Première gelée

Givre sur la voiture à sept heures. L'automne est là.

Photos en sortant du métro Pont de Neuilly: soleil tapant dans les tours de la Défense plein ouest, aube sur la Seine vers le sud. Ce qui me fascine, c'est que cela se trouve au même endroit.


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Sortie un peu paresseuse, un peu agaçante. CR n'aurait pas dû prendre la nage.
J'ai le même problème qu'Anne-Sophie il y a une semaine: ma chaussure s'est dévissée et ne tient plus à la planche de pieds.
Le micro n'avait plus de batterie: bcp de bavardages (retransmission des ordres, donc commentaires) dans le bateau, ce qui rend la sortie incohérente. Nous en avons tous souffert.


Passé à la pharmacie pour acheter du magnésium car j'ai l'impression de perdre la tête. Donné le reste de mon paquet à deux jeunes qui demandaient une cigarette: tant pis pour eux et tant mieux pour moi.

Bilan de la journée

- Déprimé un expert-comptable en lui apprenant qu'un Français sur quatre n'atteignait pas 65 ans. C'est une stat à laquelle on ne s'attend jamais.

- Ecrit en lettres capitales à une dame d'ARRÊTER de téléphoner à tout le monde tous les jours. Elle est hyper-angoissée au sens médical du terme et ses interlocuteurs lui racontent n'importe quoi pour s'en débarrasser (ce soir ils lui ont donné le nom de quelqu'un parti depuis six ans). Je lui ai interdit de téléphoner avant le 11 novembre (m'écoutera-t-elle? Il le faudrait. Elle va vraiment mal. Sentiment d'impuissance devant tant de détresse.)

- Rencontré les artisans qui devraient rénover la maison pendant un mois. Beau chantier (pour ne pas dire bordel) en perspective.

- Fun fact : il y a plusieurs kilomètres de câbles dans les voitures actuelles (Elon Musk a ramené ce chiffre à cent mètres dans sa dernière voiture).

Presque comme hier

Matin en décapotable avec H. Un croissant et des tartines au café "Les Affranchis". Métro Olympiades.

Réunion avec le repreneur de notre gestionnaire de prestations. Ils travaillent à la reprise des bases depuis janvier (2018), la bascule en production aura lieu fin décembre: «Tout est prêt. Notre seule inconnue concernant le 2 janvier, c'est le nombre de gestionnaires présents. Nous avons découvert que certains étaient de santé fragile.»

A midi huit pas tout à fait de filles (deux rameurs pour compléter) (je plaisante, ce n'est pas si important, je ne suis pas si sectaire… mais je suis impressionnée de contaster à quel point les badauds repèrent que nous sommes un bateau de rameuses, sans rameur. Je ne pensais pas que cela avait tant d'importance, que cela se voyait, se verrait, autant).

— Tu rames en huit à midi?
— Oui pourquoi?
— Tu es toujours fatiguée quand tu fais du huit.

Et c'est vrai que c'est fatigant.

Il m'est arrivé quelque chose de bizarre, j'ai perdu mes clés. Qu'ai-je bien pu faire hier après l'ergo, n'ai-je pas refermé mon casier? Aujourd'hui il était ouvert, le cadenas avait disparu. Je n'avais pas mes clés dans mon sac. Où sont-elles? Les ai-je laissées dans le vestiaire hier? Mais pourquoi quelqu'un les aurait-il emmenées sans rien voler? Et si c'est pour me les rendre plus tard, pour ne pas les laisser dans le vestiaire, pourquoi ne pas avoir fermé le casier avec le cadenas?
Je suis ennuyée, il y a la clé de la maison avec. Le trousseau se range à l'intérieur d'une bourse et je crois qu'il y a une carte de visite professionnelle dedans (pour qu'on puisse m'appeler en cas de perte), donc mon nom. Donc la maison est trouvable.
Qu'ai-je fait hier, où sont mes clés?

A. cherche un stage et devrait faire un service civique (en attendant de repasser une fois de plus son examen en juin prochain).


