Bribes

Je découvre à midi que je ne devrais pas être là. Quand le médecin des urgences avait dit «Je vous arrête jusqu'au 30», j'avais pensé «Il exagère, me faire reprendre lundi alors que mardi est férié», mais consciente qu'il allait passer sa nuit à soigner des blessés dans des états bien pires que le mien, je n'avais pas protesté.%%% C'était 30 inclus.


Plus tard.
— L'exposition Degas se termine quand? Ma vie est tellement con que je n'en sais rien.
— Je ne sais pas non plus, c'est le genre de truc que je lis sur les murs du métro. Tu n'as qu'à regarder.
Rire confus: — Moi dans le métro je ne vois rien, je pense au refinancement de la dette sociale.
(Et le pire, c'est que je sais que c'est vrai).


Vers 17 heures, je feuillette Paris-Match, un numéro de février peut-être.
«Adjani adore Zahia».
Je regarde Adjani. Quelle bouche laide, à force de toutes se faire bricoler (je viens de voir Carla sur une autre couverture), elles vont réussir à nous donner le goût de vieillir nature.
Je regarde Zahia. Blonde, l'air modeste, yeux noisettes, des seins dont on se demande là aussi s'ils sont entièrement naturels et une cambrure qui me fait mal pour elle. Mignonne.
Je regarde les photos, un truc kisch avec des fleurs et elle à poil, c'est une artiste? Ah non, c'est du Pierre et Gilles, ça y ressemble bien. Mais qui est cette Zahia?
Je lis un peu, les photos ne suffisant pas: pas possible, c'est la Zahia de Ribéry! Mazette, quel chemin parcouru.


18h55. Je démarre la voiture, le présentateur de France-Musique est en train de déclarer: «Marguerite Dura' aurait dit…» (Mais plus tard il remerciera Emmanuel(le) Rause (Mais peut-être est-ce réellement Rause et non Rose?).)

Vendredi

Matin: déchetterie puis un bœuf mode à l'ancienne (pied de veau inclus).
Après-midi: un violoncelle et l'aquarium de Paris. Belleville, rue de la Villette. Quel beau quartier que je ne connais pas. Trocadéro, photo de la tour Eiffel, parfaits touristes, c'est amusant. (J'ai oublié de parler de mon plaisir hier à contempler Paris du haut de Beaubourg. Une voix chante au fond de moi: «Nous n'avons pas été bombardés, nous n'avons pas été bombardés.» Je fais part de mon allégresse à mon compagnon, qui me répond: «Oui, c'est grâce à Pétain, c'est totalement oublié, ce qui est plutôt injuste.» (Et je pense à Rome: qui prendrait la responsabilité de faire bombarder Rome? Rome, la ville indéfendable.))

J'ai mal partout, je suis bien plus mal en point qu'au début de la semaine. Je suis toute courbaturée, et un peu démoralisée par ce que j'explique dans mon précédent billet.

Jeudi

Musée Grévin, expositions Albers et Matisse à Beaubourg. Variations encore. Je songe à cette expression devenue mythique à la maison: «Pour faire de jolis pots, il faut faire beaucoup de pots»..
L'intrigant est que les tableaux sur un même thème sont souvent (toujours) peints la même année, il n'y a pas comme chez Degas une évolution s'étendant sur une longue période (pour une même composition, je veux dire): comme si Matisse voulait aussitôt nous montrer plusieurs visions intérieures.

Découvert à mon grand désarroi une nouvelle catégorie d'électeurs du FN: après les extrémistes par conviction, les ouvriers et catégories sociales délaissés, je découvre "l'intellectuel qui fait le malin", qui veut envoyer "un signe" pour signifier que la situation devient incontrôlable dans les écoles, les facs, les banlieues, etc, bien persuadé que "de toute façon le FN ne passera pas".
Certes. Il faudra un jour que je copie certains textes de H.G. Wells du début du XXe siècle (anéantir tous les jaunes): les idées dans l'air rendent certaines idées tolérables, il n'y a pas de neutralité en la matière.

Qui sont ces gens ?

Hier, H. s'est fait voler son iPhone par un pickpockett. Comme c'était un téléphone d'entreprise, il a aussitôt été remplacé par un autre, plus avancé, à qui l'on peut parler et qui vous répond (chaque fois je pense aux lois robotiques d'Asimov):
— Tu te rends compte? Je lui demande le temps qu'il va faire demain, il me répond «Il va pleuvoir demain». Et après-demain? «Le temps pour après-demain n'est pas sûr.» Tu te rends compte? Il a rapproché la deuxième question de la première, il a fait un raccourci sémantique pas du tout évident, ça c'est de la technologie, on n'est plus dans de l'informatique de gestion…

Sa curiosité le console un peu de sa perte (parce que malgré tout, il est malheureux de ce vol, comme chaque fois que nous sommes confrontés à la méchanceté du monde). Il fait des tests:
— Appeler ma femme.
— Je ne sais pas qui est votre épouse. (La voix est un peu mécanique. Elle continue:) d'ailleurs, je ne sais pas qui vous êtes.

