Microcrédit

A la suite du remboursement imprévu des impôts, j'ai accordé (je ne sais pas quel verbe utiliser: souscrit? choisi?) quelques prêts via kiva, sans savoir si j'obéissais à une impulsion superstitieuse à la suite de ce coup de chance ou à une très vieille tradition de remerciement par les prémices telle qu'en offre le Pentateuque et que le représente aujourd'hui encore Thanksgiving (certains diraient que ce n'est pas différent).

Ce sont des prêts par tranche de 25 $ accordés à des particuliers à travers la planète pour les aider dans un projet ayant un impact immédiat sur leur vie quotidienne. Il y a très peu de défauts de paiement, mais l'idée est moins de récupérer son argent que de reprêter les sommes remboursées. Des prêts perpétuels, en somme, qui tournent autour de la planète.
J'aime beaucoup regarder la variété des emprunteurs, imaginer leur vie (sans doute complètement de travers, mais tant pis) et la variété des prêteurs. Regarder qui prête à qui, comme par exemple les prêts accordés par ce Saoudien (j'essaie de travailler contre ma méfiance envers l'Arabie saoudite, de ne pas réduire les gens à leur gouvernement) ou la variété géographique des prêteurs pour le projet de ces femmes lourdement voilées, par exemple. Tout cela me redonne espoir et combat mes préjugés.



La semaine dernière, j'ai découvert du crowdfunding d'un autre genre. Il s'agit bel et bien cette fois-ci de s'enrichir en prêtant à des entreprises françaises, des TPE et PME. Il y a un risque en capital (si l'entreprise fait faillite), vous gagnerez moins qu'à la bourse mais plus qu'avec un livret A ou un billet de loto (statistiquement) et vous participerez à "l'essor du tissu économique français", si vraiment vous y croyez (la vérité par l'argent: où placez-vous vos fonds?)
Il s'agit de Lendopolis, par les créateurs de Kisskissbankbank et hellomerci. Les projets présentés ont été validés par des experts comptables et peuvent rapporter entre 5 et 12% sur 24 à 60 mois.

Donc si vous en voulez beaucoup aux banques, si vous êtes prêts à risquer un peu de l'argent qui dort sur votre livret A, voilà de quoi joindre l'utile à l'utile.


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Quatre Ena2. Adeline, moi, Dominique, Florent. Beaucoup de vent, difficile. Ça penche terriblement à babord.

Incendie

COP21, Daesh : j'ai l'impression d'être dans un immeuble en feu (genre La tour infernale) dans laquelle se terre un assasin à kalachnikov (genre 58 minutes pour vivre): si vous vous occupez de l'assassin, vous n'avez pas le temps d'éteindre le feu, mais si vous vous occupez du feu, vous risquez de vous faire descendre par l'assassin.



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Agenda
Hier soir, concert gais. Toujours aussi plaisant.

Ce matin, il fait doux et gris.



Yolette Lifa. Stéphane, Philippe, Florence, Céline, moi. Bateau agréable car très bien réglé.

Les noms des morts

Ce matin un peu avant neuf heures, sur France Culture, j'ai entendu deux journalistes dire des noms, comme en fin de chaque émission. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait des techniciens et animateurs de l'émission, comme d'habitude. Mais la liste était longue, les voix blanches, et j'ai compris que c'était les noms des morts du 13 novembre.

J'ai pensé à la liste que je croise souvent, pas tous les jours car cela dépend de l'endroit où je descends sur le quai gare de Lyon, qui dépend lui-même de l'endroit où je suis montée sur le quai à Yerres, qui lui dépend de notre retard et de notre panne d'oreiller, donc de notre fatigue générale. C'est la liste des morts de l'accident de la gare de Lyon en juin 1987, jamais oublié.

J'ai pensé aux morts de l'été 2003, aux morts sans sépulture, aux morts non réclamés, à ceux enterrés en fosse commune.
J'ai fait une recherche et je suis tombée sur cet article qui raconte comment Jean-Claude Roehrig et son fils Guillaume, généalogistes, avaient enquêté bénévolement sur ces hommes et ces femmes.

Journée de deuil

Aujourd'hui nous étions censés mettre un drapeau aux fenêtres. Encore aurait-il fallu être prévenu à temps, car qui a un drapeau chez lui à part les supporters de foot?

Enfin, je peux dire avec fierté et surprise que mon immeuble de bureau a arboré un drapeau. Je ne pensais pas qu'il prendrait cette peine: cette entreprise aurait donc des convictions? Elle paraît toujours si terne.

PS : photos sur twitter, système D français, chemises, serviettes, soutiens-gorges, stylo-billes, tout a été bon pour pavoiser les fenêtres, balcons, poches, photos de profil…
L'humour comme résistance.

Les héroïnes du jour

L'année dernière, j'avais découvert l'existence de Constantin von Tischendorg.

Cette fois-ci, je découvre Agnes Smith Lewis et Margaret Dunlop Gibson : «Mais si, vous savez bien, les deux sœurs qui parlaient vingt-quatre langues à elles deux… C'était des jumelles, elles avaient été élevées de façon très particulière par leur père…»

Cela à propos du Siracide (L'ecclésiastique, à ne pas confondre avec L'Ecclésiaste), dont elles ont découvert des versions majeures en syriaque.
Le Siracide reste un livre mystérieux (voir l'article de Maurice Gilbert : «Où en sont les études sur le Siracide?»)

