Résumé

Journée déchetterie. Gravats et pots de peinture. Et cartons d'emballage. Chic, de la place pour ranger.
Ce soir tout me gratte. Encore deux ou trois allers-retours à prévoir lundi (demain j'essaie de ramer, je l'écris ici dans l'espoir que ce ne soit pas un vœu pieux car je ne me fais pas beaucoup d'illusion sur moi-même).

Nous sommes à nouveau cinq pour quelques jours. C. a perdu cinq kilos en une semaine de camp scout. Chanson pour laver la vaisselle dans la joie.

J'ai fait quelques vérifications et retrouvé A l'ombre des jeunes filles en fleurs 1 et 2… en cassettes. 2000, 2001? A l'époque il n'y avait pas d'iPod, et j'avais un baladeur cassette. Un autre temps.

Comme d'habitude

Une semaine sans écrire (je vais rattrapper donc ça ne se verra plus dans quelques temps) et je ne sais plus qu'écrire. Il ne faut pas arrêter — ou arrêter totalement.

Commencé à m'occuper des rosiers, creusé un trou, enfin compris le principe: pioche et pelle, pioche pour réduire la terre en morceaux, pelle comme une cuillère.
Chaque fois que je vois des tombes creusées dans les western (huit dans Lone Ranger, des centaines dans Le bon, la brute et la truand) je songe aux heures et aux ampoules pour les creuser dans la réalité.

Ça se confirme, les journées sont trop courtes: les travaux de fond dans la maison et le jardin — et le sommeil à rattrapper — ne me laissent pas les deux ou trois heures de lecture quotidiennes que j'espérais.

Notre plombier portugais a tout réparé, mais la machine à laver n'est pas rebranchée.

J'écris devant The Social Network: «je n'ai pas torturé le poulet, I didn't hurt chicken!».

Grammaire et DVD

Mi-août, nous avons enfin commandé un nouveau lit à O., son mètre quatre-vingt-dix (et demi!) ne tenant plus dans son lit actuel. Il doit être livré fin septembre. Aujourd'hui nous avons tenté d'aller chercher l'armoire assortie: las, il y aura aussi trois semaines d'attente (l'avantage, c'est qu'elle sera livrée).
Nous avons trouvé avec difficulté des étagères à DVD. Ce n'est plus du tout d'actualité.

L'après-midi, pendant que H. et C. montent deux étagères sur trois, j'explore la grammaire de Jean-Nicolas Wagner que j'ai fini par commander après la fin de non recevoir de la bibliothèque de l'ICP (j'espérais qu'il pourrait la demander à la BNF). Le texte est arrivé dans ma boîte mail, cela n'a pris que trois ou quatre jours et non trois ou quatre semaines.
L'écart avec la pédagogie actuelle est un abîme, quand j'aurai fini de copier Alibaba, il faudra que je réfléchisse à la façon de présenter les règles de grammaire, qui sont souvent de longues suite de mots répondant à une règle particulière. La façon d'énoncer les règles a beaucoup changé, il faudra que je les transcrive en "XXIe siècle".

Remplissage des étagères, nosu exhumons des DVD qui n'ont pas dû voir le jour depuis dix ans. Je constate avec dépit que je n'ai plus les coffrets 1 et 2 d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs. A qui ai-je bien pu les prêter?

Grain de sable

Panne d'électricité vers onze heures. Impossible de renclancher le compteur. Nous avons d'abord cru à une panne dans le quartier (vérification chez un voisin: non) puis une goutte tombée sur la tête de O. nous a obligés à nous rendre à l'évidence: la baignoire fuyait au-dessus de l'arrière-cuisine, c'est-à-dire au-dessus du compteur électrique, mais aussi du firewall, de la boîte ADSL, etc.

Nous avons tout débranché , tout mis à sécher, rebranché l'urgent (internet pour O qui n'arrive pas à télécharger League of Legend jusqu'au bout).

Bon. Plus de lave-linge, un réseau sur deux (celui non protégé) et la perspective de casser le carrelage de la salle de bain.
Enfin, je préfère que cela arrive pendant que nous sommes à la maison.

