La lose

Départ avec H. le matin à 7 heures en voiture (je dois arriver au bureau à 9 heures). Il me dépose place d'Italie. Ligne 6 jusqu'à Charles de Gaulle. Je ne suis pas concernée, mais j'entends que la ligne 1 ne fonctionne pas entre Vincennes et gare de Lyon. Des navettes sont mises en place entre l'extrémité de la ligne 1 et la station Vincennes du RER A.
RER A à Charles de Gaulle. Un passager a eu un malaise aux Halles, le trafic est ralenti.

Je quitte le bureau à 16h30 avec l'intention d'aller voir La Révolution silencieuse. Au moment de descendre dans la station de Nanterre Préfecture je me rends compte que comme ce week-end, j'ai oublié mon portefeuille dans mon tiroir. Demi-tour, retour au bureau. Trop tard pour être à l'heure pour la séance: donc je travaille jusqu'à 18 heures.

Puis de nouveau (pas tout à fait "de nouveau" puisque tout à l'heure cela n'a pas eu lieu) RER A à Nanterre préfecture. Deux rames sont à quai (normal, il y a très souvent une ou deux rames à quai), mais le comportement des passagers montrent qu'ils attendent depuis un moment : ils sont sur le quai, tendus, prêts à sauter dans une rame ou l'autre au moindre signal, mais en même temps une certaine nonchalance des corps montrent qu'ils ne croient plus à un départ imminent.
Je monte dans la rame de gauche (dans mon expérience elle part souvent la première). Annonce : un passager a eu un malaise à Auber (deux malaises dans le RER A la même journée (je ne veux pas dire dans l'absolu mais au moment où je suis dans le RER)), les pompiers sont attendus.
Le RER s'ébranle lentement, et lentement atteint la prochaine station: La Défense. La rame s'arrête et ne repart pas. Nous attendons. Au bout de cinq à dix minutes le conducteur nous annonce plein d'espoir: «Les pompiers viennent d'arriver à Auber, nous allons sans doute repartir dans pas longtemps». (Ah? mais où étaient-ils tout ce temps? Nous attendons depuis des heures!)
Nous attendons encore. Cinq minutes, dix minutes? Puis le conducteur, déconfit: «Les pompiers disent que le passager ne peut pas être déplacé [Ouaatt? que peut-il avoir? La colonne serait-elle touchée?]; il va falloir évacuer le train.»
Et l'annonce inexorable arrive: «Mesdames, Messieurs, ce train ne prend plus de voyageurs. Nous vous conseillons de prendre la ligne 1.»
Evacuation.
Je vais prendre la ligne U (je crois que c'est son nom) pour rejoindre la gare St Lazare. Nous ne sommes jamais que quelques centaines à avoir la même idée. Le train entre en gare. Nous entrons dans le train. Nous nous serrons. Il fait très chaud (violents orages sur la France chaque soir depuis samedi, j'en profite pour le noter). Le train se traîne péniblement (mais pourquoi?) de gare en gare jusqu'à St Lazare.
Je vais prendre la ligne 12 pour passer à l'ICP déposer le travail que je dois rendre puisque j'étais absente samedi.
Kilomètres de couloirs. J'ai mal aux pieds.
Ligne 12. Et devinez quoi? Incident porte de Versailles qui ralentit l'ensemble de la ligne.
Je dépose mon devoir à l'accueil de l'ICP.

Après tout ce temps sous terre, je décide de prendre un vélo. L'application m'indique plusieurs Mobike à proximité, je ne me décide pas et marche trop (mes pieds!) pour en trouver un.
Puis cela devient du grand n'importe quoi. J'essaie de suivre CityMapper pour vélos et ça marche très mal. Je me perds, m'arrête aux feux, fait demi-tour. Comme je vais derrière la Butte-aux-Cailles je suis obsédée par l'idée de devoir grimper une côte et m'obstine à choisir le sens qui monte plutôt que celui qui descend (avenue Coty, terre-plein central, une grande caisse en bois annonce «le terreau Coty-dien») ce qui fait qu'au bout de la rue de la Glacière je monte vers place d'Italie plutôt que descendre vers Corvisart.
Bref je tourne si bien en rond que je ne peux même pas raconter ce que j'ai fait puisque j'ai planté l'application cartographique de Mobike: elle n'a noté que mon temps et pas mon trajet, 47 minutes d'errance.
Pendant ce temps H. s'inquiète et m'envoie des sms auxquels je ne prends pas la peine de répondre (car que dire?)
J'arrive à 9 heures.

