Pour Chondre

Mon grand-père est mort en 1997 d'un cancer de la vessie. Ce fut long et douloureux, physiquement mais aussi moralement. Il n'acceptait pas la déchéance de l'hôpital (des choses toutes simples, comme d'être nu dans une chemise d'hôpital devant les infirmières), et des années plus tard, mon oncle pleurait encore de remords en évoquant pépé le suppliant de le ramener chez lui pour mourir: «Pourquoi je ne l'ai pas fait? Je ne savais pas qu'il restait si peu de temps».
Mon grand père était shooté à la morphine, mon père disait en souriant : «Je ne sais pas ce qu'ils lui donnent, mais je ne l'ai jamais vu aussi bavard.»

Mon grand-père est donc mort. L'année précédente, il avait fêté ses soixante ans de mariage.
L'une des phrases dont je me souviendrai toute ma vie est une réflexion de ma grand-mère: «Il était malade depuis longtemps, quatre ou cinq ans. Parfois quand j'allais le chercher pour déjeuner [nous sommes à la ferme], je le trouvais plié de douleur, assis sur un seau. Nous n'avons rien dit parce qu'on voulait qu'on nous laisse tranquilles.»

Cette dernière phrase me fend le cœur. Elle vise ma mère, qui ne vit heureuse que dans le malheur, s'agitant alors avec beaucoup d'efficacité (reconnaissons-le: on ne peut la prendre en défaut pour tout ce qui concerne l'organisation matérielle) pour tout organiser à son idée, et pour faire la morale.1 (A sa décharge, il faut savoir que maman est la femme au caractère le plus faible de la famille: elle ne peut prendre sa revanche que lorsque tou(te)s les autres sont affaibli(e)s par la maladie. (Et encore. Elle n'a jamais eu le dessus avec ma grand-mère, sa belle-mère.))

Pour ma part, j'ai fait promettre à H., s'il m'arrivait quoi que ce soit, de la banale appendicite à la maladie la plus grave, de ne pas prévenir mes parents, pour n'avoir pas à supporter ma mère.

Ceci dans une sorte de contrepoint au billet de Chondre, dont je partage l'éclat de rire (je le comprends tout à fait), sans savoir cependant ce que je déciderais ensuite (sans doute d'aller voir le malade, malgré tout, moins par compassion que pour n'avoir rien à me reprocher).



Note
1 : Elle est du genre à être déçue si un grand fumeur ne souffre pas (à en mourir) d'un cancer du fumeur. Un beau caractère proustien, en somme, à la Françoise.

Iran

A lire oli2be jour après jour mon cœur se serre d'angoisse.

Je songe à Tienanmen, bien sûr, mais aussi à ces marins prisonniers de la Baltique, à leur mort silencieuse vécue en directe, je songe à ce billet terrible de Gvgvsse, je songe à notre impuissance, permanente.
Plus le temps passe, moins je me résigne, plus c'est douloureux : est-ce normal?

Je songe à Boulgakov, Les œufs. Dans ce conte, les soviétiques ont inventé un incubateur qui permet d'obtenir des poulets dix ou vingt fois plus gros que la normale. A la suite d'une erreur, ce sont des œufs de serpents qui sont mis dans l'incubateur. Les serpents sont invincibles.
En plein mois d'août cependant, un gel brutal met fin au cauchemar.

Je ne suis pas sortie de la pensée magique, je ne suis pas sortie de la pensée mythique. J'espère encore les Mers rouges qui s'ouvrent et le gel en plein mois d'août.
Cependant, je suis consciente de ce ridicule.

Cette fois-ci ce n'est ni les blogs, ni FB, mais une liste de diffusion

Il n'existe pas de n°1 à la rue Albert 1er au Pecq. Mais Google extrapole et nous assure que si.

Soleil, après-midi à l'ombre (mais pas d'un seringa, réservé à Nabokov), discussions à bâtons rompus.

Des sorbets et des casse-têtes. Un mur de Rubix-cubes comme je ne savais pas qu'il en existait (j'aurai dû prendre une photo — mais je n'avais rien pour photographier).

Il faut lire Arno Schmidt (qui décrit l'enfer des écrivains trop connus, bloqués dans un entre-deux, incapables d'atteindre l'oubli et le repos).

avril 2006 - juin 2009

Parfois des malentendus se dénouent, et malgré le soulagement qu'on en éprouve, il remonte une insurmontable tristesse à être enfin justifiée, à ne pas l'avoir été si longtemps.

