Billets pour la catégorie 2018 :

2018, l'année de la déliquescence

2017 avait été l'année de la folie (au sens psychiatrique du terme).
Cette année est celle de l'effritement.

Déménagement de la Défense à Nanterre préfecture, (fin de l'aviron facile), instalation en open-space, GC a perdu pied jusqu'à nouvel ordre, dissertation non rendue en juin, diplôme raté de A. et inscription obligatoire à la CNOV, grève officielle du RER D d'avril à juin mais en réalité ça n'a plus jamais fonctionné normalement (normalement: être à l'heure au moins trois fois sur quatre), des amis qui défendent les zadistes (??!!), pas de RER A cet été, Vincent qui me claque dans les doigts à propos de la course des dames, les émeutes de fin d'année.

Le seul point de lumière aura été les 50 ans de mariage de mes parents : un temps magnifique et des gens heureux d'être là. Je me félicite de l'avoir organisé, heureusement que je l'ai organisé.

Je ne suis pas optimiste pour 2019.




Notons par ailleurs, pour mémoire et sans aucun rapport, pour ne pas perdre cette précieuse référence, ce diagramme destiné à permettre de dater une carte (après une discussion sur le thème "mon diplôme n'existe plus (DEA, DESS), mon école a changé de nom, je viens d'une ville qui n'existe plus dans un pays qui n'existe plus").




ajout le 16 janvier 2019
Count your blessings : 2018 est l'année où j'aurais compris qui je suis (je veux dire : ni un clône de mon père taciturne, ni de ma mère angoissée). Ça m'a libérée au niveau ambition professionnelle. J'espère juste que cela n'arrive pas trop tard.

Jour tranquille

O absent.
Journée dans le salon (à cause des travaux à venir) à faire des tests informatiques (enfin pas moi…). Le test du nouveau serveur a pris 18 heures. Il ronronne sur le tapis. J'aime bien ce bruit.

Les nouveaux écrans sont sortis des cartons, entourés d'emballages anti électricité statique. H. est heureux, tout est conforme à ses attentes voire les excède.

Je suis installée au dos des écrans :


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Tandis qu'H. transvase les données de l'ancien serveur sur le nouveau, il retombe sur des archives données par son père: deux mariages filmés en 1980 ou 81 dans sa famille en Croatie. Chose curieuse et intéressante, son père a également filmé trente ans plus tard (2011) la partie française de la famille en train de regarder le film initial (les plus petits n'ayant pas de souvenirs, les plus grands ayant oublié), ce qui permet d'avoir du son, et donc le nom des personnes et l'explication des situations.
Mon beau-père a inventé les notes de bas de page cinématographiques.


Le tweet du jour.

Twitter, entre rire et abjection

Encore une journée perdue dans Candy Crush.

Une fantastique histoire de crickets qui m'a permis de rire dans la matinée. Commentaire : «Nous vivons une époque formidable où l'une des dix plaies d'Egypte peut nous être livrée à domicile».
Je la traduirai peut-être.

Utilisation des données personnelles : observation. H. a acheté du papier peint chez Bricorama vendredi. Il n'a pas de compte FB. Samedi après-midi j'ai vu apparaître une pub pour papier peint dans ma TL FB. Il avait utilisé la carte bancaire du compte joint. Nos adresses mail sont sur un serveur perso commun. Pour FB j'utilise un compte mail qui n'utilise pas notre nom de famille.
Coïncidence ?

Je ne sais plus comment dire mon dégoût. Une du Monde, en toute innocence, sur le mode «on ne pensait pas, on ne l'a pas fait exprès».
(Je cite cette twitteuse parce qu'elle connaît bien l'Allemagne et a souvent des analyses intéressantes.)


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source : Nain Portekoi

Dernier vendredi de l'année

Pris deux heures entre midi et deux pour travailler à la dissert. J'ai trouvé un endroit que j'aime bien au dernier étage du bâtiment, sous le ciel dans un silence profond.

Commencé Au pays de la théologie de Neusch et Bruno Chenu. Pas mal voire bien.

