Parfois je flippe

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La correspondance de Chateaubriand

Arrêté du 28 janvier 2008 portant création d’une commission nationale pour la publication de la correspondance de François-René de Chateaubriand et portant nomination de ses membres

NOR : MCCD0801547A
La ministre de la culture et de la communication,
Vu la loi no 46-2196 du 11 octobre 1946 modifiée créant un Centre national du livre ;
Vu le décret no 93-397 du 19 mars 1993 relatif au Centre national du livre, modifié par le décret no 96-421 du 13 mai 1996,

Arrête :

Art. 1er. - Il est créé, pour une durée de trois ans, une commission nationale pour la publication de la correspondance de François-René de Chateaubriand. Cette commission a pour mission de veiller à l’établissement des textes et de favoriser la publication de l’ensemble de la correspondance de François-René de Chateaubriand.
La commission approuve un plan de publication. Elle désigne les personnes chargées, sous son contrôle, de la préparation de chacun des volumes à paraître. Elle formule toutes observations et conseils scientifiques utiles.

Art. 2. - M. Marc Fumaroli, de l’Académie française, est nommé président de la commission nationale pour la publication de la correspondance de François-René de Chateaubriand.

Art. 3. - Le président du Centre national du livre est membre de droit de la commission. Il peut se faire représenter par le secrétaire général de l’établissement.

Art. 4. - Sont nommés membres :
– Jean-Claude Berchet, professeur émérite à Paris-III ;
– Guy Berger, professeur émérite à Paris-VIII ;
– Jean-Claude Bonnet, directeur de recherches au CNRS ;
– Jean-Paul Clément, directeur de la maison Chateaubriand ;
– Agnès Kettler, chercheuse au CNRS ;
– Georges Liebert, responsable éditorial aux éditions Gallimard ;
– Arlette Michel, professeure émérite à Paris-IV.

Art. 5. - Le secrétariat de la commission est assuré par le Centre national du livre.

Art. 6. - Le présent arrêté entre en vigueur le 1er février 2008.

Art. 7. - Le directeur du livre et de la lecture est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 28 janvier 2008.
CHRISTINE ALBANEL

Grosse tête

C'est bizarre d'avoir mal à la tête. Je pense à ces cervelles d'agneau frites qu'on mangeait quand j'étais enfant, des masses douceâtres et molles, et je ne comprends pas comment "ça" peut faire mal. Avoir mal à la tête m'intrigue et m'agace.

L'adolescent de l'Elysée

Dans un article plus drôle que méchant, Jean-Louis Bourlanges assène des petites phrases dont la teneur en vérité reste à évaluer.

[...] On s'étonne que le général en chef vive en sous-lieutenant.
La Love story élyséenne a ceci de redoutable qu'elle figure au plan intime une double tendance à la fragmentation et à la discontinuité qui envahit l'action publique.
[...] Le désordre commence, disait Bergson, quand je range mes livres par ordre alphabétique et que ma femme de ménage les range par ordre de taille. Nous y sommes!

Jean-Louis Bourlanges, L'Expansion, numéro 727, février 2008

En terrase fin janvier

Neuf et demi du matin, en terrasse à l'angle de la rue Tronchet et la rue Chauvau-Lagarde, un homme d'une cinquantaine d'années, un peu rond et un peu chauve, et sa femme sont assis en face d'un jeune homme d'une vingtaine d'années en manteau bleu marine, aux cheveux roux en bataille.

— On s'assoit ici. C'est pas possible, le lardon vient à peine d'arriver qu'il commence déjà à nous faire chier!

Je me suis retournée pour regarder l'homme qui venait de prononcer ces mots, nous avons échangé un long regard.

Certains sont plus avantagés que d'autres

— Mon bras gauche nage mieux que mon bras droit parce qu'il pense moins.
— Conclusion: pour bien nager il vaut mieux être con.

Retour aux fondamentaux

La Bible illustrée.

Je recommande la lecture de Sur le pardon. (Prenez la peine de faire défiler les images en cliquant sur la flèche en haut à droite (recommandation pour les trop pressés et les internautes débutants).

Sacré Patrick

Je feuillette Le Point avant tout pour la chronique de Patrick Besson. Cette semaine, il propose «24 conseils au président de la République en vue de ses noces avec Mademoiselle Bruni».

