Quelques bribes

Pâtes en catastrophe à neuf heures, fatigue, excitation.

Lecture de cartes postales (comme nous allons chercher le courrier une fois par semaine, cela permet d'avoir tous les tomes d'un coup):
"J'ai pris une nappe au lieu d'un drap. Je dors dans une nappe."
1/ Ça fait un peu linceuil.
2/ Ça change de l'utilisation classique des draps comme nappe.

"A cinq heures, j'ai craqué, j'ai acheté un énorme pain aux raisins. Est-ce que c'est péché?"
Définitivement, oui. Surtout pendant le Carême.


Commentaire sur la journée:
"Les filles de ma classe ont des conversations passionnantes après le sport: «Regarde, j'ai les mamelons gelés!»

Recherches sur la Palestine et ses environs

La lecture de Clarel de Melville (le déchiffrage patient, plutôt) m'amène à me constituer une bibliothèque de liens (je n'arrive pas à déterminer ce que peut être "the Urn" du Christ: urne, tombeau, châsse? Autel? Pas de photo, tombeau doit être le plus probable. Comme toujours, j'utilise beaucoup Google Images).

des photos de Jérusalem
le tombeau du Christ à 360°
l'oasis de Ferian (blog très intéressant, dommage que je ne lise pas l'italien
(prière musulmane devant la cathédrale de Milan)
des nuances de vert
un lexique d'hébreu pour identifer certains lieux
ou encore des cartes (à noter les précisions sur les températures du jour: il ne fait pas si chaud!)

Osée et Argo

Le matin, Osée. Deux heures d'hébreu, en fait; conséquence d'avoir un professeur bibliste (la fleur, le taureau, le ventre maternel, la compassion, quelques millimètres de différence entre je et il, un jambage plus ou moins allongé).

Comment s'appelle les mmmh du cèdre du Liban? Pas les feuilles, pas les aiguilles, c'est autre chose, nous dit le professeur1. (Au secours, monsieur Pic!).
Le Liban, le paradis. Pleurer le Liban.

Puis Argo, in extremis, j'avais abandonné l'espoir de le voir.
Film haletant. Images des années 70 (j'aime). Souvenirs des otages, mais aussi du shah, avant, dans Paris-Match, avec les images de Beyrouth et de Jackie Kennedy. Je lisais au bord de la piscine parmi les orangers mes premiers récits de torture.
Mea culpa américain, la vérité est dite en début de film, rappelée une ou deux fois dans les dialogues.


Film haletant, disais-je.
— Tu crois qu'ils vont s'en sortir?
— Tu sais, l'époque a besoin de mythes, pas d'échec. Je ne crois pas qu'ils auraient tourné en ce moment un film sur un échec américain en Iran2. (Le lendemain, l'oscar viendra appuyer mon analyse).





1 : S'est-il trompé? Je ne trouve rien en ce sens sur Google. Songeait-il à un autre arbre? Il décrivait quelque chose de palmaire, de palmé.
2 : Il aurait fallu un Kubrick pour cela, pensais-je en me souvenant de Dr Folamour.

Résumé

Lire, dormir, travailler. Il ne se passe pas grand chose, je ne vais tout de même pas vous parler de "mes" adhérents (au téléphone: «Je vous parle sans mes dents, vous me comprenez quand même?»).

Allez signer une pétition pour un vieil Arabe au Mali, j'ai l'impression que comme d'hab, c'est parti pour les vengeances personnelles ou de principe (pas de hiérarchie entre les deux).

Lundi: le cours d'AT (sur les prophètes) est donnée par une prof allemande qui prononce très mal (sans doute la comprendrions-nous mieux en anglais, mais tous ne comprennent pas l'anglais (je me comprends)). La révolte gronde parmi les étudiants (deux heures à 20h30 après une journée de boulot et avant une journée de boulot, c'est fatigant; si c'est pour ne rien comprendre…) Je suis embarrassée, ils n'ont pas tort, mais je les souhaiterais plus indulgents.