Je n'aime pas

— Vous aimez Lio ?

Si je réponds non, on comprendra que je n'aime pas Lio, qu'elle me déplaît. Ce n'est pas le cas, elle m'est juste indifférente. C'est une absence d'intérêt, pas une détestation.

Quelle syntaxe pour cette réponse ?


(Et sur FB, ce "J'aime/vous n'aimez plus", qui me fait toujours sourire. Je pense à Renaud Camus et à son horreur des verbes transitifs utilisés intransitivement. Quand cette option "j'aime" est apparue sur FB, je me suis dit que je n'utiliserais jamais quelque chose d'aussi bête. Mais finalement c'est si pratique pour marquer l'assentiment, l'approbation, l'encouragement, c'est si pratique quand il est un peu nunuche d'aller écrire «J'aime beaucoup ce que vous faites», que cette option me manque ailleurs, je la cherche sur les blogs ou sur twitter. Cette option puérile est devenue la marque d'une certaine discrétion et d'une certaine gentillesse, d'une complicité: qui l'eût cru?)

Un chien

Quand son avant-dernier chien est mort, ma grand-mère a voulu le remplacer.

J'ai assisté à ce dialogue entre ses brus, ma tante et ma mère (je ne sais plus si ma grand-mère était présente, j'espère que non, mais sa présence n'aurait pas arrêté ses brus):

Ma mère : — Elle ne va pas encore reprendre un chien! Et qui va s'en occuper quand elle sera morte? Il faudra le mettre à la SPA!
Ma tante : — Je fais passer le bien-être des vieilles personnes avant celui des chiens.


Curieusement, certains passages de L'Isolation de Renaud Camus (concernant le métissage des populations, la disparition de la culture, etc) me font penser à ce dialogue : est-ce qu'un paysage est plus important que les gens?
Et je repense au bombardement de Dubrovnik, qui a davantage ému que celui des populations, et au bombardement des territoires de Babylone, ce qui n'a guère ému les Américains…
Et je repense à Saint-Exupéry, cet extrait dans Lagarde et Michard: personne ne voudrait d'un pont qui coûte la vie d'un homme, mais tout le monde le traverse.

PCA : plan de continuité d'activité

La semaine dernière, formation PCA : comment assurer le fonctionnement minimal vital de l'entreprise en cas d'incendie, de panne des ascenseurs (dans une tour de grande hauteur), de pandémie,…
Très intéressant, très curieux, avec de multiples anecdotes que je songeais à raconter ici — mais j'ai tout oublié. (Par exemple, l'une des personnes mortes dans le récent accident d'avion brésilien était la spécialiste des terminaisons nerveuses de la patte d'écrevisse. C'est sur ce modèle qu'a été conçu le bras articulé de la navette américaine. Ou encore: le jour de l'attentat à Londres en juillet 2005, toutes les personnes en charge des plans d'urgence en cas de terrorisme à Londres étaient… à Paris. Notre formateur ne croyait d'ailleurs pas à un hasard. Mais il croyait que l'incendie du Crédit Lyonnais en 1996 était un vrai incendie — on ne me fera jamais croire ça. Etc.)

Comment savoir ce qu'on vaut en cas de stress avant d'avoir essayé? Les personnes qui font beaucoup de sport, ou de la randonnée ou de la voile, peuvent le savoir: que deviennent-elles, qui deviennent-elles, quand elles sont très fatiguées, qu'il fait froid, qu'elles ont faim? En quelle personne mesquine ou magnifique se transforment-elles?
De mes années à veiller sur des enfants très jeunes, je ne garde que ces réflexes devant quelqu'un qui s'énerve, devient irritable ou méchant: le couvrir, le nourrir, le faire dormir.


Je m'attends à de la malveillance informatique. PCA. Je sauvegarde ce qui compte pour moi, des liens, des listes, des adresses. Tant pis pour le reste.