Les échéanciers ont enfin été envoyés : d'abord retardés parce que nous n'avions pas le PASS 2019 (plafond annuel de la sécurité sociale), puis à cause d'un bug incompréhensible: il s'est avéré que quelqu'un avait trouvé malin de faire une mise à jour du progiciel début décembre sans prévevir personne… Résultat, les 71000 courriers ont réussi à partir cette nuit.

Un dîner à Paris annulé. Nous rentrons. Cinq jours devant moi.

Jina Djemba

Miss Nina Simone au théâtre de l'Œuvre.
Pas emballée par le texte de la pièce, trop narratif et statique à mon goût. Le récit est triste, mais c'est sans doute que la vie de Nina Simone est triste. Je pense qu'en une heure nous avons tous les éléments, son enfance, son caractère difficile, son amertume de femme noire engagée dans la lutte pour les droits civique, sa solitude à Marseille.

La surprise, ce qui donne toute sa valeur à la pièce, c'est que contrairement à ce que j'imaginais, il n'y a pas de play-back: Jina Djemba chante en scène, accompagnée par un musicien percusionniste-flûtiste-pianiste. Et c'est bon, très bon, même.
J'espère la revoir dans beaucoup d'autres pièces et films.

Soulagement

Soulagement d'être à la maison pour quatre jours. Impression de très longues vacances.

Des présences rares

Oulipo le soir. Comme souvent j'arrive trop tard pour assister à la séance, je rejoins le groupe à la sortie de la BNF.

Jacques Ponzio (de Marseille) est là. Je l'interroge sur le jazz car je sais qu'il a sorti un livre l'année dernière: Thelonious Monk: abécédaire. Il m'apprend qu'il en a écrit un autre, Blue Monk, il y a vingt-cinq ans (renseignement pris, c'est une référence), et surtout qu'il doit en sortir un autre: «cette fois-ci ce sera mon Monk, me dit-il, et je ne suis pas toujours tendre.»
Jacques, c'est aussi un groupe de jazz, "Africa Express", avec bientôt un nouvel album dont il semble très content.

H. est là, cela fait plusieurs fois qu'il me rejoint le jeudi. Ça me fait plaisir.

Olivier Salon arrive plus tard et nous ravit de sa fantaisie en nous parlant de Satie et nous racontant des anecdotes loufoques — mais vraies (google dixit).

Deuxième course

Les filles en huit ont été deuxièmes ce matin à Tours.
Une photo du bassin qu'elles nous ont envoyée (Whatsapp est quasi noyé sous les messages):

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Tours (le Cher). Presque chez moi. Mon regret de ne pas y participer, c'est que René aurait pu être là.

Kairos

Je suis allée chercher le sapin samedi : un petit (à cause des travaux) acheté auprès des compagnons scouts (ça leur permet de financer leur projet).
O. l'a décoré dans la semaine, ce qui fait que pour la première fois depuis très longtemps (première fois tout court?) le sapin est monté avant le 23 ou 24 au soir.


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A 15 heures, réunion à l'église de Montgeron avec tous les élèves de catéchisme du secteur autour du texte Luc 3, 10-18: «que devons-nous faire?»

Les réponses m'ont toujours frappée par leur bon sens: faire votre travail honnêtement, partager quand vous avez quelque chose en surplus. Il me semble que la comtesse de Ségur relaie le message, peut-être dans Les Vacances.
Les Actes aussi auront ce genre de réaction: mettre en place des équipes pour s'occuper des veuves, envoyer certains prêcher, donner des conseils de bon sens et de moralité… Les évangiles sont encadrés par de la norme humaine, des réponses que nous pourrions trouver seuls. Il n'y a que Jésus qui fait éclater le message et fait ou dit toujours autre chose que ce qu'on attend.

Idée cadeau

Des gilets orange (pour le footing, le vélo…)

(Et toujours je pense à la règle du Bled, «les noms de couleur provenant d'une chose (jonquille, émeraude, etc) sont invariables sauf rose». (Ils sont également invariables si composés: rose bonbon.))

Timidité

— Il fait froid, je me suis mis près d'une rôtisserie.
— Pourquoi tu ne rentres pas ?
— Je ne vais pas rentrer tout seul dans une librairie !



