Aller sans retour

Dîner d'adieu: c'est le grand départ à Boston. Je me rends compte que je ne l'ai vraiment compris que lorsque K. nous a expliqué qu'ils passaient par Reykjavík parce que c'était le moins cher pour un billet aller simple.
(Et j'ai pensé aux colons débarquant en Nouvelle Angleterre).


En rentrant nous déballons les derniers sacs qui nous ont été légués. H. y retrouvent des notes de service d'il y a vingt ans et deux licences Openstep sous blister, une utilisateur et une développeur. Sous blister: so Sheldon!

Est-ce dommage ou souhaitable ?

Parvis de la Défense, des jeunes gens en coupe-vents oranges arrêtent les passants au profit de la lutte contre le cancer:

— Madame, vous auriez quelques minutes ?
— Non, je dois aller travailler.
— Est-ce que le travail est plus important que l'amour?
— Ça rapporte plus.

Des stats tristes

Rien à raconter, alors je mets quelques liens de sujets effleurés sur FB :

- le rapport du Crédit Suisse sur la richesse mondiale (merci JY) et ma mauvaise conscience à savoir que je fais partie des 5% les plus riches (évidemment, cela fait trois cent cinquante millions de personnes malgré tout);

- la courbe descendante des tués sur la route en quarante ans;

- des chiffres sur le suicide (2006. De la difficulté d'identifier précisément un suicide. Des hommes âgés de plus de 45 ans et non des adolescentes anorexiques. Etc.) Un observatoire a été créé en France en 2014.
Le projet le plus extraordinaire que je connaisse contre le suicide est celui-ci. Il a été transplanté en Allemagne, j'aimerais qu'il s'implante en France.

Skiff bleu ciel, confiture de tomates vertes et terrine de queue de bœuf

Le skiff a été réglé pour ma morphologie, cela me fait infiniment plaisir. L'aviron me sert de psychanalyse, un peu. Il y a "des choses" qui remontent et qui sont consolées. C'est comme si j'avais droit à une seconde chance, ce qui n'arrive pas souvent. (Par ailleurs j'ai commencé Comment faire rire un paranoïaque, ce qui doit m'influencer. Ce que je lis teinte mes journées.)
Soleil poudré sur la Seine, magnifique.

Sonné chez les voisins à 22h16: pas de carottes pour la queue de bœuf. Heureusement 1/ ils ne dormaient pas encore 2/ ils avaient des carottes.

Confiture en pots. Trop liquide à première vue. Je l'ai faite au citron, d'habitude (avant ce blog, avant 2006!) je la faisais à l'orange: je crois que je préfère. Il faudra que je cherche ma recette. Je ne sais pas si je l'ai encore.
Ce que j'aime dans cette confiture, c'est sa couleur.

Mon autre recette fétiche, c'est la pâte de coings, mais je n'ai plus le courage d'éplucher les coings.

Maison de Victor Hugo et films catastrophes

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Blade Runner et les tours de Notre-Dame

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Petite journée petit moral

J'écris cela sur l'iPad de la maison -- première fois que je m'en sers, je déteste mettre mes doigts dans l'écran pour écrire, mais j'ai oublié mon portable à Blois mercredi.

Je mets en ligne des notes — à développer ou pas — depuis début septembre.

Le nouveau stagiaire: entre thèmes zemmouriens (la perte de repères des hommes) et art or manliness (le mystère du mouchoir en tissu: — A quoi ça sert? Je n'ai jamais compris. — Ça sert à être donné.)

L'ultime secret du Christ: intéressant et bien fait — mais c'est incroyable l'ignorance commune que ce livre semble démontrer.

U.N.C.L.E: utilisation de la musique comme Sergio Leone et Wes Anderson. C'est reposant, un film sans cascade et sans scène de cul explicite.

Galichon

Skiff bleu liseré de noir.
Toujours pas assez de kilomètres en skiff pour l'obtention de l'aviron d'or (tant mieux, ça m'évitera de venir le passer samedi, ça aurait encore posé des problèmes.)

Mais Vincent va régler ce skiff pour moi (enfin, pas vraiment "pour moi", pour "les petits gabarits", mais c'est en me voyant ramer dedans qu'il l'a décidé).
Un sujet de satisfaction à ne pas négliger en ce moment.