Nous dînons Chez Papa puis nous rentrons en voiture rouge (oui c'est important: c'est le plaisir de la journée, toujours le même émerveillement: oohhh, elle est à moi.)

La forme des librairies change plus vite que notre cœur

Passé devant la maison du whisky rue d'Anjou. Ses locaux ont absorbé les éditions Diane de Selliers qui avaient repris les locaux utilisés en devanture par la librairie Madeleine.

Plus tard je vais à WH Smith dans l'espoir d'y trouver un tee-shirt du mariage royal. Las, rien si ce n'est une ou deux tasses très peu visibles.
Depuis combien de temps ne suis-je pas venue ici? A l'étage la grande pièce consacrée à l'histoire est devenue salon de thé. Dans la salle précédente on trouve des goodies (idiome familial) StarWars (décapsuleur, trousse, etc (et toujours cette surprenante popularité des stormtroopers)), des casquettes et des cravates claniques. Au rez de chaussée les livres d'histoire tiennent sur un seul mur, les policiers ne présentent plus de Reginald Hill.



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Dominique m'a demandé comment se passaient mes pendulations. Je reprends quelques notations.

Matin : lever 6h30, départ 7h avec O sans déjeuner, RER A 7h30, arrivée à Nanterre Préfecture à 8h30. Je monte vérifier que mon ordinateur est là et je redescends pour prendre le petit déjeuner avec C. (RV de travail).
Soir : départ 16h50 de Nanterre Préfecture pour Auber. RV au siège à 17h30. Ladurée, WH Smith puis ligne 1 Concorde jusqu'aux Halles. RER A. Arrivée à Boissy à 20h. Une demi-heure pour rentrer en voiture (décapotée malgré la menace d'orage).

Oubli

Au moment de prendre mes notes de cours, je me rends compte que je n'ai pas mon ordinateur.
Je le revoie sur mon bureau, sous une chemise. J'ai oublié mon ordinateur (my precious) sur mon bureau dans un openspace.

Sera-t-il là demain ?
Et je pense aux données que je n'ai nulle part ailleurs et qui ne sont pas sauvegardées.

Préparatifs

Quand je rentre le soir, le camion est garé devant le jardin.
C. arrive dans la soirée, il couche à la maison pour être paré à charger dès l'aube les cartons que A. a préparés le week-end dernier.

Torchon

Fin janvier j'avais transmis à notre gestionnaire de fonds les documents concernant la loi FATCA, le questionnaire Wolfsberg et le questionnaire sur notre niveau de compétence financière garantissant que nos décisions sont éclairées. J'avais eu quelques difficultés à obtenir les renseignements juridiques dont j'avais besoin (répondre «nous n'avons pas d'affiliés américains» m'aurait paru suffisant) et je me revoie devant le scan, agacée, en train de constater que j'avais mis les feuilles à l'envers et que le recto verso produisait des feuilles blanches…
«Ça ira bien comme ça», avais-je pensé, sachant que je n'envoyais les documents en pdf par mail que par acquis de conscience puisque tout était mis sous enveloppe.

Première bizarrerie, EM, le destinataire, m'avait téléphoné début avril pour savoir si j'avais envoyé les documents: oui, dans les premiers jours de février.
L'enveloppe n'était pas arrivée, ce qui m'avait fait douter de l'adresse que j'avais utilisée.
J'avais mis notre double des documents à la poste, puis EM nous l'avait renvoyé: entretemps la première enveloppe était arrivée à destination, aux alentours du 20 avril…

En mai, EM m'avait demandé de modifier quelques réponses sur notre "questionnaire à la clientèle". Le mail commençait par: «Nous traitons les documents réglementaires que vous nous avez fournis et en découvrons quelques particularités relatives à leur format!»
Je n'y avais pas trop fait attention, imaginant que j'avais rempli certaines cases de façon non orthodoxe, décrivant l'état de ce qui est sans utiliser de jargon professionnel.

