Kairos

Double avec Gwenaëlle, encore. Que cela fait du bien, les arbres et la Seine. Je regrette tant de ne pas avoir ramer en septembre. Temps volé, perdu, enfui à jamais. Je m'entraîne à ne plus jamais souhaiter qu'on soit plus tard (vivement le 2 vivement le 6, vivement Noël, vivement le printemps) : non non non, rien de ce qui précipite vers la fin.
Et dans le même temps, grande envie que tout s'arrête, de ne plus être obligée de vivre laborieusement les secondes qui restent. Une paresse monumentale (acédie), juste envie de disparaîttre, là, sur place, tout de suite.
Je rentre, tout le monde dort encore. On mange je ne sais quoi, sans aller faire le marché.

Dix ans plus tard

Les boutons sur le visages de O. prennent un aspect inquiétant. Ils gagnent du terrain et croûtent, je me retiens de lui dire que cela me fait penser au Grand Pouvoir du Schnikel (pas sûre qu'il l'est lu), on dirait une lèpre galopante.
Que faire? Je suis inquiète car l'expérience que rien n'est bénin avec O. Nous sommes samedi 28 octobre, dans trois jours c'est la Toussaint, il n'y aura pas de médecin disponible avant jeudi.

Nous passons à la pharmacie qui nous conseille les urgences de l'hôpital St Louis, réputé en dermatologie.
En route.
Après-midi à l'hôpital. Attente, mais pas si longue (une heure, deux heures?) J'ai repris Balzac dans l'ordre chronologique. L'enfant maudit. Etrange, neurasthénique et romantique. Je découvre que mon tome de Pléiade est déchiré.
O. ressort avec une pommade et des antibiotiques. Fun fact: cet hôpital n'est pas spécialisé en dermatologie, mais comme tout le monde le croit et vient avec des cas particuliers, ils ont fini par acquérir une expertise sur le sujet (c'est l'urgentiste qui a expliqué cela à O.)

Nous passons à la pharmacie. Coup de fil pour rassurer H. puis déjeuner dans une brasserie proche, Le Floréal, où les clients autant que les serveurs ont tous des "gueules", un charme puissant et chaque fois unique, particulier, dans leur visage, leur coiffure ou leurs vêtements.

Puis direction le treizième arrondissement. Nous fêtons les cinquante ans de O. Cette fois-ci, bizarrement dix ans plus tard, c'est nous qui avons amené nos enfants. Ils sont seuls et détonent. Les enfants "des autres" sont adolescents, ils ne sont pas venus.
Je regrette cette erreur, nous n'aurions pas dû les amener. Cela m'a gâché ma soirée: O. est fatigué, je le ramène à la maison avant même le gâteau.

Zut.
(Je suis stupide, pourquoi ne l'ai-je pas fait ramener par sa sœur? Parce qu'elle proclame qu'elle ne veut pas conduire dans Paris?)

La maîtresse de Barth

Le professeur d'allemand, Pierre-Olivier Léchot, (également doyen de l'institut), rit : « Ce qui m'amuse, ce sont les réactions scandalisées des Américains à la lecture d'une traduction récente de la correspondance de Barth… Pour moi c'était évident, je l'ai toujours su, je ne me souviens même pas ne pas l'avoir su. »

Mais de quoi parle-t-il ? Je me concentre. Il est en train de raconter avec sa pointe d'accent inidentifiable que Barth avait une maîtresse, a eu une maîtresse toute sa vie ; il a vécu un ménage à trois en se cachant à peine — ou sans se cacher. Les Américains ne le savaient pas (les Français, catholiques ou protestants, le savent-ils ?) et sont choqués : « Evidemment cela jette une lumière particulière sur sa Dogmatique et ses positions sur le mariage. Charlotte von Kirschbaum était bien plus qu'une secrétaire ; d'ailleurs à partir du moment où elle a été hospitalisée, l'écriture de la Dogmatique s'est interrompue. »

(Remarque personnelle : ne pas en conclure trop vite que c'est elle qui en est l'auteur : Saint-Simon a interrompu plusieurs mois ses Mémoires après la mort de sa femme.)