Chambord et chocolat

Visite de Chambord le matin (arrivés trop tard pour la "visite insolite", de toute façon complète).
Château glacial. Dans mon souvenir, on parlait surtout de François Ier, aujourd'hui, c'est le comte de Chambord qui est à l'honneur.
D'autre part, j'ai appris que le roi Stanislas Leszczynski avait vécu huit ans à Chambord (la Sologne devait être vraiment terrible (les moustiques) car il l'a quittée sans regret pour Nancy), ce dont je n'avais jamais entendu parler. Il se confirme qu'il faut tout revisiter tous les dix ou quinze ans.
Mais dieu qu'il fait froid dans ce château.

Chocolaterie Vauché l'après-midi à Bracieux. Le cacao vient directement d'une île au large de la Côte d'Ivoire et tout est manuel, récolte, préparation des cabosses, etc. C'est tant de travail que c'est incroyable que le chocolat ne coûte pas plus cher.

Je découvre sur le parking de la chocolaterie une statue de Porthos, baron de Bracieux: voilà un détail que j'avais totalement omis. Cette baronnie n'existe pas, mais tant de gens sont venus chercher le château que la municipalité a érigé cette statue. (Damned: et le prénom de Porthos est Isaac!)
[…] Alexandre Dumas n'était ni un historien ni un géographe mais un romancier. il existait bien un mousquetaire nommé Isaac de Portaut fis d'Isaac de Portau secrétaire du roi et notaire général de Béarn en 1606. Né à Pau le 2 février 1617, il obtient la casaque de Mousquetaire en 1643. Sa carrière n'est pas autrement connue. (Etude biographique sur les trois Mousquetaires par Jean Jaurgrain 1910).

Selon Dumas au chapitre XIV [de Vingt Ans après]: «Porthos, de son nom de terre, s'appelait de Bracieux et à cause de cette terre était en procès avec l'évêque de Noyon … La terre de Bracieux était à quatre lieues de Villers-Cotterêts… Bracieux était près de Melun». […]

Extrait d'une feuille explicative au dos du socle de la statue. Signé Daniel Desroches, Maire de Bracieux, 6 juillet 2007
Rentrée avec A. en écoutant Albertine disparue. J'ai oublié mon portable à Blois.

CNAM et théâtre

Visite du musée du conservatoire national des Arts et Métiers -- ouvert le mardi.

Pièce Atlantide 14. Allez-y.

Louvre et Tour Eiffel

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Le retour de Félix

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Ephèse, ménage et engueulade

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Choix exégétique

Le choix entre les manuscrits dans le Nestlé-Aland.

Spéculations

Aujourd'hui j'ai vu
Aujourd'hui j'ai vu un administrateur syndicaliste prôner l'assurance (chacun paie pour ses risques) contre la solidarité (chacun met la même somme dans le pot commun qui sert à tous en cas de besoin).
Ah. Et nous allons (nous risquons, mais comme il n'y a pas moyen de discuter, nous allons le laisser faire) sans doute passer de deux tarifs à seize (deux fois huit) pour une population de deux mille huit cents adhérents. (Soyons justes, c'est aussi une conséquence (enfin, une conséquence possible, pas inéluctable) des changements législatifs sur les contrats responsables et le panier de soins.)

Comment expliquer le ridicule d'une telle finesse pour des nombres si petits?
Cela ressemble à calculer Pi avec une précision de six décimales à partir d'une boîte de conserve, d'une ficelle et d'un double décimètre: entre la grosseur de la ficelle, la probabilité de ne pas avoir pris la circonférence circulaire (mais une patatoïde) ni le diamètre au milimètre près, deux décimales seraient une approximation raisonnable entre la grossièreté de la mesure et la précision du calcul (je suis quasi sûre d'avoir expliqué cela quelque part ici).
(En d'autres termes, il suffira d'une personne qui se casse la jambe pour déséquilibrer totalement le résultat technique d'une formule.)

La conclusion de ceci est assez simple : soit le conseil d'administration se lance dans cette folie et j'ai du travail pour longtemps à faire des petits tableaux sur Excel (j'aime bien), soit les employeurs jettent l'éponge et je vais devoir trouver un autre poste (enfin, tout cela à terme, cela va prendre du temps, un ou deux ans).

(Heureusement, concile d'Ephèse, christologie descendante, Nestorius et Cyrille).

Rien où poser sa tête

La réédition de Rien pour poser sa tête est imminente. Michel Francesconi m'apprend qu'un article du Nouvel Obs cite mon nom et mon blog.

Questions

Antoine me demande pourquoi j'ai entrepris ce cycle de théologie. La question lui a été posée ce week-end et visiblement il n'a pas réussi à convaincre son auditoire. Je parle de la nécessité de se former pour avoir une parole légitime dans un monde où la, les, religions ont pris une importance inattendue (inattendue il y a vingt ou quarante ans) et sans doute démesurée pour la tranquillité du globe.