Le museum d'histoire naturelle

En traversant le pont d'Austerlitz, je suis frappée une fois de plus par la vue magnifique que nous avons sur le bâtiment du Jardin des Plantes. Le contraste est fort avec son état au début des années 70, comme il apparaît à la fin du Magnifique (le film de Broca) que nous avons regardé hier.

Otite d'O.

Frau Junge

Regardé l'interview de Traudl Junge, la secrétaire d'Hitler (Dans l'angle mort) et le début de celui d'un des gardes du corps encore vivant, Rochus Misch (il s'agit d'un DVD joint à celui de La Chute) en équeutant des haricots beurre (je n'aime pas les haricots beurre).

Le contraste entre ces deux personnes est très impressionnant. Frau Junge se souvient de tout avec précision, elle a beaucoup réfléchi, elle exprime des regrets et des remords de son insouciance. Selon ses propres mots, elle a beaucoup de mal à se pardonner.
Rochus Misch ne répond pas à certaines questions, n'emploie pas certains mots. Quand on lui demande «Quelle était l'atmosphère du bunker les derniers jours?», il répond que le bunker était très petit, que ce n'était pas un lieu pour vivre. C'est d'ailleurs l'une de ses phrases favorites. Est-ce dû à son âge? Concernant la mort des enfants de Goebbels, il n'emploie jamais les mots "mort" ou "poison", malgré l'intervieweur qui reprend à chaque fois ces mots dans ses questions.

La Chute ou Frau Junge font naître la pitié: tout cela paraît effectivement si pitoyable. Me vient le désir, le besoin, de re-regarder Lanzmann. Neuf heures. Pas le temps, et surtout pas pendant les vacances, avec des témoins. Je regarde ça seule, la nuit, comme une prière, ou presque. Une longue lamentation.



HVAO

Mais que lit-elle?

L'année dernière, lorsque j'avais un peu de temps avant les cours (donc plutôt le mercredi avant le cours sur l'islam), je prenais un tartare à la brasserie d'à côté, et comme souvent je n'en pouvais plus de mes livres, je lisais les Astérix mis à disposition à côté du bar. J'aimais bien, ça me détendait et me permettait de réviser (les enfants sont très forts en citations).

Une étudiante, une dame de troisième année, qui buvait régulièrement une bière en attendant le cours sur l'islam (ce cours dit "flottant" était accessible à toutes les années) me dit un jour en fronçant le nez:
— Tu lis ça? Moi quand j'ai du temps, je préfère lire autre chose.
J'étais un peu vexée, mais bon, je n'avais pas à me justifier de lire Astérix.

Une autre fois, elle m'exposa sa déception devant les sujets des dissertation de philosophie. Je posai des questions sur la bibliographie de troisième année:
— Pendant l'été, ils nous recommandent de lire Les frères Karamazov! Tu te rends compte? Ils auraient pu tout de même nous donner autre chose.

Et maintenant que je m'apprête à le lire (car la recommandation tient toujours), je m'interroge: mais que lit-elle, que lisait-elle, par plaisir ou volonté? Ni Astérix, ni Dostoievski, je suis intriguée. (Trop tard, elle a déménagé à Marseille, je ne pourrai pas le lui demander.)

L'enterrement des enfants de moins douze ans

Comme je fais des tableaux Excell toute la journée, je n'ai pas grand chose à raconter. Je vais donc reprendre de vieilles amorces de billets que je n'avais pas menés à terme à l'époque.

Celui-ci date de février dernier. Lors d'une formation, j'ai appris qu'une loi remontant au début du XXe siècle interdisait de souscrire une assurance sur la tête d'un enfant de moins de douze ans (article L132-3 de la loi du 13 Juillet 1930).

En pratique, cela signifie que si vous êtes assureur et concevez un contrat obsèques "famille" (destiné à couvrir les frais d'obsèques lors du décès de n'importe quel membre de la famille souscriptrice), vous devez absolument penser à écrire que les enfants de moins de douze ans sont exclus du contrat. (Ce n'est pas un exemple pris au hasard: récemment, une société d'assurance ayant omis, par négligence ou ignorance, de spécifier cette restriction dans ses "conditions générales" (ie. la description du contrat et de ses garanties) a dû payer une énorme amende proportionnelle au nombre de contrats vendus.)