Autre timidité : librairie cahiers de Colette pour une lecture à l'occasion du dernier livre de Marcheschi, L'Alphabet des astres. Pas osé le saluer.
Puis coquillettes-jambon aux Marroniers.
Pour parfaire cette glissade régressive, un Langelot jamais lu attendait dans la boîte à lettres : Langelot et la clé de la guerre.

Coupe-gorge

Dîner avec Dan et Christophe (& Co) au Coupe-gorge (sans grand intérêt).

Dan a toujours des histoires extraordinaires qu'il racontre tranquillement avec un sourire désarmant. Cette fois-ci, c'est un AirB&B fou sur la côte Ouest : «Il avait précisé "maison sans parfum", scent free home: pas de déodorant, pas de parfum, pas de lessive… mais ce n'était que le début. C'était un fou des post-its, il y en avait partout, il en rajoutait pendant mon absence… il partait en week-end avant mon départ, je me suis dit chic je vais être tranquille, mais pas du tout: il avait fait appel à un voisin qui venait vérifier que je ne manquais de rien et il me téléphonait plusieurs fois par jour…»



Je découvre le concept d'hypersensibilité environnementale. C'est très proustien.
J'aime beaucoup le nom de cette page : Think before you stink, Pensez avant de puer. Tout un programme.

Bref, dépêchons-nous de nous parfumer avant que cette folie supplémentaire n'arrive en France.

CNOV

A. à la maison.

Une bonne nouvelle : son dossier est accepté, elle va pouvoir passer l'examen pour être inscrite sur la liste de l'ordre des vétérinaires, inscription sans laquelle elle ne pourra pas exercer son métier.
Les épreuves se tiendront à Nantes en avril.

Conférence

Conférence obligatoire sur la loi bioéthique. Beaucoup de redites par rapport à mes cours de deux ans, ce n'était pas vraiment nécessaire.

Il y a deux ou trois ans, il n'y avait pas de cours ou TG pour les (élèves en) dernières années. Les droits d'inscription ont augmenté et en conséquence l'école s'est senti obligée d'ajouter des cours aux ateliers tous les quinze jours. C'est un programme beaucoup trop lourd, nous sommes tous à la limite d'abandonner.

Langelot

Il y a eu plusieurs étapes. Il y a quelques semaines, j'ai trouvé un Langelot contre Monsieur T dans une boîte à livres à la bibliothèque de Nanterre université. Il était très abîmé, les pages gonflées d'avoir été un jour mouillé. Qu'importe, je l'ai ramené, impossible de le laisser; je l'ai laissé traîner, H. l'a lu (relu, rerelu, pour la x-ième fois depuis la première fois).

Sans doute a-t-il voulu en lire un autre. Et il s'est enfin rendu compte que j'avais fait, que je faisais, relier les Langelot. Cela ne fait jamais que trois ans que j'ai commencé.



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Sur ma lancée, après le travail sur Pratchett et celui sur World of Warcraft, j'ai listé cette après-midi les quarante Langelot existants pour pointer ceux qui me manquent et l'édition de ceux que j'ai.
En fait il y a quatre ou cinq titres, parmi les derniers, que je n'ai jamais lus. Ô joie infinie, il reste des livres à lire! Etrange impression que de découvrir que beaucoup de Langelot que je pensais anciens venaient tout juste de sortir quand je les achetais (tout mon argent de poche). Ils étaient mes exacts contemporains.

Quelques recherches internautiques plus tard, j'ai commandé onze Langelot, cinq que je n'ai pas et six pour acheter des couvertures conformes à l'édition dans laquelle je les ai lus dans mon enfance (édition dite "avec logo" le plus souvent: cliquez, le site est admirable de précision et de simplicité).

La pensée réac du jour

— Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on dirait que certains s'attendaient à gagner plus à la retraite que lorsqu'ils travaillaient, ou tout au moins autant. Ils devaient tout de même se douter que ça allait faire moins.
— Mais non : ils n'en foutaient pas une rame quand ils travaillaient et ils étaient payés, ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient gagner moins à la retraite.



J'avoue, j'ai ri de bon cœur. Un peu scandalisée, mais pas tant que ça, parce que bien entendu, je songe à des exemples (qui ne peuvent constituer une généralité).