Mais pourquoi ce genre de femmes sont-elles toujours anglaises? Elles n'ont même pas un article dans le Wikipedia français (article en trois langues: anglais, hébreu, néerlandais).

Sainte-Anne

En faisant quelques recherches ce soir je tombe sur cela et j'ai honte: m'être réjouie que Charlie soit courageux pour qu'il se fasse assassiner deux ans plus tard… Avons-nous le droit de conseiller à qui que ce soit d'être courageux, si ce n'est à nous-mêmes?

Ce soir, je recherchais un billet que je n'ai pas mis en ligne. Il y a eu en septembre 2012 (pour la x-ième fois, la première fois remontant à 2005 au Danemark) des remous à cause de caricatures de Mahomet; sans doute y a-t-il eu des discussions autour du voile et de la laïcité ensuite, toujours est-il qu'en faisant des recherches sur internet j'étais tombée, je m'en souviens bien, sur des discussions très intéressantes sur un forum suisse (avec troll, mais un seul, ce qui est exceptionnel sur un tel sujet. Vive les Suisses.)

A l'époque, j'avais eu l'intention d'en faire un billet. J'en avais écrit le titre mais je ne l'ai jamais mis en ligne. Je l'ai retrouvé, c'était un billet daté du 6 novembre 20121.
Je ne l'ai pas mis en ligne car de fil en aiguille, j'avais eu la curiosité de chercher une photo de "mon" église, celle où j'ai fait ma communion et suivi mes premiers cours de catéchisme: Sainte-Anne à Agadir.

Et j'avais trouvé cela, qui m'avait fait froid dans le dos.
Et dans une attitude très "ne désespérons pas Billancourt" (septembre 2012, nous tâchions de comprendre ce qui allait sortir du printemps arabe qui s'enlisait après l'enthousiasme initial du printemps 20112), je n'avais pas posté cette photo et pas écrit de billet (aujourd'hui je le regrette car je n'ai plus de traces sur le vif de ce qui se passait et de ce que je pensais alors, juste des souvenirs flous).




Que se passait-il sur cette photo? Pourquoi? Elle datait de 2004, comment cela était-il possible? Les catholiques étaient-ils menacés en 2004 au Maroc? Les militaires assuraient-ils leur sécurité? Incroyable.
J'ai refusé d'y croire.

J'ai suivi le cours sur l'islam à l'ICP en janvier 2013 et en mars 2013, j'ai découvert en feuilletant L'islam que j'aime, l'islam qui m'inquiète que Tareq Oubrou était allé en maternelle chez les sœurs à Sainte-Anne. J'ai acheté le livre.


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Agenda
C'est officiellement l'automne : première sortie en collant et manches longues.
Quatre sans Ena 2. Moi à la nage, Tudal, Olivier, Marc. Deux tours de l'île.



Notes
1 : Si vous regardez l'adresse du billet, vous verrez qu'il porte le numéro 2386. Cela permet de savoir quand il a été créé: je détruis rarement les billets que je ne mets pas en ligne; soit ils restent dans les limbes; soit je les réutilise à une autre date.
2 : En avril 2012 RC avait appelé à voté Le Pen, en septembre j'écrivais de ce que je pensais de sa hiérarchie des priorités dans un billet sur la SLRC, billet qu'en janvier 2013 Rémi allait faire censurer dans le silence — et l'approbation? je n'y étais pas, je ne sais pas — des membres de la SLRC3. Période douloureuse et inquiète que toute cette étendue de temps, sentiments ou sensations que je ne sais pas, je ne veux pas, exprimer sur le moment — et qui se perdent, et que je perds, plus tard.
C'est étrange de se dire qu'on écrit tous les jours, et que pourtant l'essentiel n'y est pas — ce qui compte vraiment n'y est pas, la colère, la tristesse, l'angoisse, n'y sont pas. (Les émotions positives y sont davantages (smiley).)
J'ai entrepris de reprendre mes billets pour les passer en format html (au lieu de wiki), j'en profite pour les annoter le cas échéant, pour ajouter les commentaires amers ou les explications gardées en brouillon à l'époque.
Mais parfois je ne me souviens de rien. Ce n'était pas si grave finalement.
3 : Cette censure m'a causé un chagrin et une crise de misanthropie si violents que j'ai fermé FB en mettant cela sur le compte du besoin de travailler (mes cours), ne voulant pas me donner le ridicule de croire que cela pouvait affecter qui que ce soit. Je me rends compte aujourd'hui que durant cette absence de FB se sont développées des haines entre des gens que je pensais amis, haines que j'ai du mal à prendre en compte pour ne pas en avoir vécu la naissance et l'évolution.

La taupe creuse toujours

Philo. Cours sur Hegel. Gramont brillantissime et malicieux (brillantissime car malicieux? Pas que.) Il faudra que je mette la suite de Cerisy en ligne un de ces jours.

Gramont, à qui j'expliquais (à Cerisy justement) que venir en cours à 20h30 après notre journée professionnelle demandait de l'énergie et que nous tendions à l'apathie m'avait répondu: «c'est drôle, moi je ne me réveille que quand je fais cours.»
Et c'est vrai. C'est la grâce de ce professeur et c'est pour cela que nous l'aimons. Il a l'air si naturellement à sa place devant nous en train de raconter — car il raconte.

— Pour devenir hégélien il n'y a qu'une méthode : prendre quelques années sabbatiques. (In petto je complète: «et lire couramment l'allemand», puisque Gunther m'a marquée en disant un jour que Hegel écrivait l'une des plus belles proses allemandes.)

