Bibliographie (devoirs de vacances)

J'ai perdu le 18 juin la bibliographie donnée pour préparer l'année de théologie, mais ce soir je retrouve des notes prises de mémoire à la fin d'un numéro de Communio dès que je m'en suis rendue compte:

- Jean Delumeau et Monique Cottret, Le Catholicisme entre Luther et Voltaire
- Jésus collection Que sais-je?
- Daniel Marguerat: Le Dieu des premiers chrétiens
- Bernard Sesbouë, Christ, seigneur et fils de Dieu
- François-Xavier Durrwell, Jésus fils de Dieu dans l'Esprit saint

Confusion

Il fait beaucoup plus noir que d'habitude. Et j'ai l'impression d'être plus bas. Je me rendors. Ou je ne me suis pas réveillée, je ne sais pas. Je pense trop peu pour paniquer. Il fait vraiment noir. Je tâte, il y a des murs tout proches, de tous côtés. Je me rendors ou je rêve que je me rendors si j'avais rêvé que je me réveillais. Mais tout de même c'est étrange. Je me remets à tendre les bras, des murs, surface nue, froide et non glacée, quelque chose de doux, mon lit?
C'est alors que je touche quelque chose qui bouge, en plastique.
Ça y est, je sais. Ce n'est pas le matin et je ne suis pas dans mon lit. S'il fait si noir, c'est qu'abrutie par un demi-litre de rosé après une nuit sans sommeil, je suis allée me coucher en boule dans les toilettes, sur ma serviette d'aviron. Je n'ai pas dormi les dix minutes habituelles, mais près d'une heure, d'un sommeil de pierre.

œcuménisme

En attendant l'heure d'aller à l'anniversaire de Matoo[1], je mangeais une omelette en lisant le numéro de Communio sur Barth et Balthasar. Je faillis m'étrangler en lisant ces quelques mots, que je relus plusieurs fois:

Et, l'index dressé, il [H.U. v. Baltasar] ajoute cet avertissement: «Que l'on n'espère pas régler en un tournemain les questions soulevées… Le fait d'avoir, à l'époque de la Réforme, pratiqué la théologie à coups de marteau n'a fait que rendre définitif le schisme. Travailler à sa résorption est un rude labeur, exige une prudence redoublée, de la douceur et beaucoup de patience[2]

Manfred Lochbrunner, "L'incroyable histoire de la genèse du livre de H. U. v. Baltasar", in Communio XXXVI, p.25

Travailler à sa résorption? Certains envisageaient, envisagent, sérieusement de réunir catholiques et protestants, de les fondre de nouveau en une seule Eglise? Je n'étais pas plus surprise que si l'on avait voulu me démontrer que des jumeaux étaient en réalité une seule personne.
Je sais que cela sera incompréhensible pour la plupart d'entre vous, mais en cette seconde, le monde changea subtilement de couleur: je venais d'envisager la réconciliation de deux visions du monde qui me paraissaient absolument irréconciliables. Ainsi donc, il devenait probable que rien n'était irréconciliable? Et cette réconciliation supposait de résoudre une infinité de détails, et le plus extraordinaire était de découvrir que certains étaient prêts à s'atteler à cette tâche (s'y étaient déjà attelés) sans peur, sans céder au découragement, sans même envisager d'être découragés.

Ce soir dans le bus, je rencontre la même idée, moins impressionnante car sur le mode du regret et non du possible. Des années de guerre, des milliers de morts, parce qu'un concile a eu du retard, deux ou trois papes ont manqué de courage:

Si un parlement de la Chrétienté catholique s'était réuni avant la condamnation des thèses de Luther (1520) et l'excommunication de celui-ci (1521), ou même peu après ces graves décisions, il est probable qu'on aurait pu faire l'économie du schisme. Rome refusa de prendre l'initiative salvatrice. Aussi bien déclarait-on dans l'entourage de Léon X et de Clément VII qu'aucun concile ne pourrait revenir sur une solennelle condamnation doctrinale. Mais une prise de position théologique par une assemblée œcuménique aurait été capable d'éclairer les indécis et de fortifier les hésitants. Le refus du concile permit au Luthérianisme de se répandre, au nouveau culte de s'organiser, aux frontières religieuses de se préciser et au fossé de s'élargir entre confessions chrétiennes rivales. […]
Réuni vingt-cinq ans trop tard, le concile manqua l'objectif majeur qui aurait dû être le sien: la réunion des Chrétiens.