Le soir je fais quelques recherches. A partir de ce billet, de liens en liens, on accède à une série d'articles (en anglais) sur le sujet.

Je traduis les deux citations qui apparaissent dans ce billet :
De cette façon, je n'ai jamais pu et ne peux toujours pas nié ni la réalité de mon mariage, ni la réalité de mon amour. Il est vrai que je suis marié, que je suis père et grand-père. Il est également vrai que j'aime. Et il est vrai que ces faits ne coïncident pas. C'est pourquoi nous avons décidé, après quelques hésitations au départ, de ne pas résoudre le problème par une séparation d'un côté ou de l'autre.

Karl Barth, Vorwort xxii n. 3, letter of 1947 cited by Christiane Tietz, Karl Barth and Charlotte von Kirschbaum, Theology Today 2017 Vol. 74(2), 109.
Et ceci qu'il écrivit il y a longtemps, en 1947, à un pasteur de sa connaissance :
C'est précisément ce qui constitue la plus grande bénédiction terrestre qui m'ait été accordée durant ma vie qui constitue en même temps la plus forte accusation contre ma vie terrestre. Je me tiens ainsi sous le regard de Dieu, incapable d'y échapper d'une manière ou d'une autre […] Il se pourrait que ce soit à partir de cela que l'on puisse trouver dans ma théologie un élément de mon expérience, ou pour mieux dire, un élément de vie vécue. Il m'a été interdit de façon très concrète de devenir le rigoriste que dans d'autres circonstances j'aurais pu devenir.

Karl Barth, BW. Kirschbaum I, Vorwort xxf. n. 1 cited by Christiane Tietz, Karl Barth and Charlotte von Kirschbaum, Theology Today 2017 Vol. 74(2), 111.
Par ailleurs, on trouvera ici une plaisanterie sur la Trinité (le blog dans son entier est à couper le souffle pour qui s'intéresse à l'exégèse ou la théologie).

Confusion

Le téléphone sonne à six heures : il faut aller chercher Nathan à Orly.

Des sms en pagaille envoyés pendant que nous dormions : inutile de se déplacer, il ne sera pas là, il a été bloqué à Toronto, son passeport, déclaré volé, lui a été confisqué, c'est tout juste s'il a pu retourner à Washington.

A. part, elle emmène son lapin (elle a sa nouvelle voiture depuis hier). Ça fait un vide.
Journée de désœuvrement. Vers la fin de la journée j'attaque la saison 5 de The Good Wife.

Cohérence

Il y a deux ou trois semaines :
moi : — Finalement je crois que je vais retourner ramer le week-end ; je ne fais rien de plus quand je reste à la maison.
H : — Je n'ai jamais compris pourquoi tu avais arrêté.

Ce matin :
H : — Tu te lèves ? Mais pourquoi ?
moi : — Je vais ramer.
H : — Mais non…

Sms bis

H. rentre de Tours. Sms reçu :

H : — Train en retard. Une femme s'est allongée sur les voies pour se suicider. Avec un autre gars j'ai été la chercher sur les voies.
moi : — ?? Tu portes ton slip par-dessus ton pantalon ?


(Blague à part, H. a été secoué tout le week-end.)

Un sms

Reçu sur un quai de métro, out of the blue :

C : — Je suis en train de traverser l'Espagne en bus, je me suis dit que ça te ferait plaisir.