Ambiance

Mail pro reçu à 11 heures :
Bonjour,

Compte tenu des événements liés à la mobilisation des gilets jaunes prévue le week-end des 8 et 9 décembre prochains, nous vous invitons à prendre votre ordinateur portable à domicile vendredi soir afin de protéger éventuellement le matériel en cas d'intrusion des locaux professionnels et de pallier aux éventuelles difficultés d'accessibilité des immeubles Immeuble1 et Immeuble2, lundi 10 décembre prochain.

Cette mesure n'est prise que par précaution et nous espérons naturellement que chacun pourra regagner son lieu de travail normalement ce lundi.

Bien évidemment, nous vous invitons à éviter l'abord des ImmeublesXX ce week-end.

Enfin, un numéro vert sera mis en place pour vous donner des informations sur l'évolution de la situation au cours du week-end : 08xxxxx

Ce numéro serait disponible à compter du dimanche 9 décembre 14h.

Bien à vous.
Ce n'est plus à 1934 que je pense, mais à 1788.
Sauf que ceux de 1788 n'avaient sans doute pas grand chose à perdre, alors que ceux d'aujourd'hui vont tout perdre s'ils incendient les lieux de travail des bonnes poires qui continuent à payer pour eux: ils ne se paraissent pas se rendre compte que leur maigre retraite et la prise en charge à 100% des ALD (affection de longue durée) dépendent entièrement du fait que le reste de la population aille travailler tous les matins.


Je pleurerais bien sur le fait qu'en absence de réforme mes enfants n'auront pas de retraite, mais le plus probable est en fait qu'ils meurent du manque d'oxygène (diesel forever).
Beaucoup de pays réfléchissent aux moyens d'équilibrer les régimes de retraite à l'horizon 2030-2040. A cette date, le vieillissement aura atteint les Etats-Unis et la Chine; au Japon et en Europe, la population de plus de 60 ans sera pratiquement égale à celle de 20 à 60 ans.

Mais les calculs faits précédemment montrent que, même avec des hypothèses favorables, en 2040 la consommation d'énergie et les émission de CO2 auront l'un et l'autre été multipliées par 3 rendant probablement la planète invivable. Quelle est alors l'utilité du rééquilibrage des régimes de retraite ?

Patrick Artus, Flash CDC Ixix n° 185, 16 juin 2004

Prévisions à moyen terme

Je suis mes comptes dans un tableau Excel avec un onglet par mois et des onglets pour des graphiques, pour les prêts et pour les impôts. Chaque année je le duplique pour l'année suivante puis le vide des dépenses non structurelles ce qui me permet d’établir une sorte de budget prévisionnel.
C'est donc un tableau sérieux.

Aujourd’hui je lui ai ajouté deux onglets: un onglet World of Warcraft et un onglet Pratchett. Ainsi vais-je pouvoir suivre sur plusieurs années les commandes de cadeaux de Noël qui m’ont été faites. Je vais devenir spécialiste de livres que je ne lirai jamais (j’adore. En fait, ça me plais beaucoup. C’est comme un rêve dans lequel vous décidez de ne pas entrer mais qui reste disponible, à portée de main.)

J’ai établi mes listes, rêvé sur les noms, choisi une stratégie (dans quel ordre acheter? Et combien à la fois?), passé mes commandes et pensé qu’Amazon, c’était tout de même pratique.



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Agenda : sortie en huit (bof), grec Jn 11.

Romains 7

En allemand, coup de théâtre: Romains 7 (comprendre L'épître aux Romains), «je fais le mal que je ne veux pas et je ne fais pas le bien que je veux» serait une prosopopée dans le style des dialogues platoniciens. Cela expliquerait pourquoi la thèse soutenue est différente de ce que dit habituellement Paul (puisque Romains 7 est une défense de la Loi tandis que Paul est généralement pour un dépassement de la Loi.)

Quelques recherches plus tard, je trouve ces pages d'Alain Gignac.


Puis un coup de Vélib (ouaaaiiiihhh, y en a!!!) jusque chez Olivier, un whisky, une petite fille impertinente et un petit garçon têtu, une côte de bœuf maturée cent jours (je ne savais même pas que ça existait) à deux (1,8 kg) au Trassoudaine (chaudement recommandé).