En voici quelques-uns :

4/ Eloigner votre fils aîné de votre nouveau couple.
5/ A la réflexion, le cadet aussi.
...
9/ En cas d'échec à la prochaine élection présidentielle, vous attendre à redevenir célibataire.
...
13/ En cas de chute de votre popularité, ne pas renoncer à votre voyage de noces sur le yatch ou dans la propriété d'un multimilliardaire français ou étranger: on n'a qu'une vie.
14/ Ne pas avoir peur d'inviter Christian Clavier à vos dîners de couples, Carla a le rire facile, comme beaucoup de grande séductrices qui ont compris que les hommes se croient drôles.
etc...
Patrick Besson, Le Point, 17 janvier 2008

J'aime bien Carla Bruni. Elle est suffisamment jolie, suffisamment silencieuse, suffisamment riche et assume suffisamment tranquillement son passé (et sans doute futur) de croqueuse d'hommes qu'aucun journaliste n'ose se moquer d'elle: elle laisse peu de prises (et certains doivent espérer avoir leur chance; après tout, Jean-Paul Enthoven faisait partie de la corporation).
Continue, ma belle.

Je tiens à proclamer que je trouve la couverture de Closer de cette semaine absolument indigne.

Psy

Me voilà à rencontrer un psychologue analytique (enfin je crois, pas sûr d'avoir compris) et à l'écouter parler de ses expériences californiennes dans les années 70. Je retrouve les livres que je lisais à seize ans, à partir d'un livre à la mode à cette époque-là, Le corps a ses raisons de Thérèse Bertherat, qui a fait découvrir au grand public la méthode Mézières. Je suis contente d'avoir rencontré quelqu'un qui a fait l'expérience du rebirth et qui me dit que "ça marche", on revit effectivement sa naissance:
— Quand je suis rentré en France, je suis allé voir ma mère et je lui ai demandé: «Pourquoi tu ne m'as jamais dit que j'étais né aux fers?» Elle s'est retournée comme si je l'avais mordue: «Qui te l'a dit?». C'était une confirmation suffisante.

Il paraît que je ne parle pas assez et que j'ai une fausse image de moi. Je confirme: j'ai l'impression de parler beaucoup trop.

Formatage des journalistes: en 2003, déjà...

Toujours durant mes désormais traditionnels classements du week-end, je retrouve une double page du Monde diplomatique consacré en février 2003 au Centre de Formation du Journalisme (CFJ).

Extrait du chapeau:
«Issue de la Résistance et porteuse, hier encore, de la conception rigoureuse et de l'éthique chères à Hubert Beuve-Méry, fondateur du «Monde», l'école de la rue du Louvre a subi une mue caractéristique. Avec l'argent-roi, le conformisme a pris le pouvoir. Ses diplômés n'ont plus besoin d'«aller aux ordres» pour servir les puissants: pour beaucoup d'entre eux, tout est déjà dans l'ordre...»

[...] Mais, depuis [les années 50], le journalisme est devenu moins souvent citoyen que lucratif. Des pans entiers du champ intellectuel ont basculé dans la conquête de l'Audimat et la quête du profit, et c'est de se renversement idéologique que témoigne clairement l'orientation du Centre, tant par sa pédagogie que par son vide intellectuel ou son discours libéral.
«Un flash, c'est six, sept brèves, tac, tac, tac. Jamais une qui dépasse les quarante secondes.» Dans l'enseignement prédominent la mise en forme et la mise au format, avec des prescriptions qui se suivent et se ressemblent: «Autant que possible, évitez les subordonnées, les phrases supérieures à quatorze mots.» «2mn15 pour un reportage, c'est énorme en télé, c'est énorme... Y a un problème de temps.» «Un sonore de plus de 15 secondes, posez-vous la question.» La question du sens, elle, ne se pose pas. Lorsqu'elle surgit, c'est le fait d'un élève, et l'enseignant l'enterre aussitôt: «Mais, en une minute, on a le temps de rien dire! —Eh oui, s'amuse l'encadrant (rédacteur en chef adjoint de LCI). Bienvenue dans le monde de la télé!»

