Billets pour la catégorie 2018 :

Vacances

Petit déjeuner en terrasse, teinte des cheveux (pas pris le temps hier. Je déteste les racines blanches, je ne supporte pas), trajet en voiture jusqu'à gare de Lyon, ligne 1, RER A.
Aujourd'hui, mails.
Le soir au Bambou (nous alternons les cantines: Bambou / Temps des cerises). Soupe phô.
Retour le long de la Seine. Cigarettes sur la terrase, dans les chaises-longues, dans le vent. Je pense à Conrad, à Melville. Bruit de la mer dans les arbres.
Nuit. Homeland saison 4. Que dit Wikipedia, déjà? «Homeland n'est pas raciste, il est mal informé.»
Ce qui me fait sourire, ce sont ces voitures si toujours impeccablement propres.

Assomption

Un aller à la boulangerie, un aller à la gare, un épisode de Homeland (oui je ne fais plus que ça).
C'est étrange de trouver cinq militaires en treillis armés de mitraillettes autour de l'église quand on sort d'un épisode d'Homeland.
Mais pourquoi? Un instant je me suis demandé si notre cher député était là, mais même pas. Qui a bien pu décider soudain un tel étalage de forces, et pourquoi?


Addendum:
Et le soir tard, en sortant du cinéma, scène silencieuse sur la place devant encore une église (pas la même). Deux voitures noires arrêtées, cinq ou six hommes en demi-cercle, silencieux, se ressemblant, la trentaine, cheveux et barbe sombres. J'ai repéré un pistolet dans un holster. Des policiers examinant l'autre? Mais pourquoi si peu de mouvements, de paroles? Qui étaient qui, comment, pourquoi?

Construction d'un site

Journée (à la maison, télétravail) sur "mon" site. Bien progressé. J'espère que cela permettra de moins répéter toujours la même chose: il suffira de donner un lien (je n'en peux plus de répéter tout le temps la même chose).

C'est aussi à destination des RH qui ont beaucoup perdu en expertise en quelques années (la législation évolue et elles ne se mettent pas à jour). Leur incompétence condescendante m'agace.

Mon ordinateur perso (mon MacBook air 11 pouces de février 2012) est inutilisable car le chargeur a rendu l'âme (sans doute une rupture dans le câble).

Regardé les premiers épisodes de la saison 3 de Homeland tard dans la nuit. Un début sous le signe de la folie.
Je pensais cet après-midi à "la Cinq" lors de sa création dans les années 80, avant qu'elle ne devienne Arte. Elle ne diffusait que des séries, souvent américaines et souvent en boucle, et je m'étais dit à l'époque qu'il était heureux que je n'ai pas la télé, que j'aurais passé tout mon temps devant en tricotant.
On y est, sauf que je ne tricote pas car je ne sais pas où est mon catalogue dans tout ce bazar.

Une saison

Commencé la journée devant Homeland saison 2 (vers sept ou huit heures, son très bas), puis marché avec H. (les commerçants toujours heureux de nous voir ensemble — un rosé sur les chaises colorées installées sur le parking), puis repas, puis retour devant la télé.

J'ai regardé toute la saison, soit douze heures, je pense. Un peu abrutie.
Spoiler alert: on remarquera le retournement, d'une Carrie seule à penser Brody terroriste dans la saison 1 à une Carrie seule à le croire innocent à la fin de la saison 2.

J'en ai profité pour vider les boîtes de cassettes vidéo de leurs cassettes et de leurs couvertures papier: les boîtes et les couvertures vont dans la poubelle emballage, les cassettes dans la poubelle générale. Cela représente un tel volume qu'il va falloir plusieurs semaines pour écouler tout ça. J'ai fait des tas.

A/R à Mortagne

J'ai prévu d'aller voir régulièrement A. pour tenter de lui donner un cadre, pour l'empêcher de dériver. J'ai peur de sa tendance dépressive dans une ville où elle ne connaît personne. Et de fait, elle m'avoue dormir plus de dix heures par jour et rester des journées entières chez elle.

J'arrive à midi. Pastis chez Diogène aux sons de jazz, au coin de la place Charles de Gaulle. A côté, une photographe expose dans un style hollandais des natures mortes à couper le souffle. J'aime vraiment beaucoup, mais il faudrait refaire la décoration de toute la maison… et c'est à peine si nous aurions assez de murs (car que rejeter de ce que nous avons aujourd'hui?)