Je rate le dernier RER et rentre en car.

Le jeu

"Après-midi piscine" ou "rien", pour la déclaration de guerre de 14 (Kafka) ou le 14 juillet 1789 (Louis XVI). C'est souvent cité pour illustrer un manque de clairvoyance devant les événements historiques.
Mais je découvre une autre explication possible: une telle navrance que l'on préfère parler d'autre chose.

Parlons d'autre chose.

Tellement pas le moral que j'ai séché l'atelier de ce soir pour aller au cinéma.
Vu Le Jeu, dîner entre quatre amis et leurs conjoints qui décident de lire à haute voix toutes les notifications qui arrivent sur leurs téléphones pendant le repas.
La bande-annonce m'avait plu mais je craignais la catastrophe franchouillarde. En réalité le film est de bonne tenue et montre bien la fragilité psychologique, les désirs toujours inassouvis et inavouables, les tensions familiales et — surprise pour moi pour qui ce n'est plus un sujet — l'homophobie larvée ou pas du Français moyen (d'un type de Français moyen). Il y a quelque chose de shakespearien dans ce film, pas le Shakespeare des tragédies mais celui des comédies amères où la fin nous explique que même si ce n'est pas facile, il faut continuer à vivre de notre mieux.

Rangement, départ

Les travaux prévus dans la maison devraient commencer lundi (enfin, ils ont déjà été reculés d'une semaine et ils le seront peut-être encore. Ça ennuie H. qui aurait voulu faire passer les factures sur 2018 (optimisation fiscale)).

Comme je ne suis pas là du week-end, j'ai donc posé ma journée pour dégager le dernier étage. Difficile de dire que j'ai rangé, disons plutôt que j'ai entassé ailleurs. L'élan qui me poussait à classer et vider quand j'espérais que nous partirions aux Etats-Unis est bien mort — ou profondément endormi.

TGV à 17h19, direction Nice pour ramer deux jours. Je profite du voyage pour avancer les billets d'Alice et classer mes photos (Europe 2017 : nostalgie). J'aurais peut-être mieux fait de travailler sur le TG que je dois rendre par écrit puisque je ne vais pas y assister demain (galère!).

Arrivée à l'hôtel Saint Paul. C'est un ancien couvent et en première impression sous la pluie dans la lumière des réverbères, il est magnifique.
Pour moi, il présente surtout l'intérêt d'être à deux pas du club où nous avons rendez-vous à 8h30 demain.

Sortie en huit

Comme il y a une semaine ou comme il y a quinze jours ? Le temps passe si vite.
J'ai failli ne pas y aller, nous étions dix ce matin dans l'appli (le site) yaentrainement, mais plus que huit à onze heures (il faut être neuf pour faire un huit : il y a un barreur).
Evidemment problème de RER, c'est frustrant d'être désormais à Nanterre préfecture (une station de RER, changement à la Défense, une station de métro. C'est long). J'ai quasiment pris la décision de ne plus ramer en semaine en attendant le retour de l'heure d'été (pour ramer le soir puis rentrer — et non retourner au bureau).
Sauf s'il faut compléter un huit.

Belle sortie, j'adore ça : il faut être concentrées, l'épuisement cérébral — et non physique — se sent au fur à mesure de la sortie, les cerveaux manquent de sucre: d'abord replacer le tronc, tirer les talons vers soi et non les fesses vers les talons (c'est bizarre mais ça change totalement la stabilité du bateau), préparer les pelles, pousser, dégager les coudes bien écartés… à chaque coup. Impression de ne rien savoir, de tout réapprendre. Plus du tout le temps de regarder les canards ou les feuilles.

Finalement c'est cumuler tous les avantages : le plaisir de sortir dans ce bateau de temps en temps sans l'obligation de s'entraîner cinq fois par semaine.

Salut, c'est pour un sondage

(Phrase d'accroche du Colaroshow, me semble-t-il (ça ne nous rajeunit pas. Cette émission a totalement disparu des mémoires)).

La banque Trucmuche nous a envoyé un lien pour un sondage de satisfaction.
Il y avait une seule question: «Etes-vous satisfait de la banque Trucmuche ?»