Le soir je prends une inscription à la bibliothèque de la Cité universitaire. Puis bureau de H. où nous discutons avec LM d'Emmanuelle Wargon pour qui elle a travaillé. Je n'ai vu E. Wargon qu'une fois, elle m'a impressionnée.

Rentrés en décapotable le long de la Seine puis par la nationale 6 sur laquelle Waze nous ramène dans sa volonté de nous faire prendre les grands axes (pour une fois, par curiosité, nous le suivons).

Retour à Cité universitaire

Matin en décapotable avec H. Deux croissants au café "Les Affranchis" (j'aime beaucoup la déco et la patronne). Métro Olympiades.

A midi ergo. Bande son de Mad Max IV. Temps entre les deux, 52'40. Je m'ennuie désespérément, j'ai envie de me lever au bout de deux kilomètres, trois, six… C'est long. Je crois qu'il vaut mieux que je ne prenne pas de musique. Je devrais essayer de fermer les yeux. Il faudrait que je m'auto-hypnotise.

Le soir je dois rejoindre H. Aller en bibliothèque à Nanterre n'est pas sur mon trajet. C'est alors que je pense à Cité universitaire. Idéal: RER A puis B, ouverte jusqu'à 22 heures, un quart d'heure à pied du bureau de H.
Deux heures en bibliothèque (pour trois euros : étudiante extérieure) puis dîner en terrasse au Temps des cerises: il fait encore bon.
Rentrés en décapotable le long de la Seine. Le carrefour Pompadour est fermé et nous voyons sur l'écran de Waze le bouchon qui grossit.

Allemand II

Deuxième cours d'allemand (pour moi : cinquième au total, peut-être), sans Marc Boss. Nous allons beaucoup plus vite car il nous manque les commentaires théologiques. Ce sera pour la prochaine fois.

Rentrée tôt (enfin, 19 h). Je tâche de mettre un peu d'ordre, de noter quelques remarques sur le livre que je viens de finir afin de me réentraîner à écrire. J'écris tellement moins qu'à l'époque de la SLRC ou de VS. C'est vertigineux. (J'ai fini un livre! J'ai dû en lire cinq —de couverture à couverture— cette année, c'est la cata.) Je mets quelques temps à me repérer dans mon blog Wordpress, tout a changé; on dirait l'intérieur d'un site.

Ergo II

Ergo à Yerres cette fois-ci, en écoutant un podcast sur Théodore Monod. Je me suis collée une bande d'élastoplast de dix centimètres sur quarante pour maintenir un mouchoir plié en neuf au niveau du coccyx. Le but était de réduire les frottements. Je me blesse encore mais c'est mieux.
Temps encore plus mauvais. L'inutilité de se fatiguer apparaît encore plus nettement. 54mn 18. Le podcast n'est pas la solution.

Retour à Nanterre

Je ne sais plus vraiment comment je me suis retrouvée à Nanterre Université. Je crois que j'ai tapé "bibliothèque" dans CityMapper et que j'ai vu apparaître la BU de la fac de Nanterre à huit cent mètres. Alors j'y suis allée, d'abord le midi en reconnaissance, puis le soir pour y travailler deux heures (enfin, une heure et demie).

Ça a beaucoup changé. En trente ans des bâtiments ont poussé partout, la sortie du RER est devenue une esplanade, le silo central de la BU est toujours là mais entouré de plateaux devenus salle de lecture. Je n'aurais jamais imaginé qu'il y aurait autant d'ouvrages de fond en théologie et patristique. Très intéressant.

(Je n'y viens pas pour les livres. Je cherche un endroit où travailler deux heures par jour, à peu près sur mon chemin, loin de la maison où je ne peux m'empêcher de jouer ou regarder des films ou surfer sur les réseaux sociaux. Par ailleurs j'ai trouvé une fonctionnalité de mon téléphone qui me donne mon temps d'écran. J'ai réglé le temps "réseaux sociaux + jeux" à une heure par jour. Je perds beaucoup trop de temps. Entre l'aviron, la dissertation de baccalauréat canonique, les éléctions européennes et la recherche (pour l'instant très nonchalante) d'un boulot, il faut que je perde moins de temps.)

