Journée pénible

Ça doit être une conjonction astrale, il n'y a pas d'autre explication rationnelle.

Ça a commencé par un coup de fil:
— Allô? Je téléphone pour connaître l'état de mon contrat, parce que vous comprenez, pour la CNAV je suis morte.
— …
— La fille m'a annoncé ça sans ménagement, paf, "Madame vous êtes morte", sous-entendu, je n'allais tout de même pas en plus me plaindre.

(Bon je sais, c'est drôle. Enfin non, mais oui, cette dame a du répondant, elle est affectée, mais pas abattue. Le pénible c'était avant et après.)

Ça s'est terminé par un questionnaire à envoyer à l'ACP.
Rejeté. Motif (je copie-colle): "Nous accusons réception du questionnaire 2012 sur l'application des règles de protection de la clientèle de votre organisme. Nos systèmes informatiques ne peuvent le prendre en compte car la version du logiciel Adobe Acrobate Reader utilisée par vos services semble être inférieure à la version 9.1 telle qu'indiquée dans notre instruction. Nous vous remercions de bien vouloir le remplir de nouveau avec une version logicielle supérieure et procéder à un nouvel envoi."
Bref, j'ai tout transféré à la maison et à dix heures et demie, ouvrant mes mails, je me suis souvenue qu'il y avait encore cela à faire avant de dormir…

Week-end désagréable

Samedi: la journée commence mal par un rendez-vous oublié, puis tout cafouille lamentablement.
Dérapage à partir d'une histoire de miel.
Je ne fais rien de ce que j'avais prévu mais finis par me trouver une place dans la maison (depuis que j'ai le Macbook air et que le serveur a été installé à l'étage, je travaille dans le salon, sans bureau attitré). Je rattrape des billets de ce blog.

Dimanche : journée de TG (l'une des raisons du dérapage d'hier: chaque fois que je m'absente le week-end, c'est le drame. Pourtant, je ne vois pas ce qu'apporte ma présence à la maison. Je dois être trop modeste. Les semaines à venir vont être pénibles car j'ai quelque chose pratiquement chaque week-end. Je n'ose même plus en parler.)
— Que tu suives ce cursus religieux me glace. Chaque fois que j'écoute la radio je m'aperçois qu'on s'étrippe au nom de Dieu.
Oui. Non. En fait la démarche entreprise est à l'inverse de ce mouvement: elle part du présupposé que c'est l'ignorance de et dans sa propre religion qui est à l'origine des excès. Mais bon. C'est un présupposé, ce n'est pas forcément juste. Tant pis.

Journée de TG:
- deux exposés magistraux devant l'ensemble de la promo. Nous apprenons enfin le débat au cœur de la crise du modernisme au début du XXe siècle: la remise en cause de l'écriture du Pentateuque par un seul auteur, Moïse. 1/ On aurait pu nous le dire clairement depuis longtemps, je suppose que cela fait partie des choses si évidentes qu'on ne pense plus à les exprimer explicitement; 2/ il est toujours étrange d'apprendre qu'on s'est étrippé (pour une fois c'est métaphorique) sur des questions qui sont aujourd'hui oubliées tellement leur réponse est devenue évidente.

- deux rencontres en groupes constitués. Alors que c'est généralement un moment d'échange, ces premières réunions de l'année sont bizarrement agressives. Notre groupe issu de l'année dernière ayant fondu par suite de défections, nous nous voyons adjoindre cinq ou six personnes venues d'un autre cursus dont je n'arrive pas à déterminer si elles font un complexe d'infériorité ou de supériorité par rapport à nous. Comme me dirait drôlement un camarade à mi-voix: «Je ne m'assois pas à côté de la dame, elle est méchante.»
Ça va me faire mon expérience spirituelle du semestre: laisser parler et me taire. (Ça c'est un exercice difficile! Tant mieux, il faut se donner des défis ambitieux.)

- le moment le plus agréable, le pique-nique et le papotage. Nous sommes des engagés qui nous soutenons pour ne pas déserter avant la fin de la campagne. Stratégie de chacun en terme de cours flottants et langues anciennes, etc.

- Le soir, regardé La Ligne verte.

Deux films

J'ai feuilleté L'officiel des spectacles en me demandant ce que Marc serait allé voir. C'est fou le nombre de films que j'ai notés: Annonces, Dans un jardin je suis entré sur le Moyen-Orient, Miele sur l'euthanasie, The Way sur Compostelle, Les Conquérants sur le Graal… Est-ce toujours comme ça et mon œil a changé (il voit ce qu'il ne remarquait pas), ou se passe-t-il quelque chose en ce moment?