Jean Delumeau et Monique Cottret, Le Catholicisme entre Luther et Voltaire, pp.68-69

Notes

[1] En juin, ça date.

[2] H.U. v. Baltasar, Karl Barth, p.9

Helvétiques

Pendant des années, je n'ai pas acheté Les Helvétiques parce que je voulais le trouver en noir et blanc, pour ne pas déparer ma collection.

Aujourd'hui je me rends compte qu'il n'existe et n'a toujours existé qu'en couleur. Que j'ai été bête. Toutes ces années de perdues. Et je me dis qu'il faut que je retourne en Suisse, que je n'ai pas vu Grandvaux, ni la collection de papillons de Nabokov, ni la tombe de Borgès.

Point de vue

— Et ils ont même fait un film le dernier jour!
— Tu veux dire que tu vas être sur internet? Tu vas être célèbre?
— Ah non alors, j'ai tourné le dos quand ils me filmaient, pas question que ma figure s'étale partout sur internet!
— Partout, relativisons… Comme ça ce sera ton cul, ce sera beaucoup mieux!

Révérence

Steve Jobs s'en va. Ce n'est pas la première fois. Mais j'ai l'impression que ce sera la dernière.





Il y a 555 ans : première Bible imprimée.

Super 8

1979, l'Ohio, des enfants, un accident, un secret, l'armée du côté des méchants contre les gentils civils. Un mix de Starship Troopers et de Retour vers le futur.

Histoire classique, délicieusement tournée, surtout au début: des enfant de douze ou treize ans en train de tourner un film super 8, avec le rêve qu'il soit sélectionné pour un festival. Il m'a semblé voir s'incarner le rêve du cinéma, l'essence du cinéma: le scénario, les répliques écrites au fur à mesure, les acteurs de fortune, le maquillage, les éclairages, le réalisateur («ben quoi, je dirige!») tyrannique ayant des idées précises («on va mettre une fille qui t'aime comme ça le spectateur sera ému et aura peur pour toi»: l'essence du cinéma, vous dis-je), à l'affût de toutes les opportunités pour obtenir les meilleures images pour "son" film, le réalisateur rond comme un Hichtcock ou un Welles.

Puis le suspense, l'intrigue romantique et romanesque, le chevalier contre le dragon, un conte de fée SF comme on en voit de temps en temps, toujours imperceptiblement nostalgique («Qu'est-ce que c'est que ça? — Un walkman, vous voulez essayer? — Si les jeunes se promènent maintenant avec leur chaîne stéréo dans les oreilles, on file un mauvais coton, c'est moi qui te le dis!»).

Un film soigné et sans prétention, un bon moment.

Occupation

Aujourd'hui, j'ai trié des mails.

Et hier?
Aussi.




( lointain écho )

Guerre et Paix

RER A, entre les Halles et la Défense, vers neuf heures et demie.


Conversation macabre

Apéro chez des voisins que nous ne connaissons pas. Il est courtier en assurance, et donc ne voit pas la vie exactement par le même bout:

— Oui, et ce qui a fait beaucoup de mal aux garagistes, ce sont les limitations de vitesse et les radars: moins d'accidents, moins de tôle froissée. J'ai vu des réparateurs, sur six bancs, deux d'occupés! Et plus de pièces dans les casses… Et les croque-morts… Ça ne se sait pas, mais la profession a réclamé de l'aide au gouvernement, des compensations… Chute du volume d'activité! [1]




Notes

[1] Une rapide recherche sur internet ne m'a pas permis de trouver confirmation. Il faudrait chercher: si quelqu'un a cette curiosité…

Lars von Trier : le nouveau Paco Rabanne

Ce que je savais de Lars von Trier, dans l'ordre de mes vues / visions / visionnages (quel est le mot adéquat?) avant de voir ce film:
Breaking the Waves fascinant, Element of crime le meilleur, Dancer in the Dark exaspérant dans son pathos larmoyant et ses erreurs de logique.