Allemand I - Ergo I

Comme Vincent nous impose 10000 m d'ergo(mètre, c'est-à-dire du rameur de salle de gym) pour pouvoir faire partie du huit1, je suis venue discrètement faire un test à midi. C'est très TRÈS long, on s'ennuie, je m'ennuie, j'ai envie d'arrêter. Il faudra que j'essaie avec un casque sur les oreilles.

Comme prévu, je fais un temps suffisamment mauvais pour me disqualifier : avec ce temps-là, je ne pourrais pas faire partie du huit car les rameuses sont toutes en dessous de 50 minutes (je suis à 51'59).
Pour mémoire, c'est en descendant en dessous des 2'30 au 500 mètres sur 4000 mètres en préparant le biathlon de Landy que je m'étais abîmé le dos. (Sur 4000 m on s'ennuie beaucoup moins).


Retour en allemand. J'ai raté les premiers cours de l'année à cause de l'entraînement en huit (en fait dans l'absolu j'aurais donné la préférence à l'allemand, mais généralement je m'engageais d'abord pour le huit, puis ensuite seulement jeme souvenais de l'allemand. Tant pis.)
Nous sommes nombreux, une douzaine, une quinzaine. Cette année nous étudions la querelle Brünner-Barth.





Note
1: Au début, il nous avait dit que si nous étions trop nombreuses à nous inscrire, il nous ferait passer un test d'ergo pour déterminer qui ferait partie du bateau pour les compétitions. Mais pour Angers, il n'y avait pas assez de rameuses (il y en a une qui est venue d'un autre club) et il a pourtant fait passer un test d'ergo. Donc c'est pour une autre raison, sans doute pour tester notre motivation car je crois qu'il redoute de s'investir plus que nous.

Coming out

Je continue mes lectures, ma recherche de bibliographie. L'idée est de trouver des livres qui permettent "d'entrer en dialogue" (formule consacrée). Le problème, c'est qu'on découvre des textes qui ont si bien traité les questions qu'on voulait aborder qu'il n'y a plus grand chose à dire (déjà que…)

J'en profite pour partager ce passage qui m'a fait sourire.
L'investissement personnel, nécessire à la formation théologique universitaire que propose le Cycle C est d'une telle ampleur qu'il implique des décisions assez radicales en termes de priorité et d'organisation aussi bien sur le plan du travail personnel que sur le plan de la vie familiale. Pour autant, l'étudiant reste souvent très discret sur son engagement dans ces études. On perçoit une réelle réticence à dire et partager les études entreprises; plusieurs étudiants évitent de faire ce que l'on pourrait appeler leur «coming out» […]

[…] L'idée même de retourner «en classe», de suivre des cours après une journée professionnelle souvent chargée, de lire des livres, de passer des examens et de rendre des devoirs, sucite étonnement, voire admiration. A l'intérieur d'une vie déjà prise par une famille et un métier, choisir de consacrer du temps — et d'engager des frais — pour continuer des études paraît déjà considérable. Mais quand le contenu des études est révélé, l'étonnement croît encore, et vire parfois à l'inquiétude: «Mais, à quoi ça sert?»

"Les engagement ecclésiaux des laïcs formés en théologie", par Christelle Javary et Luc Forestier, dans Des laïcs en théologie: pourquoi? pour qui?, direction Brigitte Cholvy, Bayard 2010, p.122-123
Je me souviens il y a sept ans avoir hésité à avouer mes études ici, puis avoir décidé de vous faire confiance, ô vous lecteurs habituels ou de passage.
Pourquoi ce mot de confiance? parce que théologie appelle religion, et religion évoque obscurantisme (et pire désormais avec les scandales pédophiles).

Comment rendre compte des trésors d'intelligence, de réflexion et d'équilibre rencontrés en théologie, quel sens peuvent-ils avoir en dehors de la foi?
Et s'ils n'en n'ont pas, quel gaspillage de force, quel dommage, et à quoi bon?

Dernier huit

Dernière sortie en huit. La course a lieu samedi, le bateau est démonté jeudi pour le transport.
C'était bien. Merveilleuse lumière d'automne derrière la Défense.
Agathe à la nage et moi au un.