Annonces d'abord parce que j'ai peur qu'il ne passe pas longtemps. Où trouve-t-on, et comment, des femmes comme celles-ci, avec un telle bagage? Quatre alphabets, grec, arabe, hébreu, latin. Trois langues, hébreu, arabe, français. Le Liban: pas d'anglais. Des souvenirs de filiation. Tout tourne autour de la maternité, mais une maternité sans les pères, ce qui me met mal à l'aise. J'aurais été très malheureuse de ne pas avoir de père.
Presque à la fin apparaît Barbara Cassin. Elle dit que Lyotard lui a dit qu'elle s'occupait des Grecs pour ne pas s'occuper des Juifs. Elle redit cette phrase que j'aime tant: «En Grèce, vous pouvez croiser un dieu, c'est même assez courant». (Ou alors je viens de trouver par hasard le film qu'évoquait Marc?) Elle dit une chose qui ne m'avait jamais effleurée: que les dieux grecs mettaient les femmes enceintes tout le temps (voilà qui inscrit Marie dans une lignée, c'est bizarre de penser ça. Les dieux grecs pour moi sont tellement païens. Deux lignes qui ne se rencontrent pas). elle parle d'en-thou-siasme, être habité par un dieu, et cela me fait plaisir, parce que c'est le commentaire de mon chargé de TG l'année dernière me concernant: "enthousiaste".

Le film ne dure qu'une heure. En sortant j'étudie L'officiel et m'aperçois que j'ai juste le temps de voir Les Conquérants au Mk2 Hautefeuille.
Ce film m'a amusé, il m'a plu. Rien d'extraordinaire, il tourne autour une idée loufoque — retrouver et déplacer le graal porte malheur. De bons moments sur les terrains de foot (citation de Marcel Gauchet de l'entraîneur à son équipe, si si. Autre citation: «Vous êtes là pour créer du lien. Celui qui n'a pas compris ça n'a rien à faire ici»), des paysages basques, un beau sein (pour les amateurs). Une chose un peu étonnante, c'est que le graal est totalement déconnecté de sa dimension chrétienne. A côté du collier africain porte-bonheur, ce n'est qu'un talisman de plus, sans histoire (je veux dire sans récit). C'est étonnant d'évacuer ainsi la foi pour ne garder que la magie, comme si la magie était moins dangereuse (à évoquer) que la foi. J'y vois un retour aux superstitions, mais je suppose que la plupart des gens y voient un progrès.

Problème de RER. Je lis L'interprétation de la Bible dans l'Eglise en souriant (de surprise) d'y découvrir un exposé des différentes méthodes de lectures, dont la sémiotique greimassienne, que ma professeur d'hypokhâgne refusait de nous expliquer comme "trop compliquée". (J'ai encore dans ma bibliothèque une étude par le Groupe d'Entrevernes — jamais lu.)

Hantée

Pour me détendre, changé la terre et le pot de deux plantes. La femme de ménage était moyennement contente (j'avais utilisé un grand sac poubelle pour protéger la moquette.)

Comité financier à 14h30 à Paris dans des étages désertés (l'immeuble sera quitté définitivement demain soir, nos interlocuteurs sont dans les derniers sur le navire), je rentre tôt.
Mardi en passant à la bibliothèque Audoux, j'ai feuilleté sur une table Une année à Treblinka de Jankel Wiernik. Je suis tombée sur le passage où les fosses du début sont rouvertes pour que les corps en décomposition depuis plusieurs mois soient brûlés. Jusqu'ici, je n'avais lu cela que dans Le Livre noir d'Ehrenbourg et Grossman, et malgré toute ma confiance et mon admiration pour Grossman, je ne pouvais m'empêcher d'espérer que ce n'était pas entièrement vrai, que Grossman avait exagéré, ou rêvé, ou extrapolé… Mardi soir, en rentrant à minuit, j'ai rouvert Le livre noir pour vérifier si Grossman indiquait Wiernik dans ses sources (non). L'extermination me hante, je résiste au désir de me remettre devant Shoah, cette pulsion me tient depuis La Chute, et surtout depuis le témoignage de Frau Junge.

Je regarde Sophie Scholl, emprunté mardi. Les dernières minutes, le couloir vers la guillotine, la guillotine (je croyais qu'elle avait été décapitée à la hache: adaptation pour le film?). Je pense à Dostoïevski décrivant la dilatation du temps vécue par le condamné à mort, encore deux rues, encore un coin à tourner, encore une rue…

Miscellanées geek

- Fierté : quand il s'est agi d'attribuer un personnage de la Guerre des étoiles à chaque membre de la famille, je me suis vue identifiée… à R2D2. (Dans les sept nains je suis Atchoum.)

- Inquiétude : j'ai enfin compris ce qui me déplaît dans la piscine de 42: elle me fait furieusement songer à On achève bien les chevaux, ce film qui hante mes cauchemars.

Songe

«Si vous voulez lire le Targum de Babylone en araméen, il existe l'édition xxx, un peu ancienne, mais excellente.»

Ce qui soutient le rêve, c'est qu'elle est sérieuse, elle paraît réellement imaginer que deux ou trois d'entre nous allons lire le Targum en araméen.





Ce matin la chatte était là en train de réclamer, comme si de rien n'était.

A la recherche du salon de thé introuvable

AC vient de St-Brieux. Comme elle va ensuite au Vésinet, je lui donne rendez-vous chez Ladurée à Madeleine (croisement des lignes 1 et 12).