[...] Les élèves ne parcourent même plus les essais qu'ils critiquent. Ainsi de Benoît, pour un ouvrage sur la guerre d'Algérie. «Poursuis ton papier sur le livre de Jacques Duquesne, lui conseille une intervenante de France-Culture. —Mais je ne l'ai pas ouvert! —Pas la peine. Il faut faire vite. Lis juste une critique du Monde.» Une recommandation qu'elle renouvelle pour un film de Claude Lanzmann (non visionné) et une étude sur les «working poor». Nulle incompétence chez cette professionnelle: elle a incorporée le rythme de son métier, son appétit de productivité, et en a adopté les ruses. Car, loin de handicaper le journaliste, une méconnaissance des sujets constitue un atout: un savoir incongru risquerait de parasiter la synthèse; la complexité envahirait le chroniqueur, qui déborderait du format, dépasserait la minute, voire —extrême limite— les 1mn15...

[...] Au fil des années 1980 et 1990, cet économisme a progressivement imprégné toutes les formations au journalisme. Mais c'est plus flagrant encore au CFJ, qui est allé plus loin et plus vite dans son ajustement au marché. Un virage libéral, que des circonstances historiques expliquent.
Traditionnellement, le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) était gouverné paritairement, par une moitié de syndicalistes et par une autre de patrons. Au printemps 1998, il y eut un dépôt de bilan, suivi d'une privatisation de fait: RMC, La Vie du Rail, Bayard Presse, France 2, France 3, Le Nouvel Observateur, Hachette, etc., «sauvèrent» alors le CFPJ. Déjà, les employeurs contrôlaient largement la structure. Via la taxe d'apprentissage, qu'ils choisissaient de verser —ou non— à l'école. Via le recrutement dans leur équipe de nouveaux diplômés, surtout. Désormais, ils décideront directement, puisque TF1, Havas, l'agence Capa, Le Monde, Midi libre, France 3 entrent au conseil d'administration et placent Pierre Lescure (alors PDG de Canal+) à sa tête.
Dans la trajectoire du Centre, cette faillite a permis une rupture: les gardiens du temple ont été limogés et les archives supprimés. Si bien que les traditions, et leurs dépositaires, ne sont plus là pour freiner l'ascension de l'argent-roi. Ce basculement se perçoit dans la pédagogie, avec un savoir-faire technique qui éclipse le savoir humaniste; dans le lieu, avec une bibliothèque rayée des murs; avec une hausse vertigineuse des frais d'inscription, multiplié par 2,3 en cinq ans. [...]

«Mais c'est terrible! se rebiffe un élève. Dans cette école on ne s'épanouit pas du tout.» Le responsable de la première année réplique, amusé: «Mais heureusement! Vous n'êtes pas là pour vous épanouir. Ce serait un très mauvais service à vous rendre que de vous épanouir. Parce qu'après, quand vous travaillerez dans les boîtes, il faudra bien vous résigner, après.» Que les jeunes entrent dans les rédaction déjà vaincus, c'est un louable progrès. Voilà qui leur épargne de futures désillusions et qui évite à leurs employeurs des conflits, des mutineries, des bouffées d'utopie. Les voilà prêts pour une éternité de publi-reportages, eux qui ont renoncé d'avance. Les voilà mûrs pour des «unes» sur le sexe en été, le salaire des cadres, le marché de l'immobilier, le palmarès des meilleurs lycées, le classement des grands vins français, eux qui, marchands de phrases cyniques, blaser avant leurs premiers pas, vivront du commerce des mots.

François Ruffin

Pelote

Je commence des billets que j'écrase en écrivant par-dessus ou que je ne mets pas en ligne, à quoi bon? Je les garde pour moi, seul inconvénient, ils ne sont pas indexés par Google. C'est pratique, Google, pour les aiguilles dans les bottes de foin.

J'ai des courbatures, mal à la gorge, aux oreilles, au dos, les yeux qui pleurent. Pas de fièvre.

J'ai un chef qui nous raconte pour la centième fois ses aventures de G.O. au club Med (moniteur de voile) dans les années 70. Nouveauté de la semaine: les souvenirs liés aux chansons de Carlos qui servaient de jingle pour signaler au bon peuple que le buffet était ouvert.

J'ai réussi à caser "Bise et zou!" en réunion (de spécifications détaillées, pour ceux qui voudraient avoir une idée de l'ambiance).

