Relations filiales

Bien qu'étant une mère angoissée, je mets un point d'honneur à ne pas le montrer (parfois en voyant les réactions de l'aîné devant mes inquiétudes pendant les absences du benjamin, je me dis que je l'ai peut-être trop caché), à ne pas entourer mes enfants de soins excessifs mais au contraire à les pousser à la liberté et à l'indépendance.
Nous n'avons donc des nouvelles de notre fille que de loin en loin, partant du principe que «pas de nouvelle, bonne nouvelle» et que si elle a besoin de nous elle saura nous trouver.

C'est ainsi que le dernier sms reçue de A. datait du 18 janvier à 15h41: «Je pars aujourd'hui [en Angleterre par bateau] et ne reviens que samedi. Je ne sais pas si je serais joignable».
S'en étaient suivis quelques échanges badins (du genre "noyade interdite"), elle était partie, le temps avait passé sans que nous en rendions bien compte et je disais à midi qu'elle devait être rentrée, qu'il faudrait l'appeler, sans doute.

Quand soudain, out of the blue, arrive le sms suivant que j'ai découvert cette après-midi: «Vous pouvez compléter la nourriture de Charlotte par des croquettes pauvres en cendres, riches en fibres et éventuellement de type "aidant les reins". A son âge ça ne lui fera que du bien.»


Comme dirait O., «ma famille me fait rire».
Tout bien réfléchi, il n'a pas tort.

Enquête

Les questions sont ici.

1/ Non. Mais je ne suis pas sûre d'en avoir vraiment eu. Des béguins inavoués. Je le répète, j'étais atrocement timide (et j'ai l'impression d'être en train de le redevenir). Parfois je cherche dans FB. Le module de recherche a changé récemment, il ressemble davantage à ce qu'il était il y a six ans, quand on pouvait indiquer des régions, des tranches d'âge… Je crois que j'ai vu les enfants de l'un d'entre eux. Il ne m'était jamais venue à l'idée qu'il pouvait avoir des enfants. Ça m'a émue.

2/ Non. Un petit tiroir avec de l'aspirine, du doliprane, du Vicks, de l'homéoplasmine, de l'hexomédine, du smecta. Si cela ne suffit pas, nous allons chez le médecin.

3/ Oui. Avant d'être à La Défense et de découvrir que je pouvais ramer le midi. C'est le plus souple, le plus simple, quand on a très peu de temps. Mais c'est peu intéressant, peu de technicité dans les gestes, pas de progrès dans la connaissance d'un sport, juste de la répétition de mouvements. A ne pratiquer que lorsqu'on n'a pas le choix de faire un "vrai" sport.

4/ Qui peut répondre à cela avant d'avoir affronté l'épreuve? La lecture des témoignages du victimes du stanilisme ou de l'hitlérisme prouve que nous savons bien peu qui nous sommes. (Je suis frappée par les personnes proches qui trahissent ou à l'inverse, les personnes peu connues qui restent droites malgré les menaces (cf. par exemple Le Vertige de Guinzbourg ouVie et Destin).
Il y a une façon moins dramatique de considérer la question. Quel musicien, à une admiratrice qui lui disait : «Maître, je donnerais ma vie pour jouer comme vous», avait répondu: «C'est ce que j'ai fait, Madame» ?

5/ Je l'ai beaucoup fait; je ne le fais plus. J'ai renoncé à l'idée que c'était compréhensible.
Celui qui m'avait impressionnée, c'était Paul: comment avait-il fait pour vivre sans jamais se poser la question?

6/ Malagar était-il un voyage? Par amitié, pour faire plaisir. Ou Liège (en décembre, je n'ai encore rien mis en ligne à ce sujet)? Pour tenir une promesse après avoir poussé quelqu'un à intervenir en colloque.
La Grèce? Pour "consoler" Hervé qui avait été si affecté par le fait que j'aille en Grèce l'année précédente dans un cadre jésuite.

7/ Pas vraiment. Je pense que c'était chez une voisine.

8/ Plus jamais (je craque de partout très facilement, des mâchoires, des lombaires, mais je ne m'amuse plus à cela, ça m'est passé).

9/ Oui, merci.

10/ Oui, et non: les livres, c'est cher. J'étais idiote aussi: je faisais du baby-sitting pour les amis de mes parents et je refusais d'être payée (aujourd'hui, je me demande bien pourquoi: une notion mal comprise de l'amitié. Je comprends maintenant qu'ils auraient été contents de "m'aider" un peu).

Zut

Je crois que je me suis fêlé le coin de l'incisive droite en tombant du tabouret de bar (pour l'instant ça ne se voit pas vraiment mais ça risque de mal vieillir, va falloir faire quelque chose).

L'étoile jaune

En août dernier, quand "l'affaire" du polo Zara a éclaté, prise d'un doute et voulant évaluer la bonne foi du styliste zaraien, j'ai demandé à O., quinze ans, alors entre la seconde et la première: «sais-tu ce qu'est l'étoile jaune?»
Non, il ne le savait pas. Sans doute (ai-je pensé) cela était-il si évident pour les professeurs et les adultes autour de lui que personne n'avait jamais réellement explicité ce "détail". Questionné plus à fond, il reconnut avoir aperçu, maintenant qu'il y réfléchissait, des étoiles dans des films, mais sans y accorder d'importance particulière (remarquons que sur les documents d'époque, en noir et blanc, il s'agit de gris sur gris).
J'en ai été à peine surprise: après tout, on m'avait fait lire à onze ans Un sac de billes sans que je n'eus aucune idée de ce que c'était que la ligne de démarcation (ce n'est qu'au lycée qu'est arrivé jusqu'à ma conscience que nous, la France, avions perdu des guerres et des batailles: depuis Jeanne d'Arc, il me paraissait évident que nous ne pouvions que gagner — il est difficile de mesurer l'univers de naïveté qui m'entourait — et sans doute m'entoure encore, mais maintenant je le sais) ni la circoncision des juifs (ce passage du livre où un adulte fait baisser son pantalon au jeune héros pour vérifier s'il ment: incompréhensible, c'est pour cela que je m'en souviens).

O. avait lu Primo Levi, Si c'est un homme (les trois enfants l'ont lu, lecture obligatoire, mais l'étoile jaune est alors depuis longtemps dépassée), et peut-être Anne Franck (parle-t-on d'étoile jaune dans son Journal? Il faudrait que je le relise).

Je décidais qu'il était temps de lire quelques livres et après avoir hésité (non, ni le Hilberg (!) ni les deux tomes du journal de Victor Klemperer (re-!), ni même Vivre avec une étoile que j'aime tant mais qui demande de savoir déjà un certain nombre de choses), lui tendis Rien pour poser sa tête et Histoire d'un Allemand.
Mais après chaque livre, la même conclusion: non, on n'y parlait pas d'étoile jaune.

Ce n'est qu'en décembre, avec Dora Bruder, que je trouvai le livre adéquat à son édification.


Qui-vive

Depuis Charlie (ah tiens, j'en ai vu en kiosque aujourd'hui), des militaires montent la garde devant l'école juive de Yerres. Au début c'étaient des policiers de la police nationale, désormais il s'agit de cinq militaires en treillis (cela doit varier en fonction des disponibilités, je suppose) devant les portails, sabbat et dimanche compris. L'école est située sur l'un des axes les plus passants de la ville du nord au sud et nous ne pouvons éviter de les voir, soir et matin.
Quand nous passons devant eux, dans le froid ou sous la pluie (pas de guérite — c'est une école, il n'est pas prévu d'abriter des militaires des intempéries), je me dis, dans le mouvement des CRS applaudis le 11 janvier («on est gêné, on n'a pas l'habitude» m'a attendrie), que je devrais leur apporter du café. Mais où garer la voiture, et auraient-ils le droit de l'accepter? (sans doute pas).

Toujours est-il que croisant leur regards, sentant la tension de leurs corps, la main sur leur arme, je songe: cette posture n'est-elle destinée qu'à les maintenir en alerte? Comment rester sur le qui-vive quand il ne se passe rien? En vient-on à certaines heures d'ennui et de désœuvrement à souhaiter de se faire attaquer, pour qu'enfin, enfin, il se passe quelque chose (pour qu'on ait peut-être l'occasion de se conduire en héros, de justifier des heures d'entraînement et de garde)? Quel paradoxe, cette tension à souhaiter à la fois qu'il ne se passe rien et qu'il se passe quelque chose…

Et peut-être parce que je commence à être très atteinte, ou un peu désespérée à l'idée que je ne suis pas à la hauteur, ou juste parce que j'aime écrire le mot "eschatologique", je me dis que cela ressemble à l'attente de la fin des temps, pour les religions juive ou chrétienne: devoir attendre comme si elle devait se produire à tout moment tout en espérant mourir sans avoir vu cela (pour plus de développement, cf L'Etoile de la rédemption de Rosenzweig).

