il [le peintre mondain Jean-Gabriel Domergue] est le premier à admirer en véritable esthète») pour épouser des hommes riches.

Patrick Besson, in Le Point, 10 mai 2007

Cruauté

Fin de la journée. L'ascenceur s'arrête, une voix susurre "ouverture des portes", j'entre, "troisième étage, sens descente", la porte se ferme, "fermeture des portes", un homme mince, la quarantaine, plutôt agréable, neutre tendance poli presque avenant, lève les yeux au ciel et dit : «On comprend pourquoi ils ont choisi une voix de femme».
Je le regarde, un peu surprise, je ne dis rien. Il est obligé de continuer : «Parce que ce sont des pipelettes, elles parlent tout le temps».
Je le regarde, enregistre le cliché, ne dis rien. Sans doute ai-je l'air encore un peu surprise, ou peut-être un peu moqueuse.
Je me tais.
Il commence à se décomposer: «Euh, je plaisantais, je ne le pense pas, bien sûr.»
Je le regarde, souris largement et réponds froidement: «Mais si, vous le pensez.»
Il est très très ennuyé, essaie de balbutier quelque chose, de se justifier, de s'excuser, mais trois étages, c'est trop court.
Je sors, ("rez-de-chaussée, ouverture des portes") et bon prince, lui confirme: «Et vous avez raison, ce sont souvent des pipelettes».

Petite Annonce

Rémi vend son appartement au centre de Prague.

(Trop tard pour Zvezdo. Je me demande combien de temps il va lui falloir pour rebrancher son ordinateur. Cela avait pris une éternité à Philippe[s].)

La série que j'attends en DVD

Il y a quelques jours j'expliquais à C. qui s'étonnait de je ne sais plus quelle information à la radio, qu'on passait sa vie à essayer de retrouver les impressions et les sensations de l'enfance. (Je lui ai épargné Proust).

Un peu plus tard dans la voiture, nous écoutions l'horoscope déjanté de RFM: chaque jour l'horoscope est construit sur un thème, et ce jour-là, le thème était la Hollande, nous avons donc eu droit à douze clichés sur la Hollande (un par signe astrologique): les tulipes, les canaux, etc, et l'Ajax d'Amsterdam. Durant les quelques secondes où a été évoqué l'Ajax, le bruit de fond était un étrange grincement.
Une fois l'horoscope fini, j'ai demandé à C:
— Tu sais ce que c'était, le bruit sur l'Ajax?
— Non.
— C'est une référence à une vieille pub pour Ajax crème: la pub t'expliquait que sans Ajax crème, tu rayais l'émail («Ça raye l'émail», je l'ai encore dans l'oreille), et on voyait un patin à glace en train de pirouetter en rayant l'émail: c'est ce bruit que tu entendais.

J'en ai profité pour lui expliquer l'autre bruit célèbre de ces années-là: une assiette propre lavée avec Paic citron, Peeeeurrrrrkkkkkkk (un post fétiche sur un produit fétiche).

C. est très bien préparé pour vivre dans les années 80, de même que j'étais parfaitement préparée à vivre dans les années 50. Comme dirait Rémi, l'important, c'est de ne pas transmettre ses névroses.

La série que j'attends, c'est celle-ci. Elle n'existe pour l'instant qu'en zone 1.


Un demi-siècle de cravates

La femme de Paul est en train de mourir.
Elle était devenue très faible depuis septembre, elle avait si mal à la gorge qu'elle ne pouvait quasiment plus manger. Elle allait chez son médecin qui la renvoyait chez elle avec une tape sur l'épaule et la phrase informulée mais qui tranparaissait sur son visage: «C'est normal à votre âge».
Paul se désolait mais n'arrivait pas à la faire changer de médecin ? «Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances»... En mars elle est entrée à l'hôpital, les examens ont révélé une leucémie. Les médecins ont prescrit des médicaments pour faire dégonfler sa gorge et l'ont renvoyée chez elle en lui conseillant de mener une vie tranquille et agréable.%%%

Paul était en colère, mais également fataliste: «Ils m'ont dit qu'on ne pouvait pas la soigner, que les traitements risquaient de la tuer.»1
La semaine dernière il a annulé un rendez-vous, ce qui a dû lui arriver une fois en sept ans. Sa femme était hospitalisée d'urgence.

J'ai déjeuné avec lui jeudi. Il m'a dit ses craintes, en particulier de la voir souffrir. Il redoute l'acharnement thérapeutique. Il ne se sent pas la force (les forces) d'une hospitalisation à domicile. Il est fatigué.
Depuis combien de temps est-il marié? Il s'est marié pendant la guerre, ou juste après. Cela fait donc au moins soixante ans. Au cours des mois, j'ai écouté beaucoup de récriminations contre sa femme, très bavarde, régentant l'appartement, interdisant l'accès de certaines pièces devant "rester libres pour les enfants" (qui ne viennent jamais), prenant à mon avis sa revanche sur ce mari qui n'a pas dû être très présent durant toutes ces années (Il a arrêté de travailler à 70 ans, me disait-il jeudi. Certains jours il me fait rêver en me racontant ses promenades à cheval quotidiennes au Bois tôt le matin avant d'aller travailler. Non, il ne devait pas être très présent).
Mais tous ces agacements ont disparu depuis septembre, il ne reste que l'inquiétude.

Nous avons parlé d'autres choses, des petites choses quotidiennes. Parce que j'évoquais la difficulté de faire tenir dans les armoires pendant trois semaines ou deux mois (selon les caprices du temps) les vêtements d'hiver et les vêtements d'été, il a ri: «J'imagine! Moi, j'ai toujours mes cravates.»