J'ai rouvert mon pdf aujourd'hui. J'ai eu honte. Un vrai torchon, des pages en format paysage et portrait à tourner en tout sens car scannées n'importe comment, des formulaires manuscrits et non tapés (à l'époque je n'avais pas la fonctionnalité pour écrire sur un pdf), etc.

J'aime beaucoup EM, j'ai eu vraiment honte.
J'ai tout refait.

Lire Apocalypse 11-12

«Terminator, c'est l'Apocalypse. Une femme poursuivie par un monstre enfante d'un père venu d'ailleurs (du futur) un sauveur pour l'humanité.»

André Paul a écrit un petit livre1 sur la Bible. Il établit un rapport entre Léto et Apocalypse 11. Léto enceinte d'un dieu est poursuivie par le serpent Python. Elle va enfanter Apollon et Artemis. La mer va la cacher et plus tard Apollon va tuer le serpent Python.

Bref, «L'Apocalypse a une puissante portée mythique.»




Note
1 : en réalité il en a écrit plusieurs, donc je ne sais duquel il s'agit. Peut-être Autrement la Bible?
En faisant cette recherche, je découvre qu'André Paul paraît rendre accessible au grand public les manuscrits de la Mer morte. Plus intéressant peut-être pour "mes" lecteurs, il semble mettre les pieds dans le plat concernant l'image de la famille que se fait l'Eglise.

Procréation articficielle

— Je suis contre la PMA [procréation médicalement assistée] parce qu'elle consiste à stimuler hormonalement le corps de la femme pour provoquer le mûrissement de plusieurs ovules en même temps. Ça fiche en l'air tout le mécanisme biologique. Et puis imagine: tu arrives, tu veux un bébé, on t'a fait de la stimulation hormonale, et au moment de ponctionner les ovules, on te demande si tu ne veux pas faire un don d'ovules, pour des femmes stériles… toi t'es pas préparée, tu as peur que si tu dis non on s'occupe mal de toi, tu veux ton bébé… tu dis oui. Est-ce que c'est un consentement mûrement réfléchi? Pire, il y a les embryons: on ne les réimplante pas tous, on les congèle… A qui appartiennent-ils, quel est leur statut juridique si les parents se séparent? Et puis c'est une chose d'avorter, qu'il n'y est plus rien, c'est autre chose de savoir que ton embryon va servir à des expériences… Brrr, rien que d'y penser…
— Ça ne se passe pas comme ça pour les chevaux. On ne congèle pas, on réimplante. On synchronise les cycles de deux juments et on implante l'embryon de l'une dans l'autre.
— Mais quel est l'intérêt?
— Si c'est une jument qui a une belle carrière en compétition, ça évite de l'interrompre ou de la fatiguer. Comme ça, on peut avoir cinq ou six poulains la même année pour une seule jument. Certains sont contre car ils trouvent que ça fait baisser les prix; d'autres trouvent que c'est un bon moyen d'élargir le patrimoine génétique.
— Le contraire, plutôt, non? Tous frères, tous la même mère.
— Je veux dire qu'il n'est plus nécessaire que les géniteurs soient locaux, on peut faire traverser la moitié de la planète aux embryons sans déplacer les parents.




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Le soir je regarde Arte, les trois défenestrations de Prague qui ont été à l'origine de la Guerre de Trente ans.

Trois mariages

Ici et là certains se sont plaints de ne pouvoir échapper au mariage royal anglais, d'autres ont écrit qu'ils allaient "tenter d'y échapper".
Pour mes enfants, aucun problème.

Moi : Tu as vu le mariage d'Harry et Meghan ?
Ma fille : Harry? Quel Harry ?

Deuxième tentative, auprès de mon fils qui rentre des championnats de LoL au Zénith:
Moi : Harry et Meghan se sont mariés.
Mon fils : Harry ? Harry Potter ?

Bon bon. Je suis incomprise. (Mais oui c'est important. La belle-mère est noire. C'est fantastique. Cela aurait-il été possible avant Obama?) Les plus belles photos ici.



Mais le plus important, vraiment important, c'est que Sheldon et Amy se sont mariés. Le 10 mai, ma TL n'est vraiment pas à la hauteur, personne ne m'a prévenue.
— Et devine qui les a mariés ?
— …
— Luke Skywalker !!
(La fille de Mark Hamill fait partie des invités).