Je montre mes fesses sur internet (enfin, au moins une)

Normalement avec un tel titre je devrais exploser mes statistiques. (J'en ai profité pour retourner voir les photos de paréo chez Matoo: las, la plupart des blogs ont disparu. Nous nous étions bien amusés).

Et donc



Autoportrait au bleu aurait sans doute été moins vendeur. (Je ne dois pas être très normale, j'ai toujours aimé les bleus. Je trouve ça curieux, et j'aime voir leur couleur évoluer vers le jaune et le vert.)

Repos

Dimanche soir minuit, après avoir fini d'écrire ici, je suis tombée dans l'escalier. Un doigt cassé (l'annulaire gauche, pas très gênant sauf pour taper), des bleus impressionnants, une entorse (toute petite, je ne m'en suis rendu compte qu'en revenant de la Défense le soir, d'où deux passages aux urgences, matin pour le doigt, soirée pour l'entorse. Assez pour m'arrêter, mais sans doute pas assez pour m'empêcher de courir la capitale avec les garçons jeudi et vendredi prochains. A suivre).

Fini Elégies pour quelques-uns et lu la moitié de Roman Roi aux urgences.

Désemparée

Matinée aux urgences. C. m'accompagne, il conduit.
— C'est bon, tu peux me laisser, tu ne vas pas attendre toute la matinée, je rentrerai en RER.
— Maman, arrête. Il faudrait que tu acceptes qu'on s'occupe de toi.
Les larmes montent. Je sais qu'il ne faut surtout pas attendre cela.



Après-midi à La Défense. J'avais un rendez-vous, il s'avèrera que j'aurais pu m'abstenir de venir.

Je suis absente depuis mercredi dernier. K. m'accueille avec embarras :
— Il y a du nouveau.
— Quoi? Grave?
— Non… Lisez vos mails.

Elle m'explique en quelques mots. Mon patron a attendu que je sois partie, et le mercredi a envoyé des ordres auxquels je m'opposais depuis des mois. Mon projet est mort. Cet après-midi il est venu prendre de mes nouvelles. J'étais en train de regarder le site UGC. Il m'a serré la main.
— Ça va?
— Oui.
— Qu'est-ce que vous vous êtes fait?
— Je suis tombée.

Ce qu'il vient de faire, c'est d'entériner qu'il ne veut pas que je travaille. Je me battais pour travailler, pour faire avancer le projet alors qu'il insistait pour le partager entre trois autres personnes sur lesquelles il n'a pas autorité hiérarchique et débordées de travail par ailleurs. Il a donc envoyé son mail. Je ne sais pas trop ce que je vais faire. Poser des journées de vacances les jours de réunion jusqu'au mois de juillet. Chercher un autre job? Ce qu'il faut savoir, c'est que mon patron ne nous suivra pas lors de la vente de l'entreprise. En effet, en tant qu'appartenant à la direction générale, il est salarié non de la filiale, mais de la maison-mère. Comme il a soixante ans, il ne sera sans doute pas racheté par les repreneurs mais repartira dans la-dite maison-mère, d'où son comportement: il multiplie les signes d'allégeance vers cette maison, tandis que je me battais pour sortir le projet du formalisme imposé par elle, et pour demander aux opérationnels des actes utiles pour la filiale quel que soit le futur.

Je ne me sens même pas réellement en colère, plutôt en deuil. J'aurai essayé. Mais ai-je réellement fait de mon mieux? Sans doute pas, je ne me suis pas assez expliquée, pas assez patiemment. Je m'en veux un peu, vaguement, même si je me dis que les intérêts de mon chef, qui cherche juste à se protéger pour les mois à venir divergent trop des intérêts de la boîte. Je ne sais pas ce que je vais faire. Bloguer, lire. J'ai dit à K. qu'elle pouvait ramener ses documents au bureau et travailler à son mémoire de fin d'études.


Cela a-t-il un rapport? Alors que j'avais marché normalement jusque là, une violente douleur dans le pied droit me fait boîter en rentrant chez moi. Je décide (exceptionnellement, pour tenter d'être raisonnable, à l'encontre de toute la tradition héritée de ma grand-mère paternelle) de retourner aux urgences. Nous en sortons à minuit, ils ont oublié de regarder ma radio, ils m'ont oubliée, cela fait trois heures que nous aurions dû être sortis, et de toute façon je n'ai rien, une toute petite entorse de rien du tout, j'ai honte d'avoir créé tout ce remue-ménage pour si peu, pour rien ("accepter qu'on s'occupe de moi": tu parles, c'est inutile, ça ne marche pas, la preuve: il n'y a rien, pas de problème. Je ne vais tout de même pas m'en plaindre, non?).