Plus tard, Nicole, sans avoir connaissance de cette conversation et alors que je proteste contre les questions byzantines (au sens propre) concernant les deux natures du Christ, dit quelque chose comme «Tu n'as pas des questions, toi? on ne vient pas ici si ce n'est pas pour répondre à quelques questions» (heureusement Vincent se met à rire: «je découvre des questions que je n'aurais jamais songé à me poser», ce qui est un peu mon point de vue, à cela près que je ne me les pose pas davantage maintenant.)

Sans doute que je ne m'en pose pas assez. Mais les réponses me paraissent si ridicules, si humaines, si réduites à notre taille.

Quand j'avais six ou sept ans, au catéchisme, on nous a raconté l'histoire d'un enfant en train de creuser un trou dans le sable sur la plage. Un sage passe et lui demande ce qu'il fait: «je creuse un trou pour y mettre la mer», répond l'enfant. Le sage comprend alors que vouloir contenir Dieu dans son esprit est aussi ridicule que vouloir mettre la mer dans un trou creusé dans le sable.
(Des années plus tard (quand et comment?) je découvris que c'était un récit de Saint Augustin.)
Quoi qu'il en soit, la leçon a laissé des traces indélébiles. Il faut bien avouer que les réponses humaines me font sourire, mais la persistance à en chercher et à en trouver (trouver, inventer: synonymes, oui ou non?) m'intrigue: les théologiens sont des gens fins, intelligents et cultivés, et eux ne trouvent cela ni déplacés ni ridicules.
Donc donc donc… Donc quoi?

Arrivée de l'automne




Suite de l'exploration de la fibre : fin de True Detective série 1. Episode 1 de The Blacklist (pas mon genre) et de Sherlock Holmes (il ressemble à Sheldon).

O. au concert de Danny Elfman et A. dans le train pour Lisieux.

Bon, c'est un peu le bazar partout, mais tant pis.

En trois mots

Marché, sieste, film (L'étudiante et monsieur Henri (dans la salle de ma ville)).

Le soir, trois épisodes de True Detective. Obsédant.

Vendredi varié

Deux heures de travail à la bilbiothèque de Sciences-Po (de 8 à 10). J'ai fini le "résumé" de Cerisy (je me demande bien s'il servira à quoi que ce soit) et commencé le grec pour jeudi.

Failli arriver en retard au Caroussel du Louvre (fermeture des portes à 10h30) pour le grand raout de la boîte. Apparemment nous fêtions l'anniversaire d'une ancêtre de l'entreprise actuelle, la société d'assurance la Royale créée en 1816. Quoi qu'il en soit, c'était très réussi. Nous avons si peu l'occasion de nous voir tous — et le champagne était très bon (Demoiselle (What? le site demande si nous avons l'âge légal pour le visiter?!!)

A 16h45, rendez-vous chez un psy pour A. Apparemment le courant a eu l'air de passer et elles projettent de se revoir. A suivre (de loin: d'une certaine façon, cela ne nous regarde pas vraiment).
En sortant, nous croisons une brocante près des Invalides et nous trouvons des œuvres complètes d'Agatha Christie dans la collection Rombaldi (un peu jaunie) qui est un souvenir d'enfance. Nous l'emportons.
Et pour finir, profitant que pour une fois nous sommes ensemble à Paris, H. propose de faire les boutiques et je renouvelle une partie de ma garde-robe : j'ai de plus en plus froid, adieu les robes sans manche. (Maintenant il va falloir que je me débarrasse de ce que je ne mets plus, et j'ai vraiment du mal à faire cela. C'est comme si j'abandonnais de vieux amis. Je vais peut-être stocker dans un carton en attendant de me décider).

Dernière réunion de rentrée

Réunion de terminale pour le benjamin: ce soir se clôture le cycle des réunions inaugurées il y a bien longtemps avec une rencontre entre équipe et parents à la crèche d'Aubervilliers.
A-C m'a dit qu'elle était à Paris et prenait un train à Montparnasse, je l'ai invitée à venir: après tout O. est son filleul, et elle a un fils qui sera en terminale dans deux ans: cela pouvait l'intéresser (elle est restée une partie de la réunion).

Avouons que je viens surtout pour le speech du directeur, sa voix, son phrasé, sa façon de trouver une façon intéressante de dire ce qu'il dit chaque année, douze à quinze fois puisqu'il y a une telle réunion pour chaque niveau, de la maternelle à la terminale (mais peut-être n'assiste-t-il pas à celles de maternelle).