(On peut ajouter le mariage de Jean Dujardin. Le jour du mariage royal pour avoir la paix. Génie.)

ostéopathie

— Elle t'a tiré l'orteil 1 ?




Note
1 : référence subtile à «You are pulling my leg» dans Langelot et les saboteurs.

Mardi

Je me réveille avec un sentiment de soulagement: A. va remettre aujourd'hui son mémoire et son dernier rapport de stage. Nous revenons de loin mais we did it ! Je suis fière de nous.

Il fait très lourd, un temps que je déteste.
Quatre, presque le même que la dernière fois, mais moi à la nage et Marc au un. Toujours aussi cahotique, impression de se battre contre le bateau. Pas de glisse.
Dans les vestaires je parle avec Agathe qui était en yolette. Elle non plus n'a pas fait une très bonne sortie: «à l'intérieur mon cœur pleurait», et c'est aussi mon sentiment, bien que je l'aurais exprimé de façon plus optimiste: «si nous avions été quatre de nous cinq, qu'est-ce que cela aurait donné?»
Deuil de notre équipage de cinq.
J'envoie un mot à mes quatre complices pour organiser un pot ensemble un de ces jours. Je voudrais en profiter pour leur proposer de rajouter trois ou quatre rameuses à notre groupe pour monter un huit (soyons obstinée).

Un pot avec Jean-Marc. Il fait une overdose de Vatican II. «Non mais il y a un pape qui dit blanc, et le suivant dit noir en citant le précédant pour assurer la continuité et tout le monde applaudit. Je n'en peux plus de cette hypocrisie.» (Il me fait peur car il prédit après François un pape très réactionnaire. Or quand on voit l'après-Obama…)
Jean-Marc songe à se convertir au protestantisme. Je lui promets de lui offrir ce jour-là les œuvres de Newman.
«Tu veux te convertir pour beaucoup de raisons "contre", tu devrais en trouver quelques-unes "pour".»
Nous disons beaucoup de bêtises et c'est très satisfaisant. (Un de nos prêtres professeur qui serait un "cuir" façon Foucault… Ça me le rend plutôt sympathique (mais il m'était déjà sympathique).)
Très bon cocktail «St Germain». Presque un Hugo.


Cours, sans doute le dernier, de liturgie. C'est pratiquement une discussion, un partage d'expériences, structurée par l'histoire et la géographie.

Pendant des siècles l'accompagnement liturgique [catholique] de la mort allait de la chambre du mourant au lieu de l'ensevelissement (pas forcément en passant par l'église : car on ne faisait pas entrer un mort dans une église (restes des commandements juifs: un cadavre rend impur). Même si à d'autres moments on enterrait les morts dans les églises. Les deux sont vrais).

Le prof (moine): «Moi je pense que ne pas réfléchir à la mort, c'est un grand danger pour l'équilibre dans la vie. C'est de la vieille sagesse païenne, c'est les Grecs.»

«P. Gy : recension de quinze pages sur le livre de Philippe Ariès, L’Homme devant la mort (alors que P.Gy écrivait généralement dix lignes).»

Le cimetière des capucins de Palerme.
Le corps dont on se débarrasse.
Les urnes dans les maisons qui rendent fous.
Les familles qui se ruinent pour des funérailles (en Afrique, selon le témoignage de séminaristes (laissant les veuves misérables)).

Comment célébrer les mariages et les enterrements ?

— Mais, désolé, si on se marie moins, on meurt toujours autant. Un peu plus tard, peut-être, mais toujours autant.

Dîner avec Jean-Marc

— Non mais, si tous ceux rejetés par l'Eglise, les femmes, les homos, etc, quittent l'Eglise, cela va finir par se voir que c'est un club de mecs qui aiment s'habiller bizarrement.

Samedi

Double avec Gwenaëlle. Belle sortie, 14 km. Il fait beau, presque lourd.

