Vendredi

Chez le coiffeur. Remboursez ! : on me donne Art & Décoration — et mes potins, alors? Rien que quelques photos, très bleues, dans VSD, d'Obama en vacances près des îles Moustiques chez un ami milliardaire. Il est remarquablement musclé, il faut croire qu'il y a une salle de sport dans les sous-sols de la Maison blanche.

Plus de billet pour Chtchoukine, même de sept à neuf. Il faudra donc aller à St Pétersbourg et Moscou.

Je lis Paul Beauchamp et j'ai l'impression de lire Roland Barthes: la même façon de donner l'impression d'avoir fumé la moquette (de la bonne), la même capacité à poétiser en utilisant des mots techniques, à transformer la technique (théologique dans un cas, linguistique dans l'autre) en poésie.

133/365 : RAS

8h (seule sans Olivier parti en courant en oubliant son téléphone dans la voiture) : RAS

18h50 retour classique (ligne 1 - RER A - RER D gare de Lyon) : RAS

132/365 : RAS

7h52 : RER D. Je prends la ligne 1 parce que la A prend du retard et tous les écrans sont muets.

17h20 : ligne 1 puis ligne 14 station bibliothèque.
23h45 : ligne 14 puis RER D gare de Lyon à 23h02

Aviron, organisation et excitation

Que de on: Marion Le Pen arrangue: «on voit bien avec quoi riment tous ces Macron, Hamon, Fillon». Réponse d'un twitos: «Eh championne, tu te souviens de ton prénom?»
Ou encore: l'univers est rempli de neutrons, de protons, d'électrons et de cons.

Aviron: même double scull avec Jérôme. Les berges ont été dégagées, coupe en brosse pour les arbres taillés à la verticale des berges (tailler est faible: parfois abattus, il ne reste que la souche). Cela sert quelque peu le cœur (et les oiseaux? cela au moment de la nidification…) mais avec quelle périodicité cette opération est-elle menée? Tous les dix ans, tous les vingt ans? La crue a entraîné une sorte de mise aux normes des berges, et ce n'est pas inutile d'un point de vue pollution (évacuation des eaux grises des péniches stationnées jusque alors de façon plus ou moins sauvage).
Quoi qu'il en soit, cela augmente d'un tiers l'espace navigable, ce qui n'est pas négligeable dans la mesure où nous ramons "à reculons" : il faut se retourner pour voir où nous allons et éviter les collisions; une voie plus large permet de gagner en sécurité.
Le niveau de l'eau est bas, le courant un peu plus fort, avec un vent dans le même sens: ramer contre le courant et le vent, ce qui signifie au retour avec le courant et le vent…

Organisation du prochain stage d'aviron à Bellecin. TGV pour Dijon, puis voiture de location. Je vais rater un cours de grec, déjà que nous n'en aurons pas beaucoup cette année… (j'espère que la professeur nous proposera quelques cours de compensation en fin d'année).

Excitation: coup de fil de H qui rencontrait une des personnes qui s'est réjouie de le savoir sur le marché du travail: on lui offre un pont d'or et un challenge très intéressant, tout en reprenant tout ou partie de son ancienne équipe…

131/365 : Retard le matin

O. voulait être à l'heure car il ne savait pas si oui ou non il avait une interro lors de sa première heure de cours.
Nous nous sommes appliqués, nous sommes montés dans le RER de 7h42 (et non le suivant, que nous avons normalement par défaut dans notre nonchalance). Et nous avons mis une heure à arriver à la gare de Lyon, sans réellement savoir pourquoi puisque les annonces faites sur les quais n'étaient pas compréhensibles. (O. est arrivé avec une demi-heure de retard. Heureusement il n'y avait pas d'interro.)

17h10 ligne 1, RER A pour les Halles.
19h15 Zaco aux Halles.