Une journée de perdue en perspective

(Je ne suis pas très sûre du "e" à "perdue".)

Assesseur, titulaire et suppléant (c'est bizarre mais c'est comme ça). Tout ça pour payer notre remords de n'avoir pas aidé D. dans sa campagne. Seule consolation, je vais boire beaucoup de mauvais café aujourd'hui (je n'en bois presque plus au bureau). Et peut-être tricoter, ça dépendra de l'abstention. Je n'ose pas emmener cet ordinateur, je ne voudrais pas être cause que les élections soient annulées dans un bureau. (Je ne suis pas tout à fait sûre de pouvoir lire RC après ses prises de positions officielles. Quoi qu'il en soit, je vais couvrir le livre que j'emmène.)

8h-22h, au mieux.


commentaire du soir
Il est 22 heures 10, je suis rentrée depuis vingt minutes, nous avons fait vite.
J'étais assesseur, donc, et j'avais demandé à l'être dans le même bureau que celui de 2008, car j'avais remarqué que le bureau où je vote est bien moins intéressant: tout le monde semble né dans la commune d'à côté. Or ce que j'aime, ce sont les lieux de naissance qui me font rêver, la variété d'une page à l'autre.
Malheureusement, j'ai découvert que le bureau auquel j'avais été affectée à ma demande avait été divisé en deux, et que la population que j'aime dépendait du nouveau bureau.
Il restait dans le mien la rue habitée par mon maire, candidat aux présidentielles, d'où le plaisir relatif de voir le bureau envahi par des caméras une demi-heure en fin de matinée. Flux et reflux. (Pour tout dire, et peut-être à tort, j'ai pensé à Tlön. Je me suis dit que c'était le genre de chose qui lui plairait (pas forcément de passer à la télé, mais au moins de m'y voir: ça le ferait rire). (Ah, et j'ai aussi pensé que si l'abominable homme des blogs l'apprenait, il allait se f** de ma gueule, et qu'il serait intéressant de voir la forme que cela prendrait cette fois-ci). Et je me suis dit que je n'avais pas la télé. Mais qu'il y avait Youtube. Mais que c'était assez vain.
J'avais oublié FB.

La Fontaine à Château-Thierry

Pélerinage au musée La Fontaine, cet auteur étant celui le plus cher à mon cœur parmi les classiques. (Tout m'est prétexte pour faire des kilomètres et suivre les Demeures de l'esprit: la présence du jeune Allemand, le bac de français de ma fille qui étudie La Fontaine en classe…)

RC parle d'une promenade agréable sur les remparts, je dirais plutôt qu'elle serre le cœur (a-t-il été indulgent ou la situation s'est-elle beaucoup dégradée?) Toute une partie de la ville au delà de la Marne mais encore dans la ville et non à sa périphérie n'est que barres d'immeubles; sur les remparts eux-mêmes se dresse une palissade en bois apparemment destinée à protéger un spectacle de fauconnerie, et surtout un chalet en bois est en cours de construction.

J'en appelle à votre expertise: que peut bien être un casteloscope?





Le musée en lui-même est mignon, si l'on oublie qu'il s'agit de La Fontaine, il est possible de songer à un décor de Balzac. Les éditions des Fables sont nombreuses et de tous âges, les murs illustrent de nombreuses fables dont j'avais oublié le détail (une lice? Apparemment il s'agit d'une chienne de chasse. Et cette morale: «Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette.» Je suis contente de le voir écrit.)

J'ai photographié comme je pouvais (flash, vitrines, livre à peine entrouvert) un exemplaire japonais et un algérien:


Bateau-mouche, musée d'Orsay.

Tout est dans le titre. Bateau-mouche un peu miteux, je trouve. Il me semble (souvenir vague) que j'ai dû prendre un billet pour les bateaux-mouches seule, en arrivant à Paris. Tous les hôtels particuliers étaient nommés, avec date et architecte, et j'étais désespérée de ne pouvoir les enregistrer au fur à mesure.
Aujourd'hui seuls les principaux monuments sont indiqués, et chaque phrase est répétée en plusieurs langues (anglais, japonais et ??).

Tout cela consiste à revenir sur ses pas, mais des pas quasi effacés. Orsay. Je me souviens d'avoir visité Orsay peu après son inauguration, inauguration qui suivait l'exposition impressionniste de l'hiver 1985 au Grand palais. (Oui je m'en souviens: c'était la première fois que j'allais voir une exposition).
Et puis une exposition Pompon. 1992?[1] Je me demande si ce n'était pas lors d'une soirée privée. C'est amusant d'écrire cela, cela donne l'impression d'une expérience très longue qui en réalité n'existe pas, comme le prouve d'ailleurs l'écart entre les dates.

Le musée d'Orsay d'aujourd'hui ne ressemble plus guère à ce qu'il était, même si je ne m'en souviens que confusément, ne serait-ce que par la manie de découper les grands volumes en petites boîtes pas trop éclairées (pour ne pas abîmer les tableaux? Mais les scènes d'opéra ou de théâtre ne sont pas éclairées non plus, nous assistons à une préciosité de la pénombre.)