Projet

— Cela coûte très cher, un procès en canonisation. Si vous voulez faire canoniser votre grand-mère, vous avez intérêt à en parler à vos cousins avant.

Dimanche

Aviron pour la première fois depuis quinze jours. Peu de monde, yolette de trois rameurs + un barreur. Il fait doux (photo 11h46 en regardant vers l'amont. Au quatre).





Caligula à l'Epée de Bois l'après-midi. Formidable, mise en scène à la fois sobre et baroque (les deux, oui : peu de moyens, beaucoup d'effets).

Pour le reste, découvert qu'on ne dit pas cardamone mais cardamome.

La permanence d'Israël, une question pour l'Église

TG sur les rapports des Juifs et de l'Eglise. Comment interpréter la permanence d'Israël. Je dois avouer que cette question ne m'a jamais effleurée: il me semble tellement humain de refuser de se convertir, par fidélité.
Mais en fait, comme je mets en ligne ce billet deux semaines plus tard, le TG suivant a fait naître quelques réflexions: le Messie était destiné aux Juifs, et "nous", l'Eglise, les chrétiens, sommes finalement la preuve d'un échec. Comment vivre avec cette preuve que nous n'étions pas élus, mais que nous sommes un pis-aller? Cela peut-il expliquer la rancœur chrétienne envers les juifs? Mais cela ne peut-il pas être le contraire, une cause de rancœur juive puisque nous leur avons volé leur héritage?).

Histoire de l'écriture de Nostra Ætate dans le contexte politique de l'époque. Vatican II comme le lieu d'une diplomatie intense. Moyen-Orient, déjà. Les évêques des pays arabes, soucieux de ne pas monter les autochtones contre les chrétiens par un soutien trop clair à Israël. Différence entre Israël-peuple de Dieu et l'Israël politique de 1962. Et cependant le même. Et la résonance de tout cela aujourd'hui… Mais après tout, c'est aussi pour cela que j'ai entrepris ces études. Comment se douter en 2011 que l'urgence ne ferait que croître (mais en réalité, c'était prévisible. La forme que cela allait prendre (Daech ou Charlie) ne l'était pas, mais le fond était perceptible).

Phrase extraordinaire sur le décret dans un extrait de René Laurentin.
Plus profondément, le texte sur les juifs, qu'on tenta d'intégrer successivement à la liberté religieuse, puis à l'œcuménisme, puis à l'Église, puis à l'ensemble des religions, révéla sur chacun de ces terrains une incidence significative. Chassé de partout, le Décret primitif De judaeis a partout provoqué une réflexion et porté des fruits. On pourrait d'ailleurs en dire autant du problème connexe de la liberté religieuse qui fut rattachée successivement aux schémas sur l'Église et sur l'œcuménisme et révéla, dans les deux cas, un point névralgique, sinon essentiel.

R. Laurentin, «Histoire. Les origines (1960-1962)», L'Église et les juifs à Vatican II, p.28 Paris, Casterman, 1967
«Chassé de partout, le Décret primitif De judaeis a partout provoqué une réflexion et porté des fruits»: quelle phrase extraordinaire, qui peut s'appliquer exactement aux juifs. Personne ne l'a relevée durant le TG.

En sortant j'achète un Thomas Bernhard d'occasion, par hasard.


Sieste. Puis rangement, encore.

Enquête

Les questions sont ici.

1/ Oui. J'adore ça. La première fois cela devait être en stop, d'ailleurs, de la base de parachutisme de Royan à la gare… (était-ce le jour où nous sommes arrivés trop tôt car c'était le week-end du changement d'heure fin mars, ou plus tard, dans la première semaine de juillet? Je ne sais plus.)

2/ Euh oui. Rapide et régulière.

3/ Oui. Je suis fidèle si le travail est bien fait et si les gens sont serviables (sachant que l'on peut être serviables et revêches (comme les Vénitiens, par exemple, qui rendent toujours service sans jamais sourire). Je suis partisante du "vote avec les pieds": retourner aux endroits biens, boycotter les cons (je sais, on est toujours le con de quelqu'un. Mais tout de même, cela a un sens de favoriser ce qu'on aime).

4/ Non, sauf les contes. J'aime beaucoup les contes, ils sont riches d'enseignements. Il faut se conduire bien sinon tôt ou tard on en paie le prix, mais contre le mal, c'est la ruse plus que la droiture qui triomphe. Ce n'est pas une morale judéo-chrétienne, c'est très intéressant que ce soit cela qui soit transmis par la culture populaire. Je suis frappée du nombre de contes dans lesquels le diable perd parce que le héros triche ou détourne les règles du jeu en jouant aux cartes ou aux dés contre lui.

5/ Beaucoup moins souvent qu'on ne m'en accuse! (Smiley ou pas?)

6/ Que je n'aime pas souffrir inutilement.

7/ Suis-je responsable de quelqu'un ou quelque chose? oui. Prends-je mes responsabilités? depuis cinq ans, depuis que je me suis rendue compte que je devais avant tout compter sur moi seule et que mes décisions n'étaient ni meilleures ni pires que celles des autres, oui.

8/ Non. Mais j'aime la bonne pub, celle qui ressemble à un conte, justement, ou une fable de La Fontaine, avec un développement, un paroxysme, une chute. C'est magique quand c'est bien fait.

9/ Oui. D'ailleurs la chatte s'appelle Charlotte parce qu'à l'époque où elle est entrée chez nous nous mettions des charlottes par-dessus le produit anti-poux (qui était tout simplement de l'alcool à 70°).

10/ Hum, voilà une question intime. Je ne suis pas sûre de ce que c'est, mais je vais répondre: j'essaie.

C'est un complot des vendeurs de kebab

A cause du plan Vigipirate, les restaurants universitaires (resto-U) de Paris sont fermés (je ne sais ce qu'il en est en province).

Jamais seule

Il y avait longtemps que j'avais prévu de rester deux jours seule à la maison pour ranger et me détendre; mais Hervé est rentré avec une mauvaise grippe. Il m'est décidément bien difficile d'être seule dans cette maison. J'ai tellement besoin d'être seule, un peu, pour cesser de me surveiller et pouvoir me reposer, me détendre.

Une fois encore je pense aux ordres cloîtrés : une vie entière à vivre avec les mêmes dans un lieu clos. Mais comment est-ce possible?
Capacité à vivre en commun comme signe de sainteté. Après tout, peut-être.

Chez le charcutier



Enquête

Les questions sont ici.

1/ Ce blog et ces réponses en sont la preuve.

2/ Albrecht Mayer.

3/ Beaucoup et d'aussi loin que remontent mes souvenirs.

4/ C'est loin… Le plus probable reste quelques mûres sauvages.

5/ Jamais. Même quand je ne fais rien, c'est une activité décidée et mesurée dans le temps.

6/ Je suppose que oui. Mais comment savoir? Au lycée, j'avais une tendance "je m'en fous" très marquée (je répondais ça à à peu près tout), un à-quoi-bonisme généralisé.

7/ L'aubergine.

8/ Oui (hélas, comme dirait Gide).

9/ Non.

10/ Non. Mauvaise habitude parfois embarrassante. Il m'est arrivé de quémander quelques centimes!

Epic Win

Grande fierté, si, si, si.
A la question de la prof de français (en introduction à un cours sur la poésie, WTF?), «Qu'est-ce qui vous fait rire?», O. a répondu «ma famille».

J'aurais donc réussi à ne pas transmettre la tristesse et la morosité de mon enfance.

Donneurs de sang

Et tandis que j'attendais qu'une place se libère (environ trois quart d'heure d'attente) pour donner mon sang, ma pensée vagabondait. Quelle chose étonnante que les groupes sanguins, le nombre de personnes qui ont dû mourir sans qu'on parvienne à comprendre pourquoi ça se passait bien dans certains cas et pas dans d'autres… Impossible de deviner un groupe sanguin sur des signes physiques extérieurs… et avec cette politique d'anonymat, ça doit bien arriver, qu'un musulman donne à un juif, un noir à un facho, et inversement… Quelle bonne blague… Y a-t-il des réseaux privés de donneurs pour éviter ce genre de mélanges?


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Agenda
Chez le médecin. Arrêté deux jours. Ventoline.