Les vraies femmes

Moment de stupeur et d'embarras quand je rends les quatre Taniguchi et L'Arabe du futur, t.3, empruntés la semaine dernière.
— Et il faut combien de temps pour lire cela? me demande un homme à mes côtés devant le bureau de la bibliothécaire.
J'évalue, je tends la main vers les volumes: «Ces deux-là en une soirée, ces deux-là, chacun une soirée (cela correspond aux dates d'emprunt), celui-là une soirée».
L'homme fait une mimique que je ne comprends pas, la bibliothécaire qui le voit de face commente : «Y'a du niveau», je me demande si elle se moque de moi puis je me rends compte que l'homme est impressionné, ce qui m'embarrasse (si j'avais soupçonné cela, j'aurais dit autre chose) et je murmure: «c'est des BD, quand même…»
(Si je raconte cela, c'est pour illustrer ma difficulté à trouver mes repères entre les personnes que je fréquente qui trouvent déshonorant d'ouvrir une BD et celles que je croise que cela impressionne… La plupart du temps je cache ce que je lis, mais là, je ne m'y attendais pas, j'ai été prise de court.)

Je pense que j'ai dissipé le cours d'allemand (mais le prof, de retour d'une rencontre au centre orthodoxe St Serge où il avait bu de la vodka pour l'entrée en Carême (ce que je n'ai d'ailleurs pas compris: ils ont Noël plus tard que nous et le Carême plus tôt?), était déjà bien guilleret) en apprenant à la classe l'existence de Bescherelle ta mère (sur le fond, ça me paraît important qu'un philosophe et des élèves qui se destinent à devenir pasteurs aient connaissance de cela (au départ, nous parlions du Bescherelle à une élève allemande qui vient à cet atelier pour perfectionner son français)).

A 19 heures était donnée à la librairie Palimpseste une lecture d'extraitsSauvé et des Vraies femmes. J'avais déjà entendu (en entier) la première pièce, il me restait à découvrir la seconde, horripilante comme de juste. (Et je songe à ce billet qui m'a profondément marquée : tout cela est si proche, proche à nous toucher).

Evidemment, il était machiavélique d'organiser une lecture dans une librairie. Je n'y entre plus pour ne plus acheter. Mais bast, après tout, maintenant nous avons des étagères. Je vais donc faire la liste des livres que je portais en rentrant, exercice auquel je ne me livre plus, par embarras d'être dans l'ostentation:
- Riad Sattouf, L'Arabe du futur, tome 1 et 2 empruntés à la bibliothèque du CE le midi;
- JRR Tolkien, Beowulf, que je n'en finis pas de lire, cantonné qu'il est aux heures de transport que je passe dans mon smartphone;
- le Théâtre complet d'Anne Charlotte Leffler traduit par Corinne François-Denève, qui était la raison pour laquelle j'étais ici (je songe à offrir ce livre au responsable de l'atelier théâtre de l'école alsacienne, et aussi à la jeune fille qui a monté Les mains sales l'année dernière);
- livre vu et acheté sans préméditation : A la recherche de La recherche, notes de Joseph Czapski sur Proust au camp de Griazowietz (1940-1944), sous la direction de Sabine Mainberger et Neil Stewart. Je le vois, je pense à Dominique, je le feuillette, des textes en allemand que j'ai l'impression de comprendre un peu et des photos de mind-mapping, je l'achète;
- livre vu et acheté sans préméditation : Le traité des équitations, parce qu'il cite le nom de La Guérinière dans son introduction et parce qu'il est écrit par un roi. Je le destine à A.
- livre recherché : je prends l'Arno Schmidt en rayon que je n'ai pas : Le cœur de pierre, parce que le but est d'être capable de le lire en allemand un jour.
- livre recherché : j'ai tenté de me souvenir du titre de Delbo cité par Guillaume, et dans le doute, j'ai pris les trois aux éditions de Minuit présentés sur table: Aucun de nous ne reviendra, Une connaissance inutile, Mesure de nos jours. (finalement c'était les trois, trois tomes d'Auschwitz et après. Comment expliquer la place de "la destruction des juifs" dans ma vie? Il est au cœur de l'interrogation religieuse, les Psaumes comme un gigantesque mensonge, la plus fantastique des blagues, une souffrance permanente pour qui ne peut cesser de croire sans comprendre le sens de cette trahison de Dieu— si on croit).