Mais je ne me souvenais pas d'autant de tableaux, non, je suis sûre qu'il y avait bien moins de tableaux, de tableaux connus, aimés, presque des compagnons de vie tant ils m'ont accompagnée dans les livres de classe, dans diverses illustrations ou iconographies dont j'ai à peine conscience[2]. Intérêt des "boîtes" dans les grands volumes: cela multiplie les murs pour accrocher des tableaux.
(Je choisis les Pivoines de Manet. (La galerie des impressionnistes n'est pas dans la pénombre, elle bénéficie d'un bel éclairage zénithal)).

(J'ai oublié d'essayer de retrouver le petit meuble de Jean Puyaubert cité dans le journal 2006, je crois.)

Degas, Akseli Gallen-Kallela.
Grand souci de progression et de rapprochement dans l'exposition Degas, fascination de la variation, les quelques toiles d'autres peintres sont très judicieusement choisies. La provenance de certains dessins (très souvent américaine) me fait sourire: Degas à Kansas city, vraiment?
Akseli Gallen-Kallella résonne évidemment avec les Demeures de l'esprit du nord. Très bonne surprise que ces toiles, ne serait-ce que par leur variété de style, de sujets, de couleurs. J'aime beaucoup le visage rougi par le feu de l'homme en face de la cheminée.

Merci à Pierre.



PS: je me suis flambée la frange et les sourcils au calvados en préparant un lapin à la normande.

Notes

[1] 1994 me dit Google.

[2] Les enfants ne reconnaissent rien. Je m'étonne. Rentrée à la maison, je vérifie dans leurs livres de cours: pas un Monet, pas un Renoir, pas un Degas. Ni Millet, ni Fantin-Latour. Rien, aucune image destinée à devenir familière.

La pluie

Je suis plutôt contente d'avoir un prétexte de pouvoir "faire" Paris comme si j'étais touriste, comme si je n'avais qu'à courir de musées en églises en jardins en ruelles en…
(En réalité ça ne se passe pas exactement comme cela: au bout d'un musée, tout le monde déclare forfait, alors qu'on pourrait encore aller au musée Picasso, visiter le jardin d'acclimatation, traverser le Père-Lachaise, jeter un œil à la Sainte-Chapelle, entrer dans deux ou trois librairies, et…)

— Maman, c'est quoi l'emploi du temps de demain?
Ils n'ont peur que d'une chose, c'est de mes idées et de mes envies. Leur rêve: tranquilles devant l'ordinateur. Pas pour rien que je n'ai pas prévu de passer toutes les vacances avec eux. Je sais que cela les ennuie plus qu'autre chose (Alors pourquoi le faire? Je ne sais pas, parce que je pense que je le dois, je suppose. Et puis on ne sait jamais. On ne sait jamais quoi? Je ne sais pas, imagine que ça leur plaise, qu'ils aient un coup de foudre? (Histoire d'une fille qui croyait aux épiphanies.)
Tant pis, j'irai seule — un jour.)

Arrivé à trois heures vingt devant les catacombes. Queue. Un gentil organisateur nous prévient aimablement qu'il y en a pour une heure d'attente et que le guichet ferme à seize heures.
— Bref, inutile d'attendre?
— Ça dépend. Si un groupe scolaire de cinquante sort, la file va avancer d'un coup. Attendez dix minutes, vous verrez bien.

Nous attendrons jusqu'à moins dix. Pluie. Elle devient battante, un homme nous prête gentiment un parapluie, le jean colle aux cuisses, le tissu des basketts est transpercé. A moins dix, j'évalue qu'il n'y aura plus de miracles. Nous rendons le parapluie et filons au musée de Cluny.
— Tu sais à quelle heure il ferme?
— Non, mais c'est pas grave, au pire il y a une librairie à côté. (J'avoue, pure provoc, pour m'amuser. Ça marche.)
— Ma-man ! (scandalisé-exaspéré-non dupe).

Le musée a bien changé depuis la dernière fois (quand? Je ne sais plus, huit ou dix ans). Il est plus moderne, plus au goût du jour je suppose, mais je regrette les statues en bois du rez-de-chaussée, certaine Vierge en bois d'origine d'Allemagne du nord ou de Flandres, un peu renfrognée ou maladroite, que j'aimais beaucoup.
Il y a toujours la même surprise à être plongée hors du monde tout en pouvant le contempler par les fenêtres. (Et le plaisir inverse surtout, du boulevard pouvoir regarder les fenêtres et imaginer ce qu'il y a derrière.)

Il ne pleut plus. Nous sommes secs.