S'instruire au petit déjeuner, suite

— On a beau dire, j'aime bien Macron.
— Je ne peux pas répondre sur ce sujet: comme il a été le dernier assistant de Ricœur, je ne suis pas objective.
— C'est bien, d'avoir été le dernier assistant de Ricœur ?
— Euh… si tu aimes Ricœur, tu peux difficilement imaginer mieux.
— Ah oui, je vois… C'est comme en math, avoir travaillé avec Erdös… Il existe un Erdös number, le nombre de degrés qui te sépare d'Erdös, ça se calcule à partir de tes publications dans des journaux scientifiques. Il y a la même chose avec un groupe de métal, Black Sabbath, et un acteur, je ne sais plus lequel, un qui a tellement tourné que si tu es acteur américain, tu as forcément un nombre avec lui… Le top du top, c'est d'avoir les trois, c'est le cas de Nicole Kidman.

L'anecdote m'ayant intriguée, j'ai fait quelques recherches : voir ici, ici et ici les billets de l'inventeur du Erdos-Bacon-Sabbath Numbers.

Je n'ai pas trouvé Nicole Kidman parmi les happy few, mais bien Mayim Bialik (Dr Amy Farrah Fowler) de The Big Bang Theory.
L'amusant, c'est tout de même le Sabbath number d'Einstein.



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15 janvier - Comme je suis malade et que je reste à la maison, je traduis les articles de blog "à la volée" (ça me permettra d'en avoir une copie s'ils disparaissent). Evidemment, beaucoup de noms cités relèvent de la mythologie américaine et ne nous disent pas grand chose. Cependant je reprends les liens des billets originaux en mémoire de Roland Barthes qui admirait la façon dont les Américains créaient des mythes..

Les nombres d'Erdös-Bacon-Sabbath: les personnes au centre de l'univers. Partie I.

Il y a quelques années, j'ai inventé un petit jeu appelé les nombres d'Erdös-Bacon-Sabbath, ce qui est sans doute, voyons, à mi-hauteur dans la liste des choses les plus nerd1 que j'ai jamais faites. En un mot, cela combine les six degrés à Kevin Bacon (dont vous avez sans doute entendu parler) avec le nombre d'Erdös (qui vous dit peut-être quelque chose si vous êtes mathématicien) et le nombre de Sabbath (même principe, avec le groupe Black Sabbath). Si vous avez les trois, vous êtes un BADASS2 CERTIFIÉ, et vous appartenez au groupe extrêmement fermé des gens possédant un nombre d'Erdös-Bacon-Sabbath!

J'ai inventé le concept du nombre d'Erdös-Bacon-Sabbath en 1906 pendant mes loisirs, mais l'idée n'a vraiment décollé qu'avec la naissance de Kevin Bacon en 1958. Plus récemment, Ross Churchley (lui-même un badass en train de terminer un doctorat en mathématiques) est tombé sur ma définition théorique des EBS et commença aussitôt à chercher les premières personnes dont on pouvait certifier les nombres d'Erdös-Bacon-Sabbath. En quelques semaines, son travail sur les nombres EBS a attiré l'attention de quelques célébrités de la liste, dont le docteur Brian Cox, Phil Plait (the Bad Astronomer) et Richard Vranch.

Et donc à présent Ross et moi, debouts à l'avant-garde de la recherche EBS, resplendissants dans nos blouses de laboratoire et nos heaumes de scientifiques, sommes fiers de vous présenter la liste officielle des nombres d'Erdös-Bacon-Sabbath. Ross tient à jour la liste officielle avec toutes les mises à jour venues de son blog tandis que je fournis quelques commentaires caustiques sur les membres de la liste les plus intéressants. Allez voir la liste officielle sur le site de Ross, voyez si vous trouvez quelques nouveaux liens et faites nous connaître vos progrès.

Cliquez ici pour consulter la page officielle du projet Erdös-Bacon-Sabbath.

Bref, qu'est-ce qu'un nombre d'Erdös-Bacon-Sabbath? Et qui est Erdös? Une fois que vous connaîtrez Paul Erdös, l'un des plus célèbre et des plus prolifiques mathématiciens du XXe siècle, vous comprendrez pourquoi ce jeu spécial a tout à fait un sens. Il est dit avoir publié plus d'authentiques pages de mathématiques que n'importe qui excepté Euler. Sa renommée s'étend si loin et si largement qu'avoir collaboré à l'un de ses articles est considéré comme une preuve d'excellence dans le monde des mathématiciens. A un moment donné, quelqu'un commença à retracer la manière dont, de fils en aiguilles, les collaborations permettaient de relier un chercheur à Erdös, et c'est ainsi que naquit le fameux nombre d'Erdös.

Lire (en anglais) à propos de Paul Erdös, le Kevin Bacon des maths.

Bien sûr, un jeu semblable a surgi à propos de Kevin Bacon, dont le nez fend-la-bise semble apparaître dans un film sur deux des années 90. Vous avez sans doute entendu parler des "Six degrés à Kevin Bacon", un jeu formidable à jouer dans les univers adjacents où le smartphone n'existe pas. Il ne fallut pas longtemps avant que quelqu'un vérifie s'il existait des personnes possédant à la fois un nombre d'Erdös et de Bacon…

Lire (en anglais) à propos des nombres d'Erdös et de Bacon (Partie II traduite plus bas).

Finalement, il fallut un génie de mon rayonnement pour accomplir le bond déductif gigantesque connectant les nombres d'Erdös et de Bacon avec un autre jeu semblable, le jeu de Black Sabbath. Oui, il existe une poignée de gens dans le monde qui possèdent les trois — qui ont atteint de telles hauteurs dans ces trois domaines qu'ils sont vraiment, vraiment, des modèles jalousés.

Lire (en anglais) à propos des nombres d'Erdos-Bacon-Sabbath (Partie III traduite plus bas).

Je ne traduis pas la suite qui est la liste des personnes EBS avec des liens vers quelques noms qui mènent à des billets plus détaillés. (Voir en bas de billet).
Si vous trouvez quelques cas (en particulier des Français, ça me ferait plaisir!), vous pouvez laisser vos trouvailles ici ou ici.



Nombres d'Erdös et nombres de Bacon. Partie II

Pour remercier Paul Erdös de son impact inégalé sur les mathématiques, ses centaines de collaborateurs lui ont rendu un hommage adéquat qui a pris son essor de façon indépendante. L'hommage? "Les nombres d'Erdös". Dans le principe, c'est la même idée que "les six degrés à Kevin Bacon", et dans les faits elle a existé bien avant le jeu de Bacon. L'idée est la suivante: si vous avez publié un article avec Paul Erdös (c'est le cas, n'est-ce pas?), votre nombre d'Erdös est de 1. Sinon, vous avez peut-être collaboré avec quelqu'un qui avait un nombre d'Erdös de 1, vous donnant un nombre d'Erdös de 2. Et ainsi de suite — si vous avez un nombre d'Erdös de 5 (comme c'est mon cas [note prétentieuse]), cela signifie qu'une chaîne de cinq collaborateurs vous sépare d'un article écrit par Paul Erdös. Saugrenu, certes, mais parmi les mathématiciens (et plus tard les scientifiques en général) c'est devenu une source de vantardises légitime d'avoir un petit nombre d'Erdös. Les gens avec un nombre d'Erdös de 1 sont célèbres au sens propre dans les cercles matheux. Et si vous ne pouvez vous trouver une connection parmi les auteurs d'articles, vous avez alors un nombre d'Erdös infini, pauvre andouille.

Puisque ce zig a tant publié, sans doute dix fois plus d'articles que les plus prolifiques scientifiques, il est en réalité assez facile d'établir une connection. Il est dit que si vous pouvez en trouver une quelconque (et c'est le cas de la plupart des personnes qui publient dans des revues de mathématiques), votre nombre d'Erdös sera inférieur à dix. Juste pour vous donner une idée, mon nombre d'Erdös de cinq provient d'un article mineur dans une revue de neuroscience moyenne. C'est comme une toile interconnectée géante de publications mathématiques geek, avec Erdös assis au centre. Bien plus, on peut compter sur des gens de cette intelligence pour ne pas laisser les choses évoluer d'elles-mêmes — certains mathématiciens étudient désormais les propriétés mathémathiques de la toile des collaborateurs d'Erdös, au point d'encourager de nouvelles collaborations parmi les habitants de la toile afin de compléter celle-ci.