130/365 : une personne heurtée

O. commence à 10h30 le mardi, je suis donc dans un état de "vacance". Je pars donc tard, en faisant un détour pour éviter de passer devant les écoles (8h30, c'est la mauvaise heure) et en restant bloquée ailleurs sur le trajet.
J'arrive sur le quai : bondé. Trains supprimés, retardés. Une personne s'est fait heurtée à Maisons-Alfort, beaucoup plus tôt, vers 5h30. Je sais déjà qu'il y aura déjà des trains, mais qu'il sera impossible de monter dedans.
Je le sais peut-être trop bien d'ailleurs, car je n'essaie pas de monter dans le train qui s'arrête à neuf heures. Je le regretterai ensuite, car le suivant ne passera que quarante minutes plus tard. (Je préviens O: H. le déposera à Boissy St Léger, RER A). Un moment j'envisage de rentrer : après tout, je ne travaille pas l'après-midi, ça va vraiment faire court!)
Debout, tant debout que j'ai des fourmis dans les plantes de pied et les orteils (bottes rouges). J'arrive une heure plus tard au bureau.

14h: ligne 1 ligne 6 métro St Jacques
18h40 : ligne 6 ligne 7 : Censier-Daubenton.
22h00 : velib pour RER D à gare de Lyon. Zaco de 22h36.

Fin des vacances

Ma tentative de mettre en place (encore !) de nouvelles habitudes de travail fait que je n'ai pas ramé la semaine dernière. J'arrive en retard, je monte en double avec Jérôme. (Il y a si peu de courant, le bassin est si calme que nous sortons tous en bateaux courts, même les débutants de l'année.) L'arbre qui bloquait une partie de la largeur du cours depuis la crue a enfin été enlevé et nous avons un boulevard devant nous. Belle sortie, nous manquons d'équilibre mais pas de puissance (Jérôme est encore impressionné par une sortie qu'il a faite avec Emmanuel et je le comprends: Emmanuel est impressionnant.)

Bibliothèque de l'ICP. Une heure de théologie morale, une heure de grec. Je découvre en cherchant un lexique dans les rayonnages un livre étonnant, A Grammatical Analysis of the Greek New Testament, qui parcourt le Nouveau Testament en ne s'arrêtant qu'aux difficultés grammaticales, sans citer l'ensemble du texte: des notes en soi. Se lit comme un roman, peut-être (si on lit le grec et comprend l'anglais (ou alors le latin: l'anglais était à l'origine du latin).

Quelques recherches plus tard, voir le chapitre 15 de ce livre.

129/365 : le retour du train court

Fin des vacances, je reprends les horaires de O. Toujours à la limite d'être en retard : nous voyons passer le train précédent sans nous presser pour tenter de l'attrapper.
Nous arrivons sur le quai, en tête (vu l'endroit où nous garons la voiture), pour prendre le suivant : vieux gag, le train s'arrête loin devant nous, c'est un train court. Cinquante mètres de quai à parcourir pour atteindre la rame. Nous passons en courant — pour rejoindre les premières voitures — devant l'habitacle du conducteur qui a baissé le rideau devant sa fenêtre (première fois que je vois ça), sans doute fatigué d'être regardé de façon furibarde.

17h : ligne 1 puis 12. Rue de Rennes. 22 h10 : ligne 4 puis RER D de 22h32 aux Halles. Arrivée sur le quai 1 à Yerres, ce qui signifie quarante à cinquante centimètres à franchir entre la voiture et le sol. Les travaux battent leur plein sur la longueur de la ligne.

Organiser la dispersion de mes cendres

C'est ainsi que mon chef décrit son départ en retraite — dans dix mois environ. Il s'agit de répartir ses différentes tâches qui parfois ne tenaient davantage à sa personnalité qu'à son poste. En l'écoutant ce matin je me disais qu'il allait me manquer, que j'en ferais volontiers «un ami de la famille»: notre type d'humour coïncide.

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Agenda
Puisque les étagères qui nous attendaient à Tours n'atteindront jamais la maison, H. est allé en acheter sept ce soir à Ikéa. Yapuka les monter.

La prof de grec revient le 2 mars. J'ai rouvert ma grammaire.

Au lit

Rhume. Mal dormi, peu dormi, réveillée tard. Je ne me suis pas levée de la journée.

Flocons

Double canoë avec Nadine. La neige commence à tomber. Les yolettes font la course. La dernière ne nous a pas rattrapées (yes!!).
Je n'aurais peut-être pas dû sortir sur l'eau, je crois que je suis malade. L'émotion des derniers jours qui retombe, peut-être (j'ai souvent un rhume après un gros coup de stress.)

Le fauteuil-club qu'on avait prévu d'installer au dernier étage ne passe pas dans l'escalier.