La première partie de Mélancholia m'a amusée (le personnage de Charlotte Rampling m'évoque quelques souvenirs personnels: communauté de folie), mais plus le temps passait plus il ralentissait, et le film devenait franchement ennuyeux (un beau verger avec des pommes, une balançoire, que c'est beau, et le cheval qui ne passe pas le pont, et le contraste entre la blonde et la brune,…: un catalogue de clichés), je n'arrivais pas à voir ma montre, j'hésitais à sortir quand j'ai eu envie de rire en voyant Kirsten Dunst allongée à poil près de l'eau (je vous l'ai dit: cliché sur cliché, dans tous les sens du terme) (s'est-elle fait refaire les seins?)

Imaginez à peu près ça (mais nue) :







Et ça continue, d'illogisme en invraisemblances (et pendant ce temps je pense à Pournelle), pour finir comme un mauvais tee-shirt.





Arrghhh.

Lecture avec dictionnaire

Question : comment utiliser un dictionnaire quand on n'a pas l'habitude des caractères utilisés, qu'on n'a aucune idée de l'ordre dans lesquels ils seront classés, quand on parvient à grand peine à les différencier ?


Ligne 14 entre les Halles et Madeleine peu avant midi, assise en face de moi :



Far West, Berry profond (extrême centre)

Ma tante (la sœur de ma mère) me fait rire :
— Elle nous disait tout le temps qu'elle ne savait pas comment elle grossissait qu'elle ne mangeait rien. Mais on a finit par savoir le fond de l'affaire: elle buvait un à deux litres de lait entier par jour qu'elle allait chercher à la ferme. Alors j'ui ai dit: «Mais enfin, Roselyne, le lait, c'est avec ça qu'on engraisse les veaux!…»

Ma tante me fait peur. Je n'arrive pas à faire la part de l'irritabilité, de la paranoïa, et du véritable harcèlement. Quand elle parle de sa vie, j'ai l'impression d'être arrivée dans un de ces westerns où une bande de blancs-becs terrorisent les paisibles habitants d'un minuscule village.

Les adolescents sur leur mobylette, qui discutent jusqu'au milieu de la nuit, c'est agaçant, mais elle a le sommeil très léger et habite à côté de la place («Le Plassis») où ils se réunissent: faut-il prendre ses jérémiades au sérieux?
Mais les filles de treize ans qui s'amusent à déplacer les fleurs et les plaques sur les tombes et à les mélanger, la boîte à lettres de ma grand-mère arrachée et abandonnée à deux cents mètres de là sur la place, les tuiles de la salle des fêtes jetées à bas du toit (et l'adjoint au maire qui refuse de porter plainte de peur de ne pas se faire réélire)?
Personne ne dit rien, les plus faibles craignent les représailles, les plus forts rient que ce n'est pas bien grave.
Ma tante est dans un état de nerfs lamentable, résignée et exaspérée.

— Tu ne peux pas aller dormir chez mémé? Tu seras plus loin de la place, tu ne les entendras pas.
— Oh tu sais, maman, je m'en occupe déjà toute la journée, alors le soir… Elle fait un geste de la main pour montrer qu'elle en a "jusque là", au niveau du cuir chevelu.
— Mais qu'est-ce qu'on peut faire, alors?
— Rien. Il n'y a rien à faire.

J'ai tout de même insisté pour qu'elle aille déposer une main courante. La boîte aux lettres arrachée, c'est un acte réel, concret, pas une interprétation de vieille dame acariâtre. Il n'y a qu'une poignée d'enfants dans le village. Il serait facile de faire faire quelques travaux d'utilité publique aux coupables.

Ce qui m'étreint, ici, c'est l'ennui de ces adolescents entre treize et dix-huit ans. Qu'est-ce que je peux faire? Ch'ais pas quoi faire.