L'exergue du cours correspondait tant à la situation actuelle que je suppose que ce n'était pas un hasard:«Comme la discorde entre amants, ainsi les dissonances du monde; la réconciliation est au cœur du combat, et tout ce qui s’est séparé se retrouve à la fin.» Höderlein

Nous présenter Hegel en commençant par les Esquimaux (première page du cours sur l'histoire des religions): cela l'amusait-il, était-ce un procédé pédagogique pour marquer nos mémoires, était-ce le plus adapté vu ce qu'il voulait nous démontrer? (cette page fut comparée à l'article "Esquimau" de l'Encyclopédie Universalis).

Hegel, Schelling, Höderlin : «vous imaginez? Ils ont le même âge, ils vont à l'université ensemble, ils discutent de la Grèce, des Ecritures et de Kant : les trois plus beaux sujets pour des étudiants allemands.»

L'abstraction et le concret: «si dans la marge de votre copie, vous voyez écrit "abstrait", ne vous réjouissez pas, c'est affreux».

«Une préface d’un livre, c’est le seul chapitre qu’il ne faut pas lire. C’est comme lire le menu sur la carte au restaurant et s’exclamer "Quelle belle carte!" et rentrer chez soi sans dîner.»

Saurai-je résumer le cours de ce soir? Il s'agissait de nous démontrer que Hegel a voulu mettre au jour et a mis au jour le principe même de la philosophie, la commune manière de penser ou de travailler de tous les philosophes depuis Anaxagore: la conviction que c'est l'intelligence (l'idée, la raison, le noûs (que d'autres appelleront le bien ou la vérité)) qui mène le monde, au moins en principe en en attendant la réalisation (l'effectuation?)

Dimanche

Bien failli ne pas aller ramer: une voiture qui ne démarrait pas, l'autre qui n'avait plus d'essence alors que j'étais déjà en retard. Mais il faisait si beau, c'est si important de profiter de tout cela, avant le mauvais temps et les crues.

Yolette de couple: Franck, Stéphane, Carole, moi, Yannick.
Trois photos de suite pratiquement au même endroit. Coup de chance.





Spectre. La salle de ma ville est pleine. Bien moins trépidant que le précédent, pas de scène marquante même si je suppose que les courses poursuites sont des chefs d'œuvre de précision. Il y a vraiment trop de données sorties d'un chapeau (comment M. sait-elle qu'il faut assister à l'enterrement du mafieux? Comment connaît-elle ce mafieux? Est-il vraisemblable que Bond ne neutralise pas la caméra du roi pâle? etc, etc…)
L'inquiétude mise en scène est celle que nous sommes en train de vivre: doit-on accepter la collecte de l'information au prix de la disparition de toute vie privée, à laquelle s'ajoute la question classique: doit-on admettre un gouvernement fort au prétexte de rétablir et maintenir l'ordre et la paix? (mais peut-être faudrait-il problématiser la différence entre l'ordre et la paix).

Bataille autour de la tarte aux pommes quand soudain la voix du chef scout s'élève:
— La seule raison de regarder dans l'assiette de ton voisin, c'est de vérifier qu'elle est suffisamment remplie.
Ça m'a fait rire. Les principes simples, c'est structurant.

TGs

Le TG de la semaine dernière sur le concile de Chalcédoine a été définitivement annulé — sauf celui de notre groupe puisqu'il avait été déplacé à aujourd'hui: il a donc eu lieu normalement.
Mais le TG du cours flottant prévu le 14 a, lui, été remplacé: j'ai donc passé la journée en cours.
Ce fut plutôt intéressant. Ephèse: affirmer l'union des deux natures du Christ; Chalcédoine, affirmer la non-absorption de la nature humaine par la nature divine, puis deux cents ans plus tard articuler volontés divine et humaine dans le Christ (avec en particulier le rôle de Cyrille le confesseur (confesseur de la foi)).
Cela doit paraître abscons, ç'a l'est d'un certain point de vue; mais c'est passionnant d'être un petit nombre d'étudiants à débattre sur ces textes après les avoir préparés. Nous nous retrouvons à nous disputer, ce qui donne une idée des enjeux à l'époque.

Le TG du cours flottant portait sur les codes domestiques dans les deutéro-pauliniennes et les pastorales.

Acheté des gants à pois, des petites cuillères au manche coloré, une nappe plastifiée représentant une mappemonde (assez ugly (déjà, le simple fait d'être une nappe en plastique est terriblement kitsch (il sommeille en moi une Vamp mal assumée)), mais je ne résiste pas à une mappemonde).



Agenda
Alerte attentat maximale en Belgique: métros, magasins, cinémas fermés.

Géopolitique

L'annonce du califat l'été 2014 m'avait convaincue que nous allions au devant d'un conflit réel, que ce qui se préparait, c'était une agression généralisée, que ce qui paraissait être un conflit local allait s'étendre à l'Occident, et qu'un jour, nous serions obligés d'intervenir (en attendant, nous ne le pouvions pas (accusation d'ingérence) et nous le voulions pas (qui voudrait envoyer ses enfants à la guerre sans y être obligé?) (le "nous" était et reste flou dans mon esprit: la France, l'Europe, les pays volontaires? tous ceux qui ne veulent pas subir.))
Il y a eu un autre moment dont je suis incapable de retrouver la date. Avant ou après Charlie (janvier 2015), avant ou après l'enlèvement des écolières par Boko Haram (avril 2014)? Il s'agit de la première fois où j'ai entendu dire que dans les territoires conquis, les hommes étaient systématiquement abattus et les jeunes filles et jeunes femmes vendues. Une certitude absolue, de l'ordre du soulagement, m'a alors envahie: cela ne durerait pas longtemps, deux ans, cinq ans, mais cela ne durerait pas longtemps. Il fallait simplement attendre que l'Occident se sente concerné, mais une idéologie capable d'agir aussi systématiquement (et non de se contenter de conquérir des territoires pour les exploiter) allait obligatoirement nous attaquer. Cela ne durerait pas longtemps et ils allaient perdre. Les fous fanatiques perdent. Ils occasionnent beaucoup de dégâts mais ils perdent une fois qu'ils ont dressé le monde entier contre eux.