119/365 RAS

RER D à 8h52
Départ à 17h15 pour tenter en vain de me coordonner avec H. qui rentre de Tours (ce qui sera un échec).
Une semaine sans problème : les transports sont plus fiables pendant les vacances, quand nous sommes moins nombreux, CQFD.

Cinquante ans

Sortie en quatre, aller-retour dans le petit bras parce qu'il y a beaucoup de courant. Je suis à la nage (puis Gilles, Olivier, Alexandre).
Il me semble désormais être soit à la barre soit à la nage. Prendre le petit bras à l'envers donne l'impression de ramer dans un miroir, tous les repères sont inversés (comme à l'aviron on recule, il faut se retourner pour la direction — d'où l'importance et la difficulté de la barre. On prend des repères sur le bassin, tout droit à partir de cet arbre, à partir de cette péniche il faut légèment modifier le cap, etc.: soudain tout est inversé.)
Il fait froid, temps à neige.
J'ai cinquante ans, je regarde la Seine courir sous la coque et je rame comme à quatorze ans sur la Loire. Où est passé tout ce temps?

Nocturnal Animals. Je ne veux pas spoiler mais c'est un film sans rédemption. Faire les mauvais choix et s'en apercevoir (toujours) trop tard. Irréversible.

Le soir dîner en famille à l'opportun. Conversations à bâtons rompus et éclats de rire as usual. Nous ne sommes pas sortables, je note quelques regards étonnés.

Et deux histoires drôles que je ne pensais pas raconter, surtout la deuxième (que les lecteurs pudiques s'abstiennent), mais qu'un ultime ajout de ma fille me fait noter ici.

La première est de H: Un père, son fils et ses deux filles dînent ensemble. L'une des filles annonce: «Papa, je suis lesbienne». Bon très bien, pourquoi pas. Mais la deuxième ajoute: «moi aussi» et le père s'exclame: «mais c'est pas possible, il n'y a personne qui aime la bite, ici? — Si, moi», dit le fils.

La deuxième est plus hardcore. C'est un caniche et un doberman qui discutent dans la salle d'attente d'un vétérinaire:
— Pourquoi tu es là, toi?
Le caniche répond: — Ma maîtresse faisait du yoga à poil, j'ai pas pu résister, et…
— Et?
— Ben on va me couper les coucougnettes. Et toi?
— Un peu pareil: ma maîtresse faisait sa sieste à poil, j'ai pas pu résister, et…
— Ah, toi aussi, les coucougnettes?
— Non, moi on va me couper les ongles.

C'est alors que la voix de A. s'élève: «Ne me demandez pas comment je sais ça, mais on ne leur coupe pas les ongles, on leur met des chaussettes.»

118/365 RAS

RER de 7h52.
métro ligne 1 à 16h50. Sortie à Chatelet.
métro ligne 4 à 20h05. Sortie à Montparnasse
Rentrée en voiture.

Les fous

— A une époque, nos bureaux étaient à côté de l'hôpital xxx. C'est là que j'ai découvert que la folie ne se voyait pas. Il y avait celle que j'appelais "la rafleuse": quand elle arrivait, il fallait tout planquer, les stylos, les tampons, les téléphones… Elle attrapait quelques bics et elle repartait… Il y avait le type super sérieux en cravate qui venait t'expliquer qu'il y aurait des travaux dans la rue, qui te montrait des plans, t'exposait les conséquences. On l'appelait l'architecte. Un jour un homme très bien habillé m'a demandé de lui prêter mon téléphone pour prévenir sa mère qu'il ne rentrerait pas à l'heure. Au fur à mesure qu'il parlait, j'ai compris qu'il s'adressait à l'hôpital et qu'il ne voulait pas rentrer…

117/365 Presque RAS

7h52 : RER A puis RER D puis ligne 1
18h30 : ligne 1 vers gare de Lyon puisqu'un incident est signalé sur le RER A. RER D sans problème.

Sublime

«Erhaben. C'est le mot de Kant, ce n'est pas neutre.»

Schleiermacher. Les Français (les Francs) sont frivoles (en français dans le texte — à moins que le mot n'ait été incorporé tel quel en allemand). Soudain je comprends d'où JYP tient sa façon de traiter les attitudes qu'il réprouve de «futiles».