Mardi: je vois mon responsable hiérarchique le matin (comme il appartient à la holding, nous ne sommes ni dans la même entreprise, ni sur les mêmes lieux. Autant dire que nous ne nous voyons pas souvent.) Il me parle de la clause de désigantion.
Comment expliquer cela? Comme l'Etat est en train de réduire le périmètre couvert par la Sécurité sociale (c'est progressif, mais souvenez-vous de cette phrase dans cinq ou dix ans), il essaie de faire que tout le monde soit couvert par un contrat de santé (tout le monde = les salariés, le reste ne paraît pas exister aux yeux de l'Etat français). Donc les entreprises vont être obligées de proposer un contrat de santé (dit "mutuelle" par abus de langage: ce contrat peut être vendu par une mutuelle ou une société d'assurance, le mot plus exat est "complémentaire") à leurs salariés (c'est déjà partiellement le cas). Cela va être mis en place par des accords interprofessionnels. Les sociétés d'assurances se battent pour que ce marché reste ouvert: obligation de souscrire un contrat de santé, mais possibilité de choisir ce contrat (en d'autres termes, elles défendent la possibilité d'entrer en concurrence et de remporter des marchés).
Or l'accord (ou les accords) qui va être signé prévoit que le contrat de santé soit désigné dans la convention de branche. (Pourquoi bafouer ainsi le jeu de la concurrence? Ces accords sont signés par les syndicats, qui peuvent espérer en échange de sa désignation un financement de la part de l'organisme choisi…)

Mercredi. Je passe rendre un livre à la bibliothèque Beaugrenelle. Elle est hors de mes chemins habituels et je m'étais promis de n'y rien reprendre. Je repars avec un policier grec (plutôt mauvais, d'ailleurs).

Jeudi (hier). Pas le courage d'aller ramer malgré le soleil et la décrue. (Ce matin je découvre dans un mail que les sorties avaient été annulées à cause de cette même décrue — et le vent du nord. Culpabilité apaisée.)
Le soir H. passe me prendre à La Défense. Il me raconte des anecdotes sur le ministère où il a passé la journée, fait une remarque sur la décrépitude des lieux, la peinture qui part en lambeaux.
Dîner "dans un couscous", échanges sur l'absurdité de certaines décisions prises (plus on s'approche du pouvoir, plus on pense qu'on va comprendre qui décide quoi, et surtout pourquoi, et plus c'est l'inverse qui se produit. Je ne comprends pas comment tout cela est en mesure de fonctionner, quelque chose m'échappe, que ce soit en entreprise ou concernant l'Etat.)

Vendredi: 10h28. Je termine ces lignes en bibliothèque. Il me reste une demi-heure pour faire mes exercices d'allemand. Un peu court.

Manger du cheval

C'est toujours mieux que de manger de la vache enragée. Unanimement autour de moi personne ne comprend tous ce foin. Tant que la viande n'est pas avariée...

Je songe à ce passage de Souvenirs où l'oncle de Joseph Conrad raconte qu'il a mangé du chien, ce qui me faisait penser à mon grand-père (polonais) qui s'enorgeuillissait d'être capable de reconnaître dans tous les cas de la viande de cheval — pour refuser de la manger.


''Pourquoi les chevaux se sont-ils cachés chez Findus?
— Because they can't find us'' (répondent les chevaux).

Un monde nouveau

Je m'absente cinq jours et quand je reviens, il fait jour le matin à huit heures quand j'arrive à La Défense (mais la Seine est toujours aussi haute).

Bilan

Samedi : True Gritt, Sherlock Holmes 1 & 2, une partie d'Il était une fois l'Amérique, interrompu par La Dame de fer (Merryll Streep impressionnante, mais film totalement décousu qui n'arrive pas à captiver).

Dimanche : Fin d'Il était une fois l'Amérique. Saison V de The Big Bang Theory.

Dimanche. Je lis La lettre perdue de Martin Hirsch (deux heures), j'y croise en début de livre le Lignon, vu la veille chez La Fontaine (L'Amour est mort, le pauvre compagnon Fut enterré sur les bords du Lignon) et dans les dernières pages l'une des phrases du film La Dame de fer: il faut choisir en être quelqu'un et faire quelque chose. (Hirsch donne la source mais je ne m'en souviens plus.))

Trois jours

J'avais prévu deux jours de rangement (mercredi, jeudi), une journée de cours (hier).
Je ne suis pas allée en cours, et j'ai encore tout le classement des papiers à faire. Une première revue hier soir m'apprend que j'ai dû ranger à un moment donné le plus facile (les factures, bulletins de salaire, etc). Il me reste le plus compliqué, les articles, les notes prises lors de colloque, etc. Ce n'est pas ranger qui est difficile, c'est classer de façon si logique qu'on retrouve spontanément ce qu'on cherche même quand on ne sait plus où on l'a mis (la seule définition du rangement) — c'est aussi savoir ce que l'on possède, et cela, c'est bien plus difficile. Chaque fois que je rouvre un classeur ou une boîte je retrouve des articles que je ne savais pas avoir conservés — et dans l'ensemble je suis assez contente de moi: je suis fiable, je perds peu.