J'ai une chef qui me charge du compte-rendu de la réunion mais m'accable d'annexes en tout genre, pour le cas où "je serais perdue" (elle ne sait pas ce qu'elle risque, mais j'espère que les autres vont s'amuser, la minutie dans les notes prend des dimensions de révolte dans certaines situations (au moins la première version, je sais bien que tout cela finira poli et vernissé comme d'habitude)).

J'ai deux pages à lire et à colorier (je vous jure que c'est vrai) selon les critères j'aime/je n'aime pas, c'est vrai/c'est faux (j'ai volé un stabylo bleu au bureau, il me manquait une couleur).

J'ai encore des cartes de vœux à écrire — à la famille, les dernières, je devrais y arriver en regardant Columbo.

Finalement je ne vais pas détruire ce que j'avais copié hier. Je vais le mettre en ligne après minuit, ça fera le billet de demain.

Demain sera long et sans doute pas très amusant.

La loi des séries, fin.

Plutôt grognon, comme à chaque fois que je suis obligée de suivre le mouvement plutôt que d'être libre de m'organiser comme il me plaît. Pas une humeur pour bloguer, ça.

Je viens d'annuler trois engagements à la dernière minute pour cause de force majeure: hier, ce soir, et un le 31 (pas encore annulé, mais j'ai découvert ce soir qu'il faudrait l'annuler demain (zut alors, j'avais trouvé un moyen de voir les salons de l'hôtel Meurice)). Je déteste ça.
Mais bon, trois, je tiens le bon bout. Trois, c'est la fin de la mouise, tout devrait redevenir normal.

Le billet qui m'a fait rire de bon cœur aujourd'hui.

Appel aux hommes de bonne volonté

J'ai rencontré deux fois en deux jours le mot "actionnable".

PITIÉ, PAS ÇA.

Une voix d'outre-tombe

Ce soir m'attendait un CD avec la voix de ma grand-mère, enregistrée par mon cousin en 1998. Il l'avait enregistrée car il avait choisi de faire son projet de fin d'études autour d'elle, du récit de sa jeunesse.
Ma grand-mère est morte en juillet 2001. Je ne sais pas si j'arriverai à écouter ce CD un jour. Et pourtant, nous l'avons tant réclamé à mon cousin, nous l'avons tant espéré, nous avions si peur qu'il perde ou efface la cassette contenant la précieuse voix.

Nouvel an suite : les résolutions

Traditionnellement, ce sont plutôt les horoscopes annuels que je lis en début d'année : je lis tous ceux qui me tombent sous la main; par-delà la langue de bois (quoi qu'il arrive tout va bien se passer) il s'en dégage normalement une impression : calme plat, tempête, morosité ou énergie.


Cette année semble davantage placée sous le signe des résolutions que des horoscopes (qui deviennent vraiment trop bizarres: horoscope breton, horoscope des fées, horoscope de la cuisine... Comment voulez-vous faire une synthèse de trucs aussi kitsch? (Et ce n'est pas Matoo qui me fera mentir.))
Vendredi matin, je tombe coup sur coup sur une publicité et un article sur le sujet.

L'article est paru dans l' Express style, supplément de l' Express, du 3 janvier. Le chapeau annonce : «Elles sont à la nouvelle année ce que la dinde est à Noël. Les résolutions sont toujours bonnes à prendre, que l'on s'y tienne ou pas...»

La publicité, c'est un petit dépliant (plié) orange de JPMorgan Asset Management collé — avec cette gomme qui se détache quand on la roule sur les doigts — dans l' Agefi hebdo du 10 janvier. Ce dépliant comporte douze "bons points" détachables selon des pointillés.
Il s'intitule Recueil de bonnes résolutions à partager, sous-titré "Quelles que soient vos résolutions, JPMorgan Asset Management vous aide à garder le cap."

Donc voilà, je partage :

  • Penser à ne pas trop penser au travail
  • Dormir plus de 8 heures par semaine
  • Poser des week-ends de plus de 2 jours
  • Arrêter de fumer plus d'une semaine
  • Arrêter les régimes
  • Ne plus prendre de bonnes résolutions
  • Changer de sonnerie de portable
  • Garder au moins 1 point sur mon permis
  • Suivre les conseils que je donne
  • Penser à envoyer mes vœux avant le 31 juillet
  • M'acheter des chaussures de sport
  • Me servir de mes chaussures de sport


(Bon je sais, c'est affreusement bobo, mais c'est surtout que cela vienne de JP Morgan AM qui me fait rire, et que ce soit publié dans l'Agefi Actifs ou l' Agefi hebdo)).