La nomination de Brett Kavanaugh

Ce n'est pas pour des raisons féministes que je suis atterrée par la nomination de Brett Kavanaugh samedi dernier, mais pour des raisons pédagogiques: comment enseigner aux enfants qu'il faut se conduire honnêtement et dignement quand des fripouilles comme Trump et Kavanaugh, uniquement mûs par leurs intérêts particuliers, semblent l'emporter dans tous les domaines?

Un peu peste

Il y a deux ans j'avais commencé le catéchisme avec ce niveau, les CM1. Je m'occupais d'une douzaine d'enfants. Cette fois-ci ils sont au moins trente1 dans une salle trop petite et je les trouve terriblement petits et terriblement mignons. Ils me font rire. Est-ce que je deviendrais gâteuse avec l'âge? Est-ce que je suis déjà gâteuse ?

Les parents sont moins drôles. J'agace une mère qui geint parce que sa fille a du sport le dimanche et que «ça ne va pas être possible» en lui répondant que c'est une question de hiérarchie: il faudra choisir ce qui compte le plus (in petto je sais que le sport a gagné d'avance mais je ne le montre pas). Elle s'indigne: «mais non, il n'y a pas à choisir, les deux sont indispensables à son équilibre. — Je veux bien, n'empêche que vous ne pourrez pas être à deux endroits en même temps.»
A une autre qui veut savoir si sa fille pourra faire sa communion «même si elle est absente dix fois», je réponds que ce n'est pas de mon ressort, qu'il faut voir avec le prêtre, mais que «il n'y a pas d'obligation à faire sa communion cette année, ça peut attendre un an de plus. On peut faire sa communion à tout âge.»

Le nœud de l'affaire, c'est que l'année dernière il y avait deux groupes, un le samedi après-midi et un le dimanche matin. Les parents tenaient pour acquis qu'il en serait de même cette année mais les bénévoles se sont raréfiés. Les parents ne se sentent pas concernés, ils sont dans une pure logique de consommation. Je prends un malin plaisir à leur proposer, l'air très naïf, de monter eux-mêmes un groupe le samedi, en me déclarant prête (ce qui est vrai) à venir donner quelques explications sur les textes ou autres le vendredi soir s'ils ont besoin de support.

Bref, contrairement aux parents des deux années précédentes, pas sûr que ceux-ci vont beaucoup m'apprécier.




Note
1: tous les enfants de la ville de cet âge-là, tous les enfants allant à l'école publique. Trente enfants de neuf ans pour trente mille habitants. Dormez tranquilles, vous qui souhaitez l'athéisme et la déchristianisation.
(C'est alors que je me souviens d'Elvis Elangabeka: «vous êtes le sel de la terre: mais il ne faut pas beaucoup de sel.» Je n'ai jamais compris ce qu'il voulait dire exactement.)

Vingt ans deux fois

Cette fois-ci nous fêtons l'anniversaire en famille, avec les quatre grands-parents et mes trois enfants (hiiiiii — non, je plaisante. Mais c'est vrai que ça devient rare.)
Il fait un temps magnifique, nous déjeunons dehors et j'exhume une collection de chapeaux de paille (j'en ai deux que je n'ai jamais utilisés, que j'avais achetés dans la perspective du mariage de Matoo (finalement j'avais retenu quelque chose de plus discret!)) C. fait tout à fait drag queen.

Vingt ans une fois

Rendez-vous au Temps des cerises pour fêter les vingt ans de O., et au passage les cinquante-et-un ans de son parrain.

Cette semaine je n'aurai pas été un seul soir chez moi.

Trois et huit

J'ai fait une erreur en sachant que c'était une erreur.

Comme d'habitude j'ai fait partie des dernières à partir (le pauvre serveur ne savait plus comment se débarrasser de nous). J'ai pris un vélib (une station ouverte en bas de la rue de l'Alsacien \o/), rejoint gare de Lyon (je sais où rendre un vélib là-bas) et je suis descendue sur les quais.
Deux trains pour Corbeil. Plus de train pour Melun.
C'est alors que j'ai fait une erreur.
Je ne suis pas remontée en suface prendre un bus de nuit. J'ai pris un RER pour Corbeil en me disant que je descendrais à Villeneuve et que je prendrai un (bus) B — s'il y en avait encore un.
J'ai fait une erreur, je savais qu'il n'y en aurait pas, mais cette p** d'appli de Transdev-IDF ne se lançait pas, peut-être qu'il y en aurait après tout, et je n'avais pas envie de remonter les escaliers et de sortir de la gare.