Une question: pourquoi ne prenons-nous aucune mesure contre l'Arabie Saoudite? Cela m'avait déjà frappée après le 11 septembre 2001, quand il me semblait que l'Arabie saoudite était un responsable plus assuré que l'Irak. Si nous bloquions leurs avoirs comme nous l'avons fait pour les Russes, cela leur poserait de sérieux problèmes.
Pourquoi ne prenons-nous aucune mesure contre l'Arabie saoudite? (Allons-nous réellement aller jouer au football au Qatar? N'avons-nous aucune dignité?)
Le juge Trévidic — très à la mode en ce moment. Quel bonheur cela doit être pour lui d'être enfin entendu et écouté après ce que j'imagine être des années d'impuissance et de frustration: savoir, mais ne pas être écouté; savoir, mais ne pas avoir le droit d'agir — explique: «l'Arabie saoudite convient aux Etats-Unis car c'est une dictature libérale, on peut faire du commerce avec eux.»
Il va peut-être falloir revoir ces priorités.

Dernier point: préparer la paix. J'ai appris de Geremek que l'idée de ce qui allait devenir la CECA (communauté européenne du charbon et de l'acier), ancêtre de l'actuelle Union européenne, avait été travaillée dès 1942 ou 1943, pendant la campagne de Libye, au plus fort de la guerre contre l'Allemagne. Nous (l'Occident) n'avons pas su préparer la paix en Afghanistan. Il faut s'y prendre très tôt, et il faut trouver les bonnes personnes, il faut trouver des représentants du Moyen-Orient ou de l'Asie suffisamment compétents et charismatiques pour discuter entre eux et être écoutés et crus par les populations locales. Ce n'est pas avec nous qu'il faut que la région du Moyen-Orient fasse la paix, mais entre eux. (Nous, ils ne nous croient pas, et pourquoi nous croiraient-ils, depuis le XIXe siècle, depuis les traîtrises de Lawrence d'Arabie, le lâchage de Mossadegh, etc?)
Y a-t-il aujourd'hui des personnages suffisamment emblématiques pour porter cette volonté de (future) paix? Je ne peux penser à aucun nom, mais je ne suis pas une spécialiste. Il doit bien en avoir quelques-uns (pas sûr…).

Zut

J'ai oublié l'Oulipo. Pour une fois que je n'avais pas grec. J'aurais dû regarder mon agenda.

Mercredi chaotique

Quatre de couple Daryl, la première que je le vois sorti par des loisirs.
Julien, Véronique, Pascal. Beaucoup de vent, mais il fait beau.
Une débutante s’est mise à l’eau en quittant le ponton en double canoë. J’espère qu’elle avait des habits de rechange pour retourner au bureau.

Un peu de fièvre.
Je quitte le bureau pour aller voir la suite du Labyrinthe (il me faut du courage pour oser l’avouer ici!) au lieu de travailler le concile de Chalcédoine… Toujours ce futur apocalyptique. Beaucoup de violence, de noir éclairé de lampes torches. L’amitié, les rebelles, la trahison.

1Co 11,10 : le sens d’exousia qui signifie toujours une autorité exercée (et non subie) a été distordu pendant des siècles jusqu’à la TOB de 2010. La Bible Segond traduisait correctement mais ajoutait une paraphrase pour orienter la lecture.
Je m'endors en cours. Me rappeler: si je rame le midi, dormir vingt minutes avant le cours.

Démenti

Pour faire mentir ce que je disais hier, deux allusions aujourd'hui, mais par des étrangers (sont-ils émus pour nous, ou effarés que de tels événements arrivent ici, à Paris?) :

- la prof de grec, grecque, commence tout à trac le cours par une minute de silence.
- l'étudiant indien, qui murmure quelques mots sur la tristesse des événements. Je réponds avec légèreté, peut-être trop d’ailleurs, je l'ai regretté: «Oh, il y a toujours eu des attentats à Paris. Ici par exemple, (j’étends la main vers la rue de Rennes), il y a eu une bombe, et dans le RER… la nouveauté, ce sont les fusils mitrailleurs.

Silence

Me surprend et me réconforte le silence depuis deux jours. Pas de discussion de café du commerce, pas de solution ou d'explication à l'emporte-pièce, pas de larmoiement ou de colère. A l'aviron déjà, dimanche matin, le sujet n'est pas évoqué. Aujourd'hui en entreprise, tout se résume à un «Ça va?» les yeux dans les yeux, un acquiescement, une reconnaissance, et nous parlons d'autre chose. Ce soir encore, durant le plat avalé avant le cours, personne n'échange sur le sujet, comme si tout avait été dit ou qu'il n'y avait rien à dire.
Je trouve cela infiniment reposant.