Zut, c'est encore raté pour 22 heures, et même pour 23.


complément le 9 juillet 2009 : un certain nombre de personnes arrive ici en tapant "plan de continuité d'activité".
Voici un lien officiel afin de bâtir une trame de PCA pandémie en entreprise.
Plus généralement, les fiches du site www.risques.gouv.fr pour préparer la pandémie de grippe.
Et des conseils suisses.

complément le 21 août 2009
Toujours les Suisses : je remets ici un document de Swiss Ré publié en avril 2007.

Les tortues

La tortue de Floride qui a envahi nos cours d'eau fait des ravages car elle est agressive: si vous tendez le doigt vers sa tête, elle essaie aussitôt de le mordre.

A l'inverse, la tortue terrestre de nos climats est pacifique et craintive: si vous tendez le doigt, elle rentre la tête.

Je rêve d'une tortue mutante: qui ne rentre pas la tête mais n'essaie pas de mordre (avant de savoir ce qui se passe).

Marie, Chistophe (off), Jérémy, Patrick, Clément, Camille et des canards

Arrivé en retard. (Il faut dire que trouver le 200 quai de Valmy quand on ne connaît pas...) Ecouté Marie derrière la porte de peur de faire trop bruit en l'ouvrant. Coin Coin (comme dirait Camille. C'est très conceptuel, comme concept).
Marie possède un amour de chauve-souris en peluche.

Comment un ami de vingt ans (au moins) peut-il passer à un mètre dans votre dos, ne pas vous reconnaître et s'en aller? Je suis bien embêtée.

Le long du canal beaucoup de jeunes buveurs.

Failli obtenir un french kiss de J., mais bon, Patrick photographiait, on n'a pas osé.

Songé à un sujet de mémoire: Supervielle et Jules Laforgue (et Lautréamont), l'influence de l'Amérique latine sur ces trois poètes.

Encore du vélib.

Rentrée à deux heures. Mal aux pieds.

Sabre au clair

Quelques vers de Victoria, chanson d'Higelin (l'album live de Bercy). A chaque bataille
Au plus fort des combats
Je n'ai jamais douté de toi

Bien fait

Racheté des cigarettes.
Mal à la tête.
Twitter ne marche pas.
Où vais-je écrire mes bêtises?

Dormir.

On fera mieux la prochaine fois (peut-être).

Tournoi de ping-pong en équipe: un faible, un fort. Un double, le faible joue contre le faible, le fort joue contre le fort. Des poules, puis un tableau.
Nous sommes arrivés 28e sur 33.

A venir : Double Change - Chris Tysh et Marie Borel le 19 juin

Appas m'ayant fait prendre conscience que je n'avais pas fait de publicité pour Renaud Camus à l'Ircam, je vous invite à venir écouter Marie Borel (amie de Renaud Camus, ayant publié Les animaux de personnes avec Jacques Roubaud) au point éphémère.

Vendredi 19 juin 2009 de 19:00 à 20:30,
au Point éphémère, 200 Quai de Valmy - Paris, 10e.

Après l'Ircam

Un très bon Côte du Rhône après du champagne et des canapés (pas de canapés pour moi ? mais trois coupes (je n'aurais pas dû)). Un projet lancé en l'air qui ne retombera pas (et c'est parti : Cerisy 2010, lire les Eglogues), du moins j'espère. Autant en emporte le vent, Deep Purple, la chansonnette, Brassens, Berio, Machiavel, le pouvoir, la disparition des gauchistes en 1978,…
On a quand même dû parler d'autre chose en trois heures, peut-être un peu trop ri pour m'en souvenir, le serveur entraîné par notre gaieté a proposé de nous photographier tous les quatre, et si ça continue je vais finir par aimer les photos souvenirs.

C'était bien.

En faire moins, plus lentement

Je crois que j'ai trouvé un moyen simple de remplir ce blog : traduire les billets qui me plaisent, pour tous ceux qui se plaignent de ne pas lire l'anglais (en attendant de faire des progrès en allemand.)

Ralentissez maintenant !

1 - Prenez une tasse de thé, surélevez vos pieds et regardez par la fenêtre d'un air vague. Avertissement : ne pas mettre cela en pratique au volant.

2 - Faites une chose à la fois. Rappelez-vous que le multitâche est une faiblesse morale (sauf pour les femmes qui ont des fonctions cérébrales supérieures.)

3 - Ne vous laissez pas entraîner à répondre à des questions. Une réaction n'est pas une solution. Soupesez, prenez votre temps.