Accrochez-vous au pinceau: voici les nombres d'Erdös-Bacon

Il n'a pas fallu longtemps pour que la folie déploie ses métastases jusqu'à infecter le jeu des Six Degrés à Kevin Bacon. Le jeu de Bacon, si vous ne le connaissez pas, est exactement la même idée appliquée aux stars de cinéma. Si vous avez un nombre de Bacon de 1, vous avez tourné dans un film avec Kevin Bacon. Si votre nombre est de 2, quelqu'un avec qui vous avez tourné a tourné avec Bacon. C'est un jeu de société amusant de choisir une célébrité au hasard et d'essayer de trouver une chaîne de films jusqu'à Kevin Bacon — pour tout dire il existe maintenant un site qui le fera pour vous. Eh bien, il arrive de temps en temps qu'un mathématicien d'appoint surgisse ça et là dans un film, le plus souvent dans un documentaire, parfois pour apporter sa caution dans un film ayant besoin d'une crédilitié mathématicienne, comme pour Will Hunting. Vous pouvez aussi tomber sur un acteur d'appoint travaillant au noir dans les mathématique, l'exemple le plus connu étant Danica McKellar (Winnie de l'émission The Wonder Years) qui est une mathématicienne honnête-tendance-bonne, et Nathalie Portman qui possède un nombre d'Erdös grâce à un article de neuropsychologie. Il y a donc une poignée de gens qui ont à la fois un nombre d'Erdös et un nombre de Bacon. Les accros au jeu repèrent le petit nombre d'élus qui ont un nombre d'Erdös-Bacon non infini, c'est-à-dire la somme des deux nombres — le nombre d'Erdös-Bacon de Danica McKellar est de 6, celui de Nathalie Portman de 7, ce qui signifie qu'il faut que je tourne dans un film avec Kevin Bacon pour rester à leur hauteur.

L'actuel premier du jeu des nombres d'Erdös-Bacon est un gars appelé Daniel Kleitman, un mathématicien qui a écrit un article avec Erdös (donc nombre d'Erdös de 1) et fut consulté pour et apparut dans le film Will Hunting (lui donnant un nombre de Bacon de 2 par l'intermédiaire de Minnie Driver). Cet homme heureux possède par conséquent un nombre d'Erdös-Bacon de 1+ 2 = 3. Paul Erdös lui-même a un nombre de Bacon, par une apparition dans un documentaire — la comptabilisation semble faire débat, mais selon qui vous croyez, Erdös pourrait avoir un nombre d'Erdös-Bacon aussi petit que trois, par l'intermédiaire de Kleitman. Carl Sagan a un nombre d'Erdös-Bacon de 9 (Erdös 6 et Bacon 3). Dès que nous aurons tourné TimeBlimp3 — le film — je pourrais faire descendre mon nombre d'Erdös-Bacon de l'infini à 20 environ. (Quelqu'un a-t-il le numéro de téléphone de Bacon?)


Nombres d'Erdös-Bacon-Sabbath. Partie III
Mais attendez, de pire en pire : les nombres d'Erdös-Bacon-Sabbath

Arrivés à ce point, vous avez remarqué la tendance des mathématiciens à prendre une idée intelligente et à l'user jusqu'à la corde, dans toutes sortes d'abominables extensions et variations saugrenues. Et je ne suis pas meilleur qu'eux (en réalité je suis bien pire, comme vous l'allez voir). Comment extraire de ce sujet une idée plus saugrenue? Eh bien, il se trouve que le jeu équivalent dans le domaine de la musique de variété est le nombre de Black Sabbath, qui vous indique combien de musiciens relient votre groupe favori foireux aux Dieux du Métal, Black Sabbath. La connection entre deux personnes peut être soit l'appartenance à un même groupe, une collaboration, un musicien invité ou s'étant produit ensemble à un moment quelconque. Par exemple, Faith No More, l'un de mes groupes favoris, comprend le batteur Mike Bordin, qui joua de la batterie pour Black Sabbath il y a quelques année. Mike a donc un nombre de Sabbath de 1, et tous les autres participants de Faith No More de 2. Cela inclut Courtney Love qui, ce qui est plutôt intéressant, fut il y a bien bien longtemps chanteuse de Faith No More. Kool Moe Dee, pour prendre un autre musicien au hasard, a un nombre de Sabbath de 5, par sa collaboration avec Chuck D de Public Enemy, dont le nombre de Sabbath est de 4 selon le site du nombre de Sabbath.

Le nombre de Sabbath paraît avoir moins bien pris que ceux d'Erdös et de Bacon (de fait le site hébergeur paraît ne plus être actif), mais j'aimerais proposer ici, pour la première fois, une extension du système Erdös-Bacon au nombre de Sabbath. Peut-on fondre les trois réseaux en apparence disjoints (nerds, stars de cinéma et musiciens) en un seul réseau géant? Oui, si nous pouvons trouver quelqu'un qui 1/ a publié dans un journal de recherche, 2/ déchire en guitare (ou, s'il faut en passer par là, en synthé) et 3/ est suffisamment non moche pour apparaître dans un film.

Relier Bacon et Sabbath devrait être assez facile — beaucoup de stars de cinéma ont commencé des carrières de musiciens avec des succès variés. Kevin Bacon en est l'un des meilleurs exemples — à ma connaissance, il a un nombre de Sabbath de quatre. De façon plus courante, des musiciens célèbres apparaissent très souvent dans des films. Voici quelques exemples des deux cas, juste pour ouvrir le bal:

  • Steven Seagal. Imaginez ma surprise quand je me suis retrouvé battant la mesure sur une plaisante petite chansonnette bluesy contemporaine à la radio, et que le musicien s'est avéré être Steven Seagal. Oui, le Steven Seagal. Le mec blanc qui louche (comme s'il imitait les dépliants publicitaires antiques et héroïques de la crédibilité des arts martiaux) avec une longue queue de cheval et des gestes d'aïkido dans des successions de films d'action de série B dont les titres ont tous trois syllables (vérifiez, c'est vrai). Il a sorti quelques albums comme chanteur et guitariste qui ont été descendu par la critique (Allmusic.com dit d'un de ses solos de guitare qu'il est "risible"). Mais personne n'a inclus le talent dans le système des nombres d'Erdös-Bacon-Sabbath, à commencer par moi (cf. l'aveu de moi battant la mesure ci-dessus). Sa "carrière" au cinéma et l'ensemble de son "œuvre" musicale lui attribue un nombre de Bacon de 2 et un nombre de Sabbath de 5 pour un nombre de Bacon-Sabbath de 7.

  • Sting. Voilà qui est mieux! Aucune honte à discuter du talent colossal de Sting. (Bien qu'il se pourrait que je me repasse du Seagal avant de réécouter volontairement du Police massivement trop entendu…) Le nombre de Bacon de Sting est 2, par la star John Goodman, et son nombre de Sabbath est également 2, grâce à son partenaire B.J. Cole (qui a joué dans un groupe avec l'ancien membre de Sabbath Glen Hughes). Comme de juste, il surpasse largement Seagal avec un nombre combiné de Bacon-Sabbath de quatre.

  • Mos Def. Le rapper-devenu-acteur Mos Def tourna avec Kevin Bacon dans The Woodsman, lui attribuant le nombre de Bacon convoité de 1, et il possède un nombre de Sabbath de 7, par l'intermédiaire d'une chaîne qui passe par George Clinton et Joe Satriani. Mos Saugrenu.
Et la liste s'allonge, j'en suis sûr — Keanu Reeves, Juliette Lewis, M. Russel Crowe le-lanceur-de-téléphone-énervé, il y a pléthore d'acteurs qui ont enregistré un disque, autant que de musiciens célèbres qui se sont frayés un chemin jusqu'au grand écran.

Cependant relier Sabbath à Erdös pourrait être un peu plus difficile. Qui sur la planête pourrait réunir suffisamment de talent pour 1/ enregistrer un album 2/ apparaître dans un film 3/ être publié dans un journal de recherche? Et bien plus, aurait des connections attestées avec Paul Erdös, Kevin Bacon, et Black Sabbath? J'ai la conviction profonde qu'une personne avec un nombre d'Erdös-Bacon-Sabbath non-infini est ipso facto au centre de l'univers. La chose étonnante est qu'il existe quelques esprits aux talents multiples ici-bas ayant atteint un niveau suffisamment élevé dans les trois domaines pour être des détenteurs potentiels de nombres d'Erdös-Bacon-Sabbath. […] Beaucoup de gens se sont lancés dans la fun entreprise d'allonger la liste des nombres d'EBS, et si vous pensez pouvoir y contribuer, faites-nous le savoir.


1 : bizarre, avec une touche scientifique. Evoque souvent une personnalité introvertie vivant dans son monde.