Requête à ma famille ou amis (à mes amis pour qu'ils le disent à ma famille): s'il devait arriver que je meure dans un attentat, n'acceptez pas la diffusion de ma photo ou d'une biographie en trois lignes sur le net ou dans les journaux. Paix à mes os. (Ceci n'est pas un jugement pour ceux qui préfèrent cela, qui ont besoin de cela. Le chagrin peut se vivre de tant de façons. Mais me concernant, I would prefer not to.)

Premier dimanche après l'attaque

Sortie en yolette de pointe.
Plus de feuilles, ciel et Seine bleus (très rare, je l'ai toujours vu verte).
J'ai tâché de prendre une photo horizontale, pour une fois.





A. est partie avec la Coccinelle. Nous conservons sa voiture pour que O. s'entraîne un peu sur boîte manuelle.


En découvrant la difficulté à identifer les morts et les blessés, je me faisais la réflexion que nous portons rarement de quoi nous identifier sur nous-mêmes, mais plutôt dans des sacs vite oubliés dans la panique.
Et je me disais que j'allais peut-être recommencer à coudre des étiquettes dans les manteaux et vestes de la famille. Est-ce une pensée morbide? (Ou juste pratique? Ou les deux?)

"Si tu veux faire rire Dieu, parle-lui de tes projets"

(proverbe polonais)

Journée blanche, anesthésiée. Certains parlent de colère, d'autres de partir. Je ne ressens rien d'autre que l'inéluctable et une certaine détermination.

Quand donc ai-je entendu parler pour la première fois de la proclamation d'un "califat"? C'était l'été, en 2014, et ce jour-là, j'ai su qu'il y aurait la guerre, aussi sûrement que si j'avais entendu Hitler parler du IIIe Reich. Puis les massacres d'hommes, les enlèvements de femmes, les conquêtes territoriales. Cela ressemblait tellement à la conquête territoriale arabe de la fin du premier millénaire (ou celle de Charlemagne deux siècles avant, pour "équilibrer" les religions: car pour moi il s'agit avant tout de conquête de territoire, la religion n'est qu'un instrument de communication (de propagande, de marketing). L'important, c'est le pouvoir et la richesse.) Un jour, il y aurait affrontement, c'était certain; mais pour cela, il faudrait que l'Occident se sente, soit, directement menacé.
Eh bien voilà. Que va-t-il se passer?

Le bilan est incroyable, cent-vingt-neuf morts, plus de trois cents blessés. Je repense à M. qui me demandait si les gens avaient raison de quitter la Syrie, s'ils ne feraient pas mieux de rester chez eux pour défendre leur pays: «tu sais, quand tu es civil, tu ne défends rien du tout. Tu te prends des bombes sur la tête et tu ne peux absolument rien faire. Ta seule obsession, c'est de nourrir les enfants».
Ce matin, nous pouvons un peu plus imaginer ce que cela serait de vivre ainsi tous les jours.

Ce qui me paraît extraordinaire, ce qui suspend le temps, c'est de repenser à son propre état, ses pensées, ses projets, quelques heures avant les événements, dans l'innocence, quand nous ne savions pas ce qui nous attendait. Fêter un anniversaire, planifier un week-end, travailler le dossier du TG (en retard, en retard), téléphoner à sa tante, écrire des choses de peu d'importance sur FB, tout était différent avant les événements, tout prend une autre couleur et un autre poids après, je me prends à penser «si j'avais su, je…» Mais je quoi? C'est une vie normale, et ce que vienne chercher ceux qui fuient, c'est une vie normale, une vie où il est normal que le plus important soit de planifier des anniversaires et des week-ends, et non la façon de survivre sans eau dans une cave.

Cependant, c'est l'état de toutes nos minutes. Nous vivons dans la certitude de nos prochaines heures et journées, et pourtant à tout moment il peut y avoir un accident, une rupture, une mort, qui fasse que «plus rien ne sera jamais comme avant». Mais nous l'oublions. Est-ce un bien ou un mal, la condition nécessaire pour pouvoir vivre, le luxe d'une vie sans grande difficulté, ou l'erreur qui ne nous fait pas assez profiter de chaque minute?

Etat d'urgence. H. et A. avaient rendez-vous à Paris —chacun de leur côté— ce matin, j'avais cours l'après-midi, nous serions peut-être passés à la galerie Sakura ensuite, O. se serait débrouillé seul pour sa réunion scoute, il fallait caser les courses, etc: tout cela annulé, tous ces projets, cette agitation, cette futilité, annulés.
Comme c'est simple.
Etat d'urgence.

Massacre

L'ordinateur étant enfin arrivé, nous avons fêté à nouveau l'anniversaire de A. (avec un gâteau, des bougies, la totale).
Puis je me suis zonée devant Le Labyrinthe emprunté au CE (on dirait une histoire de Signe de Piste) tout en surfant dans les fils RSS de la semaine (parce que le film ne nécessite pas tous mes neurones). Vers 23 heures, je lis un statut de Pascal disant à peu près «Putain, obligé de téléphoner aux enfants pour savoir s'ils sont en vie», et cela ressemble tant à un reproche de ma famille quand je n'ai pas donné de nouvelles depuis longtemps (sauf qu'eux ne téléphoneraient pas) que je m'apprête à répondre ironiquement quand cette bizarrerie m'arrête : Pascal n'est pas ma tante, ce n'est pas normal.
Trois clics plus tard, j'ai compris avec effarement qu'il ne parlait pas au figuré.