Courses à Carré Sénart (pour des besoins de disque de sauvegarde). Comment avons-nous réussi à faire nos courses le samedi en ayant toute la semaine pour ce faire?
Mais ça va, pas trop de monde.
Nous remplissons un de ces caddies qui me fait rire, plein de bières et de boîtes chat. L'insouciance de la jeunesse retrouvée (c'est l'insouciance qui est retrouvée, pas la jeunesse!)

Je ne sais pas trop où est passé mon temps. J'ai repris quelques billets sur ce blog, il faut mettre à jour le lien des photos disparues depuis mars. Je continue Bonhoeffer, De la vie communautaire.

Retour en salle

Comme rarement mais régulièrement (ou l'inverse), je suis retournée en salle de sport, pour calmer ma culpabilité de ne pas aller ramer aujourd'hui (pas eu envie de traverser tout Paris uniquement pour ramer (peut-être que je devrais expliquer que je suis à la maison depuis dix jours pour écrire la dissertation de septième année — dernière année avant le mémoire, dernière dissertation — que bien évidemment je n'ai pas écrite tout en ayant cependant bien avancé, j'ai bon espoir (c'est l'équivalent d'un petit article, trente mille signes)).

Puisque je reste à la maison je n'irai pas non plus au théâtre voir Beaucoup de bruit pour rien. Après avoir manqué La tempête la semaine dernière pour cause de voyage dans le Perche, ce sera donc une année sans.

Puis sauna. J'apprends que s'il n'y a plus de louche pour verser de l'eau sur les pierres — ni de seau pour contenir l'eau, ni d'arceau en bois pour protéger l'ampoule — c'est qu'elle a été volée (il y a longtemps déjà. Moi, j'avais pensé que c'était pour éviter les excès, les gens qui versaient trop d'eau sur les pierres).

Sieste, j'ai trop forcé ce matin. Je mets l'après-midi à récupérer.

Les prénoms de la jeune génération

Enola et Timeo
Maurine et Lilou
Ethan et Louca (garçon)
Enzo
Matt
Gabin et Camille (garçon)

Sinon, Barbie a trouvé Ken.
— A ton avis, c'est quoi son prénom? Kevin?
— Je trouve qu'il a une tête de Jordan.

C'était Bryan.

Aviron et ballet

H. me dépose en passant gare de Lyon — pas de métro entre l'Etoile et la Défense, je prends le RER jusqu'à la grande Arche pour redescendre le parvis à pied et aller ramer.
Nous savions que nous serions là toutes les cinq mais sans nous être assez concertées : quel bateau voulions-nous faire étant entendu que nous ne faisions pas de yolette? (deux doubles un skiff, deux skiffs un canoë un double canoë, etc)
Nous n'avons donc pas pu indiquer un choix clair à l'entraîneur alors que nous n'étions pas toutes arrivées à la même heure (à quelques minutes près — mais le midi c'est important) et nous nous sommes retrouvées dispatchées entre différents bateaux, moi dans un quatre dont je connaissais bien les rameurs mais qui a été particulièrement cahotique, sans hauteur de mains. Sortie décevante, donc.

Déjeuner au café Beaubourg (plus de coquillettes aux truffes, plat d'hiver, mais une énorme profiterolle) puis palais Garnier pour Anne Teresa de Keersmaeker.

Regarder de la danse est sans doute ma façon préférée d'écouter de la musique. Ce soir:
- Quatuor n°4 de Bartok, dansé par quatre jeune filles dans une chorégraphie bondissante et ludique, où les claquements de talons ont leur rôle;
- La grande Fugue de Beethoven dansé par sept hommes et une femme en chemise blanche et veste noire (la femme ne s'identifie que tardivement). L'art de la chute.
- La Nuit transfigurée de Schönberg dans un croisement de couples qui courent et tombent et reconstituent le temps en décalant leurs mouvements.

A ma grande surprise, un couple et une famille quittent la salle durant la Fugue: qu'est-ce qui peut leur déplaire à ce point-là? A quoi s'attendaient-ils, qu'attendaient-ils?

Quand danseurs et danseuses viennent saluer, je suis étonnée de leur jeunesse.