4 - Apprenez notre Manifeste Lent.

5 - Bâillez souvent. Des études médicales ont démontré beaucoup de choses, et sans doute que bâiller pourrait être bon pour vous.

6 - Passez davantage de temps au lit. Vous aurez une meilleure opportunité d'y cultiver vos rêves (mais pas vos aspirations).

7 - Lisez les histoires lentes.

8 - Passez plus de temps dans votre bain (cf. la lettre du à ne rien faire. (Oui, c'est le point le plus difficile.)

10. Evitez le trop grand sérieux. Riez, parce que votre passage sur terre n'a qu'une durée limitée.

Prenez un bain

There must be quite a few things that a hot bath won?t cure, but I don?t know many of them.
Il doit bien y avoir quelques malheurs qu'un bain chaud ne peut apaiser, mais je n'en connais pas beaucoup.
Sylvia Plath
Cette phrase rencontrée au hasard des pages d'un blog que je feuillette ces jours-ci m'a fait sourire.

Je me souviens que vers 1993, j'avais eu l'occasion de rencontrer une femme qui proposait je ne sais plus très bien quoi, des bilans de santé ou des conseils de beauté, ou peut-être de la psychologie, impossible de me souvenir. C'était sans doute dans le cadre de ces offres gratuites proposées par le comité d'entreprise, le genre de choses qui ne viendrait jamais à l'idée spontanément mais dont on se dit en passant devant le pannonceau "bilan trucmuche, trente minutes, gratuit": «bah, après tout, au point où j'en suis, pourquoi pas…»

Il en était ressorti que j'étais épuisée et à bout de nerfs. La dame m'avait gentiment conseillé (finalement, elle vendait sans doute de l'aromathérapie): «vous devriez prendre des bains, un bain pas trop chaud avec quelques gouttes de lavande…», en poussant vers moi une petite bouteille.

C'est alors que j'avais réalisé que l'idée de prendre un bain m'était devenue absolument exotique, étrangère: se détendre, se laisser aller, était inenvisageable, sauf à prendre le risque de se liquéfier complètement et de ne jamais plus émerger de la baignoire, de s'écouler par la bonde — enfin — soulagement et tentation.
Puis le temps a passé.



(Demain, je traduis à la va-vite les règles du site Ralentissez!.)

L'affaire Courjault

Tout m'effraie dans cette histoire :
- de si bien comprendre le non-désir de maternité de cette femme, sa terreur à l'idée d'un nouvel enfant, sa sensation «d'être débordée» (sic);
- d'imaginer sa folle solitude (trois grossesses sans que personne ne se doute de rien?), son autisme affectif; et le lien entre cette solitude et cette terreur de maternité;
- de ne pouvoir imaginer, et de ne pas souhaiter imaginer, ce que ressentent les enfants vivants: se sentent-ils vraiment aimés, "choisis", ou se disent-ils que leur mère est folle, qu'ils l'ont échappé belle?

Je songe à Beloved, de Toni Morisson.

Jugement lapidaire

— Ça baise allégorique, dans c'bouquin !

Yvan

Entre six et huit ans, j'ai beaucoup joué dans les dunes avec Yvan. On lisait le journal de Mickey, il préférait Mandrake et moi Guy l'Eclair, il était mon principal fournisseur de Langelot.
Bien sûr nous jouions aux agents secrets. Le méchant dans les Mandrake de l'époque s'appelait Le Cobra. Pendant longtemps la signature d'Yvan s'est terminée par un cobra.
Il avait les yeux très bleus, un visage rond, sa sœur lui avait cassé une incisive avec une boucle de ceinture.

Il avait une particularité incroyable à mes yeux : il ne mentait jamais, même pour se tirer d'un mauvais pas, même pour éviter de se faire gronder. Je l'admirais beaucoup pour cela, j'aimais ne pas dire où j'allais et je mentais beaucoup, ou pour reprendre l'argument d'un petit garçon : — Pourquoi tu ne m'as pas dit où tu allais? — Parce que tu me l'aurais interdit.
(J'ai bien peur de fonctionner encore sur ce mode.)

Mais ce trait de caractère qui semblait si bien répondre à ce qu'on attendait de nous quand nous avions six ou huit ans n'a pas tardé à lui poser des problèmes. A l'usage, on se rend compte que ne jamais mentir n'est possible que si 1/ on est parfait 2/ on vit dans un monde parfait.