Et puis tout de même, «suivre les conseils que je donne», c'est une résolution qui a beaucoup de classe.


PS: Finalement, j'ai trouvé deux dépliants. J'en donne un au premier qui le demande.

Occupation bizarre

Ce matin, à 6 heures et demi, j'étais à genoux devant le ficus du salon afin qu'on puisse prendre une photo de ma tête «avec du vert dans le fond».
(J'étais à genoux pour me trouver devant les branches les plus fournies du ficus, afin qu'on ne voit pas le mur à travers elles).

Gestion du temps, toujours

Drink coffee: do stupid things faster with more energy !

Bonne année ! (les huit lois du temps)

Je n'avais pas voulu vous infliger cela pendant les vacances. Il s'agit d'un article de Management de décembre 2007: les huit lois du temps qui vous rendront plus efficaces. Ce qui m'amuse, c'est que ces huit lois ont toutes des noms, et que l'article indique leur origine. C'est pour cela que je le copie ici: pour garder trace de ces noms.
Non seulement je copie des extraits de l'article, mais je vous inflige mes commentaires. Voilà donc un post totalement management de l'entreprise et self-help (je devrais avoir honte, mais cela m'amuse plutôt. J'ai lu récemment tant de blogs qui traitent de ce genre de sujet.)

Loi de Douglas : rangez votre bureau

Selon la loi dite de Douglas (dont l'origine s'est perdue), «les dossiers et les documents s'entassent jusqu'à remplir tout l'espace disponible.»

Vrai. Intérêt de ranger: réel. Libère l'esprit et fait gagner du temps.
Explication d'une amie bretonne à propos d'un chef dont le bureau était vide quand il partait:
— C'est un marin.
— Quel est le rapport ?
— Dans un bateau, tout ce qui n'est pas rangé tombe et roule.
Parfois quand je contemple ma cuisine je me dis que je devrais faire un stage de voile.

Loi de Carlson : limitez les interruptions

Dans les années 1950, en Suède, le professeur Sune Carlson a chronométré l'activité de dizaines de managers. Résultat : ils étaient interrompus toutes les vingt minutes en moyenne. Il en a tiré la loi des «séquences homogènes», selon laquelle effectuer un travail en continu prend moins de temps que le faire en plusieurs fois, car il faut au moins trois minutes pour se concentrer de nouveau, ce qui engendre fatigue et sentiment d'inefficacité.

Pas grand chose à dire. Je crois que la seule façon d'être tranquille, c'est soit d'avoir très mauvais caractère, soit de décaler ses horaires, et "travailler" (ici, réfléchir) avant que les autres n'arrivent, ou quand ils sont partis (quand il tombe une sorte de paix dans les bureaux, à l'heure où il ne reste que la femme de ménage).

Loi de Murphy : gardez une marge pour l'imprévu

L'ingénieur à l'US Air Force Edward Murphy a édicté cette loi en 1949 à la suite d'une expérience mesurant les effets de la décélération sur les pilotes. Or l'assistant chargé d'installer les capteurs d'effort sur les chimpanzés cobaye les avait montés à l'envers... D'où ce constat: «Une tâche prend toujours plus de temps qu'on ne l'imagine. Et ce qui peut mal tourner tournera mal.» C'est pourquoi elle porte aussi le doux surnom de «loi de l'emmerdement maximal».

Je suis ravie et surprise d'apprendre qu'il y a une origine identifiée à cette loi.
Loi du métro: c'est toujours la rame d'en face qui arrive quand vous attendez.
Loi de Murphy appliquée: plus vous aurez tout prévu, plus il arrivera autre chose, mais mieux vous ferez face à cet imprévu imprévu (jamais compris pourquoi, mais ça marche comme ça).

Loi de Pareto

En 1906, l'économiste italien Vilfredo Pareto a formulé ce constat devenu célèbre: 20% de la population concentre 80% des revenus. Ses disciples se sont ensuite penchés sur l'entreprise et ont observés que 20% du travail effectué produisait 80% des résultats.