Un appartement à Tours

Nous avons signé ce soir dans le cadre de la loi Pinel une promesse d'achat pour un T3 à Tours.
(Et je pense : « Macron président des riches. » C'est tout nous. N'empêche que la perspective de se réendetter pour une dizaine d'année n'est pas agréable. Mais comme dix ans me paraît court, désormais…)

Toujours à la recherche d'un sujet

Un moine parle :
« Pour venir de La Pierre-qui-Vire, je voyage par blabla car. C'est l'occasion d'une grande variété de rencontres. Cependant il y a trois points qui reviennent souvent dans les conversations :
- nous allons mourir ;
- dans le combat entre la vie et la mort, la mort paraît avoir le dernier mot ;
- seul l'amour permet de dépasser la mort. »

C'est exactement Harry Potter.
Et je me dis que si JY Lacoste a analysé Narnia, je pourrais proposer d'analyser Harry Potter, parce que ce répètent les sept livres jusqu'à plus soif, c'est la victoire de l'amour par-delà la mort : Harry Potter et le sacrifice, comme Narnia et le sacrifice d'Aslan.
Après tout, la citation sur la tombe des parents d'Harry : "le dernier ennemi, la mort" est une citation de St Paul.

Ça ne tourne pas rond

Lundi dernier, j'ai oublié le livre indispensable à mon cours de philo (le prof mène une lecture commentée, j'écris directement dans les marges).
Vendredi, j'ai oublié mes lunettes (H. qui avait rendez-vous sur les Champs me les a amenées à midi : je ne plus travailler sans).
Ce soir j'ai oublié mon ordinateur portable au bureau.

Je ne vais pas très fort, un petit moral.

La mouche

La Mouche à la cinémathèque. Quelle lecture, quel blog, m'avaient-ils amené à penser qu'il s'agissait d'un film sur les voyages dans le temps ? Pourquoi m'attendais-je à un paradoxe temporel avec une mouche pour témoin ? S'agit-il d'un autre film ? J'aimerais retrouver cette source, il me semble me souvenir d'un mouche au milieu d'un objectif de photo ou de caméra…
En tout cas, anti-spoil : ce n'est pas du tout ça.

------------------------
Agenda
J'ai annoncé à mon supérieur que je comptais entreprendre un bilan de compétences. Je ne sais que faire du temps qui me reste :
- prendre un bullshit job très bien payé et me moquer du monde ? Ce serait dans la logique de ma carrière mais j'ai trop envie de me moquer des bullshit jobs eux-mêmes et de ceux qui les prennent au sérieux (y en a-t-il qui les prennent au sérieux ?) pour pouvoir faire cela avec le niveau de componction requis.
Le salaire compte moins en lui-même que pour le marqueur qu'il constitue : j'ai enfin compris que dans le monde du travail, ce n'est pas la compétence en soi qui est respectée, mais le salaire, et je ne veux plus être méprisée par des gens qui m'arrivent à la cheville (cette phrase extrêmement prétentieuse est la conséquence de quinze ans passés sur internet et sept à l'aviron où je ne supporte plus les nuls qui se croient bons) : il est important d'occuper la place que l'on doit occuper, même si par paresse et lâcheté et manque de confiance en soi on aurait tendance à choisir les positions humbles. Les organisations ont horreur du vide et il ne faut pas se plaindre ensuite de voir occupées par des cons des places qu'on n'a pas eu le courage de prendre. Bref, faut se remuer1 ! (mais ici j'ai glissé : il ne s'agit plus de bullshit jobs, mais de postes à responsabilités))

- choisir une voie intellectuelle, sans doute du côté de la traduction. Ce qui me manque pour cela, c'est la conviction : je ne trouverai jamais d'éditeur, je ne gagnerai jamais ma vie avec cela. Je suis défaitiste.

- choisir une voie humanitaire (je me retiens pour ne pas mettre des guillemets un peu partout) en m'investissant dans jrsfrance.org, par exemple. Là, c'est pratiquement du bénévolat. Quoique… la croix-rouge embauche en ce moment, il doit y avoir d'autres postes ailleurs.
J'ai peur d'être déçue, j'ai peur de me transformer en guimauve, je n'ai pas envie d'être compassionnelle, j'ai envie d'agir. Et j'ai peur de me retrouver endoctrinée dans des organisations aux convictions qui me feront rapidement horreur.