Action !

mercredi: Fame
jeudi: Le Milliardaire => A. déteste et s'ennuie.
vendredi: Crocodile dundee => découvert que A. aimait les films d'action. Les films ont beaucoup changé depuis le 11 septembre 2001. Toujours ce tressaillement en voyant les tours.
samedi: Terminator 2
dimanche: Piège de cristal
lundi: 58 minutes pour vivre (heureusement qu'on a encore un magnétoscope).
mardi: Die hard 3.
mercredi: La mémoire dans la peau

Le reste du temps, classé des livres, trié des vêtements, écouté L'Iliade avec beaucoup de surprise. Quelle structure intéressante et inattendue.



Ma tante au téléphone:
— Oui, tes parents vont au Mans chez des amis, enfin non, des gens rencontrés en voyage et avec lesquels ils vont repartir.
— Si mes parents vont les voir deux jours et partent avec eux, je pense que tu peux les appeler des amis.
— Mais je ne sais pas qui c'est, je ne les ai jamais rencontrés, moi.

(Sur le coup, je l'avais trouvée vraiment bizarre, comme si elle était chargée de certifier l'honorabilité des rencontres de mes parents (Tout ce petit monde a plus de soixante ans). Mais en écrivant ces quelques lignes, je me dis qu'elle a peut-être craint que je pense que c'était des amis à elle. Mais même ça, c'est bizarre. (Flora et Céline, mes tantes me font penser à Flora et Céline).

Et je me suis fait une déchirure musculaire à la cuisse droite. Une pas grave, de celles qui empêchent d'enchaîner les marches d'un escalier. En peignant la clôture. Je ne comprends pas ce qui a pu provoquer ça.

Première couche

— Je me sens bizarre… une sensation pas désagréable, mais bizarre…
— Tu es fatigué, imbécile !
(citation approximative des Dalton se rachètent)

Peint toute la journée parce qu'il faisait beau. Moi qui pensais que muret et poteaux iraient plus vite que le grillage… («Mais enfin non; c'est tout de même proportionnel à la surface!» Oui bon, j'avais pas réfléchi.)
J'ai si mal aux mains que je peux à peine taper.

J'ai réussi le raccord de mon bronzage aviron: j'ai un V sur les pieds, j'ai peint en tongs exprès (pas pour avoir un V, pour bronzer des pieds (on rame en chaussures)).

J'ai envie de faire un titre à la Didier Goux: «Les insectes sont des cons». Et d'ajouter: surtout les gendarmes (un gendarme à demi-peint en blanc avec de la peinture à l'eau survit. Je ne sais pas combien de temps). L'insecte ne paraît pas sensible aux odeurs (mais peut-être à la couleur).

Et sinon pas grand chose. Demain la seconde couche. Si j'arrive à me lever malgré mes courbatures (peint accroupie, les talons à plat, une bonne partie du temps).

(Pensées vagabondes, Vierzon toujours. Dans le travail, la rumeur de la ferme. Il y avait toujours une poule pour chanter, une vache pour meugler, les outils de mon grand-père pour vriller l'espace. Ici, voisins. Un peu gênée des bêtises que nous racontons, tout s'entend si bien. Nous racontons toujours des bêtises.)

PS: Par exemple je raconte ce twitt (qui correspond un peu à notre quotidien) : Au tel : "mon chat a vomi une souris entière, et elle ne bouge pas, il faut faire quoi ?" Ben... #NePasRepondre "Lui dire de mâcher ?"

Fail

— «Ma petite théière remplit à peine six tasses»... c'est une phrase mémotechnique pour se souvenir... de quoi, déjà? J'ai oublié.