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Transport : depuis quinze jours, les problèmes se multiplient matin et soir. Ce matin, tous les RER D terminus gare de Lyon étaient supprimés, puis problème mécanique sur le RER A. Ce soir problèmes mécaniques sur le RER A et D.

13 pouces

Nouvel ordinateur, MacBookAir 13 pouces, gris foncé. Magnifique écran rétina, douceur des touches neuves sous les doigts. Triste de quitter le 11 pouces, d’une part pour des raisons écologiques (H. a beau m’assurer que tout est recyclé, j’ai toujours un doute. Mais bon, nous allons le conserver comme ordinateur de voyage); d’autre part parce qu’il m’a accompagné partout depuis l’été aux Etats-Unis et notamment durant mes années d’études (avouons que c’est sans doute à cause du fait que mon ordinateur devienne portable que j’ai cessé d’écrire régulièrement sur mes blogs: le fait d’avoir le portable partout avec soi incite davantage à traîner sur FB qu’à écrire… Il me faut un cadre formel pour travailler).

Le 11 pouces est bien fatigué, la batterie est à bout de souffle et il ne supporte plus les dernières évolutions du système d’exploitation: risques de failles de sécurité, me dit H. (ce qui ne m’effraie guère, mais enfin).

Boycott

Alexis Corbière invité sur France Inter explique sans complexe ni honte (sans vergogne, dirait RC) qu'il a navigué d'un groupe à l'autre en mettant ou enlevant son gilet au gré de la situation.

Je ne comprends pas la complaisance de France Inter pour le mouvement des gilets jaunes, anti-impôt et anti-taxe: après tout, cette radio est financée avec nos impôts.
C'est bon, leur anti-macronisme me fatiguait, cette fois-ci la coupe est pleine. Je vais voter avec les pieds, c'est à dire désinstaller l'application sur mes appareils (dans l'espoir que la désinstallation se voit dans leurs statistiques).
Je vais tester Europe 1 recommandé par Elisabeth.


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Premier vin chaud au Cassette.

Retour à Melun

Comme le huit était complet, je suis allée ramer à Melun avec Guenaële pour la première fois depuis septembre. Ça m'a fait un bien fou au moral. Bien que n'ayant pas ramé de la semaine j'ai ramé les quinze kilomètres sans difficulté : les entraînements en huit ont été efficaces.


A. est à la maison pour fêter son anniversaire, mais mes parents et mes beaux-parents ne viendront pas demain: les «gilets jaunes» font comme une rumeur de guerre civile à la radio et sur Twitter.
Pour 10% de personnes en réelles difficultés financières, 90% sont des personnes qui ne veulent pas payer d'impôts, pas payer de taxes, en un mot surtout ne pas soutenir les 10% dont cela devait être le combat.
Manif de beaufs dans tous ce qu'elle a de méprisable et désolant: extrême-droite et extrême gauche, Mélenchon et Le Pen et Dupont-Aignan. (L'un des meneurs du mouvement, Franck Bulher, a rejoint NDA après avoir été exclu du FN pour racisme. Ça laisse rêveur.)


Le soir H et moi allons revoir Bohemian Rhapsody à Bercy avec les enfants. Coïncidence, je le découvre au générique de fin, c'est l'anniversaire de la mort de Freddie Mercury.
A. nous raconte les tribulations de Benjamin qui squatte chez elle quand il ne peut pas squatter chez Quentin, parce que par décision du juge, Quentin ne peut pas rester chez lui quand ses frères et sa sœur rendent visite à leur mère.
Cette histoire est louche. Je suis soulagée que ce soit Benjamin et non Quentin qui soit coloc chez A.

Je suis Amy

Ce soir, l'une des rameuses nous a invitées à prendre l'apéro chez elle «pour mieux se connaître» (puisque nous sommes deux ou trois groupes à devoir se fondre: celles du midi, celles du week-end et un groupe à part car bonnes rameuses mais un peu pestes). Retour dans les petites rues de Courbevoie. Nous étions une douzaine entre vingt-cinq et cinquante ans.
L'une d'entre elles me dit comme une grande découverte: «ce qu'il y a de bien à l'aviron, c'est qu'on ne se présente pas, on ne sait pas ce qu'on fait dans la vie, on le découvre beaucoup plus tard, c'est reposant». J'ai alors réalisé que je vivais ainsi depuis des années, avec les blogs, avec les inconnus acceptés en amis sur FB: des années parfois à connaître la situation professionnelle ou familiale de certains.
Je n'ai pas commenté.