En rentrant, H. passe longtemps au téléphone à mettre les choses au point avec P. sur le management des équipes : ça va mal (déjà encore de nouveau). Les neufs personnes vendues avec le logiciel absorbent le choc en mettant la pédale douce alors qu'H. les voudrait déjà à leur maximum de productivité. Il faudrait peut-être prendre en compte les cycles de tension, pression, dépression, compression de l'esprit ou âme humain ; prendre en compte aussi que si H. est au courant depuis plusieurs semaines, les neuf n'ont appris la vente et leur changement de statut il n'y a que huit jours. (Orangina sanguine : « mais pourquoi est-il si méchant ? » ; H : « mais pourquoi est-il si pressé ? » (en réalité je sais pourquoi : cela s'appelle des clients)).

Pendant ce temps je regarde mon éternelle Good Wife : le colonel Chavez et le Vénézuela (épisode 20 de la saison 2) (et je pense à Mélenchon et aux canards sauvages : des bolivars). Hier, l'épisode 18 faisait un étrange écho à l'actuelle polémique qui entoure la promotion du dernier disque de Bertrand Cantat2.


Note
1 : quitte à devenir le nul et le con de quelqu'un d'autre ou de tous les autres. En tout état de cause, cela me paraît inévitable — et pas obligatoirement faux.
2 : Rappel pour les lecteurs du futur : chanteur qui a tué Marie Trintignant en 2003, sans doute par accident, au cours de violences conjugales coutumières.

329/365 RAS

O. attrappe le RER de 7h28 pendant que je gare la voiture. Je prends le suivant. Assise.
RER A puis ligne 1.

19h : ligne 1 puis 14 aux Halles. Je descends à Bercy.

Retour en voiture

Rien

Pas le courage d'aller ramer cette semaine. Un peu malade.
Le soir, O et moi avons rangé (débarrassé) avec une remarquable efficacité (une demi-heure) le salon des outils et autres. A. est repartie à Lisieux sans vider le lave-vaisselle, sans étendre le linge. C'est agaçant, elle n'a pourtant que ça à faire. Nous aurons droit la prochaine fois à une liste d'excuses et d'accusations (car elle mêle toujours les deux) insupportable. C'est agaçant, bis.
Soirée "information catéchisme" (oui, j'ai accepté de m'y coller encore une année). Déchristianisation à vitesse grand V, il n'y a plus que vingt enfants de CM2 inscrits dans une ville de trente mille habitants. Encore cinquante ans et il ne restera personne (il y a un verset au début des Actes des apôtres qui dit à peu près cela : « inutile de les combattre : si ce qu'ils prêchent est vrai nous ne gagnerons pas, si c'est faux, ils disparaîtront d'eux-mêmes), ou ne restera-t-il que « le petit reste », « le sel de la terre » ? Je ressens de la curiosité, pas de l'inquiétude. So be it.
H. revient de Tours. Prestation à son compte. Deuxième jour de sa nouvelle vie.
The Good Wife tard dans la nuit, quelque part vers la moitié de la saison 2. La gestion de la tension, l'évolution des thèmes qui font monter la tension, sont fascinantes.


Ah tiens, je vais donner mon avis sur la Catalogne (note pour plus tard : ce week-end s'est tenu le referendum interdit sur l'indépendance de la Catalogne, accompagné d'un certain nombre de violences policières) : puisque le referendum allait se tenir quoi qu'il arrive, le gouvernement aurait dû l'organiser lui-même, avec des listes électorales sûres, des bureaux de vote connus et rendre la participation au vote obligatoire sous peine d'amende.
Ça ne peut plus durer ces votes sécessionnistes où seuls ceux qui se sentent concernés se déplacent. Ça ne peut plus durer ces minorités agissantes qui imposent leur manière de voir.
Je crois même que cela devrait devenir une règle en Europe : la participation aux référendums, et surtout aux référendums d'indépendance, est obligatoire.