La loi des 20/80 est applicable à un nombre impressionnant de cas.
Cependant, je ne suis pas forcément d'accord avec ça, cela dépend comment on définit l'essentiel. La gestion des priorités ne se fait pas forcément par rapport à "l'essentiel" mais aussi par rapport à l'urgence. La grande mode est de dire que l'urgent ne doit pas empêcher de traiter l'essentiel. Je dirais plutôt qu'il faut se débrouiller pour traiter les tâches suffisamment tôt pour que le plus grand nombre ne devienne jamais urgent.
L'un de mes premiers chefs avait pour objectif une journée d'avance dans toutes les tâches. Dans cette journée d'avance se glissait alors la loi de Murphy, comme si la perfection appelait la catastrophe (la vertu appelle le péché?) Avec le temps, je me dis qu'il s'agit plutôt d'un rapport à l' ubris : la satisfaction de soi attire la colère des dieux... enfin bon.

Loi de l'Ecclésiaste : variez vos activités

Traduction pour les managers du XXIe siècle: afin d'être efficace, changez d'activité au cours de la journée.

Oui, bon. Celle-ci me paraît inutile tellement elle va de soi.

Loi de Parkinson : fixez-vous des délais

En 1958, le professeur Cyril Northcote Parkinson a tiré une théorie de son étude de l'administration britannique: «Un travail occupe tout le temps prévu pour sa réalisation». Ou, autrement formulé: «Tout travail tend à se dilater pour remplir le temps disponible.»

C'est en fait la loi de Douglas appliquée au temps. La plus vraie et la plus dangereuse, celle qui explique que les gens les plus occupés sont ceux qui ont le temps de faire le plus de choses et que ceux qui n'ont rien à faire ne font rien...
C'est ma loi préférée, la dérive qu'il faut maîtriser à tout prix.

Loi de Laborit : faites le plus difficile en premier

Le biologiste Henri Laborit, rendu célèbre par le film «Mon oncle d'Amérique» d'Alain Resnais, a consacré sa vie à l'étude du comportement humain. L'inventeur des neuroleptiques a notamment montré que l'homme est doté d'un «programme biologique de survie» qui lui fait fuir le stress et rechercher en priorité le plaisir. Cette loi a été vulgarisée sous l'appellation de «loi du moindre effort».

Je ne suis pas tout à fait d'accord: ce n'est pas le plus difficile qui est source de stress, c'est le remord. Faire en premier ce qu'on a le plus de remord de ne pas avoir encore fait, afin de se libérer l'esprit. Et de façon générale, commencer. Le plus stressant, c'est de repousser à plus tard. Le moindre effort, c'est donc de s'y mettre (élémentaire, mon cher Watson).

Loi d'Illich : accordez-vous des pauses

Penseur autrichien décédé en 2002, Ivan Illitch était une figure de la contestation capitaliste. Il a formulé les effets pervers du progrès technique et a énoncé la loi des rendements décroissants au bureau: «Au-delà d'une certaine durée, on devient moins productif, voire contre-productif.»

Bizarre destin pour un penseur anti-capitaliste que de devenir un gourou de la productivité en entreprise... (est-ce que j'ai bien compris?)
Je pense que cette loi n'a rien à faire là, c'est une reformulation d'un condensé des lois de l'Ecclésiaste et de Pareto. Le journaliste devait souhaiter une huitième colonne pour sa mise en page.

Le chantage

Il était évident qu'un film avec Pierce Brosnan n'ayant fait l'objet d'aucun affichage et passant dès sa sortie à l'UGC Orient-express serait un navet.
Malgré tout, voulant comme souvent donner sa chance à une cause perdue, nous allâmes voir ce film, qui est bien un navet, et dont le seul intérêt serait à la rigueur d'illustrer l'écart entre la France et l'Amérique par rapport à l'adultère.
Comme dirait en sortant une dame hilare d'une soixantaine d'années en forme de tonneau et aux cheveux oranges: «S'il fallait faire tout ça à chaque histoire de fesses!»
Tout le monde riait en sortant, soulagé que cela soit fini, ce faux suspens, cette histoire décousue...
Et toujours cette même question: que faudrait-il changer pour que cela fasse un film potable? Couper, déjà, beaucoup couper. Et ensuite?