Elle m'appelle alors que je suis en train de sortir du métro à Concorde: le salon de thé est fermé. Je songe à Angelina, je n'y suis jamais allée, mais AC est désorientée (plus de dix ans qu'elle a quitté Paris) et ne sait plus où sont les arcades de la rue Rivoli. Je vais donc à sa rencontre et lui propose à brûle-pourpoint le Crillon.

Translation jusqu'au Crillon (son sac est lourd): fermé, en travaux.
Je propose alors Angelina ou Hédiard ou Fauchon.
— Je ne peux pas choisir puisque je ne connais pas.
— Qu'est-ce que tu préfèreras raconter? (parce qu'après tout, quand on va dans ce genre d'endroit, ce n'est pas simplement parce que la pâtisserie est bonne, c'est aussi ou surtout pour y être allé.)

Elle choisit Hédiard. Je lui rappelle que c'est là qu'elle m'a appris en 2006 qu'elle était enceinte de son dernier, mais elle ne s'en souvient plus (je m'en étais voulu après coup d'avoir montré plus de surprise que d'enthousiasme).
Nous entrons, tournons parmi les étals, les accès à l'étage sont barrés, nous nous renseignons: le restaurant a fermé définitivement il y a trois mois.

Nous échouons chez Fauchon, orange pressée et nectar de poire, «je trouve ce rose très laid».

Rose

Cet escargot a tant dévoré mes rosiers que sa coquille a des teintes roses.

Journée active

A six heures trente, débarras de la chambre d'O. car son lit doit arriver à dix heures (je l'ai appris hier soir tard: il était prévu dans l'après-midi, je pensais avoir le temps).
A sept heures trente, départ pour Saint Lazare. A. repart à Lisieux. Elle aurait pu prendre le RER, je ne suis pas sûre qu'elle y gagne en voiture, mais bon. Je n'aime pas l'idée de la laisser repartir en RER, j'ai l'impression de l'abandonner trop tôt.

Reste de la journée à laver la voiture (un lavage par an, la pauvre) et finir de m'occuper des rosiers. Trié les vers de terre de la terre que j'emporte au bureau pour rempoter deux plantes vertes. Question: combien de temps vit un ver de terre? Si j'en ai oublié un, combien de temps vivra-t-il en pot, comme un poisson en bocal?

Le lit est livré. O. l'attendait depuis mi-août (il s'agit de caser son mètre quatre-ving-dix dans un deux mètres et non plus dans un mètre quatre-vingt), mais la malignité classique de la vie veut que ce soir, il dorme sous la tente dans un sac de couchage.

Relevé du compteur d'eau. Véritable élevage d'escargots sous la planche qui protège la fosse où se trouve le compteur.

H. revient défait de la pharmacie: il a pris ma voiture, la chatte dormait sur la plage arrière, il ne l'a pas vue, elle s'est échappée dans un jardin voisin quand il est revenu de sa course. C'est à trois cents mètres de la maison, mais bécasse comme elle est, il est à peu près certain qu'elle ne saura pas revenir seule, surtout qu'elle s'est enfuie paniquée.
Quinze jours, c'est le délai pour la revoir ou pas.

Soirée de rentrée scoute. Il fait très doux sous les arbres, beaucoup plus qu'il y a deux ou trois ans. C'est l'occasion de voir des photos des vacances des garçons.

Mauvaise journée

- Je consulte mes mails perso en arrivant au boulot. Je découvre que l'aîné n'a pas tenu des engagements pour lesquels il avait eu des mails de rappel le 11 septembre (il est si peu fiable que je suis en copie) et pour lesquels il m'avait assuré avoir fait le nécessaire une semaine plus tard quand j'avais posé la question. La date d'échéance est demain… Je sais qu'il va m'assurer qu'il ne peut ABSOLUMENT pas se dégager aujourd'hui pour faire ce qu'il avait promis de faire il y a deux semaines. Mensonges et fuite une fois de plus. Que les autres se débrouillent. Et le plus honteux, c'est que les autres finissent par si bien anticiper ses lâchages qu'ils se sont déjà débrouillés, devant son silence pendant quinze jours ils ont déjà fait le travail, sans attendre de découvrir son manque de parole (je l'apprends par SMS un peu plus tard). Il n'y a plus guère que moi pour encore vouloir y croire. Je suis très profondément démoralisée.

- Période des lettres recommandées pour les mauvais payeurs. Les gens sont étonnants, plutôt que payer et se taire, ou ne pas payer en attendant la résiliation, ils téléphonent pour expliquer qu'ils n'ont pas payé, mais que c'est de notre faute (ils ont raison: si nous ne leur réclamions pas d'argent, ils ne nous en devraient pas).