329/365 Train supprimé le matin

Pratiquement le même scénario, sauf que nous sommes suffisamment en retard pour ne même pas voir passer le 7h58. En passant le long des voies nous lisons que le 8h06 est supprimé, ce qui nous laisse le temps de nous garer tranquillement. Le 8h14 ne paraît pas bondé, mais c'est que les passagers se sont déjà beaucoup répartis à l'étage. C'est à la fois un progrès (la répartition spontanée) et une déception (le train bondé)
RER A, ligne 1 (après passage par Starbuck pour un Pumpkin latte).

18h30 : ligne 1, RER A (je suis montée dans celui qui arrivait en quittant celui qui stationnait à la Défense : mauvaise pioche, celui qui stationnait est parti le premier. Le mien a attendu et s'est traîné lentement jusqu'à gare de Lyon.)
RER D gare de Lyon. 18h24, un Zico est annoncé partir à 18h27 mais n'est pas à quai. C'est alors que je découvre qu'il ne part pas des quais 1-3, mais des quais 2-4.
Course dans les escaliers (Mon pauvre cœur, moi qui dormais dans le RER A quelques instants auparavant. Que produisent ces chocs physiologiques ?)
Je l'ai eu (largement : deux minutes d'avance).

328/365 Train supprimé le matin

Nous visons le 7h58, le ratons. Le 8h06 est supprimé. 8h14, bondé.
RER A, ligne 1 (après passage par Starbuck pour un Pumpkin latte).

19h : ligne 1, ligne 12.

22h : ligne 4 à St placide, RER D de 22h31 aux Halles

Devinette végétarienne

— Comment s'appelle le cousin végétarien de Bruce Lee ?

Se ressaisir

Douze jours sans écrire1. Je regarde The Good Wife, interminablement une saison (cinquante-trois épisodes de quarante-cinq minutes) en une semaine, je me couche à une heure, deux heures, trois heures du matin… Je glisse.
Ça ne peut plus durer. Je vais retourner ramer le week-end. Une fois de plus la preuve est faite que supprimer une activité ne permet pas d'en faire plus par ailleurs.


Note
1 : Comblé en partie aujourd'hui.

Réaménagement

Matin marché, midi purée de céleri, début d'après-midi lessivage des murs, fin d'après-midi déplacement des meubles.

Mouvement inverse de celui de la semaine dernière : nous rangeons le salon en le réorganisant. En effet, nous avons (j'ai) remplacé une porte condamnée par une baie vitrée : ce format inusité — puisqu'une baie est généralement plus large que haute tandis qu'ici c'est l'inverse — produit l'effet d'un puits de lumière vers le ciel et les roses de l'autre côté de la balustrade. Cela sera sans doute davantage désolé l'hiver (mais n'est-ce pas la caractéristique de l'hiver ?) mais pour l'instant c'est fascinant comme une ouverture vers la liberté. Nous agençons l'espace en fonction de cette nouvelle ouverture.

Fidèles à nous-mêmes, nous avons commencé ces grandes manœuvres tard dans l'après-midi et si les meubles sont en place lorsque nous nous arrêtons à la nuit tombante, il reste encore sur la table de la salle à manger tout un fatras de boîtes à outils et draps usés à ranger. Tant pis, plus tard, pour l'instant feu dans la cheminée et chat sur les genoux.

Chez Samuel

Où avons-nous atterri samedi soir ? Dans une chambre d'étudiant dans une cité universitaire rue Chevaleret, une chambre de quatre fois la taille de ma chambre de cité U d'autrefois (moins de dix mètres carré) parce qu'à l'origine cette chambre était prévue pour une "personne à mobilité réduite" (donc en fauteuil roulant ?) et qu'elle a été attribuée à Samuel sans qu'il sache pourquoi.

Qui est Samuel ? Je n'en sais rien, un étudiant, un ami d'ami, un ami d'ami FB rencontré IRL chez un ami oulipote qui n'est pas sur FB. Pourquoi ai-je été invitée à cette soirée, je n'en sais rien, peut-être à cause de la brutalité de GC fin septembre : certaines personnes atterrées manifestent leur soutien à leur façon.
Mais il faut bien reconnaître que cela ne suffit pas à établir la connivence et nous nous sommes tout de même bien ennuyés devant cet irénisme qui tournait sans but. Etrange malgré tout de constater que sur les huit personnes, sept étaient des descendants directs de l'immigration d'Europe de l'est.