Ecole de médecine, coupole de l'Académie dans l'enfilade de la rue Mazarine, rue de Seine. Au 6, en face du square grande photo de Gide photographiée pour F. Pic (à venir). Ponts des arts, j'égrène les toits, cadenas, cadenas, cadenas, cour carrée. — C'est quoi? — Saint-Germain-l'Auxerrois, vous voulez entrer? — Nous, on veut juste rentrer à la maison.
Nous rentrons.


Le soir même, je lis les lignes suivantes:
Tu souffrais de mal de cœur en voiture, c'est vrai, mais tu ne paraissais pas autrement impressionné, de toute façon, par la villa Carlotta. La semaine suivante, tu n'as même pas voulu mettre pied à terre, à Frascati, pour entrer dans le parc de la villa Aldobrandini. Est-ce que j'ai lu dans Stendhal qu'on pouvait deviner la façade, par temps clair, depuis le sommet des escaliers, à la Trinité-des-Monts? Mais il n'y a plus de temps clair. A Ravello, tu refusas de marcher jusqu'à la villa Cimbrone. Nous n'irions pas ensemble à Paestum. Dans l'Orne, un dimanche d'automne, je n'ai pas pu visiter le haras du Pin: tu voulais être à Paris pour dîner, ne pas trop rouler la nuit, rentrer pour rentrer, me semblait-il, alors qu'il ne s'agissait jamais pour moi que d'une fatalité navrante, à repousser toujours autant qu'il se pouvait.

Élégies pour quelques-uns, p.24

Si vous êtes geek, votez Bayrou

J'allais voter tranquillement Bayrou sans faire suer personne, parce que c'est celui qui m'agace le moins; celui qui me paraît le plus raisonnable et le plus sensé.

Et puis mon fils a trouvé ça (enfin, je ne sais qui lui a dit que) : allez sur le site http://bayrou.fr/. Avec les flèches de déplacement, tapez deux fois la flèche haut, deux fois la fèche bas, puis gauche droite gauche droite, puis les touches b puis a.
Attendre quelques secondes.

Et donc la raison n'empêche pas le farfelu (si tant est que Bayrou soit au courant). En tout cas, avec un entourage pareil, il est probable qu'il ne conconctera pas un Hadopi 3 ou 4.
Bref, si vous êtes geek, que vous croyez en 42, votez Bayrou !

Les jours à venir

Plus d'anecdotes à raconter (si l'on excepte le fait d'avoir découvert que le marathon empêchait d'être à l'heure gare de l'Est quand on vient de la gare de Lyon en voiture et que donc Félix, le jeune Allemand que nous accueillons pour trois mois, a failli nous attendre longtemps (mais nous sommes réactifs et motivés)), plus que du temps à organiser, des tâches à ne pas oublier, selon les deux axes fameux, l'urgence et l'importance.

Donc là tout de suite ce matin pour mémoire (autant le noter ici qu'ailleurs), dans la mesure où je vais être à la maison cinq jours (enfin, à la maison: pas au bureau):
- préparer le TG du 5 mai
- lire les deux Roman
- préparer Porto (idéalement première rédaction finie fin avril)
- appeler Pierre
- prendre rendez-vous chez l'ophtalmo
- mettre à jour Véhesse pour vendredi.

Faire une liste des monuments à visiter puisque Félix, au contraire de Déborah qui connaissait mieux Paris que nous, n'a rien vu (c'est plus facile).

Elégie pour quelques-uns semble épuisé (pas grave, je l'ai trouvé quand même. C'était le dernier qui me manquait dans la liste des ouvrages paru dans les années 80).

PS: Henri est mort. J'aurais du mal à expliquer qui il était, un petit-petit-cousin de ma mère, peut-être (une arrière-grand-mère en commun avec elle, je crois). Il habitait dans la maison mitoyenne de celle de ma grand-mère, j'ai passé du temps avec lui quand j'avais six ou sept ans. Je lui aurais donné un peu plus de soixante ans, il en avait plus de quatre-vingt (m'a dit mon père). Je ne vois décidément pas les gens vieillir, immobiles dans mon souvenir.
C'était un homme doux et gentil, peut-être un peu simple, qui aurait trouvé une place très naturelle dans Les semailles et les moissons.

La blague du week-end

— Je ne sens plus mes pieds !
— Moi si, mais j'ai un bon nez.

Véritable phrase prononcée véritablement au cours d'une conversation qui semblait "normale"

— Je ne suis pas en état de ressembler à une pompe à vélo.

Fail

«Aujourd'hui on devait avoir un cours sur la contraception, mais il a été annulé parce que l'intervenante est tombée enceinte.»

Don Giovanni à la Bastille

J'ai bien aimé, cela va sembler étrange, la vulgarité de la mise en scène. Don Giovanni est vulgaire. C'est un homme vulgaire, si vulgaire que l'histoire en perd de sa crédibilité: que peuvent bien trouver les femmes à un tel rustre?