Le grand sujet cette année, bien sûr, c'est le bac et surtout ce qui vient après, et donc "l'APB", l'admission post-bac. C'est une procédure en ligne qui consiste à donner ses choix entres diverses écoles, universités et formations, en les classant. Il est possible de donner jusqu'à vingt-quatre choix (pour sept cent à huit cent mille inscrits chaque année: vive l'informatique et bonjour la salade), dont six dans des filières "non sélectives" et un dans une filière non-limitée en places (genre le malgache ou l'histoire juive (??!!), il y aurait toujours de la place (je ne suis pas sûre d'avoir compris, je suis quasi-sûre de ne pas avoir compris)).

Il faut donc faire des choix et les classer.
Le directeur nous raconte une étude intéressante: dans un restaurant, quand quelqu'un hésite fortement entre deux plats, finit par en choisir un et que l'on revient de cuisine en disant qu'il n'y en a plus, le plus souvent il ne prendra pas l'autre plat avec lequel il avait hésité. La déception a été trop grande, l'investissement émotionnel trop fort.
C'est pourquoi il invite les élèves à penser en terme de préférences et non de choix. Il s'agit de classer, hiérarchiser, les lycées et formations possibles, et plus de quatre-vingt pour cent des élèves ont un de leur trois premiers choix.

Le degré zéro de l'écriture

Je me réveille et je découvre ce lecteur.
Ligne 1 vers 17 heures direction Vincennes.





Pas de cours ce soir : le professeur vient de Nice et est bloqué par les dégâts des inondations.

Brume

Début d'automne. Brume au dessus de la Seine. Premières rousseurs.
Peu ramé, peut-être trois kilomètres, mais c'est toujours plus que jeudi où je n'avais que barré. Formation des débutants.

Retournés voir Agents très spéciaux avec C. et I. La bande-son est vraiment très bonne et l'utilisation des clichés parfaitement orchestrée. Quel sens du tempo, légèrement ralenti. Le James Bond des années 2010-2020.

Kitsch

J'ai récupéré mon tableau. Je n'ose en mettre une photo en ligne. Mais ça me fait plaisir.
Maintenant, il faudrait que ce tableau devienne suffisamment associé à moi pour que l'un des enfants souhaite le récupérer à ma mort. Est-ce possible? En attendant, je l'ai posé à côté de mon bureau, contre l'étagère. L'encadreuse a gentiment et très soigneusement recopié au dos du cadre tous les renseignements écrits le long de l'affiche. Ce n'est pas parce que celle-ci date de 1939 que cela signifie que mon grand-père l'a achetée cette année-là (je ne peux m'empêcher de penser que le cadre argenté est une idée à lui. C'était son style). Je ne saurai jamais.

Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E avec A. et O. Etonnament bon (je veux dire que je ne m'attendais pas à ce que ce soit si bon).

A chacun son Snowden

A a hacké le wifi de l'école et distribué les documents qu'elle a trouvés à ses camarades de classe.
Renvoyée une semaine.

(C'est ça qui est bien avec le privé : ils ne te renvoient pas définitivement, ils ont besoin de clients.)




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Mise à jour le lendemain
Finalement l'école a suréagi à un incident mineur. Cela prouve simplement l'épuisement de l'administration et des professeurs face à une personnalité difficile. (Comme dirait C., «cela leur a pris deux ans, c'est un progrès»).
Il y avait eu des signes avant-coureurs, des commentaires dans ses bulletins trimestriels de l'année dernière qui ressemblaient à ceux du collège. Avec naïveté et paresse, j'avais considéré que c'était désormais son problème, elle était majeure.
Cet été, je lui avais demandé si elle voulait voir quelqu'un pour comprendre, faire des progrès. Réponse: «c'est eux qui ont un problème, pas moi.»
Cette fois-ci, elle ne va pas avoir le choix. Mais ce sera à peu près inutile tant qu'elle considèrera qu'elle n'a rien à changer. Ne s'aperçoit-elle vraiment de rien, ou se joue-t-elle de nous? Se ment-elle ou nous ment-elle? Cela aura été la question de toute son enfance.

Ça se discute

Entendu sur un passage clouté rue Royale, au niveau de la place de la Concorde, un jeune homme à une jeune fille:

— Le problème, c'est qu'il n'y a que trois cent soixante cinq jours par an. Tu ne peux pas avoir plus de paires de chaussures que de jours.
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