Rapporté

(Mulhouse) des leggings à trous ("découpe au laser"); Que sais-je? Histoire de la Pologne; Que sais-je? Les guerres de religion; Stevenson, Othon; Romain Gary, Ode à l'homme qui fut la France; de l'encre Mont-Blanc bordeaux; (Bâle) un mobile; (Zurich) Fritz Senn, Joycean Murmoirs; des chaussures de tennis camouflées en chaussures de ville (streetwear?); (Saint Gall) La bibliothèque abbatiale de Saint-Gall; un tapis de souris; (Appenzell) du fromage (à consommer tout de suite et sous vide, pour emporter); du miel; des fruits secs dans du miel (mon vice); (Vadouze) des bâtons de marche en fibre de carbone; (col du Julier) de la viande des Grisons; du pain des voyageurs (pain extrêmement nourrissant fourrés aux fruits secs (nous ne le savions pas, nous l'avons découvert en le découpant. C'est l'équivalent du lembas elfique (en plus lourd))); (Soglio) du shampoing (par besoin, si, si (et il est très bien)); de la crème de marron; (Rarogne) de l'eau de la fontaine sous l'église dans une bouteille d'Appfelshorle; Rilke, Das Studenbuch; (Sierre) Rilke, Poésie aux éditions du Seuil; Rilke - Tsvetaïeva - Pasternak. Une amitié russe / Russische Freundschaften; (le long de la route valaisienne) des abricots; de la confiture de cerises; de la confiture d'abricots; (Neuchâtel) des chocolats dans la pâtisserie Suchard; François Mauriac, Blaise Pascal et sa sœur Jacqueline (parce que je n'arrive pas à lire la biographie que je possède); André Maurois, À la recherche de Marcel Proust (parce que Pascal dit toujours que c'est le meilleur livre sur le sujet); Václav Havel, Interrogatoire à distance; Pouchkine, La dame de pique et La fille du capitaine; (Mulhouse) un manteau rouge; un sweat Chaperon rouge; une robe sorcière; un maillot de bain; (Colmar) un tirage des cochons de Schongauer, un jeu de cinq aiguilles n°3.

PS: J'avais emmené un assortiment de livres correspondant aux différents auteurs que nous devions croiser durant le voyage; la prochaine fois j'emmènerai vide le sac dédié aux livres.

Rentrée

Ongles et franges coupés (penser à prendre un coupe-ongles, une lime, des ciseaux, la prochaine fois).
Trois lessives (rouge, foncé, blanc).
Le marché.
Un crumble à la rhubarbe.
FB beaucoup trop vite (on dirait que les accents circonflexes ne s'affichent plus), les mails... je ne suis pas sûre d'avoir le courage.

10

Colmar, Bartoldi, bras hors de la tombe, deux chevaux hollandaise, lac, lac, lac, Plombière, la Saône à Châtillon, Bourbonne-les-Bains.

9

Achats, Guebwiller, Colmar, le musée Bartoldi est fermé, la cathédrale, la Vierge au buisson de roses, le musée, Kayseberg, les Cascades, Mulhouse.

8

Le Rhône, Nabokov, un tracteur, (un kebab), Neuchâtel, le Doubs, Mulhouse.

7

Simplon, Valais, Rarogne, Sierre, Chandolin, abricots, confitures, Evian.

6

Lac majeur, lac d'Orta, R., Domodossola. Le serveur de la trattoria La Motta drague A. devant nous, elle rougit.

5

Coire (Chur), Tiefencastel, le col du Julier, Saint-Moritz, Sils-Maria, la presqu'île, Maloja pass, Soglio, l'orage, le lac de Côme.

A l'hôtel Saligari, on nous indique gentiment l'hôtel Maloga, un peu plus loin.

4

Triesenberg - Vadouze - Triesenberg.
Premier aperçu des "carpostal". Malbun.
Triesenberg.

3

Saint-Gall.
Appenzell.
Triesenberg

2

La collection ne se visite que le premier dimanche de chaque mois. La cathédrale de Zurich. Charlemagne.
Les chutes du Rhin.
Le lac de Constance.
Saint-Gall (hôtel, restaurant).

Zurich

La première journée du colloque commence à neuf heures et demie. C'est le jour de la fête nationale suisse, tout est fermé; j'ai conseillé à H. d'emmener A. au zoo et sur le lac, je m'inquiète un peu de leur journée, j'espère qu'ils ne vont pas trop se disputer.

Mon anglais est une catastrophe. Les mots m'échappent, je veux dire des choses trop compliquées, j'accentue mal, je ne fais pas la différence entre les i "i" et les i "aï", ce qui change complètement l'aspect d'un mot. Ce n'est que bien plus tard dans la journée que je prendrai conscience que je suis la seule dans la salle à n'être ni de langue anglaise, ni professeur de littérature anglaise. La prochaine fois que je prends ce genre de risque, je prends des leçons intensives de conversation trois mois avant.