Je raconte la soirée à H:
— Je crois que c'est la première fois que je participais à une soirée entre filles. J'ai eu l'impression d'être Amy tout excitée par ses soirées avec Bernadette et Penny.
— Bref, vous avez bitché.
— Oh, pas tant que ça.

E-santé, théologie, grec

1/ Colloque sur l’e-santé à la Mutualité française.
Pas de journée réussie sans commencer par des problèmes de transport: j’ai eu beau m’appliquer, prévoir un RER plus tôt, je me retrouve coincée à la Madeleine (RER D puis ligne 14 puis ligne 12) par une panne de signalisation. J’essaie la 8 qui ne va pas mieux. Je prends un Mobike, six kilomètres, heureusement qu’il ne pleut pas.

Intervention très intéressante d’un anthropologue, Sylvain Flender. A la demande de la Mutualité, il a enquêté sur ce qu’était la santé pour nos contemporains (donc nous-mêmes).
Il commence par une remarque de base: personne ne sait définir la santé. La santé se définit par ce qu’elle n’est pas: ni maladie ni douleur (comme je suis déformée je pense aussitôt théologie négative).

Il a travaillé par des questionnaires approfondis proposés à soixante personnes choisies selon des méthodes statistiques. Les réponses ainsi que des recherches en fonction des pistes ainsi ouvertes (j’ai demandé comment il était possible de proposer une analyse aussi large à partir de soixante personnes seulement) l’ont amené à définir quatre imaginaires de la santé:
1/ la santé sensation. Etre bien dans son corps, ralentir pour résister au stress contemporain. Vocabulaire de l’élimination, de la transpiration: éliminer les toxines de la vie contemporaine.
2/ la santé compétence (à résonnance esthétique: avoir la forme et être en forme). Bouger, faire et surtout être capable de faire. Potentiel.
3/ la santé capital. Prendre soin de soi pour préparer l’avenir, avec quatre sous-types: le déni (inutile de faire des efforts; tout est dans les gènes; regardez Churchill); le fatalisme (il faudrait que j’arrête telle ou telle addiction mais je n’y arrive pas, tant pis); le funambule (compense les excès d’un soir sur la semaine); l’orthodoxe (une forme d’ascétisme).
4/ la santé émotion. A la recherche du bon, du bien. Centripète (vers l’extérieur) plutôt que centrifuge (égocentré). Trois sous-types: le rédempté (a souvent vécu un burn-out); le carpe diem (attentifs aux petits bonheurs); le méditatif (conscience aaugmentée, vision holistique, en accord avec l’univers).

Je n’aurais jamais imaginé de mettre cette dernière catégorie dans la santé. Pour moi c’étaient des spirituels, voire des mystiques pour les plus allumés d’entre eux.
Donc Nerdfitness est dans la santé compétence, Zen habits dans la santé émotion.


2/ Théologie
En sortant je passe chez une camarade d’atelier qui m’a proposé de me prêter des livres. Neusch et les Mélanges offerts à Mgr Doré. Ce dernier est un très gros et beau livre. Je le commence (dans le désordre puisqu’il est composé d’articles. J’ai rencontré deux des auteurs à Cerisy) en mangeant un œuf mayonnaise dans une sympathique brasserie, La Marquise. Mes voisines se plaignent des fautes de français sur France Culture (émoticône yeux qui pleurent bouche qui rit).


3/ Grec
Je salue la prof de la part de la camarade que je viens de quitter: à ma surprise vite transformée en évidence, celle-ci connaissait Anne-Catherine B. Je suppose qu’elle doit sortir de l’ENS, spécialité allemand ou langues classiques. Après tout, elle fait son mémoire sur les noms du fils dans une homélie (non traduite à ce jour) de Grégoire de Nysse.