Je vous laisse imaginer la tête des personnes en train de lire cette clause restrictive: d'une part, une famille "normale" prend ce genre de contrat en pensant à la mort des parents et non des enfants, et c'est le genre de phrase qui vous ramène brutalement à la réalité; d'autre part, une fois digérée cette réalité, le bon sens fait s'exclamer: «Mais pourquoi pas les enfants?» (et in petto: «Ces assureurs, il faut toujours qu'il trouve un moyen de vous entuber»).

En réalité, c'est une loi qui a été votée à la suite d'un scandale survenue chez une nourrice qui tuaient les enfants sous sa garde pour toucher les assurances décès.

Winston

Quand nous étions à Agadir, nous passions tout notre temps à "L'Hacienda", un hôtel à bungalow pas loin de l'oued entre In*ezgane et Agadir (à l'époque, c'était une zone de terrains vagues autour de l'aéroport, il paraît qu'aujourd'hui tout est construit). Il y avait une piscine, des orangers, des cours de tennis et un club d'équitation (ma récompense quand j'avais bien travaillé, c'était une balade à cheval de deux heures qui permettait d'atteindre la plage. Comme j'étais excellente élève et que mes parents n'avaient pas envie de me l'accorder car ils trouvaient que deux heures, c'était beaucoup pour mon âge (six ou sept ans), ils avaient choisi le pire critère: mes notes en écriture. J'ai dû faire deux balades en tout et pour tout).

Bref, "ce que je voulais dire, c'est que" il y avait un cheval blanc qui s'appelait Winston. Il avait tourné dans un film et savait se coucher sur commande. Il s'appelait Winston car il avait été dans ce film la monture de Churchill.

Le cheval de Lone Ranger lui ressemble beaucoup, en plus fantaisiste.

Lude

Je lis Taubes dans le métro, La théologie politique de Paul. La transcription du colloque et la traduction rendent admirablement le ton alerte, caustique, passionné, du professeur.
Quand j'arrive p.74 à «Je pourrais me référer à l'allégorèse alexandrine, étudiée par Jean Pépin», je ferme le livre, j'enlève mes lunettes, et je ferme les yeux pour ne pas me mettre à pleurer.

C'est la même sensation que des années plus tôt à Versailles, le soulagement, la re-connaissance, tout va bien, il ne faut plus avoir peur. Le livre de Jean Pépin, c'est celui que j'avais acheté pour mon anniversaire en 2006, en même temps que les Cahiers de la nuit surveillée consacrés à Rosenzweig. Alors que je savais parfaitement pourquoi j'achetais les Cahiers, je n'avais pris le Pépin que par confiance dans le libraire.
Eh bien voilà. Le livre a trouvé son explication.

Prélude

Je me souviens de la première fois que j'ai mis les pieds à la bibliothèque de Versailles. J'étais en hypokhâgne, je venais chercher des livres pour la première dissertation de philo de l'année («Pour philosopher, faut-il lire les philosophes?»). Je ne savais pas ce qu'était l'hypokhâgne, je ne savais pas qu'elle préparait un concours, au bout d'une semaine j'avais compris qu'il n'y avait plus de math ni de physique du tout, je venais de passer une année très dure en terminale C avec une prof de physique qui me méprisait parce que j'avais eu une bonne note au bac de français (je vous jure que c'est vrai. Si j'avais pu prévoir cela, j'aurais menti sur la-dite note) et une stagiaire de math qui ne m'avait donné aucune chance (avec le prof titulaire je crois que cela se serait passé différemment), dans un état dépressif latent non diagnostiqué (mais avec 8/5 de tension en février (ce qui n'a amené strictement aucune réaction de la part de ma famille. Je me souviens du médecin qui a repris ma tension trois fois, stupéfait. Mais ce n'était pas notre médecin de famille, il était stomatologue, il n'avait rien fait ou dit)), nous avions rempli tous les dossiers possibles pour que je n'aille pas à la fac et j'étais prise en hypokhâgne, à trois semaines du bac les cours avaient cessé pour permettre les révisions, j'avais alors descendu systématiquement toutes les annales disponibles, stupéfaite de découvrir à quel point c'était facile et comme j'aurais pu avoir une année agréable si je m'en étais rendue compte plus tôt (mais le propre d'un dépression, c'est bien de ne plus permettre ce genre de lucidité), j'arrivais à Versailles en hypokhâgne et c'était un autre monde.