- Appel de la RH pour obtenir une liste de retraités. Comme j'avais refusé de la donner au CE (c'est pour supprimer des avantages à des retraités au prétexte que leur société d'origine a été vendue), celui-ci est passé par la RH. Je descends expliquer mon point de vue (je n'ai pas de fichier des retraités, je n'ai qu'un fichier des retraités ayant adhéré à la mutuelle, nuance; c'est donc ceux qui ont fidèlement adhéré à la mutuelle de leur ex-entreprise qui vont être pénalisés, et non ceux qui sont partis sans se retourner. Paradoxe et injustice), mais je sais que je vais devoir céder. Et le pire, c'est que je ne peux même pas dire au CE ce que je pense de leur attitude parce que cela sera pris comme l'opinion de la direction et non la mienne propre, et cela provoquera des tensions syndicales.

- Je dois aller chercher une freebox chez un chocolatier de Puteaux (oui, oui). Je découvre en arrivant devant le magasin qu'il est fermé entre treize et seize heures. Je rentre bredouille.

- Deux heures. Coup de fil de la responsable du groupe scout qui veut savoir pourquoi O. ne se réinscrit pas. Je tombe des nues: «Comment? Mais il n'en a jamais été question, il a beaucoup aimé le camp». Et comme c'est envers les scouts que l'aîné n'a pas tenu ses engagements, j'en suis quitte pour boire la honte de trouver des excuses à un dadais de vingt-et-un ans (rien à faire, je me sentirai toujours responsable). Il ne pourrait pas être orphelin, que je me repose?

- Morceau de bleu dans cette journée grise: le type qui doit nous installer une nouvelle version de logiciel comptable depuis le 5 juillet passe enfin. (J'ai découvert avec retard qu'il fallait systématiquement mettre sa chef en copie pour qu'il réponde et travaille). Il vient en traînant des pieds, nous explique que "ce n'est pas son travail". Quand il repart, j'enregistre notre licence sur le site adéquat, ce qui me permet de découvrir qu'il y a une mise à jour à télécharger depuis le 24 juillet (donc il va falloir trouver quelqu'un dans le labyrinthe qui ait les droits administrateur pour nous l'installer, ou rappeler celui "dont ce n'est pas le travail").

- Au moment de partir je passe à la machine à café et décide, pour me détendre de cette journée de m***, de m'installer de l'autre côté du paravent, sur les tables hautes, plutôt que boire mon gobelet à mon bureau. Fatalitas, je croise l'un des représentants du CE présent lors des conseils d'administration de la mutuelle.
— Il faudra que je vienne vous voir, j'ai des problèmes de remboursements de pharmacie qui concernent mars, il s'agit de quelques euros mais c'est pour le principe.
Chaque fois que je le vois, je pense à l'URSS. Il me fait ressentir pourquoi ou comment l'URSS a été possible.

- Je repasse chez mon chocolatier. La freebox que je rapporte tenait dans une boîte à chaussures, celle que j'emporte est une lourde valise de 70x40x40. Je me traîne jusqu'au métro pour découvrir qu'il y a des problèmes de RER.

- Tard le soir, C. à qui j'avais demandé de passer remplir ses engagements coûte que coûte (c'était avant de savoir que d'autres avaient pallié sans heurt son incurie) téléphone pour demander si dans ces conditions, il est encore nécessaire qu'il rentre. Je fais répondre qu'il peut même ne plus rentrer du tout.

Bonne journée

A midi je passe à l'institut protestant de Paris pour donner ma feuille d'inscription et savoir quand commencent les cours: soulagement, ce sera en janvier. Encore trois mois pour faire des progrès.

C'est l'anniversaire d'O., nous avons rendez-vous au My Canh, son restaurant préféré (84 rue Baudricourt), sa sœur va lui faire la surprise d'être là (venue exprès de Lisieux), C. viendra aussi, et peut-être son parrain. Officiellement, il s'attend à un repas en tête à tête avec peut-être son frère.

Je passe à la bibliothèque Melville. Le Löwith que je venais chercher (Ma vie en Allemagne avant et après 1933) n'est pas en rayon, ou il est mal rangé (il est indiqué présent sur le catalogue en ligne)). Bien qu'on soit à un quart d'heure de la fermeture, un bibliothécaire va très gentiment me chercher Sur la balance de Job (à propos des Frères Karamazov, référence trouvée dans Taubes).

My Canh. Repas très geek et très gai, très décousu aussi (je m'en voudrai beaucoup dans les jours qui suivront de ne pas avoir pris une photo de mes trois enfants réunis pour les quinze ans du plus jeune. Mais je ne pense jamais aux photos.) C'est la première fois que nous revoyons A. depuis qu'elle est a Lisieux, elle a un peu maigrie, ça lui va bien, elle est radieuse, heureuse. C'est très rassurant (l'expérience de son frère en Suisse qui avait glissé dans la dépression, ne vivant que la nuit et ne se nourissant plus, nous a laissés traumatisés.)

O. raconte une blague du prof de math. Je la connaissais depuis longtemps (2001, j'ai un point de repère) et je désespérais de la retrouver dans le détail, donc je la note ici:
Un mathématicien, un statisticien et un biologiste survolent un hangar. Deux personnes entrent dans le hangar, trois en ressortent.
Le biologiste dit: — La population augmente, ils se sont reproduits.
Le statisticien dit: — Pas du tout, la population est stable, en moyenne deux personnes et demie sont entrées et ressorties.
Le mathématicien dit: — Si une personne entre dans le hangar, il sera vide.