Plus tard, alors que séparés par des centaines de kilomètres nous avions perdu contact, sa mère racontait à la mienne les problèmes rencontrés :
« Il n'avait pas fait son devoir de math, mais quand la prof lui a demandé s'il l'avait oublié à la maison, il a répondu qu'il ne l'avait pas fait.»
ou
« Quand l'inspecteur lui a dit qu'il marquait trop le stop, il a répondu que la dernière fois on lui avait reproché de ne pas l'avoir assez marqué.» (Tant et si bien qu'il a raté son permis quatre fois et qu'on a vu le moment où il devrait repasser le code).

Il a passé deux semaines en classe préparatoire (math sup) avant de décréter que c'était une boîte de fous et qu'il ne restait pas chez les dingues. C'était vrai, bien sûr, et dans un sens je l'admirais d'avoir le courage de tirer les conséquences pratiques de ce que nous pensions tous, d'un autre côté je lui en ai un peu voulu de céder si facilement: à quoi bon les héros de notre enfance si c'était pour abandonner si vite?

Etc, etc. Il a fait plusieurs CDD mais n'a jamais réussi à se faire embaucher de façon définitive. Avec sa maîtrise MIAGE, cela doit faire plus de quinze ans qu'il est au RMI, qu'il vit dans un foyer, qu'il vient tondre la pelouse chez ses parents (agrégés de math et de français) le week-end. Eux ne parlent jamais de lui, il n'apparaît même pas sur les photos du mariage de sa sœur.

Où est-il, que fait-il, nous n'osons pas poser la question.

(J'ai trouvé son frère sur FB. Il vit en Australie et ressemble incroyablement à son père. Lui ne doit pas se souvenir de moi. Il était si jeune quand j'ai quitté le Maroc: trois ans, quatre ans? Il était la terreur des apéritifs familiaux, il terminait tous les verres restés sur la table ce qui était un peu dangereux vu son âge. C'est drôle de contempler la photo d'un parfait inconnu vivant à des milliers de kilomètres en sachant cela de lui.)


Nous avons appris il y a quelques jours que V. quittait E., après plus de vingt ans de vie commune. J'ai aussitôt pensé à Yvan: pourvu que E. ne se laisse pas glisser.

Que dire ?

Mercredi soir : concert d'enfants.
Jeudi soir: théâtre, Yves-Noël Genod.
Jeudi et vendredi : colloque sur le kitsch.
Samedi : exposition Marcheschi à Nemours.
Dimanche : assesseur en bureau de vote.

Perte de mémoire, glissements. Le quotidien se délite. Ebahissement et silence. Joie et pleurs. Etonnement. Silence.
Menace du silence et tentation du silence.

J'ai pleuré en apprenant la mort de David Carradine.
Je me rends compte qu'à côté des gens dont je découvre qu'ils étaient encore vivants quand j'apprends leur mort, il y a ceux que je pense encore vivants bien que les sachant morts.
Exemple: Paul Newman.
Autre exemple : Jacques Martin.

L'Inde envahit la Suisse

Comme les régions où étaient tournées certaines scènes du cinéma bollywood sont devenues trop dangereuses à cause du conflit avec le Cachemire, les réalisateurs les filment en Suisse.
La Suisse est en surproduction agricole mais le gouvernement maintient les subventions afin de conserver à La Suisse son image de vaches et de paturages.
Cette image attire les touristes indiens via les films Bollywood.
Une vache dégage davantage d'effets de serre qu'une voiture.

C'est bon

La jupe rose a tenu, malgré les trois ou quatre kilos de différence avec 1990.

Joyeusement

Je devrais avoir peur (superstitieusement j'ai peur de ne pas avoir peur, et j'ai peur d'écrire cela), mais je suis simplement joyeuse.
Et épuisée.


Ma première intervention dans un colloque : sur le kitsch, je présente quelque chose sur Théâtre ce soir.

Visualiser le gaspillage

Sans doute les plus extraordinaires photos que j'ai vues sur le sujet, les plus belles et les plus flippantes.
Ne ratez pas l'explication en bas de chaque photo.

Intoxication

Arrêter internet est plus difficile qu'arrêter de fumer.
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