J'ai ouvert la porte de la bibliothèque de Versailles, j'ai avancé de quelques pas sur le parquet dans la salle dorée, et debout à la hauteur de la table des revues, je me suis mise à pleurer.

Bibliothèque Audoux

L'année dernière (année scolaire : 2011-2012), j'avais acheté beaucoup de livres, en partant du principe que puisque nous étions cinquante, ils seraient tous empruntés quand j'en aurais besoin.
Cette année, nous avons eu davantage de bibliographies, donc des choix plus étendus, et j'ai pris l'habitude de vérifier systématiquement la disponibilité des livres via les catalogues en ligne, à prendre à la bibliothèque de Paris ce qu'il était possible, à sauvegarder mes listes dans "mon compte", bref, à faire des bibliothèques des outils de travail.
J'ai découvert au passage que les livres n'étaient pas empruntés: étais-je la seule à travailler? à connaître l'importance des bibliographies? ou les autres s'étaient-ils mis à leur tour à acheter, découragés, me laissant le champ libre?

Toujours est-il qu'en revenant de Grèce je me suis inscrite à la partie "vidéo" et j'ai réservé des DVD (la plupart était sortie, les DVD font davantage recette que les livres). (L'intérêt des réservations, c'est que vous êtes prévenu par mail quand le livre ou DVD est disponible).

J'arrive bibliothèque Marguerite Audoux, j'erre un peu, feuillette un livre de Marc Rastoin sur table, récupère mon DVD, Yeshayahou Leibovitz, nul n'est prophète en son pays, je passe au guichet le faire enregistrer…
Je ne sais pas ce qui s'est passé. Le bibliothécaire est-il un passionné de Leibovitz, agit-il toujours ainsi parce que c'est de son métier qu'il est passionné, toujours est-il qu'il me demande:
— Vous savez que nous avons ses livres, aussi?
Je balbutie — Euh non, je ne les ai pas vus sur le catalogue. (Depuis, j'ai compris pourquoi: l'auteur est orthographié "Leibowitz".)
Il écoute à peine — Si, si, en bas, rayon judaïque, vous connaissez?
— Heu non, c'est la première fois que je viens. (C'est faux, j'étais venue écouter ici une amie de Marie Borel, Oscarine Bosquet.)

Je fais un tour pour trouver l'escalier, je descends, j'erre encore (comprendre: je regarde ce qui s'offre), quand soudain un homme jaillit avec un livre et me le fourre d'autorité dans les mains: «Tenez».
C'est le bibliothécaire de l'accueil. Il est descendu plus vite que moi, par un autre chemin, il me tend une étude sur Leibovitz.
Je l'ai prise.

Donc dans mon sac:
Olivier Hirschbiegel, La Chute
Emil Weiss, Yeshayahou Leibovitz
William Boyd, La vie aux aguets
Yeshayahou Leibowitz, La foi de Maïmonide
Yeshayahou Leibowitz, Les fondements du judaïsme
Yeshayahou Leibowitz, Corps et esprit
Jean-Marc Joubert, Leibowitz : Une pensée de la religion
et mon Taubes, La théologie politique de Paul

Rendez-vous pour voir Témoin à charge. Aussi bizarre que cela puisse paraître, je n'avais jamais vu Marlène Dietrich jouer.

Fatigant

— On a essayé des lits toute la journée, j'chuis crevé !