2 : preux, vaillant, héroïque, formidable, extraordinaire. Bien, quoi.

3 : le nom du blog que je traduis.

Dans les pommes

Don de sang en entreprise. J'y vais pour découvrir à ma grande surprise que je n'ai pas donné depuis… 1996. Comme le temps passe (j'ai un peu honte).

Vérification de numération (j'ai structurellement un petit nombre de globules rouges): c'est OK. Je préviens de ne pas tirer trop vite car je me suis sentie mal la dernière fois (la raison sans doute pour laquelle je n'y suis pas retournée, entre grossesse et allaitement).

Déjeuner au self, cafétéria, je lis les documents destinés à préparer le TG de dogmatique. Papillons noirs et bouffées de chaleur, je déplace le tabouret de bar contre le mur, je m'appuie dos bien droit, je respire lentement. Je me réveille au sol, je ne sais plus où je suis, je rêvais, cela ne ressemble pas à mon lit, à la mine bouleversée de la jolie Asiatique en face de moi je comprends que je suis tombée du haut du tabouret et que cela a dû être spectaculaire, j'ai la lèvre fendue par mes dents et le genou écorché, j'espère que ma robe n'est pas trop remontée dans la chute, je rassure et remercie tout le monde, me rapproche de la table, range mes papiers, respire, vide ma tasse et me réveille une seconde fois au sol.
Cette fois-ci pas moyen d'y couper, on apelle "la sécurité", fauteuil roulant, je suis embarrassée de me donner en spectacle, il fallait boire beaucoup et ne pas enlever mon bandage qui faisait compression, me dit l'infirmière.
Je dors deux heures à l'infirmerie et réussis à ne pas me faire ramener chez moi en taxi (j'ai à faire à Paris).

Il reste la fascination pour ce moment du réveil et l'impossible reconstitution du moment de la perte de connaissance. Aucun souvenir, rien, comme s'il ne s'était rien passé. Impossible à prévenir, puisque foudroyant et imprévisible.

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Agenda
Book crossing. Restaurant Hôtel du Nord. Thème "les prix littéraires", j'emmène Frédérik Pajak, Manifeste incertain, tome 3.

Trois dernières pour la route

Dans les dessins parus ces derniers jours (on remarquera que c'est finalement le texte qui prime: du dessin comme littérature) :


1/ Un terroriste cagoulé de noir armé d'une kalachnikov entre dans la rédaction en hurlant :
— Allah Ackbar !
— Poil aux nibars !
— Mais tais-toi, tu vois bien que ça ne le fait pas rigoler !
— Poil au Mahomet !

NB : Ceux qui connaissent bien Astérix revoient aussitôt Astérix légionnaire.


2/ Une femme de ménage passe la serpilière dans une flaque de sang.
Légende : J'essuie Charlie.


3/ La même, cette fois-ci commentant :
— Ça me change du sperme, du vomi et du gros rouge.

Etonnement

— Je n'ai jamais manifesté de ma vie.
— Comment ? Mais c'est incroyable !

Enquête

Les questions sont ici.

1/ Question embarrassante qui relève de la coquetterie. La réponse est oui: globalement marron, d'un vert "intérieur de grain de raisin" quand il y a beaucoup de soleil.

2/ L'île de Bréhat en 2005… mais à part ça… que des presqu'îles, finalement.

3/ Elue? Déléguée de classe, mais ce fut plutôt une désignation d'office qu'une élection.

4/ La guerre des six jours.

5/ J'étais à l'étranger pour mes premiers souvenirs (à moins que ce soit maintenant que je sois à l'étranger — après tout c'est relatif).

6/ Non.

7/ C'est compliqué. Une biographie d'Ella Maillart serait fun. L'occasion de voir du pays. Ou alors un film sur la vie de Gertrud Bell, pour la faire connaître.

8/ Oui — mais pas parce que je ne reviens pas, parce que je reviens par un autre moyen.

9/ Non.

10/ Aujourd'hui, non. Le sport est devenu si décevant, entre l'argent et le dopage. J'essaie de trouver un contre-exemple pour ne pas paraître trop négative mais je n'y arrive pas.

N'empêche

Que Charlie hebdo soit l'occasion de prôner d'arborer le drapeau français (lors de la manifestation de demain) et de remercier la police et la gendarmerie et que les assassins de journalistes soient abattus dans une imprimerie ne manque pas de sel.

Et mon fils qui me dit superstitieuse quand je parle de karma…


Ajouté le 13 janvier :

Peur sur la ville

Tandis que le générique défile sur l'écran, nous remettons nos manteaux. Un très vieux monsieur demande à une très vieille dame :
— Voulez-vous que je vous raccompagne? Il y a des terroristes dehors, il ne faut pas sortir la nuit.
— Oh non, vous êtes gentil, j'habite dans le quartier, ce n'est pas loin.

Plus tard je les rattrape au moment où ils se séparent, prenant la rue des Ecoles en sens opposés.
— Bonne soirée, qu'elle soit plus légère que ce film!, dit la vieille dame.

Cela ne devrait pas être difficile d'être plus gai que La femme d'à côté.

Les morts

- Charb, de son vrai nom Stéphane Charbonnier, 47 ans, dessinateur, directeur de la publication de Charlie Hebdo.
- Cabu, de son vrai nom Jean Cabut, 76 ans, dessinateur, pilier de Charlie Hebdo et du Canard enchaîné, ancien du journal Hara-Kiri, l’ancêtre de Charlie Hebdo (ainsi nommé en référence à Charles de Gaulle, dont la mort provoqua l'interdiction d'Hara-Kiri qui avait titré "Bal tragique à Colombey: un mort" (légende ou réalité? quelle importance? En revanche cela souligne bien l'évolution de la société française en ce qui concerne la censure)).
- Georges Wolinski, 80 ans, dessinateur, membre de la bande d’Hara-Kiri dans les années 1960 puis pilier de Charlie Hebdo.
- Tignous, de son vrai nom Bernard Verlhac, 57 ans, dessinateur, pilier de Charlie Hebdo et de Fluide glacial.
- Bernard Maris, alias «Oncle Bernard», 68 ans, économiste, chroniqueur à Charlie Hebdo et sur France Inter.
- Honoré, (prénom Philippe), 73 ans, dessinateur à Charlie Hebdo.
- Michel Renaud, fondateur du "Rendez-vous du carnet de voyage" de Clermont-Ferrand, ex-directeur de cabinet du maire de la capitale auvergnate.
- Franck Brinsolaro, 49 ans, policier du service de la protection (SDLP), affecté à la protection de Charb.
- Ahmed Merabet, 42 ans, policier, membre de la brigade VTT du commissariat du XIe arrondissement.
- Mustapha Ourrad, correcteur.
- Frédéric Boisseau, agent d'entretien.
- Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse.

Mise au point

Je soutiens les musulmans, les musulmans «convaincus et pacifiques», comme dirait Monseigneur Dubost.

Je ne les soutiens pas dans une sorte de naïveté irénique du type «Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». Je les soutiens par intérêt bien compris.

De même qu'en soutenant le droit des homosexuels à se marier, je soutenais le droit des femmes de ne pas être restreintes à la procréation (culture contre nature), de même en soutenant les musulmans dans leur droit à vivre leur religion dans le cadre des lois françaises je soutiens mon propre droit à vivre ma religion.

Car de «tous les musulmans sont de dangereux fanatiques», on passe assez vite à «tous les croyants sont de dangereux fanatiques».

Non.

Chez le coiffeur

Il est deux heures moins dix, il ne reste que moi dans le salon, "ma" coiffeuse me coupe paresseusement quelques mèches. Elle s'adresse à l'autre (la troisième est partie faire les courses):
— Tu ne veux pas mettre la radio? Il paraît qu'il y a eu un attentat, j'ai entendu un bruit qui disait ça…
— La radio ne marche plus, c'est pour ça qu'il y a de la musique…

Elle sort son téléphone, cherche, lit en ânnonant imperceptiblement: «Une fusillade à Charlie hebdo… douze morts…»
Je suis abasourdie: — Douze morts ?!!
Je n'y crois pas.
Elle continue : — ce doit être un théâtre… il parle de théâtre…
Tout cela est tellement irréel qu'elle parvient à me faire douter: — Non, c'est un journal.
— Ah oui, ce sont les blessés qu'ils ont emmené dans un théâtre…
— Vous ne connaissez pas Charlie hebdo?
— Euh… non…

Alors j'explique, le dessinateur danois, la reprise des dessins, les menaces, déjà une bombe. Je fais simple, mais je me dis qu'il faut qu'elles comprennent avant d'écouter la presse, Dieu sait comment tout cela va être présenté:
— C'était des dessins, bon, pas toujours très fins, parfois lourdingues, mais bon, que des dessins…

Je rentre au bureau, prends mon téléphone, regarde twitter.
Charb, Wolinski, Cabu, Tignous.
Ça n'a aucun sens. Cabu et Wolinski martyrs. Absurde. Ça les aurait bien fait rigoler.