Il reste que la carrière d'acteur me paraît bien aléatoire: elle dépend beaucoup des réalisateurs avec lesquels on travaille. Pierce Brosnan, Sharon Stone, pourquoi sont-ils des stars? On les aime davantage pour leur beauté, leur sourire, leur silence ou leur présence devant les objectifs des photographes que pour leurs films.

Blade Runner

Blade Runner une fois encore, au cinéma. Première version, sans voix off (me dit H., je ne me souvenais plus de la voix off) ni la fin trop claire mais consolante de la version de 1992. Première version de 1982 que je préfère.

Je n'arrive pas à me souvenir de la première fois que j'ai vu ce film. Est-ce avant que je lise des BD de science-fiction, et de la science-fiction? Quoi qu'il en soit, toutes mes lectures sont imprégnées de cette atmosphère lumineuse et sombre, poudrée, désespérée.

Il y avait deux personnages féminins qui faisaient fanstamer les garçons de mon âge à vingt ans : la princesse Leïa (entre ceux qui avaient clairement vu qu'elle ne portait pas de soutien-gorge sous sa robe blanche lors de sa première apparition dans La Guerre des étoiles et ceux qui voulaient revoir la scène pour vérifier ce point) et Rachel, l'androïde glaciale et désemparée de Blade Runner. Lorsqu'ils parlaient de Rachel, il était évident que rêver et bander devenaient strictement équivalent, je n'ai jamais compris pourquoi. Que pouvait bien avoir Rachel qui les séduise à ce point? En y réfléchissant davantage, il me semblait que c'était plutôt ce qu'elle n'avait pas, c'était inquiétant et triste, donc j'évitais d'y réfléchir.
J'ai dans mes armoires quelques tenues directement inspirées de Rachel, taille serrée et épaules exagérément marquées.

Les fois précédentes, j'avais surtout été marquée par la poignante mélancolie de l'histoire, le destin sans issue, la stricte lecture d'une vie humaine à travers celle des robots.
Cette fois-ci j'ai été davantage frappée par la construction rigoureuse, pratiquement découpée en chapitre, et la rapidité, l'efficacité du récit, par la fierté des créateurs, qui ne peuvent concevoir que leurs créatures/création puissent être dangereuses, par l'effacement des différences entre les hommes et les androïdes, parachevé par le dernier geste de Roy Batty, devenu capable de miséricorde. Les décors dont il est devenu si courant de se moquer m'ont paru très beaux, très cohérents et très Jules Verne : voilà un futur qui ressemble à ce qu'on imaginait en 1880, voilà un futur antérieur, avec des photographies sépia, un piano, des livres derrière le canapé.
Il est difficile d'imaginer un futur plus présent, ou même déjà passé, originel: est-ce cela qui fait le charme de ce film? Ou est-ce l'importance centrale des souvenirs, ceux que l'on n'a pas si l'on naît androïde, ceux que l'on acquiert au cours d'une vie, androïde ou humaine, («Si tu savais ce qu'ont vu mes yeux, tu ne le croirais pas», «j'ai vu le soleil devant le bouclier d'Orion, ...»), perdus à jamais à notre mort?

Etourdie

Hier, dîner de post-réveillon avec mes beaux-parents, feu dans la cheminée, potage de poireaux et foie gras.

Au milieu du repas, j'ai trop chaud et commence à enlever mon pull quand une idée me traverse l'esprit tandis que j'ai déjà la tête cachée par le vêtement; je rabaisse précipitamment les mains pour me tâter les côtes et m'exclame étourdiment:
— Ouf, j'ai eu peur de n'avoir rien dessous.
Les têtes se sont tournées, tout le monde s'est tu puis a éclaté de rire tandis que H. et moi devenions tout rouges.

Résolution du Nouvel an

Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre maintenant? demanda Alice.
— Cela dépend beaucoup de l'endroit où vous voulez aller, dit le Chat.
— Cela m'est à peu près égal..., dit Alice.
— Alors peu importe le chemin que vous prenez, dit le Chat.
— ... pourvu que j'arrive quelque part", ajouta Alice en guise d'explication.»

Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles


Choisir un chemin.

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