(H. avait commenté avant de partir : « Ah ? du café du commerce organisé en chambre ? »
Ce n'est pas tout à fait vrai mais pas tout à faux, c'est vrai si l'on admet un café du commerce très bienveillant, si bienveillant qu'il nous en a paru irréel.)

Toute la difficulté va être de refuser les prochaines invitations.

Une soirée

De nouveau chez Léna et Mimile, car décidément l'adresse est bonne.

Charme particulier d'une rencontre sur deux générations : nous qui nous connaissons depuis vingt ou trente ans, et nos enfants, qui se connaissent depuis vingt ou trente ans — mais cela ne veut pas dire la même chose pour eux et pour nous.
Anecdotes et grands éclats de rire.
Il existe donc des avions en papier télécommandés par téléphone. Le drone du pauvre — ou du riche.
J'ai eu un t-shirt.

325/365 Gare de surface

Comme je dois revenir en voiture, je pars en bus et croise le voisin. Nous papotons si bien qu'il prend un train direct pour Paris alors qu'il descend à Maisons-Alfort. Inévitablement (sûr comme la mort) le train se traîne jusque gare de Lyon et s'arrête en gare de surface (ce qui signifie, pour ceux qui ne connaissent pas, qu'il faut traverser la gare et descendre deux étages pour reprendre le RER dans l'autre sens).
Puis ligne A et ligne 1.

16h40 : ligne 1 jusque George V

19h30 : ligne 1 puis ligne 7.

Le Redoutable

Des amis en avaient dit le plus grand bien, mais (le personnage de) Jean-Luc Godard est trop insupportable pour que je le supporte. Short fuse, je n'aurais jamais supporté tout cela si longtemps, même si le film joue de l'agressivité godardienne en en maintenant l'ambiguïté : Godard conscient ou inconscient, metteur en scène de lui-même ou se dévoilant sans le savoir? Quelle vérité de l'homme ?
Jolis décors, jolis vêtements, jolie bande-son, jolie Stacy Martin.

J'avais bien aimé La Chinoise, vu en 2013, que j'avais trouvé "redoutablement" moqueur. Interprétation quarante-cinq ans plus tard. S'il n'est pas moqueur mais sérieux, alors il est très bête.

Serrement de cœur en apprenant quatre jours plus tard qu'aujourd'hui 5 octobre, Anne Wiazemski est morte.


------------------

Agenda
H. a acheté une Dacia pour A. Nous achetons une voiture neuve pour échapper aux futures réformes qui vont conduire à la casse les voitures trop polluantes et trop gourmandes.
Des ouvriers sont passés : devis pour poncer et habiller l'escalier qui m'avait déjà semblé dans un piteux état quand nous avons acheté la maison il y a dix-huit ans.

324/365 RAS

RER D de 7h06. RER A, ligne 1.

12h20 : ligne 1, ligne 12, ligne 10 pour descendre à Odéon

15h20 : RER B de Cluny à Denfert, puis ligne 6 station St Jacques

18h : ligne 6, RER B puis ligne D aux Halles.

La Mercedes

Je vais finir par ne plus parler que de voitures.
Un ami/connaissance/coentrepreneur de H. a des Mercedes d'occasion à vendre (un à-côté de son métier principal). Il nous en a prêté une quelques jours et ce soir j'ai dû l'essayer (obligation conjugale).
J'ai été un peu déçue : cette voiture était-elle usée ou avait-elle un défaut? La suspension n'avait pas le moelleux dont je me souvenais.

Je le note ce soir car je n'ai rien d'autre à raconter à propos de la journée, mais la véritable anecdote se situe lundi dernier : voyant la voiture de H. garée devant le jardin quand je suis rentrée de cours vers onze heures et demie, j'ai supposé avoir toute la place et j'ai reculé franchement.
BOUM, le bruit a retenti dans le silence et la porte de la maison s'est ouverte.
J'avais heurté la Mercedes noire garée dans l'obscurité (pare-choc contre pare-choc, plus de peur que de mal.)
C'est étrange de découvrir quelque chose où l'on pensait qu'il n'y avait rien. Matérialisation de la matière.