Je descends chercher mon portable qui a sonné peu avant (serait-ce les enfants?): un sms de ma mère qui me demande si nous allons bien. Je ne réponds pas. Les grands sont quelque part à Paris, chez des amis ou au cinéma. Je suppose qu'il n'y a plus de RER, il faut sans doute aller les chercher.
Je leur envoie un sms pour savoir où ils sont et descends prévenir H.: «allume la radio, regarde internet, sais-tu où sont les enfants?» Le temps qu'il comprenne ce qui se passe et qu'il me réponde, nous entendons la porte d'entrée s'ouvrir. Les grands sont rentrés des Halles sans rien savoir, sans se rendre compte de rien. Le seul commentaire que nous aurons sera: «ah oui, on a vu plein de voitures de policiers passer dans l'autre sens.»

J'envoie un sms rassurant à mes parents et remonte voir la fin de mon film en tâchant de comprendre ce que je lis sur internet, en tâchant de le croire. De minute en minute il y a de plus en plus de morts mais on ne sait pas si les informations sont exactes, je pense à l'assaut de l'école en Tchétchénie, Bataclan, concert de Death Metal, match de foot, terrasse d'un café. Confusion. Hollande, Obama, état d'urgence déclaré, recommandation de rester où l'on est, hashtag #porteouverte pour accueillir les gens errant dans Paris.

Agacée

Mardi, la RH a envoyé un mail à toutes les femmes cadres d'un certain niveau. Je l'ai lu avec stupéfaction, j'ai ri, je l'ai commenté à ma collègue, et je suis passé à autre chose.
Mercredi, en revenant de Melun, n'ayant rien à faire en conduisant, j'y ai repensé et une certaine forme de colère s'est installée : qu'est-ce que c'est que ces foutaises, et surtout, pourquoi et comment notre direction groupe peut-elle s'associer à cela? (Je suppose que cela leur permet d'afficher une action supplémentaire dans la lutte pour la diversité ou contre la discrimination (je ne sais plus quelle est la "lutte" à la mode actuellement, ni si ces deux appellations recouvrents exactement les mêmes "combats".) Je suppose qu'il doit exister quelque part un rapport annuel à rédiger, puisque nous avons une "charte de la diversité" et un accord pour l'égalité hommes-femmes (enfin, il me semble. Entendons-nous bien: ce n'est pas que je sois contre, c'est que je souhaiterais moins de chartres et plus d'actes concrets. Est-il normal qu'il n'y ait pas une seule femme dans la direction générale groupe, et que lorsqu'il y en a (c'est arrivé), ce soit toujours à la RH, au marketing ou à la communication? Nous sommes capables de manipuler des chiffres, vous savez (enfin bon).)

Donc voici le mail:
Bonjour à toutes,
Les 14 et 15 novembre prochains, le Groupe sera partenaire de la 2ème édition des journées Happy Happening (suite des rencontres "Aufeminin.com"), un événement pour découvrir, partager et réfléchir aux mutations de notre environnement.

L'objectif ? Révéler (ou réveiller !) la leader qui sommeille en vous !
Happy Happening donnera la parole à une trentaine de speakers, chercheurs, entrepreneurs, artistes, penseurs… pour faire évoluer les mentalités, bousculer les conventions, débattre et ouvrir des perspectives sur le monde de demain.

Monentreprise soutient cette initiative groupe et, dans ce cadre, vous invite à ces journées Happy Happening au Carreau du Temple à Paris.
Venez nombreuses nous retrouver sur le stand Monentreprise pour cet événement solidaire, engagé, participatif et audacieux !
Jusque là, ça va. C'est le programme de la journée qui m'a fait sursauter :
I/ Le programme de l'événement
Happy Brain : un colloque animé par une trentaine d'intervenants emblématiques issus de tous les horizons.
Happy Show : des animations lifestyle, des cours de sport, de relaxation, des dégustations, des concerts, des shows humoristiques…
Happy Brand : une vingtaine de marques offrant aux visiteurs une expérience unique

II/ Sur le stand Monentreprise
Des conférences de coaching RH :
Changer de cap / "oser" se mettre en danger
Comment se construire une image

Des conseils de la diététicienne XXX :
Le déjeuner : des idées pour manger équilibré
Faire ses courses : apprendre à lire les étiquettes
Astuces pour préparer un dîner sain, équilibré et bon

Pour plus d'informations sur les journées Happy Happening et pour l'achat des billets d'entrée, rendez-vous sur le site happyhappening.
Euh… Lire les étiquettes? J'en parle à déjeuner, j'essaie d'évaluer si je suréagis: «Qu'est-ce que c'est que ce truc? Ils veulent faire un blog de filles? Vous croyez qu'ils auraient mis un diététicien dans un salon "pour hommes"? Inutile, répond H., eux, ils savent lire les étiquettes.» (Fou rire autour de la table)

Depuis j'essaie de relativiser, de me dire que les hommes sur "leurs" salons ont aussi droit à leurs futilités, le vin, les voitures, le foot, la bière, (les putes…)
Enfin bon, bis.


Et maintenant, la question qui tue: fais-je part de ma protestation à mon chef? Nous avons pourtant dans le groupe une manifestation plus porteuse de dynamisme (sans compter le mécénat pour le cinéma et les maladies rares, mais ceci n'est pas spécifiquement féminin).


Agenda:
Magnifique lever de soleil sur La Défense.
Pris mon temps à boire un café pain d'épice au Starbuck en attendant que le soleil soit vraiment levé.