Pour le reste, je n'en peux plus. Je n'en peux plus de toute cette pénombre, de tout ce noir. Orlando Furioso noir, Wagner noir, Bartok noir, et même Le Mariage de Figaro noir. Aaaaahhh, qu'on me donne de la lumière, des couleurs ou même du gris, mais de la lumière!
Je suis trop fatiguée, cela me fatigue trop, de regarder tous ces spectacles dans la pénombre. L'effort est trop grand, cela me gâche mon plaisir. (Et je me dis que si le souvenir de la philarmohie de Berlin est si doux, c'est aussi à cause de cette lumière dorée, chaude et douce, qui donnait envie de rester là pour toujours.)



Direction musicale Philippe Jordan
Mise en scène Michael Haneke
Décors Christoph Kanter
Costumes Annette Beaufaÿs
Lumières André Diot
Chef de choeur Alessandro Di Stefano


Don Giovanni Peter Mattei
Il Commendatore Paata Burchuladze
Donna Anna Patricia Petibon
Don Ottavio Saimir Pirgu
Donna Elvira Véronique Gens
Leporello David Bizic
Masetto Nahuel Di Pierro
Zerlina Gaëlle Arquez

Philosophie quotidienne

Entendu dans le RER :

«Je préfère être fatiguée le lundi matin que fatiguée le vendredi soir.»

Ma fille, cette spécialiste de Flaubert

«Aujourd'hui, dans cette île, s'est produit un miracle.»
C'est l'impression que j'ai ce soir.

Hier soir, la rumeur courait durant la représentation que ma fille avait décrété qu'elle n'irait pas passer l'oral blanc du bac de français organisé avec beaucoup de soin par l'école qui fait appel à des professeurs étrangers à l'établissement pour une meilleure "mise en condition".

Comme c'était une rumeur, nous n'étions pas censés l'avoir entendue, et ce matin, j'ai donc fait comme si de rien n'était, contrôlant son look (qui mélange parfois les codes…) et ce qu'elle emportait dans son sac, lui souhaitant bonne chance. (Oui, je materne, mais j'ai des raisons).
J'ai passé la journée dans l'angoisse d'un coup de fil m'apprenant qu'elle avait fait un caprice ou un scandale (beaucoup de bruit quoi qu'il en soit).

En fait, elle s'est finalement présentée à l'épreuve (après avoir échangée son passage à 14h30 contre celui d'une amie à 18 heures); et elle a passé son temps à papoter sur Madame Bovary avec une professeur spécialiste du sujet, faisant état de sa lecture de l'article de Nabokov sur ce livre, de sa connaissance de l'édition raturée de Madame Bovary (une édition amusante car elle pousse à ne lire que ce qui est barré), de sa sensibilité au mouvement et à la couleur, au dynamisme des passages pris unitairement par contraste avec l'immobilité du tout…

WTF?
(Vous n'imaginez pas mon soulagement, je l'imaginais déjà renvoyée de l'école.)

Le Mariage de Figaro de Beaumarchais

Le spectacle m'a beaucoup plu, et le théâtre en lui-même aussi: j'ignorais que la Comédie française était en travaux, le chalet en bois de pin qui la remplace est plein de charme, je ne me lassais pas de caresser les poutres poncées.

Je suis sortie de la pièce emplie d'admiration pour Beaumarchais. Je comprends de moins en moins ce qui s'est passé au XIXe siècle. Quelle chute. Quel courage au XVIIIe siècle pour donner des droits à ceux qui n'en avaient pas. Je trouve cela bouleversant. Qu'attend-on pour faire une chaîne classique, une chaîne des Lumières, en arabe, à l'intention du Maghreb ou de l'Arabie, une anti-Aljezirah, quelque chose qui souffle la voix de la liberté de penser par soi-même et d'être heureux?

Buffet froid de Bertrand Blier

Ça fait longtemps que je voulais le voir — parce que mes parents étaient partis avant la fin un été que nous étions à la Baule. Il passait hier au cinéma de ma ville; j'ai été seule dans la salle durant dix minutes avant le début de la séance, puis une femme est arrivée. ''Buffet froid'' ne fait pas recette le jour de Pâques.

J'aime voir la Défense déserte. La station n'a guère changé, ce ne sont plus les mêmes rames et les sièges ne sont plus rouges mais verts RATP.
Je n'ai pas reconnu la tour dans laquelle se passe l'action. J'ai entraperçu un panneau "Brie-Comte-Robert" "Boissy-Saint-Léger", ce qui nous entraîne loin de la Défense.
J'aime beaucoup les papiers peints et la tapisserie "Le corbeau et le Renard" au-dessus du lit, en deux pans symétriques.

— Je vous présente l'assassin de ma femme. (L'inspecteur et l'assassin se serrent la main)

— Vous n'avez jamais tué personne, vous?
— Si, si, quelques erreurs de diagnostics…

Carole Bouquet a l'air folle, les yeux étrangement décentrés.

Mes parents devaient attendre Les Tontons flingueurs à cause de Michel Serrault et Bernard Blier. Ça a dû leur faire un choc.