Et pourquoi sont-ils frivoles? parce qu'ils n'ont rien compris à l'événement le plus sublime de l'histoire du monde.
— Quel est cet événement ? demande le professeur.
Parce que nous traduisons Schleiermacher à l'institut protestant, je tente : «la Création?» Cela pourrait aussi être le Christ, puisque sa caractéristique est de faire irruption dans l'histoire.
— La révolution française. Au XIXe siècle les philosophes allemands se sont quasi donné pour tâche d'expliquer la révolution française aux Français, de leur donner les moyens de la penser.

Et soudain l'énormité de l'événement m'apparaît, un court instant. Je l'avais entrevue en lisant Eça de Queiroz, Lettres de Paris ou… en contemplant la liste des invités aux mariages princiers d'Angleterre: cela reste malgré tout une fête de famille, et les invités sont des gens de la famille au sens large, des rois ou des princes, pas des présidents. Bifurcation dans l'histoire du monde, deux chemins désormais possibles.

116/365 RAS

C'est plus calme durant les vacances.
RER : 8h45.
15h : ligne 1, ligne 6 jusqu'à St Jacques.
18h30 : ligne 6, ligne B, ligne D aux Halles. Je prends le premier RER D qui passe, un "Rovo" (pour Corbeil-Essonne). Je descends gare de Lyon et m'installe dans un Zico (stationné en gare, pour ceux qui suivent).
Je rentre sans problème.

It is closing time in the gardens of the West

Comme prévu jeudi ou vendredi, H. a rencontré B. chez son avocate (plus un autre avocat et le patron du cabinet comptable). A l'origine cela devait être une réunion pour décider de ce qui pouvait être sauvé, mais avec le licenciement de Carole, il n'y a plus rien à sauver.

"Ils" ont essayé, pourtant. Nous avions réfléchi aux conditions: reprendre Carole, ouvrir la filiale aux US. Les deux conditions ont été refusées. En revanche, proposition financière mirobolante pour rester malgré tout. Je méprise ces gens qui pensent pouvoir tout obtenir avec un gros chèque. Allez vous faire f***! Tout ça pour que le cirque recommence dans une semaine ou un an… La confiance est définitivement brisée.

H. me rejoint à La Défense. Nous déjeunons ensemble. Nous faisons la liste des personnes à prévenir personnellement, ceux dont il me semble important qu'ils n'apprennent pas cela par la bande, ceux que nous voulons (espérons) conserver comme amis ou au moins connaissances. Six ans, sept ans… Je me souviens de ce jour de juillet ou août 2010, j'allais entrer dans le RER pour rentrer, j'ai H. au téléphone: «Il faut que je te parle.» Quelle solemnité soudain. J'ai eu peur: j'ai fait une conn**? il a fait une conn***? «Que dirais-tu si j'allais travailler à Mulhouse?» Euh… comment avouer que je ne situe pas exactement Mulhouse, là tout de suite maintenant sur un quai de RER. «Euh, rien… si ça te va, pourquoi pas?» (La même année, en septembre, C. devait partir en Suisse.)
And now back home. (Ça me fait penser que je vais pouvoir m'absenter le week-end: j'évitais, sinon nous ne nous voyions plus du tout.)

Nous faisons la liste du matériel qui appartient à l'entreprise et à rendre. Quand je le quitte, il va s'acheter un téléphone. «L'employé m'a proposé de m'aider à configurer mon iPhone, je lui ai dit que je m'en sortirai».

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La chienne que j'ai d'une certaine façon sauvée il y a deux ans (c'est ma fierté) est morte hier soir.

115/365 En famille

RAS
RER D: 8h20 avec O. qui a cours et H. qui a rendez-vous avec son patron, deux avocats et un comptable (!).
17h 15 à peu près : je retrouve H. sur le quai du RER A et nous rentrons ensemble. O. nous attend à la voiture.

Nancy

Nous avions décidé hier matin d'aller à Nancy pour le week-end, afin de se dépayser, d'oublier le stress des derniers jours en s'éloignant de la maison. Le billet a été pris hier soir, il ne restait plus de place. Train à midi vingt gare de l'est.
Nous visons le RER de 10h45. En arrivant devant la gare, nous découvrons que les trains sont retardés dans les deux sens. O. nous conduit alors à Villeneuve-St-Georges où se croisent des RER de plusieurs branches, ce qui accroît nos chances d'en avoir un. Là nous découvrons qu'il n'y a plus de RER avant 13 heures.