Epître aux Hébreux

— Il y a les sept proto-pauliniennes, 1 Thessaloniciens, Galates, les deux aux Corinthiens, Romains, Philippiens, Philémon; les deutéro-pauliniennes, Colossiens, Ephésiens, 2 Thessaloniciens; les pastorales, Tite et les deux à Timothée.
— Et l'épître aux Hébreux ?
— En ce qui concerne l'épître aux Hébreux, souvenez-vous simplement que ce n'est pas une épître, elle n'est pas de Paul et elle n'est pas adressée aux Hébreux.

Plumeau peupliers

Huit de pointe. La première fois depuis trente-cinq ans, au moins. Ou la première fois tout court, je ne sais plus, en fait.
Il ne me reste plus que le quatre de pointe à essayer.

Caroline, ancienne internationale en train de monter dans son skiff:
— Oh, un huit, ça ne se retourne pas. Mais ça peut casser.

Franz, entraîneur : «en huit, deux règles de base: être assis sur ses deux fesses et ne pas plumer» (ce qui signifie qu'il ne faut pas tenter de trouver l'équilibre en compensant par le corps ou la pelle mais travailler la hauteur de mains).

Un peu moins beau que dimanche, mais encore jambes et bras nus.





PS : j'ai téléphoné à ma tante qui travaillait à la sécurité sociale. Anecdote:
— Un jour, il fallait aider quelqu'un à remplir la déclaration de sa femme qui était enceinte. Il a coché "oui" à la question "s'agit-il d'un accident?" Impossible de lui en faire démordre, même en lui expliquant que pour nous, cela signifiait qu'un tiers était impliqué.
— Après tout, c'était le cas. Avec de la chance, c'était peut-être lui.

Détails

Double skull Herbinet avec Jean-Pierre. Ça tangue.
Martin-pêcheur et concert de cor sur la rive.
Il fait toujours aussi doux, aussi beau.

Oublié à la maison les feuilles de grec que je voulais travailler en bibliothèque. Commencé St Jean à la place.
Tartare-frites au café. Enfin les dîners reprennent : j'ai cru que justemement l'année où je pouvais enfin y assister une demi-heure, ils n'auraient plus lieu.
Nous avons quitté les querelles byzantines pour la théologie médiévale (christologie scolastique). A vrai dire tout cela me dégoute un peu: que de spéculations et surtout de conclusions sans aucun moyen de les vérifier, de les assurer par l'expérience objective (et surtout que de personnes jugées et rejetées à partir de telles conclusions… J'y vois une forme d'orgueuil démesuré. Est-ce l'effet de la nouveauté, comprendré-je mieux quand j'en saurai plus?)
Science infuse. Combien de fois ai-je entendu «je n'ai pas la science infuse»? Découvert ce soir que cela a un sens précis: science infuse, science des anges qui n'ont de connaissances que ce qui est nécessaire à leur mission.
(Et pour donner un exemple des "conclusions" dont je viens de parler: Jésus avait trois sortes de connaissances : la science acquise (expérience humaine), la science infuse et la science de la vision béatifique. Mais pourquoi s'être ainsi creusé les méninges? Qu'est-ce que cela apporte? Conclusions inutiles et invérifiables.)
Enfin bon.
Anniversaire de la chute du mur, de F, de l'extraction de mes dents de sagesse.
Anniversaire d'Imre Kertész.
Mort d'Apollinaire.

Seul sur Mars

Beaucoup dormi. Pas ramé, non que je n'ai été levée à temps, mais j'ai eu peur de la semaine à venir si je ne récupérais pas suffisamment aujourd'hui.

Un peu honte de ne pas avoir profité davantage du temps hors de saison qui s'offre encore. Les fleurs de néflier attirent les papillons, leur parfum ressemble au jasmin.

Seul sur Mars au cinéma municipal. Encore de la pub pour devenir ingénieur: vous saurez faire pousser des patates, synthétiser de l'eau, fabriquer des bombes, utiliser un code hexadécimal pour dialoguer avec la terre quand tout le reste sera KO.
Point géopolitique intéressant : c'est la Chine qui propose son aide, pas la Russie.
Point mythologie et nostalgie (je songe toujours à Barthes quand je vois ce genre de film): comme dans Les gardiens de la galaxie, le disco est la musique de référence.

On passe un bon moment, c'est meilleur que Gravity.

Cinquante et vingt

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Colloque et quiproquos

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L'Enéide

Ligne 12 entre Concorde et Sèvre-Babylone, vers 18h30.




J'ai failli ne pas aller ramer, mais il fait si beau que cela aurait été péché.
Belle sortie en quatre. Peter, Gaël, François.
— C'est le dernier quatre qui reste, si nous le cassons, je pense que nous ne ramerons plus jamais!
— Et ben ça va, t'es optimiste!


Grec :
zugmos: d'où zeugme, «un pont entre deux sens», proposai-je.
— Oui. (Elle dessine au tableau) Ce qui lie. C'est un joug. (Elle continue), d'où sun, avec, sun zeugmos, lié avec, portant le joug ensemble, le conjoint, suzugos. Et syzygie, c'est vraiment le soleil qui a rendez-vous avec la lune.
Plus tard (Matthieu 4,13)
Parathalassian, c'est plus qu'au bord de la mer: Capharnaüm-sur-Mer, Capharnaüm-les-Bains.