Facebook change de look

Cela fait un moment que cela a commencé, c'est comme une lèpre qui gagne de proche en proche les comptes de chacun.

Je suis entre deux eaux. Désormais je vois ma page en mode "journal" tandis que les autres voient encore l'ancienne version. (La bascule définitive aura lieu le 14 avril et je suis invitée à la demander avant. Non.)

Ce changement de présentation est l'occasion de voir ce que privilégie FB: c'est bien simple, tout ce qui compte le moins pour moi. Il reprend en priorité tout ce qui présente des interactions avec les autres membres FB, et parmi ceux là les membres français. Il reprend des photos et des conversations que j'aurais tout aussi bien pu partager sans FB, par mail, dropbox et à travers les blogs.
En revanche, j'ai perdu la plupart de mes liens (dans la présentation N-2, il y avait une catégorie "liens" dont je me servais un peu comme d'un delicious. Elle a donc disparu entre le N-2 et le N-1 (en même temps qu'apparaissait l'obligation de classer ses amis selon les catégories définies par FB et non plus selon les siennes, et que la plupart des groupes étaient archivés). Le passage de N-1 à N entérine la disparition non seulement de la catégorie liens, mais encore de son contenu que j'espérais dans les limbes (un espoir reste: que FB ne puisse faire la récupération brutalement, et que tout soit récupéré petit à petit.)

Il reste que cette patiente collecte de liens ainsi que les quelques mots échangés avec les "amis" au-delà des mers, personnes que je n'ai jamais vues et que j'espère rencontrer un jour, représentent à mes yeux l'intérêt de FB. C'est pour eux que je ne quitte pas cette application qui apporte plus de problèmes quelle n'en résoud. Et ce sont eux qui aux yeux de FB ont le moins d'importance.

C'est ce qui m'énerve dans ce truc: il passe son temps à décider à ma place, et il ne décide pas comme moi. Il croit vraiment qu'avec son journal il va retracer ma vie, et que lorsque j'aurai quatre-vingt ans je lui serai reconnaissante et que mes arrières-petits-enfants iront sur FB pour avoir une idée de la vie de mémé quand elle était (plus) jeune?

FB est un peu mégalo et complètement à côté de ses pompes.
Ou alors vraiment destiné aux personnes qui ne savent pas s'exprimer par écrit.

2 days in New York

Film dispensable là encore. C'est amusant, alors qu'il m'a semblé moins insupportable que 2 days in Paris, je me sens beaucoup moins indulgente. Les hystériques, très peu pour moi. Quand on ne supporte pas sa famille, on la tient à distance.

Quelques questions amusantes/intéressantes: vendre son âme ne porte pas à conséquence. Ou bien si?
Les dialogues de Mingus avec Obama.

Mais enfin, ça ne suffit pas à sauver le tout. C'est pénible et franchouillard.

(Pourquoi être allé le voir? Les horaires correspondaient, et puis après Le skylab, je voulais voir comment Julie Delpy évoluait.)

Le creux (au creux de l'estomac)

— Et aujourd'hui il y a un chemin de croix à 15 heures. Tu sais ce que sait, je crois que Jacqueline t'y avait emmenée une fois quand tu était petite.
— Je ne sais pas. C'est comme le FRAT? Ou le pélerinage à Chartres, c'est ça, un chemin de croix?

Ce qui me pèse le plus, c'est cette impression de n'avoir rien transmis, rien, rien, rien. Des milliers de mots en vain. Parfois je choque, on me trouve égoïste ou je ne sais quoi quand je choisis de partir seule faire quelque chose qui me plaît en laissant ma famille derrière moi. Mais à quoi bon? Je vois ces jeunes parents se consacrer avec passion à l'éducation, à la "culture" (dieu que je hais ce mot) de leurs bambins, je les regarde avec curiosité: est-ce que vraiment ils y croient? Et si par hasard eux obtenaient un résultat? (C'est peut-être moi, juste moi, qui suis très nulle; c'est le plus probable.)

Des nouvelles de mon entourage

Suzanne est revenue lundi, contrairement à mes prédictions pessimistes qui repoussaient cela après les élections.

Un étudiant des cours du lundi, militaire, part en Afghanistan.

Le service après-vente de l'Apple Store, quelque chose du trombone de Microsoft Office

Le Trombone, pour mémoire.


Applestore du Carroussel du Louvre.

— Vous avez un rendez-vous?
— Euh non, pourquoi, il faut un rendez-vous?
— Ah oui, c'est comme chez le médecin, il faut prendre un rendez-vous.
— Ah je ne savais pas, mon problème est tout simple.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Le chargeur ne marche pas. C'est bien le chargeur, j'ai testé la batterie à la maison avec d'autres chargeurs.
— Il va falloir prendre un rendez-vous.
— Mais vous ne pouvez pas au moins vérifier que c'est bien ça qui ne va pas?
Il hésite.
— Oui bon d'accord.