Allemand

A midi ramé en quatre de couple. Chaque fois que je remonte en bateau fin (je veux dire dans autre chose qu'en yolette, le bateau des débutants et des "loisirs"), je comprends à nouveau les souvenirs de mes treize ans, les sorties infernales qui vous faisaient descendre de bateau en vous sentant nul et plus mauvais que tout: l'équilibre est difficile à trouver, le bateau tangue, et pour tout dire, c'est un peu inquiétant (mais je n'avais pas peur à treize ans. j'aimerais retrouver cette inconscience).
C'est pour cela que je me suis inscrite à Melun: pour pouvoir faire du skiff au printemps et faire des progrès.

Alea jacta est. Le directeur (la directrice) a signé mon inscription en allemand, je n'ai plus qu'à transmettre la feuille à l'institut protestant.
Je ne sais pas quand commencent les cours: en octobre, ai-je cru comprendre d'après le site. Ce n'est pas très clair.

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Jacqueline, c'est aussi celui de Roman (de Roman Roi) et la saint Renaud.

Rencontres

Après le bureau je passe à la catho pour éclaircir cette histoire d'allemand: suis-je oui ou non inscrite en allemand théologique? J'ai le vague espoir que non, plus le temps passe plus je me dis que c'est de la folie.

Dans le métro, Marc s'assoit à côté de moi sans tout d'abord me voir, puis sourire et salutations. (Nous devons nous revoir le 16 novembre pour la récollection d'Inoï). Je le quitte au bout d'une station.
Dans la rue je croise Sophie Ramond sur un Vélib, et je me dis que décidément, la vie est beaucoup plus hébraïque et mésopotamienne qu'on ne le suppose habituellement.

La secrétaire ne sait pas grand chose mais est pleine de bonne volonté. Elle me fait remplir une feuille: le directeur de l'université n'a plus qu'à contresigner.
J'espère que je n'ai pas fait une bêtise. Au pire je vais me ridiculiser, ce qui est désagréable mais pas très grave.
Mais quand même.

A belles dents

J'entreprends un traitement de blanchiment des dents.

— Vous avez raison de faire ça maintenant. Dans quelques mois ce ne sera plus possible.
— Ah ?
— Oui, L'Union européenne a interdit ces produits.
— Vous voulez dire qu'il faut se dépêcher de s'empoisonner ?





Moulage des dents, confection de gouttières, huit pipettes de produit. Dormir avec les gouttières tant qu'il y aura du produit, soit une quinzaine de jours.

Logique des organisations

— Vous êtes bien installées?
La question me plonge dans un abîme de perplexité. Dans ma tête j'entends H. et C. me crier «small talk, small talk», mais c'est plus fort que moi, je ne vois l'intérêt de répondre que sur le fond:
— Nous sommes bien installées dans un endroit sombre et triste.

Nous avons déménagé ce week-end, et la pièce est l'équivalent d'un local aveugle éclairé de lumière jaune toute la journée. Mais nous avons pu conserver tous nos meubles (les archives de la mutuelle depuis les années 60 (mais les procès verbaux des conseils d'administration depuis 1928 (j'aurais dû être archiviste, ces vieilleries me tiennent réellement à cœur))) et nous ne sommes pas trop serrées, nous avons de la chance par rapport à beaucoup.

J'ai ouvert une rangée de boîtes d'archives pour les inventorier, j'ai trouvé des dossiers sur l'organisation annuelle des vaccinations anti-grippales entre 1983 et 1989 et des appels à don du sang pour les rhésus négatifs (J'ai jeté, quand même!). J'ai déplié et mis sous verre (j'ai volé un sous-verre dans le bureau d'à côté) une grande affiche en noir et blanc représentant un jeune homme bouclé aux yeux clairs, «De vous à moi je donne mon sang», appel de mai 1989. Aucun des immeubles cités sur l'affiche n'appartient plus au groupe: Pillet-Will, Chauchat, Drouot, Providence… Je songe à ce livre prémonitoire acheté en novembre 1996 (j'avais commencé à travailler au Gan en août):
J'ai entendu dans un demi-sommeil l'astrologue radiophonique me conseiller d'éviter de sortir de chez moi et, si possible, de ne rien faire ce jour-là. J'ai bu mon café, pris le métro, un rien hagard en effet, et suis arrivé vers les 9 heures 30 à la GAL, Générale d'Assurances Limousines, premier assureur français. Premier assureur français à l'époque, car c'est au passé que je cause.
Comme tous les matins (j'essaie d'être un homme d'habitudes), je suis passé par le service de presse jeter un œil sur les grands panneaux qu'ils confectionnent quotidiennement, avant que nous autres, les lève-tard, nous ne débarquions: ça ressemble à des dazibaos, ce sont des collages des quelques articles intéressants parus dans la presse du jour. Rien de formidable ce matin-là. La GAL n'a pas été vendue pendant la nuit aux Américains (les salariés sont informés en lisant leur journal un beau matin, c'est bien connu; mais je plaisante, la GAL ne peut être vendue). Rien, donc.