Lecture et géopolitique

Je lis Rahner au soleil, Qui est ton frère?, article de colloque de 1982 qui rappelle combien le style de Jean-Paul II avait déstabilisé la Curie et les théologiens.
Parmi les intellectuels allemands appartenant à l'Eglise, il y en a beaucoup — disons-le en toute honnêteté — qui estiment que l'actuel pape est bien trop polonais. Mais pourquoi n'aurait-il pas le droit d'être polonais? […] Les «supporters» du Pape (que l'on me pardonne ce terme) devraient ne pas se formaliser de voir un chrétien moins enthousiaste qui, sans pour autant nier la fonction pontificale, fait honnêtement état de ses divergences d'opinion. Cette tolérance réciproque est aussi un aspect de la nécessaire fraternité qui doit régner actuellement à l'intérieur de l'Eglise.

Karl Rahner, Qui est ton frère ? ed. Salvator, Mulhouse 1982
Aujourd'hui nous savons que le pape suivant sera (a été) allemand.


Pour mémoire, Trump a dénoncé aujourd'hui l'accord nucléaire iranien peu après que la Corée du Nord a annoncé la fin de ses essais nucléaires. Tout se passe comme si maintenant que la menace nucléaire s'est éloignée des cotes américaines (l'Alaska), Trump la redirigeait vers Israël et l'Europe.
Der Spiegel fait une analyse proche, même si plus économique.

En bibliothèque

Découvert François Jullien. C'est bien.

Cours le soir. Gérard Billon, directeur de la revue Cahiers Evangile, pour professeur. Quand il cite, j'imagine sa langue de référence: hébreu ou grec? Torah ou Septante?: «Qui est enlevé au ciel dans l'Ancien Testament? Enoch en Gn 5 et Elie en 2Rois 2,11». Et je sais qu'il ne s'agit pas tant d'être enlevé, l'action, que de l'usage du même mot, très précisément.

Les cercles de la fraternité

Je commente rapidement l'évangile du jour aux enfants (ils sont nombreux, moi qui comptais sur un petit nombre un week-end de pont…): «Aimez-vous les uns les autres… Vous entendez souvent cela, mais on ne vous dit pas souvent comment vous y prendre. Evidemment, cela ne concerne pas vos amis et les gens que vous aimez bien, parce que ça, c'est facile. Après, il y a ceux qui vous sont indifférents, dont vous ne pensez rien et auxquels vous ne pensez jamais. Puis il y a ceux que vous n'aimez pas ou que vous détestez, avec ou sans raison. Il y a une dernière catégorie dont on ne parle pas souvent: ceux qui ne vous aiment pas, sans que vous sachiez pourquoi. Ceux-là, c'est bizarre. Je vous conseille de commencer par ceux auxquels vous ne pensez pas, ou pas souvent. Il faut commencer par faire attention: tenir une porte, porter un sac, sourire… Vous avez toute votre vie pour penser aux autres catégories, ce n'est pas si facile, il faut s'entraîner.»

Et je n'ajoute pas que concernant la catégorie de ceux qui ne vous aiment pas, l'urgent est de ne rien faire, surtout ne rien faire. Attendre et laisser venir.

Une boucle de cinquante kilomètres

Réveillée vers minuit vingt. Inquiète. Demain j'ai caté, dans huit jours je dois rendre cette fichue dissert et je n'ai pas lu grand chose. Je me lève.

Je descends dans la cuisine, me prépare une grande camomille, sors les affaires de catéchisme. Saint Paul. La conversion de St Paul. Possibilité de regarder les deux premiers chapitres d'un dessin animé sur Youtube : je vais le faire, pour une fois. J'ai la flemme pourrais-je dire, ce qui est vrai, mais aussi je ne suis pas sûre finalement qu'un dessin animé ne soit pas plus efficace d'un point de vue pédagogique. L'important est de transmettre, tant pis si j'ai l'impression de tricher, de ne pas faire ma part.

Une heure moins dix. Le téléphone sonne. Une sonnerie à peine, je décroche. C'est O. J'entends sa voix paniquée. Donc il est vivant (mon cerveau analyse au fur à mesure). A-t-il cassé la voiture? Non, il s'est trompé de branche de RER, il est à Noisiel.
— Pas grave, j'arrive. Mais il y en a bien pour une demi-heure.
N19, Francilienne, A4, N19. Je dépose O. à Boissy pour qu'il récupère la voiture, je rentre, me couche et m'endors immédiatement.
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