Grande émotion dans le pays ce soir, grande solidarité. Rassurant. Consolant. Mais quel choc. Tuer les clowns. Ils tuent les clowns. Mais quels cons.

Modération

Entendu dans le couloir :

— Bonne Année, bonne santé !
— Oui, et un peu de bonheur.

Quelques explications

Il s'agissait de cadets. Ils ont hésité trois secondes, un ordre, un contrordre, et ils ont heurté le duc d'Albe (qui signale une pile de pont : l'hésitation portait sur la façon de passer sous le pont : à droite ou à gauche de la pile? (je rappelle qu'il n'y a pas de barreur dans un quatre de couple, et qu'on "recule" à l'aviron: il faut se retourner pour vérifier où l'on va)).

(Cela m'a rappelé «le doute profite à la nature» (phrase à laquelle je pense désormais en lisant Conrad) qui n'est pas loin de la conclusion de Bonhoeffer : mieux vaut agir et se tromper que ne rien faire.)

Les enfants ont été sortis de l'eau quasi immédiatement car le canot moteur de l'entraîneur arrivait.

Le bateau coûte environ quinze mille euros, l'assurance devrait rembourser la moitié.

Bonnes résolutions

- ne jamais commenter de cinéma sur FB
- FB toujours : ne jamais commenter un article sans l'avoir lu intégralement
Toute personne lisant ces lignes est encouragée à me rappeler ces résolutions sur FB si j'y faillis.

- lire les Evangiles en allemand
- lire Ricœur (commencer à)
- lire Balzac (commencer à)

Choc et frustration

Sur la page du club je découvre L'impromptu coupé en deux.





Je sens la colère qui monte. Les "loisirs" n'avaient droit de monter que dans trois quatre, et celui-ci était de loin le meilleur. J'espère que cet accident n'est pas dû à un non-respect des règles, mais simplement à la malchance (que le bateau ait été ainsi en travers est étrange. Peut-être a-t-il été "rabattu" par une péniche? Le courant est très rapide en ce moment).
NB : apparemment, c'est arrivé ce jour-là.

Enquête

Les questions sont ici.

1/ Oui oui. Voir ici.

2/ Celle qui dit : «les mots des pauvres gens, ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid» (c'est très précisément ces mots que j'aime. Pour le reste, elle est, je m'en rends compte en la relisant, en complète contradiction avec la réponse 8 — ou en complète résonnance).

3/ Non, sauf quand il y en a un qui pète les plombs. Nous avons même plutôt eu, en vingt-cinq ans, de très bons voisins.

4/ J'imagine que oui. Je suis sûre d'avoir eu des désirs de vengeance, mais suis-je passée à l'action? Aucun souvenir ne me vient à brûle-pourpoint. Cela provient de la conviction qu'une vengeance me portera davantage préjudice qu'à ma victime, que ce serait faire trop d'honneur à la personne dont je souhaiterais me venger que de m'abaisser à cela… (En fait je suis d'un orgueil épouvantable.)
Et puis je crois au karma: "si tu t'asseois au bord de la rivière, tu verras passer le corps de ton ennemi".

5/ Je les roffre, je les donne, je les vends (très pratique quand les enfants étaient petits, la kermesse de l'école).

6/ Je n'ai pas dit ça depuis… mes cinq ans? Ou peut-être que oui, mais en cas de dénouement favorable, genre poser la bonne carte sur un tour de belote?

7/ J'aime voyager par ivresse de connaître, parce que j'ai passé mon enfance dans un triangle Blois-Vierzon-Bourges, parce que le monde est beau, et qu'il faut vérifier que les livres ne mentent pas, ni les films, et que «Regarde de tous tes yeux, regarde!»

8/ J'attends qu'il s'amortisse. Il n'y a rien à faire. Et je ne crois pas (plus) qu'on guérisse d'un chagrin, et je trouve cela très rassurant. Cela veut dire que l'objet du chagrin nous tenait vraiment à cœur.
C'est une idée très forte que j'ai trouvé parfaitement exprimée, mais dans le cas inverse (la disparition du chagrin), dans L'Inauguration de la salle des Vents (premier extrait du billet): «tant qu'tu souffrais tu r'grettais quèque chose, c'est ben qu'y avait quèque chose à r'gretter, tandis que là putain si t'as plus mal c'est qu'tu r'grettes rien, et si tu r'grettes rien c'est qu'y avait rien, c'est qu'y a rien eu, niente, nada, ouallou, que dalle (et ça putain c'est ça qui fait mal…).»

9/ Oui, très souvent, c'est un premier réflexe (smiley).

10/ Brouillés.

Films vus en 2015

2 janvier - James Gunn, Les Gardiens de la Galaxie, 2014. C'est vraiment le Cape et d'épée contemporain. Décors so Valérian.

3 janvier - François Truffaut, L'Histoire d'Adèle H., 1976.

9 janvier - en salle - François Truffaut, La femme d'à côté, 1981.

11 janvier - François Truffaut, La Mariée était en noir, 1968.

Robert Zemeckis, Retour vers le futur 1, 1985. En famille.

13 janvier - en salle - François Truffaut, La Peau douce, 1964.

14 janvier - en salle - Damián Szifron, Les Nouveaux Sauvages, 2015. Tempo particulier des films argentins, comme s'ils ne respiraient pas à la même vitesse.

17 janvier - Robert Zemeckis, Retour vers le futur 2, 1989. En famille.

20 janvier - en salle - Tim Heidecker et Eric Wareheim, Tim and Eric's Billion Dollar Movie, 2011

21 janvier - Sydney Pollack, L'ombre d'un soupçon, 1999. Difficile de faire plus ennuyant.

22 janvier - J. J. Abrams, Super 8, 2011. Film archi connu pour bricoler en même temps. Elle Faning est née en 1998!

23 janvier - Tom Savini, La nuit des morts-vivants, 1990.
- Francis Palluau, Bienvenue chez les Rozes, 2003. Ce film me fait beaucoup rire.
- Billy Wilder, Sabrina, 1954.

24 janvier - Gary Fleder, Le Maître du jeu, 2003.
- Robert Aldrich, Les douze salopards, 1967.

25 janvier - Claude Chabrol, Poulet au vinaigre, 2005. Ce film m'ennuie. Voir Pauline Lafont est à jamais un crève-cœur.

28 janvier - en salle - Jean-Paul Rouve, Les souvenirs, 2014.
- Robert Zemeckis, Retour vers le futur 3, 1990. en bricolant, pas vraiment regardé. Un peu perdue, trop longtemps qu'on a vu le 2.

29 janvier - John Schlesinger, Marathon Man, 1976.

6 février - en salle - J. C. Chandor, A Most Violent Year, 2014.

13 février - en salle - Morten Tyldum, The Imitation Game, 2014. Décevant.

15 février - Georges Lautner, Les Tontons flingueurs, 1963. Baptiste ne l'avait jamais vu.

18 février - en salle - Gus van Sant, Prête à tout, 1995. La grand-mère de Gone Girl.

28 février - Michel Gondry, Conversation animée avec Noam Chomsky, 2014. J'aurais préféré un interview classique avec Chomsky dans un fauteuil.

7 mars - en salle - Alejandro González Iñárritu, Birdman, 2015. Barthes cité. Holywwod-cinéma-fric /Broadway-théâtre-art. Une opposition trop américaine pour vraiment m'intéresser. Mais c'est joliment givré et c'est peut-être aussi une réflexion sur la vieillesse (le fait de vieillir).

14 mars - en salle - Vincent Garenq, L'enquête, 2015. Une bonne surprise.

21 mars - en salle - Damien Chazelle, Whiplash, 2015. Sans grand intérêt. Avec les D. pour les vingt ans de Guillaume.

28 mars - en salle - Tim Burton, Big Eyes, 2015. Il ne reste pas grand chose de la patte Tim Burton dans ce film, cela ressemble à Dans l'ombre de Mary. Un nouveau goût holywoodien pour les yeux exhorbités (cf Birdman).
- J.J. Abrams, Mission impossible III, 2006. L'histoire est faiblarde, le reste classique. Belles images de Shangaï

2 avril - Doug Liman, Edge of tomorrow, en bricolant, en bloguant (je l'ai vu trois ou quatre fois). Je n'arrive pas à écrire le 27 mars.