Anne Matalon, Petit Abécédaire des entreprises malheureuses, incipit, ed Baleine, juillet 1996
La dernière phrase fait référence à la vague d'OPA hostiles de la fin des années 80 (la grande époque Tapie. C'est aussi l'arrière-fond de Pretty Woman).
Le G** a été vendu en 1998 à Gr**pama.
Je n'ai pas appris que G** eur*courtage était vendu en lisant le journal, mais par intranet. Cela n'existait pas en 1996.

C'est dans ce livre que j'ai vu moquer pour la première fois "le rapport d'étonnement" ou la différence entre un chef hiérarchique et un chef fonctionnel: ouf, il n'y avait donc pas que moi qui avais envie de me moquer…

Vécu une bizarrerie de cet ordre de ce matin. L'un des responsables du déménagement passe dans notre bureau pour s'assurer que tout va bien.
— Oui, oui. Simplement, je suis surprise, le ficus devait rester au douzième, nous en étions convenus, c'était mieux pour lui, pour la lumière…(Un ficus superbe, de deux mètres de haut.)
— Si vous le bougez, si vous en parlez, il va être jeté.
— Comment?
— Oui: avec le déménagement de l'immeuble X. (un immeuble a été vidé et ses salariés viennent ici, d'où les espaces restreints: il faut se serrer), nous avons résilié l'un des contrats de jardinier, donc toutes les plantes qui sont dans ce type de pot sont jetées. Donc si vous voulez le garder, ne dites rien. Vous pouvez même l'emmener chez vous, je vous y autorise.

La guerre du pain

— Non, parce que tu comprends, j'aurais du pain aux graines demain au petit déjeuner si je me lève avant C.
— Si c'en est à ce point-là, prends la demi-baguette et monte-la dans ta chambre pour la nuit.

Actualités

En ce moment, ça se passe ici ou ici ou encore ici.

Mes cours ont repris la semaine dernière avec Yara Matta. C'est un pur bonheur difficile à transmettre. C'est un tissu de références et de citations croisées, non plus des allusions obscures et déstabilisantes à des textes en akkadien, égyptien ou assyrien, mais une circulation rapide dans les textes du Talmud, Targum, etc. Circuler de versets en versets via un mot ou un thème lors d'un commentaire rabbinique s'appelle "faire un collier".
Et tandis que Yara Matta nous explique le contenu des offices à la synagogue et leur évolution, la similitude avec la liturgie latine éclate (deux lectures, introduction d'un psaume après 70 (concile de Yabneh), une homélie). Cela ne semble pas avoir deux mille ans mais cinquante ou dix, c'est hier ou aujourd'hui. La liturgie comme immobilisation du temps, éternité. Nos deux traditions si proches sont sœurs et la douleur de la destruction des juifs d'Europe remonte, tant de haine tant de siècles, à l'image des nombreux frères ennemis de l'Ancien Testament, et tout cela alors que nous sommes les mêmes, nés des mêmes récits.
Il y a une douleur et une joie dans ces cours, dans ce cycle de théologie, que je ressens très profondément mais que je ne sais pas exprimer. La façon dont le temps boucle, de l'an zéro aux années 1940, est pour moi une évidence. Nous vivons après la fin du monde, ou d'un cycle.

Deux références:
La traduction du Targum du Pentateuque (Torah en araméen) en français par Roger Le Déaut
et Ephraïm Urbach, Les sages d'Israël, qui, selon les termes de Yara Matta, est «à lire l'été. C'est un gros pavé mais très agréable à lire, qui couvre la période des Tanaïm jusqu'au 5e siècle».

La main verte

Retour au bureau.

Cet été je me suis appliquée. Pendant l'absence de ma collègue, j'ai emmené son bonsaï à ma mère pour qu'elle lui change la terre et lui taille les racines. Verdict sans appel: «Mais il manque d'eau, il n'a pas de racines! Il faut mettre le pot à tremper une fois par semaine; ne touche pas au bolduc, je l'ai mis pour tenir le tronc le temps qu'il fasse des racines».

Le bonsaï fait de petites feuilles, quelques-unes. Et pendant que j'y étais, j'ai mis à tremper les deux autres plantes vertes (dans la poubelle, l'une après l'autre) une fois par semaine. Elles vont beaucoup mieux. Et j'ai arrosé amoureusement l'orchidée — celle qui s'était obstinée à faire une fleur cet hiver après un premier bouton cassé par un buveur de cidre — à l'eau d'Evian (c'est-à-dire qu'un peu par paresse, j'ai utilisé la petite bouteille que ma collègue avait laissée sur le meuble).

Ce que je ne savais pas, et que j'ai appris ce matin, c'est que cette bouteille contenait du vinaigre blanc.