Taphonomie

Samedi dernier, j'avais trouvé par hasard une vidéo instructive sur un sujet généralement évité. J'avais failli en faire un billet (après tout c'était Halloween) — et puis j'avais trouvé un sujet plus léger.
Mais aujourd'hui je tombe sur ce passage dans le policier polonais que je suis en train de lire:
Boros nous expliqua qu'il avait jadis été consultant auprès de la police. Et qu'il avait suivi des formations en taphonomie.
— En taphonomie? demandai-je. Qu'est-ce que c'est?
— C'est la science de la décomposition des corps. Taphos signifie «tombe» en grec.

Olga Tokarczuk, Sur les ossements des morts , p.199, éd Noir sur Blanc 2012. Traduit par Margot Carlier (2010 en Pologne)
La vidéo dont j'ai parlé au début parle du même sujet : il s'agit d'une "ferme à cadavres" au Texas, destinée à étudier la vitesse de décomposition des corps, etc, et à former les étudiants. Voilà la vidéo.
Attention, c'est assez particulier.

Sept ans de réflexion

Skiff et grec. Le quatre Coureuse a été cassé samedi. Collision ave un huit.

JDC (journée Défense et Citoyenneté, à peu près) pour O.
— C'était bien?
— On a mangé à la cantine. Ce n'est pas très bon, mais c'est copieux.
— Arrête, on dirait Astérix gladiateur!
— Il y avait un test de vocabulaire, il fallait dire si le mot existait ou pas, on avait entre trois et cinq secondes. Il y en a plein qui ne connaissait pas "liseron".
— Et serpolet? Tu connais "serpolet"?
Non, il ne connaît pas. L'odeur d'amande amère du liseron est une odeur que j'aime beaucoup.


Ajoutons qu'Enard a eu le Goncourt, Enard, qui fut la cause indirecte de "l'affaire JA" de 2008: JA avait écrit un billet insultant contre Enard et Zone, le blogueur Pedro Babel avait répondu, JA était devenu agressif et omniprésent (sa grande force : le temps que ce chômeur peut passer derrière l'écran contre nous pauvres tâcherons occupés à gagner notre croûte), Pedro Babel avait cédé et retiré son billet tandis que JA écrivait à tous les commentateurs du billet de Babel pour les insulter…

C'était il y a sept ans presque jour pour jour.

Indignée par la faculté de JA à faire disparaître d'internet les preuves de son agressivité et de son harcèlement1, j'ai décidé sur un coup de tête (et contre l'avis de PZ («cela va mal tourner et tu vas être malheureuse»: je me souviens de ses paroles en sortant du Bugsy comme si c'était hier)) de créer un groupe secret sur FB pour y collecter les traces conservées par les uns et les autres (copies d'écran, pdf, etc) des blogs et conversations disparus d'internet.

Puis cela a dégénéré.

Je n'en ai pas parlé tout le temps que cela a duré, par superstition, pudeur, correction; je songe maintenant à retracer la chronologie des faits. Je crée une rubrique "affaires JA", au pluriel, parce qu'il y a une affaire en mars-avril 2007, plutôt sur la SLRC, puis une affaire à partir de juin 2009, plutôt sur FB, se ramifiant en trois procès. On verra bien si j'ai l'occasion de m'y pencher de temps en temps, certains soirs.

PS : JA nous doit encore quelques centaines d'euros, sentence du procès en correctionnel. La dernière fois que les avocats nous ont contactés pour nous en parler (février 2015), ils ont également proposé que nous fassions disparaître d'internet toutes les traces de cette affaire: les bras m'en sont tombé, JA n'a vraiment rien compris à ce qui m'avait scandalisée (et me scandalise encore, dans le principe). Nous avons refusé : que les traces restent, cette fois-ci.
Depuis ce refus, nous n'avons plus entendu parler de rien.


Note
1 : Même Didier, qui avait tenu tête si drôlement à JA dans une autre querelle en 2007 (précédente affaire dite "querelle des Infréquentables" résumée ici qui faisait que JA me détestait), même Didier, donc, avait fini par mettre ses billets hors ligne, tandis que concernant les traces de cette querelle sur la SLRC, JA avait fait pression sur le webmestre pour qu'il mette les conversations hors ligne.

Vieillir

— Tu as l'air fatiguée.

On me le dit souvent en ce moment. Je ne dors pas beaucoup, et encore moins depuis le changement d'heure (je n'arrive pas à me coucher), mais je crois qu'il s'agit surtout de la conséquence de mes efforts pour ne pas grossir.

Une amie de ma mère disait: «A partir d'un certain âge, une femme doit choisir entre son visage et ses fesses» (j'ai l'impression d'avoir déjà écrit cela ici mais je ne l'ai pas retrouvé). J'étais adolescente et je n'avais pas compris. Elle m'avait expliqué qu'il s'agissait d'avoir un visage lisse et des grosses fesses, ou une taille fine et des rides.

A ma grande surprise, je viens de retrouver cette idée dans Proust:
Comme les femmes qui sacrifient résolument leur visage à la sveltesse de leur taille et ne quittent plus Marienbad, Legrandin avait pris l'aspect désinvolte d'un officier de cavalerie.

Marcel Proust, La Fugitive, p.665 (Pléiade, Clarac)
Je ne pense pas ressembler jamais à un officier de cavalerie, ou beaucoup plus tard, après soixante-dix ou quatre-vingts ans.
Ce qui m'importe, ce n'est pas tant d'engraisser que de ne plus pouvoir mettre mes robes.

Toussaint

Magnifique matinée. Difficile de se croire en novembre. 17° au retour de Melun.





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