Je suis arrivée à Villeneuve-St-Georges, il n'y avait pas de bus. J'ai marché l'équivalent de deux stations de RER, j'ai rejoint la voiture, je suis rentrée.

J'ai dormi trois heures.
Le lendemain, je me suis demandé pourquoi je n'avais pas appelé O. A une heure du matin, il devait être encore sur WoW, je ne l'aurais même pas réveillé.
Prise dans mes souvenirs, la nostalgie, les pintes de bières aussi, je n'y ai pas pensé.


Le soir, à nouveau un entraînement en huit. Je me rends compte que je n'ai rien expliqué mardi dernier: finalement le club va présenter un bateau à la Coupe des dames, mais les circonstances font que je ne ramerai pas dedans.
Ce huit s'est constitué à la rentrée, en septembre, avec les filles qui ne s'étaient inscrites ni à Annecy, ni en stage. Il a donc disposé de cinq semaines pour s'entraîner. Un groupe Whats'app a été constitué, et nous avons reçu via ce groupe un appel à compléter l'équipage les soirs où des rameuses "titulaires" n'étaient pas disponibles. J'ai décidé de ne pas bouder mon plaisir et j'ai répondu à l'appel. Anne-Sophie en a fait autant, et nous voilà à ramer en entraînement pour une course que nous ne ferons pas.
Ce soir, c'était très agréable. Beau temps, bateau plus cohérent que mardi, mieux équilibré. Plaisir de rentrer dans la nuit qui s'avance, reflets des réverbères sur la Seine.

Métro, RER. Je rentre. Je suis cuite.
A. est là. je n'avais pas compris qu'elle arrivait ce soir.

On s'était dit rendez-vous dans dix ans

On ne se l'était pas dit mais on l'a fait, enfin pas vraiment puisque pour ma part c'était la première fois et non un anniversaire.

Bref, ce soir mythique Paris-Carnet, à vingt ou trente (il paraît qu'à la grande époque ils étaient quatre-vingt ou cent, que ça grouillait, entrait et sortait (les normes de la cigarette n'étaient peut-être pas encore si strictes. Hier nous n'avions même pas le droit de sortir avec notre verre à la main (problème de patente, de droits à payer à la municipalité). Comme nous sommes devenus sages…)

Je suis arrivée tard, j'ai raté la fille aux gants (quand je dis "raté", je veux dire voir, mettre un corps sur un blog. Je ne la connais pas, je n'ai rien à lui dire. Juste la voir, au nom des nuits passées à se perdre dans les blogs pour consoler une tristesse et une solitude), je n'ai pas identifié M le Maudit et il venait de partir quand j'ai demandé s'il était là; Chondre et Matoo n'étaient pas là, Zvezdo non plus (trop loin); Aymeric discutait avec Dirty Denis; j'ai vu Gilda (zut, oublié de la faire parler de Cerisy (j'aime tant qu'on me parle de Cerisy)), Kozlika (évidemment), Franck (pas en kilt); Bladsurb, Padawan (je le croyais en Nouvelle-Calédonie), Veuve Tarquine (comme les enfants ont grandi); la Souris qui un jour m'a fait un joli compliment (genre «pourquoi je lis cette fille qui n'est pas mon genre») avec Palpatine qui a oublié ou fait semblant d'oublier que nous avons failli nous engueuler sur Twitter à propos de démographie; j'ai défailli en m'apercevant que Babils connaissait Véhesse et pas Alice (enfin un); j'ai récupéré un autocollant ou deux de Qwant.