La Seine

Cet été, j'ai compris que si j'allais systématiquement à l'étage dans le RER, c'était pour voir la Seine à Villeneuve-Saint-Georges, où parfois passe une péniche qui passera à La Défense — combien d'heures plus tard?





Belle sortie à Melun sur le matin — avec un débutant dont personne n'avait saisi avant d'être sur l'eau que c'était sa deuxième sortie… Il a souffert.

Un baptême

Baptême de Clémence à deux pas de mon bureau de la rue Washington (en 2003). Chapelle du couvent des Dominicains, j'arrive en retard, je me suis encore trompée d'heure. (Mais de toute façon, je n'aurais pas pu être à l'heure, j'avais rendez-vous avec L*D* à 9h30. C'est peut-être mon désir qui m'a fait croire que le baptême était à onze heures et non à dix, mon désir d'assister à ce baptême qui suit ce mariage.)

Construction de logements sociaux dans la rue du faubourg Saint-Honoré: encore des scandales en perspective.

Et pour L*D*, j'hésite.

Lisieux

Installation de A à Lisieux. Mis deux heures à faire Yerres - Anthony, sans comprendre l'origine du bouchon.

Rien de notable par ailleurs. La France est toujours aussi belle.

Vidé la camionnette assez vite, fait quelques achats: deux poubelles (une grande,une petite), deux tabourets (Batman et Superman), deux vinaigres (vin ordinaire et balsamique, quel luxe pour une étudiante), de l'huile, du savon, du produit vaisselle, une balayette, une pelle, un balai, une bassine pour elle, une bassine pour moi (pour baigner mes plantes au bureau), un pot (idem), des graines de fleurs à planter sous les arbres (de la folie: il faut bêcher à dix centimètres de profondeur, quand aurai-je le temps de faire cela?) et des graines de fleurs à planter au printemps, du miel de fenouil (pour moi), de la noix de muscade et un steak.

Pris des photos —avant, après. Le studio est bien, j'ai peur qu'elle est froid, qu'elle se sente seule. Elle vaque à ses affaires en faisant des listes de projets qui font sourire quand on a connu sa nonchalance à la maison. Mais après tout, pourquoi pas?
Le jardin donne presque sur les jardins de l'évêché. Vue de la fenêtre:



Rentrés en passant par l'Aigle pour dîner au restaurant Le Dauphin (enfin, la brasserie accolée au restaurant, qui bénéficie de ce fait de la même recherche culinaire).

Retour infernal en se rapprochant de Paris, toutes les routes paraissent se fermer devant nous (avec évidemment formation de bouchons). Nous sommes soulagés d'arriver.

Et voilà. Moins une.

Rentrée (bis)

Rendez-vous chez le dentiste, pour moi et pour O. Je ne suis pas venue depuis au moins sept ans, date de l'informatisation du cabinet. Le dentiste sort des morceaux de tartre de mes gencives, j'ai l'impression d'être un vieux lavabo encrassé.

J'accompagne O. qui entre en seconde (mon dernier entre au lycée. Les années heureuses, le lycée, à venir). Nous déjeunons rituellement chez Wajda découvert il y a quelques années grâce à PZ. Je ne sais pas si c'est un effet de crise, mais c'est vide.

J'ai rendez-vous avec lui à la sortie des cours pour qu'il choisisse des lunettes et un chapeau. En attendant, je vais au cinéma, profiter du festival Lino Ventura au Despérado.

Et en attendant le début de la séance, j'explore l'étal du bouquiniste mitoyen.
- Kafka, Le procès
- Kafka, Le Château (il manque des pages à mon poche)
- John Cooper Powys, Autobiographie, parce que c'est un auteur favorie de Patrick
- Esprit, décembre 1962: mort de Louis Massignon, un article sur le mur de Berlin, un article d'Althusser, la crise de Cuba, la guerre d'Algérie, un article sur Char, un autre sur Godard
- Mercure de France, avril 1965, Michel Butor, Denis Roche, "le parti pris des mots" par Genette et et et… "Dix poèmes de Mao Tsö-tong"
- Petite Chronique d'Anna Magdalena Bach
- Albert Simonet, Touchez pas au grisbi (à cause des Tontons flingueurs)
- Limonov, Histoire de son serviteur, parce que cet auteur est étrange, mais pas désagréable.

Dernier domicile connu: Paris des années 70, rue des couronnes, Marlène Jobert qui court, qui volète, derrière Lino Ventura durant tout le film, le malaise d'une société toute entière face aux puissants (la police qui devrait protéger la société n'est elle-même pas à l'abri des puissants), la fin sans espoir, pas d'issue.