4 avril - en salle - Un homme idéal, 2015. Prenant, malgré mon peu d'appétence pour ces demeures luxueuses qu'on se sent obligé de nous présenter. Un air anglais.

5 avril - The Big Bang Theory saison 6, 1 à 3

6 avril - Michel Munz, Gérard Bitton, Erreur de la banque en votre faveur. 2008. Mériterait d'être plus connu, dans le genre film sans prétention mettant en évidence des dysfonctionnements que nous connaissons sans avoir envie de trop y réféchir. «Les gens comme nous savent que cent millions d'euros permettent juste d'en gagner deux cents de plus», tandis que quelques dizaines de milliers permettent de payer des vacances, une chambre pour le benjamin ou une place en maison de retraite.

11 avril - en salle - Glenn Ficarra et John Requa, Diversion, 2015. C'est lent, c'est creux, c'est nul. C'était vraiment pour faire plaisir à Antoine. Le seul intérêt du film est de constater la traduction de "Focus" par "Diversion", qui est une bonne traduction.

15 avril - en salle - Umberto Pasolini, Une belle vie, 2015. Je regrette qu'ils n'aient pas eu le courage de traduire Still Life par Nature morte.
- Mike Nichols, La guerre selon Charlie Wilson, 2007. Ce qui manque à toutes les guerres américaines depuis 1945, c'est un plan Marshall.

21 avril - Steven Spielberg, La guerre des mondes, 2005 : comme d'habitude, un film déjà vu pour faire autre chose devant — ici, bloguer.

25 avril - en salle - Joss Whedon, Avengers 2, 2015. Pas d'histoire, beaucoup de psy, des combats trop brouillons pour être suivis à l'œil…
- Anthony et Joe Russo - Captain America 2. Le soldat de l'hiver, 2014, pour en regarder un bon après le nul de l'après-midi.
- The Big Bang Theory saison 6, 4 à 6

26 avril The Big Bang Theory saison 6, 7 à 10

1 mai - Steve McQueen, Hunger, 2008
- Clint Eastwood, Mémoires de nos pères, 2006

2 mai - en salle - Pierre Jolivet, Jamais de la vie, 2014

7 mai - en salle - Richard Berry, Nos femmes, 2015. Plaisant mais poussif, poussif mais plaisant.

8 mai - en salle - Giulio Ricciarelli, Le Labyrinthe du silence, 2015. A voir.

10 mai - The Big Bang Theory saison 6, 7 à ??. Très drôle. Ils arrivent encore/toujours à se renouveler

21 mai - The Big Bang Theory saison 6 suite

22 mai - The Big Bang Theory saison 6 fin

29 mai - en salle - Brad Peyton, San Andreas, 2015. En voyant la fin, j'ai pensé à la Louisiane et Katharina… Il vaut sans doute mieux habiter la côte Ouest que la Louisiane.

29 mai - George Miller, Mad Max, 1979.

?? - George Miller, Mad Max II, 1981.

13 juin - George Miller, Mad Max III, 1985. Bien nul.

25 juin - Steven Spielberg, Jurassic Park, 1993. Extraordinaire comme on reconnaît la "patte" Spielberg. La scène finale dans la cuisine est celle de la cave dans La guerre des mondes.

16 juin - en salle - Arnaud Desplechin, Trois souvenirs de ma jeunesse, 2015. Je me suis beaucoup ennuyée, même si certaines scènes recoupent mon expérience. Sans doute ce genre de films me donne trop envie de hurler contre moi-même pour que je puisse les apprécier.

30 juin - en salle - George Miller, Mad Max, Fury Road, 2015. Magnifique. Images somptueuses sorties de BD SF, bande-son extraordinaire.

2 juillet - en salle - Alan Taylor, Terminator, Genisys, 2015. Sans intérêt.

3 juillet - en salle - George Miller, Mad Max, Fury Road, 2015. avec Hervé.

?? juillet - en salle - George Miller, Mad Max, Fury Road, 2015. Une envie de le revoir, encore. Pour le visage de madone de Charlize Theron.

16 juillet - en salle - Till Kleinert, Der Samouraï, 2015. Navet prétentieux et gore.

20 juillet - en salle - Jean-Luc Godard, Une femme est une femme, 1961.

21 juillet - en salle - Luchino Visconti, Rocco et ses frères, 1960. Copie restaurée + scènes censurées lors de sa sortie. Christique.

?? juillet - Howard Hawks, Les hommes préfèrent les blondes, 1953. Je n'aime pas la voix d'enfant et les minauderies de Marilyn Monroe.

29 juillet - Wes Anderson, The Grand Hotel Budapest, 2014. Avec Olivier opéré le matin même.

30 juillet - Donald Petrie, Miss Detective, 2000. Pour détendre O. avec une bêtise. J'aime bien ce film, il est plein de bons sentiments, des bons sentiments pleins de bon sens.

2 août - Danny Boyle, Petits meurtres entre amis, 1994. Avec Olivier qui me voit désemparée devant la maison soudain vide.

4 août - Denys de La Patellière, Un taxi pour Tobrouk, 1961. Avec Olivier qui ne l'avait jamais vu. En repassant.

6 août - en salle - Alberto Rodriguez, La Isla Minima, 2014. Avec Hervé. Bien.

7 août - en salle - King Hu, A Touch of Zen, 1971. Avec Hervé, Olivier et Isabelle. a dû inspirer Kung Fu Panda.

10 août - en salle - Asif Kapadia, Amy, 2015. Avec Olivier. Désespérant.

11 août - Coline Serreau, La Crise, 1992. Avec Olivier. N'a pas pris une ride.

12 août - Aki Kaurismaki, Leningrad Cowboys Go America, 1989. Avec Olivier qui a beaucoup aimé.

13 août - Tim Burton, Les Noces funèbres, 2004. Avec Olivier et Isabelle.

15 août - en salle - J.J.Abrams, Mission Impossible IV, 2015. Avec Hervé, Olivier, Claude. Dans les normes.

16 août - en salle - Deniz Gamze Ergüven, Mustang, 2015. Hervé, Olivier, Isabelle. Il faut le voir.

18 août - les frères Coen, O'Brother, 20009. Hervé et Olivier qui ne l'avait jamais vu.

19 août - William Wyler, Comment voler un million de dollars, 1966. Hervé et Olivier.

20 août - Ettore Scola, Qu'il est étrange de s'appeler Federico , 2013. Hervé et Olivier. Décevant.

24 août - Tim Burton, Sweeney Todd, 2007. Gore. Il ne se passe pas grand chose, en réalité. Court conte allongé par les chansons.
puis (après avoir appris l'accident d'A.) Hal Needham, Cannonball, 1981.

24 août - en salle - William Friedkin, The French Connection, 1971. Etrange construction. Je ne pense pas qu'on oserait aujourd'hui tourner un film ainsi.

25 août - James Mangold, Knight and Day, 2010. Très bien, mignon.

26 août - Alfred Hitchcock, L'inconnu du Nord-express, 1951.

27 août - The Big Bang Theory saison 7, 1 à 5. L'ordinateur branché sur grand écran.

31 août - Jean-Pierre Améris, Une famille à louer, 2015. Mignon. Creux mais mignon. Structure du conte où chacun doit découvrir (surprendre) l'autre dans tous ses états.

11 septembre - John Sturges, Règlements de comptes à OK Corral, 1957.

12 septembre - Curtis Hanson, In her shoes, 2005. Plus intéressant que je n'aurais cru. Je croyais à une variation sur Dans la peau d'une blonde, c'est en fait l'histoire du lien entre deux sœurs soudées.

12 septembre - Jaco van Dormael, Le tout Nouveau Testament, 2015.

12 septembre - Neil Jordan, début d'Entretien avec un vampire, 1994. Je m'ennuie un peu. Trop répétitif. Nous arrêtons au milieu.

13 septembre - Sidney Pollack, L'interprète, 2005.

3 octobre - en salle - Guy Ritchie, U.N.C.L.E.

4 octobre - en salle - U.N.C.L.E.

?? octobre - True detective, 1,2- noir

10 octobre - en salle L'étudiante et M. Henri
True detective, 3, 4, 5

11 octobre - True detective, fin

16 octobre - Citizen four

23 octobre - en salle - Le nouveau stagiaire et U.N.C.L.E.

24 octobre - en salle - Ridley Scott, Blade Runner

25 octobre - Le jour d'après, Indian Palace, Independance day, San Andrea

30 octobre - Yórgos Lánthimos, The Lobster, 2015. Une horreur. Orwellien, oui, "ne le faites pas à moi, mais à elle".