Listel d'or

Je passe chez ma relieur récupérer trois Dumas (Le dernier tome du Comte de Monte Cristo et les deux des Trois mousquetaires) et deux Langelots (« c'est bien parce que je vous aime bien parce que c'est pénible »). Je lui laisse Vingt ans après et Le collier de la reine ainsi que trois Langelots.

Sur le chemin du retour j'achète quatre Que sais-je : La grammaire, La linguistique, Shakespeare et le théâtre élizabéthain, Devins et oracles grecs.

Inévitablement, le matin, j'ai commencé Vingt ans après. Je ne savais plus que c'était celui qui racontait la mort de Charles Ier. Que par compassion et emportement Dumas ait envisagé de sauver le roi me le rend très cher.

-------------------

Agenda
Les fenêtres sont posées. Elles sont belles, elles font paraître les murs encore plus sales. La maison conserve beaucoup mieux la chaleur.

322/365 Train supprimé le matin

Le 7h58 est supprimé. Le 8h06 est si plein que seul O. y monte, j'attends le suivant. Le 8h13 est "relativement" vide, même si je suis debout.
RER A, ligne 1

17h : ligne 1 (ralentie entre La Défense et Champs Elysées Clemenceau car arrêtée entre Concorde et gare de Lyon) puis ligne 12 métro lamarck Caulaincourt.

18h30 : ligne 12 puis 14. RER D de 19h18.

Tension

Ce matin H. m'appelle angoissé : B. (le patron fou de la boîte qu'il vient de quitter) vient d'apprendre la vente du logiciel, le départ des neuf personnes qui travaillent autour de ce logiciel (commerciaux et développeurs), la transaction et le départ de H. : il est furieux.

H me dit : « la transaction mise sous séquestre par les avocats est datée du 9 octobre. Si B. démet X (le signataire) de ses fonctions dans la semaine, elle ne vaut plus rien. Je perds tout. Je n'avais pas pensé à ça. »

Je ne suis pas douée pour rassurer quand l'exposé des faits est implacable.
— Ecoute, n'y pense pas. Ne pense à rien, pense à autre chose. On verra bien.

Ce que j'en pense réellement : ce serait si étrange que pour une fois nous arrivions au bout d'une transaction, que pour une fois nous ayons de la chance (phrase très fausse : nous avons très souvent de la chance, dans le sens où les choses tournent au mieux. Mais là, cela ressemblerait à gagner au loto, ce qui n'arrive jamais.)

321/365 Des retards le matin

J'avais dit à O. que nous devions ne pas partir tard ce matin, sans trop préciser que c'était pour l'aviron. J'avais pour ambition de prendre le 7h45, le 7h58 était supprimé et le 8h06 bondé était terriblement lent.
Puis ligne 1 puisque je descends station Pont de Neuilly.
Debout tout le trajet, arrivée au club à neuf heures.

18h30 : ligne 1 puis ligne 12. Je vais dîner au Cassette.

Ligne 4 à St Placide. RER de 22h30 aux Halles

Déplacement pour travaux

Demain des ouvriers installent les fenêtres commandées en juin. Nous devons dégager un mètre d'espace autour des ouvertures.
Branle-bas de combat en fin d'après-midi, déplacement des meubles, en particulier pour rouler les tapis (et l'aspirateur de sonner cloc cloc cloc au gré des crottes de lapin avalées). Nous décidons de ne pas toucher aux bibliothèques.

Pour mémoire, violente engueulade au marché — pour rien, pour une remarque à propos du ramonage. C'est fou ce que nous sommes inflammables. Comment avons-nous fait pour tenir si longtemps ensemble en étant de telles soupes au lait ?
Les billets et commentaires du blog alicedufromage.free.fr sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.