Il s'en va. Le temps passe. Je n'ose prendre un livre, car je crois que si je ne croise pas ses yeux de temps en temps je vais disparaître de sa mémoire. De loin je le vois discuter avec un grand black à propos de ce qui paraît être un iPhone. Est-ce qu'il a pris un rendez-vous? je suis à deux doigts d'aller poser la question mais je me dis que ce ne serait pas de la plus haute diplomatie. Un autre vendeur passe, je lui fais part de ma peur d'être oubliée, il va se renseigner, revient, je ne dois pas m'inquiéter.
J'attends.
Le premier vendeur revient
.
— Alors qu'est-ce qu'il y a?
— C'est un ordinateur tout neuf acheté il y a une semaine, et le chargeur ne marche pas.
— Il va falloir prendre un rendez-vous.
— Mais vous ne vérifiez pas mon diagnostic? Vous voulez la facture?
Je commence à farfouiller dans mon sac, il m'arrête, grand seigneur:
— Non non, on ne travaille pas comme ça.

Il branche le chargeur, essaie le connecteur, tâtonne, vérifie l'absence de faux contact, prend un autre chargeur, vérifie qu'il s'allume aussitôt.

— Ah oui, c'est le chargeur, il va falloir prendre un rendez-vous.
— Mais vous ne pouvez pas le changer tout de suite? Comment je fais sans chargeur?
— Vous en achetez un, vous prenez rendez-vous, et on vous le remboursera.
— Vous plaisantez.
— Non, il faut prendre un rendez-vous.
— Mais je ne veux pas acheter de chargeur; je n'ai pas confiance.
— Alors il faut prendre un rendez-vous.
Je commence à trouver cela vraiment drôle à force d'être stupide.
— Bon, allons-y.
— Votre nom? dit-il en s'emparant de son iPad.
— Euh... Vous ne m'avez pas proposé d'horaires. Vous avez besoin de mon nom pour accéder aux plages horaires? Elles dépendent de mon nom?
— Non, chez Apple on ne fonctionne pas comme ça. J'ai besoin de votre nom pour prendre un rendez-vous.
Je m'empare de l'iPad, je tape mon nom. Nous sommes lundi, les premiers rendez-vous sont dans une semaine. Il note quelque chose dans la zone de texte libre, je lis.
— Vous n'avez pas précisé que c'est un MacBook Air, si vous voulez préparer la pièce — car j'essaie comprendre, et la seule explication sensée que je vois à ce délire, c'est qu'il y ait gestion de stock, préparation de la pièce pour échange standard, etc.
— Non, c'est inutile, on a la pièce en stock, vous savez.
— Mais alors, pourquoi on ne l'échange pas tout de suite?
— Parce qu'il faut prendre rendez-vous.
— Et vous trouvez normal de déranger quelqu'un deux fois pour un échange de pièces qui prend dix minutes?

Je n'ajoute pas que nous sommes en train de dépasser les dix minutes et que s'il m'avait échangé le chargeur tout de suite, je serais partie depuis longtemps. C'est trop difficile à expliquer à quelqu'un qui veut absolument me faire revenir alors qu'il pourrait règler mon problème immédiatement. Mais je ne comprends pas, je ne comprends pas, je ne comprends pas.

— Ah, je ne sais pas pourquoi on vous a fait venir la première fois…
— La première fois, c'est celle-là. La deuxième, ce sera lundi prochain. Qu'est-ce que vous allez faire lundi prochain, pourquoi me faites-vous revenir?
— Ne vous inquiétez pas, on ne fera rien, on changera le chargeur.
— Mais alors…

Je pars, ahurie.

PS. Apple a confirmé mon rendez-vous. Youpi.

mise à jour le 8 avril : problème résolu en passant hier à l'Applestore de Carré Sénart. Sans rendez-vous.

Deux artisans

Je suis en train de dépenser avec très peu de remords l'argent du ménage à des futilités.
  • et samedi, vieux rêve, des (enfin une) reliures.
    Un peu étonnée de me trouver tant de points communs avec la relieuse. Discussion à bâtons rompus sur la peau de chèvre, les bibliothèques en trompe l'œil, Le Contrat de Westlake, les charges qui étouffent l'artisanat (avec ce maudit calcul de charges sur les années N-2 qui condamne toute personne faisant une "bonne année" à mourir de faim les deux années suivantes: du travail indépendant comme bénévolat), la couleur du papier («vous choisissez le cuir, je choisis le papier» (ça m'a fait rire)), l'obsession de laisser les choses en ordre pour le cas où l'on viendrait à mourir brutalement afin de ne pas pénaliser ceux qui resteraient? (Cela ne m'a pas réussi de me faire passer pour organisée. Sûre comme la mort, j'ai oublié dans la boutique ma pochette contenant mes papiers et ma carte bancaire. J'y retourne ce soir.)>*
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