Concernant les notes prises en colloque ou en cours, le constat est moins satisfaisant: tout ce qui n'a pas été transcrit aussitôt est pratiquement inutilisable. Comment relire aujourd'hui, deux ou trois ans après, ces notes sur Finnegans Wake, par exemple? Je range, je mets dans des boîtes, éloignant d'autant les probabilités de les recopier dans mon blog (l'intérêt que ce soit dans le blog, c'est que ce soit à disposition à tout moment): notes pratiquement perdues, sans grand espoir d'être jamais relues, et je résiste à la tentation de les jeter, songeant mélancoliquement aux héritiers en train de regarder avec désespoir ces monceaux de papier: classement vertical. Et la rage me prend de tout jeter — mais je ne le fais pas.

J'y retourne, j'espère que cela prendra moins qu'une journée.


Je mets des films en fond sonore, des films que je n'ai pas vraiment besoin de regarder: Ne nous fâchons pas, Burn after reading, Jerry Maguire, This is the place.

Tentative toujours recommencée

J'ai parfois l'impression que je vais passer les dix ans à venir à mettre au point une routine, une routine automatique qui permette d'oublier le quotidien pour se concentrer sur l'étude — et non se consacrer à l'invariant des jours.

J'ai partagé mon bazar en quatre quarts. Je ne suis pas tout à fait venue à bout de mon deuxième quart ce soir au moment où j'écris. J'espère que j'aurai tout fini demain soir. Je n'en peux plus de tant de désorganisation. Je n'ai pas le temps de gérer le désordre, il me faut un quotidien auto-rangé, auto-nettoyant. A la recherche du taylorisme quotidien. Impossible mise au point.

Carte de vœux

— Tu as raison de faire du grec, ça vaut mieux que prendre du Tranxène !

Le pape s'en va

J'ai pensé à Jean-Paul I, à mon incrédulité en apprenant sa mort.

J'ai pensé au départ de Steve Jobs et à Frédéric II, à je ne sais plus quel général des Jésuites auquel le pape avait refusé de démissionner malgré sa maladie.

Je pensais que le refus de la contraception et de l'euthanasie par l'Eglise catholique était lié à la conviction qu'il ne fallait pas s'opposer à la nature, à l'œuvre de la nature comme dessein de Dieu, souffle de l'Esprit Saint. Dans cet esprit, le vieillissement étant le terme naturel de la vie, n'était-il pas cohérent, ne serait-il pas cohérent, de le laisser faire son œuvre sans s'y opposer, sans prendre la décision de se dérober? (Je pensais que c'était ce qui sous-tendait l'attitude de Jean-Paul II, par exemple: la soumission au temps comme décision de Dieu.)

Ici, quelques paroles désenchantées, qui évoquent ce blog dont je donne le lien au moment où il ne servira (sans doute) plus. (Que va faire le pape? Entrer au couvent? Et quel sera son titre? Redevient-on "civil" quand on a été pape? Ou est-ce comme ministre?)

Mulhouse

Restaurant La Fourchette[1] (des ours en peluche à foison et des fourchettes pendues au plafond, épées de Damoclès pour de faux un peu effrayantes malgré tout — excellente cuisine), collection d'Anne Sclumberger actuellement exposée à la fondation Fernet-Branca à Saint-Louis, il y a de la neige dans les champs, un passage dans un "magasin de livres" à Mulhouse (un magnifique tout petit Lettres de mon moulin relié de cuir noir et Léonie d'Aunet, Voyage d'une femme au Spitzberg (je feuillette au passage deux tomes de souvenirs de d'Orgeix datant des années 50)).

Nous sortons trop tard de la librairie, trop tard pour acheter des œufs, samedi soir 18h30, tout est fermé.