Nous ressortons, annulons notre billet de train. Nous traversons la Nationale 6 pour nous mettre dans le sens de la circulation. Il pleut. Sous l'auvent d'un café triste H. appelle un Uber. Il sera là dans dix minutes. Nous attendons.
Et c'est là, sur le trottoir sous la pluie coincés par un RER qui ne passera pas, qu'H. reçoit un coup de fil de la DAF-DRH (directeur administatif et financier/ directeur des ressources humaines) qu'il a embauchée il y a deux mois: elle est en pleurs, elle vient de recevoir une lettre de licenciement immédiat (durant sa période d'essai). Comble de l'horreur, elle est signée d'EV, un type qui ne lui arrive pas à la cheville et qu'elle mettait en danger par sa compétence et son efficacité. Il faut supposer que B. lui a signé un pouvoir (je n'ai jamais aussi bien compris à quoi servait les pouvoirs qu'en ce moment.) Et si B. l'avait nommé DG? EV directeur général — rire nerveux.)
C'est à la fois un coup de massue (rien ne laissait prévoir cette décision), un désaveu, et un soulagement: tout à coup il n'y a plus rien à sauver, une porte se ferme, il est évident que tout est fini, qu'H. doit partir.

H. passe tout le temps du trajet jusqu'à la gare de l'est au téléphone à discuter avec les autres directeurs qui sont autant d'amis. Je suis gênée pour et par le chauffeur. Cela ressemble à une révolution de palais, "aux abris" et "qui m'aime me suive", cela devait ressembler à ça — sauf qu'il ne risque pas sa tête, c'est tout de même appréciable!

Avec tout cela ce week-end va être ridiculement court. Plus de train direct, un TGV pour Metz vers 14 heures, un TER pour Nancy. Fnac à Metz pour acheter un disque dur (sauvegarder les données), promenade dans Nancy à la nuit tombée. Et qu'avez-vous fait à Nancy? Nous avons acheté des sous-pulls blancs "Petit bateau" (pour le stage d'aviron fin mars: je préfère ramer dans du coton, je n'aime pas les fibres modernes), des bretelles (mercerie rue Raugraff), des bergamotes (cinq cent grammes), de la poudre de riz (mais on dit "libre").
Nous sommes contents d'être là. A la maison nous aurions ruminé, ici nous devisons, nous rions — le cœur gros.

113/365 Catastrophe

10h45 : Les trains sont affichés retardés dans les deux sens. O. nous emmène à Villeneuve-St-Georges. Là nous découvrons qu'il n'y a plus de train avant 13 heures.

Début de clôture

Sortie en huit (de couple) pour la première fois depuis juin 2015. Nous avons fait beaucoup de progrès depuis cette époque où j'avais cru un moment que nous n'arriverions jamais à tourner (et nous voilà partis jusqu'au Havre). L'équilibre était même meilleur que dans certains quatre.
Ce qui me fait plaisir, c'est que c'est Vincent qui nous l'a proposé et non nous qui avons quémandé: il nous considère enfin à niveau. Cela conforte mon idée de proposer aux filles de s'inscrire à la coupe des dames à Angers. (Si nous réussissons à trouver le nombre de rameuses nécessaires (l'expérience prouve qu'il faut être douze ou treize pour faire un huit, paraît-il), il faudra aussi trouver un conducteur pour la remorque. Enfin, nous n'en sommes pas encore là.)

J’ai écrit un mail pour lister les risques réels que court la mutuelle (la question d’un actuaire dans l’après-midi donne à penser que le dernier (des risques que j'ai listés) est peut-être en train de se réaliser, ou est en train de commence à se réaliser (cela prendra bien trois ou quatre ans).
J’ai lancé les premières opérations pour la clôture du bilan. Ce sont les travaux que je préfère, jusqu’à fin avril, le moment où tous les chiffres coïncident et les engrenages s’emboîtent parfaitement.

Front de B.: H. a eu l'expert-comptable au téléphone et a rétabli quelques vérités («B. ment comme un arracheur de dents, ce n'est pas nouveau»), il a rendez-vous lundi avec l'avocat et B. pour essayer de définir une ligne de conduite. «Au moins, dit-il, je vais avoir affaire à quelqu'un qui a toute sa tête.»