Jean 11. Résurrection de Lazare. L’héroïne est davantage Marthe que Marie.
— Mélo, se préoccuper, se faire du souci. Voyez-vous un prénom qui vient de cette racine?
Nous séchons.
— Amélie, celle qui est sans souci.

Management d'équipe

A la rentrée O. était fier d’avoir été choisi comme xxx (je ne sais plus le nom: celui qui organise les combats. A l’écouter jouer le soir, j’avais l’impression qu’il était aiguilleur du ciel) dans une guilde de WoW.
Une guilde se compose de vingt personnes. Cela permet de combattre des monstres plus gros, de mener des quêtes plus intéressantes. Ils avaient rendez-vous tous les vingt chaque dimanche et chaque mercredi («car le mercredi est le jour où les serveurs sont mis à jour et où de nouvelles quêtes sont proposées»). Je m’appliquais donc à ce qu’il soit à l’heure ces jours-là, c’est-à-dire que nous ayons fini repas et vaisselle.

Depuis quelques temps les réunions s’espacent. Comme j’avais l’impression que cela lui tenait à cœur, je m’inquiète, je m’informe. Il est plutôt déçu.

— Nous n’étions plus vingt, alors on s’est allié à une autre guilde. Mais mon chef de guilde n’aime pas comment je parle à cette deuxième guilde. Tu comprends, je peux être indulgent avec ceux de ma guilde, mais avec celle-là… c’est pas ma guilde. Mon chef trouve que je suis désagréable, mais ils sont tellement lents… et ils discutent tout, ils ne veulent rien essayer…

Bref, ils ne vont pas assez vite, ils ne comprennent pas la logique de O, ils ne lui font pas confiance. C’est l’histoire des loups-garous all over again.

La disparition des cadres

Matinée au cercle des Pyramides, un cabinet d’experts dans la législation sociale qui organise régulièrement des petits déjeuners de formation et d’information.

Très intéressant comme toujours. J’avais entendu parler de la fusion Agirc-Arrco, mais je n’en avais pas compris la conséquence: la disparition du statut de cadre, «un statut qui n’existe pratiquement qu’en France», «devenu inadéquat à une époque où l’expertise compte davantage que les capacités d’encadrement».

Beaucoup de contrats de prévoyance qui faisaient référence au statut de cadres (créé en 1947) vont devoir être réécrits. Les cotisations sont harmonisées, certains vont y perdre, d'autres y gagner.

L’avocat fait également allusion au projet de Macron de fondre les quarante-deux régimes de retraite en un seul… et évoque le problème des réserves : certains régimes ont de quoi couvrir dix ans de pension, alors que les réserves de tous les régimes représentent 160 milliards d’euros, soit six mois de pension pour tous les régimes confondus.
Je ne suis pas sûre qu’avec les émeutes actuelles ce soit vraiment le moment d’évoquer cela.

Autre sujet ambivalent : afin d’inciter les personnes à partir plus tard à la retraite, ceux qui auront acquis le droit à une retraite à taux plein en 2019 se verront appliquer une décote de 10% pendant trois ans sur leur retraite complémentaire s’ils partent aussitôt. S’ils partent huit trimestres plus tard, ils auront une surprime de 10%, et ainsi de dix en dix pour douze et seize trimestres.
Evidemment, ce n’est incitatif que si l’on en parle, et le moment ne me paraît pas extrêmement favorable. Donc cela va se faire en catimini, les gens vont partir et se retrouver avec la décote de 10% sans avoir été prévenus, ce qui va générer du mécontentement, etc, etc.


Je passe aux Galeries Lafayettes m’acheter une veste car je suis partie si vite ce matin que j’ai oublié d’en prendre une. Dans l'après-midi, entretien en interne pour un poste de chargée de mission auprès d’un directeur. Je crains d’avoir paru trop indépendante.


Puis allemand. J’ai failli ne pas y aller en me disant que j’étais trop en retard, mais le prof l’était plus que moi: bloqué dans le RER B, grand foutoir tout l’après-midi car un train s’est retrouvé, d’une façon que je m’explique mal, sur les lignes du RER, et il n’était pas évident de le dégager. (L’inventivité en termes d’incidents techniques serait une source d’admiration si elle n’était une source d’agacement).
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