Lincoln : être obligé de faire voter un amendement sur l'esclavage avant de négocier la fin de la guerre, car la déclaration d'émancipation des esclaves de 1863 ne faisait qu'opérer une sorte d'expropriation des "rebelles" — et donc n'ôtait pas leur qualification de "biens" aux esclaves, qui le seraient redevenus avec la fin de la guerre. Emanciper les esclaves avant de terminer la guerre, terminer la guerre pour éviter des morts inutiles, deux exigences contradictoires (car si la paix était signée, l'urgence de reconnaître l'égalité des droits des Noirs s'évaporait, ne serait-ce que par peur de l'inconnu, de cette société à construire — voter la fin de l'esclavage, c'était aussi espérer mettre fin à la guerre) mises en tension par le film.

Notes

[1] 1 rue de Landser à Schlierbach

Cours d'allemand

Question:
— Quel est le peintre en bâtiment le plus célèbre d'Allemagne?
Subodorrant le piège, je propose:
— Hitler?

Oui. "Anstreicher" a pris une nuance péjorative dans certains contextes.
C'est drôle, je n'avais pas retenu qu'Hitler avait été peintre en bâtiment. Je pense à Jean Gabin dans La Traversée de Paris, en train d'expliquer «peintre…» petits gestes du poignet à l'appui, et non «peintre» grands gestes du bras de celui qui utilise un rouleau.

Anstreicher: streichen: étirer, étaler, comme j'ai entendu tant de fois «Tire bien sur ton pinceau».

Qu'en faire?

Hier Patrick m'a fait un étrange cadeau : l'année 2011 de ce blog repris dans un livre, "les mois à l'endroit".

Sensation étrange. C'est plaisant, c'est flatteur, je découvre que j'aime me relire et j'ai honte de cette complaisance; en même temps j'ai aussitôt des envie de corrections, ou plutôt d'ajustements, des précisions de contexte à apporter qui me semblaient inutiles sur le blog, éphémère par essence.
Qui dit quoi à qui dans quelles circonstances, cela paraît soudain beaucoup plus important dès que c'est imprimé. Il devient plus important d'être compris.

Mais que faire de cet objet? Je ne peux pas le faire lire à ceux qui ne connaissent pas le blog (et un livre non lu, c'est triste. J'ai toujours prêté mes livres, moins pour les lecteurs que pour les livres, pour qu'ils sortent des étagères, qu'ils respirent — parfois j'emprunte un livre à la bibliothèque uniquement pour qu'il sorte), et il est inutile de le faire lire à ceux qui lisent ce blog (et pour le coup ce serait bigrement prétentieux).
Impression étrange d'avoir dans les mains un objet absolument inadapté — et j'en suis embarrassée car j'en suis l'auteur.



Il y avait d'autres cadeaux:
- Les psaumes traduits (adaptés?) par Paul Claudel
- … le pivert nu et les tomates vertes… et Oulipotages de Jacques Theillaud (un ami FB)
- la correspondance Hawthorne-Melville que je n'avais pas trouvée cet été : D'où viens-tu, Hawthorne?

La gare de Vigneux

J'ai un souvenir de la gare de Vigneux, celui de ma dernière cuite (en date), ma deuxième, donc, la première datant de 1989 — je venais de trouver du travail, c'était un soir de chili con carne et de tequila rapido, août ou septembre 1989 à Talence.

Décembre 2004, sans doute le 6, la saint Nicolas. J'avais dîné avec R., peut-être à la Coupole ou à l'une des brasseries proches. Nous avions bu une bouteille, il pleurait un ami qui s'était suicidé en septembre, et moi une amie morte en novembre.
Je me souviens avoir refusé un dessert mais demandé une autre bouteille de vin.
Et je me souviens l'avoir bue pratiquement seule et très vite, trop vite, le temps qu'il mange son dessert.

Sans doute m'a-t-il raccompagnée en taxi à la gare de Lyon, je ne m'en souviens pas mais c'était le genre de choses qu'il faisait.

J'étais ivre morte. Bizarrement je ne me souviens de rien et j'ai des souvenirs très précis par flash. Je sais que je suis tombée de tout mon long, parce que je me souviens du ciment froid contre ma joue, mais cette image, je ne l'ai reconstituée que le lendemain en tâtant des zones douloureuses — pommette, genou,… — et la sensation du ciment froid sur ma joue.

Je suis montée dans le train, je me suis endormie, mon téléphone a sonné, H. s'inquiétait, il était aux alentours de minuit. Je l'ai rassuré, j'arrivais (à l'époque nous n'avions qu'une seule voiture, il devait venir me chercher à la gare). Je me suis rendormie, réveillée quand le train s'arrêtait — à Vigneux.
Je m'étais trompée de train.