Trop de nanars. Adieu Berthe, Si j'étais riche, Spectre, Le Labyrinthe I, Le Labyrinthe II (la terre brûlée), Shutter Island, Ghost writer, À bord du Darjeeling Limited (très décevant)

J'ai perdu le fil. Le Pont aux espions, le dernier Star Wars, le dernier James Bond. Tant pis. J'ai regardé trop de films cette année, perdu trop de temps. Je rends ma carte UGC en janvier.

Livres lus en 2015

- 2 janvier - Balzac, L'Auberge rouge, Pléiade tome XI. Le début : humour; la fin : question de morale.
- 6 janvier - Mgr Michel Dubost, Catholiques - Musulmans, une fraternité critique, Médiapaul 2014. Destiné aux catholiques hostiles au dialogue.
- 8 janvier - Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes, Gallimard 2009. Très bon. Vraiment très bon, un style chaud, plein. Question: y a-t-il ainsi toujours des oiseaux dans ses livres, ou est-ce un hasard que les deux que j'ai lus parlent d'oiseau?
- 9 janvier - Stendhal , La chartreuse de Parme
- 13 janvier - Frédéric Pajak, Manifeste incertain 3, 2014, éditions Noir sur Blanc
- 26 janvier - Thomas Bernhard, Mes prix littéraires, 2010, Gallimard
- 29 janvier - Jean Giono, Un roi sans divertissement, 1948, Folio

- 2 février - Michel Richard, Le Mariage des enfants, 2014, Fayard. Amusant, intéressant.
- 10 février - Ludmila Oulitskaïa, Sincèrement vôtre, Chourik, 2006, Folio. Bizarre. Pas désagréable mais ne va nulle part.
- 23 février - Honoré de Balzac, Les Chouans, 1829. Pléiade tome VIII

- 9 mars - Jean-Philippe Blondel, Un hiver à Paris, 2015, Buchet-Chastel. Offert par Caroline. Suffisamment de points communs biographiques pour que ce soit douloureux. Cela a assombri mon humeur pour le week-end. Dieu que j'aurai aimé l'hypokhâgne et combien mes camarades m'auront déçue.
- 12 mars - Balzac. La maison du Chat-qui-pelote, 1829. Pléiade tome I. Augustine. Pour la première fois je prends conscience de l'ironie de Balzac dans certaines descriptions. Quelque chose du futur Flaubert dans les remarques des parents, vers la fin.
- 13 mars - Balzac. Le Bal de Sceaux, 1829. Pléiade tome I. Emilie et Maximilien. Nous sommes toujours mis à l'épreuve de nos principes, cela s'illustre souvent. Il suffit d'énoncer une phrase du type «Jamais je ne…» pour qu'aussitôt se présente une occasion de tester le principe émis. Constitue avec le livre précédent, un diptyque moral à lire à l'école. Oncle/nièce, n'est-ce pas un inceste?
- 15 mars - Balzac. La Vendetta, 1829. Pléiade tome I. L'introduction est impressionnante par ses recoupements biographiques.
- 18 mars - Les épîtres de Saint Paul à Timothée et à Tite. Bible de Jérusalem en fascicule, 1951, Cerf. L'introduction soutient l'authenticité de ses lettres, les arguments sont intéressants. Ce sont des lettres pleines d'adjectifs.
- 21 mars - Marcel Proust, La Prisonnière, Pléiade t3, Clarac. Le narrateur est un con.

- 8 avril - Imre Kertész, L'Ultime Auberge, Actes Sud 2015.
- 11 avril - Epître de Saint Paul aux Colossiens. Bible de Jérusalem en fascicule, 1951, Cerf.
- 19 avril - Donald Westlake, Les sentiers du désastre, 2008, coll Rivages/ Noir. Terminé entre quatre et six heures du matin, insomnies.
- 23 avril - Mark Z. Danielewski, La maison des feuilles, Denoël, 2002
- 24 avril - Yu Zhang, Ripoux à Zhengzhou, 2004, Picquier

- 18 mai - Pramoedya-Ananta Toer, Le Fugitif, 1990, Plon
- 28 mai - Adriaan Van Dis, Tête à crack, 2014, Actes Sud. A lire

- 7 juin - J. Hadley Chase, Pas d'orchidées pour Miss Blandish, 1946, Série noire
- 10 juin - Lu Wenfu, Vie et passion d'un gastronome chinois, 1996, éd Philippe Picquier
- 11 juin - Pierre Benoit, Pour Don Carlos, 1920, le livre de Poche

- 1 juillet - Anne Finne, Dans un jardin anglais. Récupéré chez Matoo. Déçue, très schématique, ne se donne pas la peine d'être crédible ni compréhensible.
- 9 juillet - Valentin Retz, Noir profond. Conte fantastique. Je n'en ai pas compris la visée. Manque de transitions.

- 8 août - Vladimir Nabokov, Ada ou l'Ardeur. Je me suis ennuyée par moments.
- 12 août - La Genèse. BJ en fascicule, Cerf. Je ne me souvenais ni de l'astuce de Jacob pour avoir des chèvres tachetées (manipulation génétique!) ni de ses bénédictions de la fin. Le silence d'Isaac incapable de bénir Esaü est terrible.
- 26 août - Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté. Relecture pour vérification avant de l'offrir.
- 28 août - Tadeusz Konwincki, Le Complexe polonais, 1988.

- 9 septembre - David Lodge, Un tout petit monde, 1984.
- 12 septembre - Robert Seethaler, Le Tabac Tresniek, 2012 (2014 chez Sabine Wespieren).

- octobre - Christine Pedotti, La Bataille du Vatican, Plon, 2012
- 23 octobre - José Rodrigues Dos Santos, L'ultime secret du Christ, Hc Editions, 2013
- 30 octobre - Marcel Proust, La Fugitive

- 4 novembre - Olga Tokarczuk, Sur les ossements des morts, Noir et blanc, 2012. Sans grand intérêt policier, une intéressante variation sur la folie. Un policier écologique.
- 10 novembre - Robert Musil, Les désarrois de l'élève Törless, Point Seuil
- 22 novembre - Steven Nadler, Le philosophe, le prêtre et le peintre, Alma Editeur, 20152. Biographie dans les grandes lignes et présentation des idées de Descartes. Plaisant.
- 23 novembre - Patrick Chauvet, Joie du pécheur pardonné, Parole et Silence, 2015

- 12 décembre - Janet Soskice, Les aventurières du Sinaï, Jean-Claude Lattès, 2010. Un livre d'histoire, pour donner des bases en philiologie, linguistique, exégèse, civilisation anglaise (écossaise).
- 15 décembre - Thomas Bernhard, Goethe mheurt. Folio. L'énergie furieuse de Bernhart me remplit d'admiration, comment fait-on pour écrire ainsi, avancer sur place en flambant? Ce livre-ci me laisse mal à l'aise, je ne sais à quel niveau le lire.
- 18 décembre - Michel Houellebecq, Soumission. Accablant par son aboulie, bien que non sans ironie.
- 20 décembre - Jane Sautière, Dressing. Bel exercice de style, mais pas vraiment mon genre.
- 30 décembre - Franz Wizner - Honeymoon with my brother

Repas

— Sans moi vous n'auriez pas eu de dinde.
— Mais avec toi, on était sûr d'en avoir une.

Discussion en attendant les beaux-parents en retard alors que la dinde se dessèche dans le four

— Tu sais que 2015 est une année particulière ?
— A ton sourire je devine que tu veux parler de sa décomposition en binaire.
— Oui. C'est aussi 3737 en octal.
— …
— et 37 est le premier nombre premier non régulier.
— Ah? Il existe des nombres premiers réguliers?
— Oui, cela dépend des nombres de Bernouilli, mais c'est un peu difficile de t'expliquer comme ça, c'est une suite, les nombres de Bernouilli ont été définis pour démontrer que le théorème de Fermat s'applique aux nombres premiers (à l'époque où l'on n'avait pas encore la démonstration générale).
(Etc.)

(Je me souviens qu'il existe un nombre infini de nombres premiers irréguliers mais que cela n'est pas démontré pour les nombres premiers réguliers. A vrai dire je n'y comprends pas grand chose, mais je ne savais pas que l'on avait trouvé des régularités aux nombres premiers. C'est plus que largement au-dessus de mon niveau, mais me parler de nombres, c'est comme me parler d'étoiles, ça me fait rêver.)

(Et pour ceux que cela intéresse, la dinde n'était pas sèche, finalement).
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