Promenade en Touraine

Passage par Moncontour que Balzac rêvait d'acheter, visite de Saché dans un village merveilleusement à l'écart, silencieux (un état de tranquillité qui me rappelle Cirey). De Blois à Tours les villages changent, la brique solognote disparaît au profit de la pierre blanche de Touraine. Je crois que je préfère ma Sologne moins solennelle. Saché quant à lui (ou à elle? château ou maison?) est tout à fait mon genre. La sérénité gagne même les enfants qui s'installent sur les sièges mis à disposition dans la tour comme s'ils devaient y vivre le restant de leurs jours.

Détour (vite, vite) pour apercevoir la château d'Azay-le-Rideau: surprise, tandis que sur les cartes postales il apparaît toujours sur un fond de nature, il est si bien serti dans la ville qu'on ne l'aperçoit qu'avec peine.

Passage dans les nouveaux locaux de H. Son immeuble s'appelle Amelia Earhart, j'en suis enchantée. J'avais beaucoup résisté à l'achat d'un tee-shirt au musée de l'air et de l'espace à Washington, voilà qui me fait regretter de ne pas avoir cédé.

Le tourisme noir

Après Le Berry républicain, extraits d'un article de La Nouvelle République.
Entre génocides et tsunamis le tourisme a ses adeptes.

[…] Depuis quelques années, des tour-opérateurs emmènent les touristes sur ces théâtres de catastrophes, partout à travers le monde.

Se fondant au milieu de ces curieux fascinés par la mort, le photographe Ambroise Tezenas a sillonné le globe pendant quatre ans pour réaliser sa série de clichés Dark Tourism. Ou tourisme noir. Le déclic, il l'a eu au Sri Lanka, en 2004, au moment du tsunami. «J'ai passé une semaine à Telwatta après le déraillement d'un train qui avait fait 1.700 morts », se souvient-il. Quelques mois plus tard, « je suis tombé sur un article disant que le train était toujours là et que des touristes venaient se faire photographier devant».
Comme Telwatta, des dizaines de lieux figés par une catastrophe ont été pris d'assaut par les touristes ces dernières années. Et plus encore par les tour-opérateurs, qui ont flairé un nouveau marché. L'agence britannique Disaster Tourism propose ainsi depuis 2010 des «séjours catastrophe » sur mesure. En juillet, elle s'est empressée d'envoyer un groupe à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, après l'accident de train qui a coûté la vie à 79 personnes. Son site internet s'adresse aux personnes ayant épuisé «leur forfait de vacances banales».

D'autres sociétés font défiler des photographes amateurs sur l'île du Giglio, en Toscane, où gît l'épave du Costa Concordia. Les plus téméraires se rendent à Fukushima, malgré la radioactivité ambiante. Dans la province chinoise du Sichuan, le gouvernement propose des excursions au milieu des ruines laissées par le séisme de 2008. Aux États-Unis, des «Katrina tours» sont organisés à la Nouvelle-Orléans depuis après le passage de l'ouragan en 2005, tandis que Ground Zero est entré dans les guides touristiques.

Ces sites fascinent d'autant plus qu'ils ont acquis une certaine célébrité. «L'attirance pour le macabre grandit proportionnellement à l'intérêt croissant que lui portent les médias et les productions cinématographiques», écrit ainsi le père du concept de dark tourism, le sociologue britannique John Lennon. A sa sortie, La Liste de Schindler, le film de Steven Spielberg, aurait ainsi fait bondir de 15% les entrées au camp d'Auschwitz.

[…]

Dans l'Hexagone aussi, Verdun ou Oradour-sur-Glane font recette. Plus récemment, des centaines de curieux ont afflué sur les côtes vendéennes après la tempête Xynthia, qui avait fait 29 morts en 2010. Une société a même envisagé de créer un train touristique pour sillonner les zones noires. Le projet a dû avorter face aux critiques. Preuve que la France n'est pas encore prête à s'ouvrir au tourisme noir.

Chloé Bossard

Vendredi

Matin :
Je vais dire du bien pour une fois: les guichets de la SNCF de La Défense sont un modèle de gentillesse et de compétence.

Midi :
— Le mieux que j'ai vu, c'est un formulaire avec une case à cocher pour "Je certifie que je suis bien vivant".
— Et il y avait une case à cocher si tu étais mort?