Je suis descendue du train, j'ai appelé H., très ennuyée. Et je l'ai attendu. J'avais un grand manteau bleu ciel, tricoté main, j'étais assise sur les marches, je pleurais comme un veau: «elle est moooorrrte». Il faisait très froid, un jeune grand noir tout désemparé tentait de me consoler: «faut pas pleurer, Madame». «—Qu'est-ce que tu fais là? Tu ne rentres pas chez toi? —Je dors dans la rue, Madame, mais faut pas pleurer». Et je le regardais sans rien dire, il ajoutait encore à ma désolation, avec sa gentillesse et la perspective qu'il passe la nuit dehors par ce froid.

H. est arrivé, nous sommes partis, à un feu rouge j'ai ouvert la portière et j'ai vomi la bouteille de vin.
Nous sommes rentrés, H. ne me fit pas un seul reproche et n'en reparla jamais.

Erreur d'aiguillage

Le train s'arrête à Vigneux. Il est onze heures et demie. Tous les wagons descendent vociférer sur le quai.
Erreur d'aiguillage. Nous sommes partis vers Corbeil-Essonne au lieu de Melun.
Il est très tard, il y a un train toutes les demi-heures, les gens sont fatigués et furieux. Les trois agents SNCF sur le quai n'en mènent pas large.

Finalement, le conducteur décide de continuer jusqu'à Juvisy, de changer de voie et de retourner à Villeneuve-Saint-Georges pour reprendre le chemin de Melun.

Nous traversons la Seine deux fois. Train fantôme glissant dans la nuit. J'aime l'idée mais je ne suis pas rassurée à l'idée de ce train circulant sur des rails où il n'est pas prévu.

La paix, les morts

Guillaume me fait découvrir le monument aux morts de Biron. Quelle idée étonnante.

Il faut se battre tôt pour ne pas souffrir tard.
Des monuments pour ceux qui font la paix.
Depuis qu'on m'appelle "le Macaroni" je ne m'occupe plus de rien.

Félix et Déborah à la maison pendant trois mois chacun. Je n'étais pas très à l'aise. Des mots qui échappent, une mythologie (La grande vadrouille, par exemple), l'accent allemand caricatural que l'on prend pour rire pour prononcer certains mots… (c'est toujours moi qui me retrouve à expliquer ce que personne ne souhaite expliquer.)

Félix visite Chenonceau, cela lui plaît, il paraît étonné, surpris.
— Il n'y a pas de château autour de chez toi, tu n'en visites jamais?
— Chez moi, il n'y a rien.
Je me mords les lèvres: il vient de Hambourg. (Je sais pourtant que j'ai tort d'être gênée, lui vit cela naturellement; il est trop jeune sans doute pour que tout cela représente quelque chose pour lui; et les Allemands assument leur histoire. Mais c'est plus fort que moi. J'ai tout de même arrêté l'allemand où j'excellais alors que j'ai toujours été médiocre en anglais quand j'ai découvert les camps, vers quatorze ans. Aujourd'hui je le regrette, je m'y remets lentement, un peu grâce à Kafka, beaucoup grâce à Döblin.)

Chandeleur

Après-midi tranquille. Je fais du grec, il n'y a personne (ou presque) dans la bibliothèque (les salles du premier étage).



Le soir, crêpes.

Largo Winch à la française

Soit un dirigeant d'une PME d'une cinquantaine de personnes.
Il a déjà fait de la prison pour ne pas avoir payé ses PV (ce qui représente une belle somme de PV et un refus de se présenter devant les tribunaux).

La semaine dernière, une lettre recommandée est arrivée contenant un avis de saisie sur salaire. Motif: plus de deux cent mille euros d'impôts impayés en dix ans.
(Problème résolu dans la semaine, par prêt, emprunt, facilité de paiement et autres.)

Vendredi, un huissier s'est présenté pour saisir des parts de la société.
— Mais pourquoi?
— Il y a quelqu'un d'autre à qui il devait de l'argent?
Oui. Il a perdu lors d'un procès contre un ancien associé; et fait exceptionnel, le premier jugement était exécutoire en dépit de l'appel. Somme à payer: deux cent mille euros encore.

Il est possible que le dirigeant endetté puisse sortir cette somme d'une manière ou d'une autre. Le problème, c'est qu'elle sera alors saisie par les impôts.

Question: l'entreprise est-elle en danger?

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