Divorce

A-C m'appelle dans le RER. Elle divorce. Son aîné à dix-sept ans demain. Elle s'est mariée en juin 2014, le même mois que Matoo, après vingt ans de vie commune.
Comme une idiote, ce qui m'a échappé quand elle m'a dit cela (après un quart d'heure de conversation professionnelle, après que je lui ai raconté la folie de B. (elle appelait aussi pour s'excuser de ne pas avoir fait signe pour mon anniversaire (puisque nous avons une semaine d'écart et que je lui avais envoyé des fleurs, je suppose))), c'est: «déjà!».
Elle a éclaté de rire. Qu'a-t-elle compris? Je ne voulais pas dire que je pensais ce mariage condamné — ils avaient traversé de telles tempêtes, enfant anormal, enfant non désiré, adultère — que je le considérais solide: l'alliance avait été soumise à rude épreuve et avait résisté; mais plutôt que le mariage est une expérience terriblement difficile.
Je lui en veux à la fois de ne pas être plus résistante (je leur en veux de ne pas être plus résistants) et d'autre part je l'envie imperceptiblement, je sais quelle liberté elle s'ouvre, je la lui envie et je lui en veux de ne pas comprendre que c'est justement à cela qu'il faut apprendre à renoncer — au nom de quoi? je ne sais répondre et pour le peu que je saurais je n'ose.
Je songe à cet "amour" toujours brandi dans les textes et les exhortations: dans mon expérience, l'amour dans les familles ou entre amis, c'est surtout de l'obstination et de l'exaspération, de la persévérance malgré l'exaspération.

156/365 Lent si lent

Nous nous sommes appliqués — nous avons été à l'heure — et le RER a mis une heure (au lieu d'une demie) pour arriver en gare de Lyon.
Pour le reste, pas de souvenirs (j'écris cela quelques jours plus tard, en m'appuyant sur des notes prises ça et là), donc je suppose qu'il n'y a eu rien de remarquable. De façon générale, les problèmes ont plutôt lieu le matin en heure de pointe, je reviens de façon trop décalée (par rapport au reste de la population) pour subir beaucoup de retard le soir (je touche du bois).

Le soir je suis à Yerres à huit heures et O. me prend à la sortie de son cours de flûte (heureux temps où ce sont les enfants qui ramènent les parents).
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