Soir :
Je rejoins les enfants à Austerlitz. Départ pour Blois.

Jeudi

Frances Ha. J'aime pas les boulets, Madame Bovary, La maman et la putain, Frances Ha. J'aime pas les boulets, les gens qui gâchent leur vie, qui font n'importe quoi. Ça me gonfle. Je retiens une phrase: «je ne suis pas bordélique, j'ai mieux à faire».

Fini le rangement et le ménage. Vu le nombre d'araignées aspirées, nous devrions être envahis de moustiques.

Trois jours

- dimanche
Journée bizarrement active : je sais que nous avons avancé sur un certain nombre de points, mais je ne saurais pas dire lesquels et j'ai l'impression de n'avoir rien fait.
(Ah si, je me souviens: le gros du week-end a consisté à remettre d'aplomb l'ordinateur des enfants (copie de disques durs, tripes à l'air etc) et à récupérer les données du serveur qui devait être débranché depuis Pâques ou mai. (Ordinateur en panne une semaine avant les grandes vacances, O. à son habitude n'a rien laissé paraître mais je le savais affreusement déçu: à quoi bon des vacances si ce n'est pour jouer à WoW douze heures par jour?)) Commencé le repassage devant Laura dont je gardais un souvenir émerveillé.
Ma fille me fait rire à dévaliser mentalement la maison "pour s'installer" (comprendre: meubler son studio). Il y a du regroupement de livres en perspective puisque qu'elle veut me piquer deux étagères (bon bon bon).

- lundi
A force de ne rien demander pour ne pas donner de faux espoir j'ai tout compris de travers et nous sommes arrivés en retard à Cloyes (dire en retard est un euphémisme: tout était fini).
Malgré tout, nous avons vu la maison du notaire que Zola décrit au début de La terre. Cette sensation de la littérature qui devient quotidienne, qui s'incarne dans le quotidien, je l'aurai vraiment découvert tard dans ma vie. Ça change tout, quelque chose gagne en épaisseur, atterrit dans le réel (mais qu'est-ce que le réel? Non non, je ne vais pas m'embarquer là-dedans (je lis Valensin et le passage (ou pas) de l'idéalisme à l'existentialisme)).
Je suis reconnaissante aux enfants de m'avoir accompagnée sans protester.
Repassage tard dans la nuit (disons: jusqu'à l'aube). Mes beaux-parents prennent possession de la maison vendredi prochain et j'aimerais qu'elle soit présentable, ce qui n'est pas un mince défi. (Tant pis pour le jardin, à l'impossible nul n'est tenu).
Je continue le grec et l'allemand, doucement.

- mardi
Un pastis en écrivant ces lignes. Après une semaine à cinq, nous sommes de nouveau trois depuis lundi.
J'ai vu Danielle à midi, ma collègue de galère en 2012. Elle avait un tee-shirt blanc, c'était la première fois que je la voyais avec autre chose que du noir (elle est veuve depuis cinq ans, après avoir accompagné son mari le long d'une maladie interminable). Elle fait des projets, elle va mieux, cela m'a fait plaisir (et m'a rendue jalouse, car ce n'est pas moi qui suis là pour constater qu'elle va mieux, ce sont d'autres collègues qui l'accompagnent désormais. L'être humain est bizarre).

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Paul Rivière.

Trois jours

- jeudi
Coup du fil du matin, chagrin.

Ramé le soir à Melun, bassin superbe, mais il ferme quinze jours: raté pour mes beaux projets.
Il y a un piano en libre service à la gare de Lyon, une vieille dame y joue quand j'y passe, droite comme un i. Elle est remplacé par un jeune homme. Ah, quelle bonne idée, enfin!

- vendredi
Passage en coup de vent aux bibliothèques Malraux et de l'ICP. Je m'inscris en médiathèque, visiblement les DVD sont beaucoup plus demandés que les livres.
Insaisissables en famille. Un peu décevant malgré tout, le jeu sur le cinquième cavalier aurait pu être beaucoup plus développé.

- samedi
Gare Montparnasse, courses, sieste, rien fait de la journée.
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