Périodiquement il essaie de mettre de l'ordre, de classer, de ranger, les papiers, les vêtements, les livres. C'est ainsi qu'il y a deux ou trois ans il m'avait parlé de ses cravates: cinquante ans de cravates, toutes de marque. Qu'en faire?
— Hermès coûtait cher, j'ai peu de cravates Hermès, précise-t-il.
— Mais il y en a beaucoup, au total?
— Je ne sais pas, deux cartons. Voyons…
Il se tait, estime: — Peut-être deux cents?

Que faire de toutes ces cravates? Qui a une idée?


Note
1 : Le risque de cancer se multiplient après 70 ans (une personne sur trois meurent du cancer après cet âge) mais les personnes âgées sont cinq fois moins représentées dans les essais cliniques, on ne sait pas et on essaie peu de les soigner. Voir ici un article de vulgarisation.

Les Alpes, essai de photo prise d'avion

Michka détrôné ?

Ce billet est dédié à mon compagnon de débauches littéraires.

Knut, mascotte des marchands

En quelques semaines, cette boule de poils a fait doubler le cours de l'action du zoo de Berlin (de 2.000 à plus de 4.000 euros). Knut, l'ours blanc né au Tiergarten fin 2006 puis rejeté par sa mère, est devenu un phénomène économique. Son image inspire de nombreux produits dérivés : tee-shirts, porte-clefs, chansons, sonneries de portable. Le fabricant de peluches Steiff a acquis la licence Knut, tout comme le confiseur Haribo.

L'Expansion, mai 2007
Dans le même magazine, une information dans un article consacré aux cadres trentenaires accros des jeux vidéo : «[…] Il vient d'acheter Stalker, un jeu atypique dont l'action se situe dans un Tchernobyl virtuel. »


Je crée de ce pas une rubrique Revue de presse. Je pourrais remplir ce blog uniquement avec des brèves et le commentaire du Journal officiel.

Librairie La Madeleine

Billet (et quelques autres) en hommage à ma chère librairie de la Madeleine, qui ferma durant l'été 2007.
  • Martin Heidegger, Approche de Höderlin: impossible de résister à un livre qui réunit deux tels noms.
  • Joseph Moreau, Spinoza et le spinozisme: un Que sais-je, je déteste les Que sais-je. Acheté dans l'espoir (utopique) de le lire et d'y comprendre quelque chose.
  • Ludovic Roubaudi, Le 18 : au dilettante, pour remplacer le banal Folio acheté il y a quelques mois (contient une dédicace de Roubaudi à mon libraire).
  • Guiseppe Montesano, Dans le corps de Naples: à cause du titre et de mon voyage à Venise.
  • Rick Bass, Là où se trouvait la mer: parce que les pages sont tachées de café et que personne ne l'achètera.
  • Michel Serres, Esthétiques sur Carpaccio: j'ai un préjugé défavorable concernant Michel Serres, j'aime beaucoup Carpaccio, je ne sais rien de lui, le livre est mince (et gondolé), il sera vite lu, ce sera toujours ça d'appris.
  • J.M.R. Lenz, Cours philosophiques pour âmes sentimentales: le titre me fait rire et me rappelle d'autre part Cours de philosophie en six heures et quart de Gombrowitz. Même éditeur.
  • Thomas de Quincey, De l'assassinat considéré comme un des beaux-arts.
  • Leo Perutz, Le cavalier suédois: je sais que tous les Perutz sont bien même si je n'en ai lu aucun.
  • Ella Maillart, La voie cruelle, parce qu'il me semble que c'est ce livre que Catherine Rannoux identifie dans Fendre l'air, des choucas tournoyant devant une muraille "l'image pousse son cri", Saint-John Perse et Robinson Crusoë…
  • Annemarie Swarzenbach, Où est la terre des promesses: ces deux femmes me font rêver et comment résister à un sous-titre comportant le nom d'Afghanistan?
  • Andreï Guelassimov, La soif: la quatrième de couverture parle de Tchétchénie, d'ivrognerie… Pour compléter le tableau d'Anna Politkovskaïa et en hommage.
  • Rosamond Halsey Carr, Le pays des mille collines: mais où ai-je entendu ce titre? Parce que j'aime passionément La ferme africaine.
  • Paul Veyne, Sénèque, une introduction.
  • Fred Vargas, Pars vite et reviens tard, pour H., qui ne sait plus où est son exemplaire.
  • Les portraits de Renoir


Au moment de payer, le libraire me demande timidement de lui régler en espèces les livres soldés: il vend en fait des livres personnels. Il regarde un à un ceux que j'ai choisis:
— Ah oui, ça c'était très bien... Oui, celui-là, c'est pas mal, très violent (le livre sur Naples)…
— S'ils vous manquent, je vous les prêterai. (Je pense au militaire de Milady, obligé de vendre ses livres, puis sa jument. Ici, il ne s'agit que d'un manque de place, je crois).

Lassitude

J'ai compris ce week-end pourquoi j'étais aussi désorganisée, pourquoi j'étais débordée sur tous les plans (boulot/intendance/perso) : apparemment, depuis mon opération de janvier, j'ai besoin de deux heures de sommeil de plus par jour.
C'est énorme.
Il paraît que c'est une conséquence de l'anesthésie (très longue), que cela va passer, qu'il faut attendre, qu'il faut compter un an avant un retour total à la normale.
Deux heures de vie en moins par jour pendant un an.
Il est inutile d'essayer d'aller plus vite, je sens très bien que je n'y arrive pas, le corps s'oppose.
Il ne reste qu'à faire comme de coutume quand tout commence à partir de travers: adopter une discipline stricte pour retrouver une certaine prise sur la vie, pour calmer cet horrible sentiment d'impuissance que j'éprouve devant le temps qui m'échappe.
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