Hier H. m'avait proposé de passer le week-end à Caen, j'ai fait une contre-proposition ce matin: Nancy. Au moment de prendre les billets nous nous apercevons avec surprise que les billets de TGV sont en sur-réservation: une fois encore, nous avons négligé de prendre en compte les vacances scolaires qui désormais nous échappent. Nous pourrions prendre un train très tôt, nous choisissons paresseusement 12h20 gare de l'Est: je n'ai pas envie de me presser.

112/365 RAS

RER de 8h52.
RER D à 19h12.

Risques

Pas grand chose.
Un peu agacée de lire la "revue des risques" écrite par un cabinet d'audit avec le président et le trésorier pour qu'à la fin ceux-ci concluent: «en fait il n'y a pas de sujet».
Ben non il n'y a pas de sujet. S'il y en avait eu, croient-ils vraiment que j'aurais attendu cette mission d'audit pour le faire savoir? Enfin, ça fera plaisir à la commissaire aux comptes.
L'agacement au carré, c'est qu'il y a bien des risques (de disparition de la Mutuelle), trois, que j'ai cités. Mais comme ils ne sont pas "opérationnels", ils n'ont pas été repris.

Il se passe quelque chose au niveau de la paie. Je sens des jeux d'influences sans comprendre entre qui et qui ni pourquoi. La mise en place de la DSN (déclaration sociale nominative) exacerbe les tensions.

A la maison, sur le "plan B.", cela ne va pas mieux. H. s'en veut : «si je n'avais pas attendu, tout serait signé».
Mais à l'époque (les quinze premiers jours de janvier, comme cela paraît loin), il s'agissait de ne pas trahir B., de deviner sa volonté pour ne pas agir contre son gré. Il n'y a pas à s'en vouloir de cela, c'est tout à son honneur.
Maintenant tout semble bloqué: ne pas aller en Amérique, perdre les deux ingénieurs-clé, ne pas pouvoir livrer à temps l'Etat, perdre la face… Comment se faire embaucher ensuite?
Tout paraît si grave. Je lui rappelle que c'est une illusion: personne ne se souvient de rien, personne ne se soucie de rien, il suffit de continuer.
H. a enfin mis Nat au courant. Il était temps.

111/365 RAS

RER D à 7h54 (toujours en retard: nous devrions prendre le précédent. Cette fois-ci c'est de ma faute. J'avais coupé la sonnerie du téléphone en pensant qu'il vibrerait. Il n'a pas vibrer).

Ligne 1 vers 19h10. RER A à quai quand j'arrive. RER D gare de Lyon à 19h42 (quatre minutes de retard, négligeable). Attente du bus une fois à Yerres, puis attente dans le bus (c'est long).

Angoisse

Quatre secoué par les péniches : Pascal (qui brûlait de prendre la nage depuis mercredi dernier), Peter et ?? (Christian?) Je suis à la barre. Il fait doux.

J'avais posé mon après-midi pour aller assister à un cours sur la génétique des films (avec Daniel Ferrer) mais entre Trump et B. je me sens fatiguée. Un détour par Ladurée (fatalitas, il n'y a plus de glace au gingembre!) et je rentre. Le voisin est là.

H. a appris que B. a demandé à son avocat de gérer ses affaires. Jusqu'où va le mandat de celui-ci? En attendant, la BPI s'inquiète, plus personne ne lui répond, il y a deux millions d'euros en jeu, ce qui représente une grosse somme pour une PME de quatre-vingt personnes. Et Nat aux Etats-Unis qu'il va falloir payer… et les virements qui ne peuvent être faits sur les comptes américains sans la signature de B… Et les quatre-vingts salariés qui ne savent pas que leur entreprise est sur le fil…
H. est épuisé. Trop de chauds et froids et la perspective de voir disparaître tout ce pour quoi il s'est investi depuis 2010.

110/365 Suppression sans importance

RER D de 7h58 (nous n'arrivons pas à être à l'heure). RAS

départ vers 14h30. Ligne 1 descente à Concorde.
puis ligne 14 à Madeleine vers 16h40

Quand j'arrive sur le quai du RER D, mon train est supprimé. Je m'installe dans celui qui est à quai (annoncé "ce train ne prend pas de voyageur") en supposant que ce sera celui de 17h12. Pari gagné. O. me rejoint et nous rentrons ensemble.
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