Fritz Senn présente l'atelier. Le récit de la journée est ici.



A l'heure du déjeuner, dans la cuisine, la conversation a roulé très naturellement sur le petit-fils, Stephen, grand empoisonneur de la vie des Joyciens, Fritz Senn suggérant que les jeunes femmes présentes le courtisent et l'épousent (ce qui suppose qu'il devienne d'abord veuf) afin d'en hériter: ainsi les droits nous seraient acquis (la grande question reste celle de l'accès aux manuscrits: la loi est beaucoup moins claire qu'en ce qui concerne les ?uvres imprimées).
«Stephen Joyce vit au mode génitif».
«Il a dit un jour à (? Gabler) qu'il était inutile d'espérer sa mort, car sa femme "was a well-trained bitch".»


***



Je quitte les participants le soir pour ne plus les revoir, avec un sentiment mêlé: tandis que je ne me sens pas déplacée dans les colloques ou à Cerisy, ici j'ai beaucoup trop de complexes pour me sentir à l'aise. Mon anglais est vraiment trop hésitant, et j'ai trop conscience (j'ai trop le souvenir de mes professeurs) de mes fautes que je ne sais pas identifier. J'ai l'impression de parler petit nègre, ce qui n'aurait pas grande importance dans un congrès d'affaires, mais me paraît absolument déplacé dans un colloque littéraire, comme si je me promenais en guenilles lors d'une soirée de gala.
Dommage. Je sais qu'ici j'ai rencontré des gens avec qui j'aurais pu rêver, m'échapper dans des anneaux parallèles de réalité insoupçonnée des mortels (à quoi bon la science-fiction? Prenez n'importe quels passionnés et vous obtiendrez mieux).

Retour à l'hôtel. H. et A. sont là, plutôt fatigués par leur journée au zoo, H. prétendant qu'on y voit plus d'humains que d'animaux. Je réussis à les faire ressortir, je veux aller à l'endroit où se rencontrent la Sihl et la Limmat, place où venait rêver Joyce (et ''Finnegans Wake'', si plein de fleuves et de rivières). Le parc qu'il faut traverser pour y parvenir est magnifique, arbres séculaires, les bateaux mouches sont très plats, platissimes, afin de passer sous les ponts bas sur la Limmat. Le soir tombe, H. me regarde désespéré en découvrant que je ne l'ai traîné là que pour des raisons joyciennes.



Nous repartons. Nous avons décidé d'aller voir le feu d'artifice de la fête nationale sur le lac. Nous avons la longueur de la presqu'île à parcourir (en toute rigueur ce n'est pas une presqu'île, mais puisque c'est le terme utilisé à Lyon?), mes compagnons sont fatigués, nous parcourons la Münstergasse, aucun restaurant ne nous convient, tout est terriblement bruyant, c'est la fête.

Nous finirons par choisir, un peu à la tête des personnes en terrasse, un restaurant espagnol, la Bodega espanola, qui nous enchantera, tant par la jovialité du serveur que par la qualité de la cuisine. A. nous quitte, part en éclaireur, attirée par des feux d'artifice amateurs.

Il fait nuit. Nous avançons jusqu'au pont sur la Limmat à l'endroit où elle rejoint le lac. Il y a beaucoup de monde, mais moins qu'on ne nous l'avait annoncé. Nous attendons, contemplant les yatchs emplis de touristes, cherchant à déduire de leurs mouvements le lieu d'où va être tiré le feu d'artifice. Rien ne se passe, ils s'approchent, repartent. Nous interrogeons nos voisins, nos voisins nous interrogent, des informations contradictoires circulent, il paraît que cette année il n'y aura pas de feu d'artifice officiel, nous refusons d'y croire tout en sachant au fond de nous que c'est la seule explication valable à la faible densité de la foule, aussi mal renseignée que nous.

De guerre lasse, passé minuit, nous rentrons en tramway, épuisés.
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