J'ai entendu parler de Pasfolle (personne ne sait ce qu'elle est devenue) et de Mon avis sur tout. Ça m'a fait plaisir. Impossible de retrouver le nom de cette fille très rock et un peu dépressive dont le blog n'était pas super connu… Peut-être dans la blogroll de Berlinette. Qu'est-ce que j'ai aimé Berlinette. Manu attendait Matoo et un fervent admirateur aimerait rencontrer Gv. Moi j'espérais rencontrer Garfield (avant qu'il ne parte en retraite à Marseille) mais il avait eu un empêchement de dernière minute.
A la grande époque il y avait un autre groupe, la République des blogs, je crois (une idée des participants). Des gens sérieux qui voulaient refaire le monde. Tlön, c'était plutôt cette mouvance. Aymeric était entre les deux. Comme tout cela est loin. On a un peu bitché sur LLM mais à peine, en fait tout bien réfléchi, non. Juste évoqué.

J'aurais peut-être dû prévenir Jean ou Elisabeth, je regrette de n'avoir pas insisté auprès de Philippe[s] ou Mes bouquins refermés. Je me suis dit qu'ils étaient au courant, je n'ai pas osé.

Je définis la saudade comme la nostalgie de ce qui n'a pas été et de ce qui ne sera pas. Matoo a remis en ligne sa blogroll. Les liens sont plus ou moins actifs, mais les noms sont au moins des souvenirs pour ceux qui lisaient les blogs à la grande époque. Voir chez Tlön pour une autre sphère. Il y a plusieur blogrolls à récupérer d'urgence dans les blogs que je viens de citer.

Huit

Un entretien au siège à 8 heures du matin.

Je rate le deuxième cours d'allemand à 16h30 car je me suis engagée à compléter l'équipe du huit qui court à Angers le 14: il lui manque des rameuses pour deux entraînements.

Le bateau est encombrant et va vite, il demande beaucoup de concentration. Nous ne sommes pas réellement ensemble, il manque des heures et des heures d'entraînement en équipe. C'est un bateau qui doit permettre d'atteindre l'osmose. C'est exigeant (c'est pour cela que j'en rêvais. Il y a une course à Tours le 9 décembre, mais mes réflexions et calculs en Grèce m'ont fait aboutir à la conclusion que je ne vais pas y m'inscrire. Inutile de m'épuiser à mettre trop de choses dans le calendrier. Cela devient suffisamment compliqué comme ça).

Nous terminons l'entraînement à la nuit tombée. Il faut rentrer, je fais des mauvais choix entre la ligne 1 et le RER A (je rejoins le RER A à Charles de Gaulle pour aller plus vite mais il arrive puis reste en gare de longues minutes car survient un incident à Auber juste devant nous) puis attend dans la confusion gare de Lyon (vingt minutes de retard avec des trains qui changent de quai). Difficile de rester immobile avec les muscles brûlants.

Toujours pas

Reprise.
Entretien au siège à 17 heures.
Un pot à 18h45. JM est en train de faire le choix définitif de la théologie : il a démissionné d'un poste haut placé à la BNP pour son année de maîtrise. Il me cite la torah: «quand un homme a élevé ses enfants et a un toit, il a le droit de se consacrer à l'étude». (citation exacte à retrouver, me dit-il).
Concernant la dissertation de baccalauréat canonique (que lui a soutenue l'année dernière), je lui avoue que j'oscille entre des sujets qui me donnent l'impression d'être réglés en deux coups de cuillère à pot et des sujets qui exigeraient de lire tout Saussure, tout Benveniste, tout… (Nous parlons de Gunkel. Il ne connaît pas les formalistes russes. Je suis surprise.)
Il rit: «A priori c'est l'état normal des personnes normalement névrosées. Quand il te restera quatre mois, tu abonneras l'idée de faire le travail du siècle, tu prendras n'importe quoi et tu t'y mettras.»
Certes, réponds-je, mais paniquer doit faire partie du processus. Je crains que sans cela le mûrissement n'ait pas lieu.

Atelier. Je n'ai toujours pas de sujet. Je me sens très bête. A ma question ressassée "pourquoi faire de la théologie", une participante répond qu'elle ne comprend pas mon problème : c'est forcément pour parler de foi à des personnes croyantes.
Mais quel est l'intérêt de parler entre nous en étant tous d'accord ?
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