Petite digression à propos de la première mission de Marlène Jobert, appât à pervers dans les cinémas. La première fois que j'ai connu ça, c'était dans ces cinémas permanents des boulevards qui n'existent plus (1985?). C'était Il était une fois la Révolution. Je ne sais plus ce que j'ai fait, mais je sais que je n'ai jamais fui (quitté la salle) devant ce genre d'attitude.
Cela m'est arrivé à nouveau lors d'Essential Killing et deux films plus récents. Ça me fait rire, je n'ai plus l'âge, on voit bien que les salles sont obscures. C'est étrange, on comprend tout de suite que l'attitude de notre voisin n'est pas saine, mais cette compréhension est intuitive, instinctive, très difficile à étayer sur des faits matériels. Généralement c'est un homme qui s'assied dans le siège à côté de vous alors qu'il y a de la place ailleurs — en tout cas suffisamment pour laisser une place d'écart, comme il est coutume. Puis le coude prend trop de place. Mais est-ce qu'il prend vraiment trop de place, ou est-ce une illusion, de la paranoïa? Qu'est-ce qu'un coude normal? On ne se souvient plus, on n'a jamais fait attention.
Désormais je simplifie: soit je demande «Pourriez-vous me laisser un peu de place? votre coude me gêne», soit si mon sac le permet (sil est souple), je le mets sur l'accoudoir en tampon et je m'installe. L'homme met entre trente secondes et trois minutes à changer de place. Généralement il quitte la salle, me confortant dans mon diagnostic: je n'étais pas paranoïaque, le film ne l'intéressait pas.

Je récupère O.
Vélib. Choix de lunettes, d'un chapeau, de chaussures. Les deux premières emplettes prennent une heure chacune (confusion devant le choix), la dernière dix minutes (le magasin ferme).

Nous rentrons en restant sur la rive gauche de la Seine. Mon idée était de montrer à O les quartiers que j'aime tant, les friches industrielles que j'ai tant suivis durant les grèves de 2009 avec C. Mais tout s'est beaucoup construit. Pont du Port à l'anglais. Je dis à O: «Tu vois, il y a quelque part un idéal de vie qui consiste à habiter ces maisons [meulières minuscules] en allant prendre son café tous les matins au café», je songe à San-Antonio ou Auguste Pichenet, il répond «je comprends» et je sais que c'est vrai.

Dans les petites rues de Villeneuve-Saint-Georges je manque d'écraser un chat roux. Je pile, je cale. Un Arabe hilare me félicite pouce levé, un autre me dit «fallait l'écraser». A la maison, H est furieux, le camion est chargé, A n'avait pas préparé grand chose.

Rentrée

Accompagné A chez l'ORL (bouchon d'oreilles) puis allée au cinéma en attendant "ma" rentrée.

Razzia sur la schnouff. Paris vieux vieux vieux.

Déchiré ma robe en faisant du Vélib. Accroché le volant avec une épingle à nourrice. Personne n'a rien remarqué, j'en serai quitte pour faire du raccommodage.

Premier cours avec Yara Matta. Troisième année, plaisir et peur. C'est devenu une telle source de joie que je redoute l'événement qui m'obligerait à m'arrêter.

Débarras

Quatre allers-retours à la déchetterie, j'en ai fini pour ces vacances. Ce qui m'ennuie, c'est la perpective des petites araignées noires qui vont courir dans la voiture (elles étaient logées sous les pierres meulières du quatrième voyage).
Une ampoule a éclaté (je l'ai lavée dans mon whisky, pour faire cowboy). Je ne sais pas quoi faire. Je devrais me mettre devant un DVD en bricolant quelque chose; mais si je regarde un film que je ne connais pas, il faut que je tricote (pour suivre l'histoire), et j'ai les mains trop abîmées pour tricoter. (Il faut que je regarde les DVD que j'ai empruntés).

Demain c'est la rentrée. Je suis contente d'être en vacances pour ma rentrée.

Image du troisième aller-retour (la couleur des feuilles donnent une idée de l'époque où ces branchages auraient dû être évacués).







Les branches étaient moins gênantes que le carton de samedi que je devais soulever avec le dos de la main en même temps que je passais les vitesses.

Dimanche

Donc ramé ce matin à Melun. Joie d'un bassin large, d'une nature omniprésente. Pas de péniche ce mois-ci, l'écluse (de Bois-le-Roi) est en travaux. Je me demande si c'est valable pour les week-ends ou tous les jours: cela représenterait un sacré manque à gagner pour les mariniers.

Accueil spontané très chaleureux. Cela me touche toujours beaucoup, peut-être parce que je me souviens de ma première arrivée dans un club d'aviron.
Au niveau des bateaux, je ne peux que noter par contraste tout le travail que Vincent a accompli à Neuilly (jeux de pelles clairement identifiés pour chaque bateau, par exemple).

Le club va fêter ses cent ans.
— Pour les cent ans, la mairie pourrait nous offrir un ponton, un ponton extra-long comme à Lagny. (Conversation tandis que nous attendons pour mettre le bateau à l'eau.)
— On aurait dû en avoir un il y a quelques années. La mairie l'avait prévu, un ponton de vingt-cinq mille euros. Et puis le président de la piscine de l'époque, comment il s'appelle déjà, l'entraîneur de Manaudou…
— Lucas?
— oui, c'est ça, Lucas: il s'est fait des chèques pour vingt-cinq mille euros et la mairie n'avait plus d'argent pour notre ponton.



HVCAO
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