J'aime beaucoup cette ville, je m'y sens bien.

Repas en crêperie, puis après-midi studieux: quelques règles de vie (tout le problème est que tout ce que je dis sera retenu contre moi: A. a le chic pour pousser toute recommandation à son extrême pour la transformer en pire conseil) et une revue de son site. Elle a mis en ligne quelque chose d'assez tristoune sans photo, je lui montre le mien (sans photo non plus, mais j'ai pour objectif qu'il soit tristoune: ce n'est pas un site pour attirer mais pour repousser, pour qu'on me/nous laisse tranquilles!)
J'achète à vie un abonnement à elegant themes: celui-là sera personnel. Les thèmes WordPress gratuits c'est plein de bonne volonté, mais je prélère payer et avoir une programmation professionnelle. Sans doute un pli pris à vivre avec un informaticien. A. semble reprendre courage. Maintenant il faut prendre en main Divi!

Nous sommes ressorties un peu avant cinq heures: passage à la médiathèque où elle n'a pas encore mis les pieds (c'est à ce genre de détails que je me dis qu'elle se laisse dépérir); à la librairie à deux pas où la libraire accueillante a peut-être un chien à soigner et un stand à une fête à la ferme; à l'office du tourisme où une charmante dame se chargera de mettre une affiche sous le marché couvert.
Je repère des randonnées, des fêtes, des sorties: il faut que A. rencontre du monde, pour se constituer une clientèle certes, mais avant tout pour sa sauvegarde mentale.

Nous rentrons et nous nous remettons à nos sites. C'est assez fastidieux car la liaison internet se fait l'intermédiaire du téléphone qui sert de clé 3 ou 4G.

La casquette enfoncée bas sur les oreilles, je rentre tard dans la nuit en poursuivant l'écoute des podcasts sur Bernstein commencée ce matin.

Anti-moustiques

Comme d'habitude je suis la première levée. H. a innové : au lieu de dormir au rez-de-chaussée, il s'est enfermé dans la chambre d'O. pour échapper aux moustiques (mais pas à la chaleur puisqu'il faut alors fermer toutes les fenêtres toute la nuit).
Je commence à ranger l'étagère que nous avons descendue dans la chambre (l'ancienne chambre) d'A. L'idée est d'y mettre tout ce qui concerne la théologie, le grec et mes classeurs de cours. Au fur à mesure que j'avance, que je ramène également les livres relégués au grenier (dans la dernière pièce, "the room of requirement", je me rends compte que cette étagère ne suffira sans doute pas, à moins que je ne range les livres sur deux épaisseurs. Je suis submergée par l'idée de tous ces livres, il va vraiment falloir que je les lise un jour.

J'entame ensuite le deuxième chantier des vacances: se débarrasser des cassettes vidéo. Je n'ai pas trouvé de lieu qui les recycle. Idéalement il faudrait les démonter, enlever la piste magnétique pour la jeter d'un côté, jeter le plastique d'un autre et les vis en métal à part. Je vais me contenter de jeter les boîtes à part en enlevant la couverture de titre en papier glacé (des limites de l'engagement écologique).
Je descends l'ensemble des cassettes (combien? à vue de nez dix tas de douze à quinze cassettes). J'isole quelques-unes que je veux conserver à tout prix (Bernie, Divine mais dangereuse, C'est arrivé entre midi et trois heures, Bound, Train de vie), H. en fait autant de son côté, puis vérifie pour la vingtaine de cassettes ainsi sélectionnées si les films sont disponibles en ligne ou en DVD. Il en reste finalement huit ou neuf, dont un coffret des Mystères de l'Ouest, Le vieux Fusil et La Bataille du rail qui ne sont pas disponibles pour des questions de droits. (Oui nous avons encore de quoi les regarder : simplement la résolution des cassettes n'est plus du tout adaptée à la résolution des écrans. Par ailleurs nous avons perdu l'habitude des VF imposées par les cassettes.)

Les étagères vides sont noires de poussière. Derrière se trouve une porte et des cartons que je voudrais inventorier, dans l'espoir d'en jeter quelques-uns et les remplacer par d'autres. Je ne sais pas quand j'aurai le temps de faire cela. Après avoir jeté tant d'archives au bureau cette année, j'ai envie d'en faire autant à la maison pour passer à autre chose.
Il me reste une dissertation et un mémoire à écrire avant de passer vraiment à autre chose.

Après-midi sur FB à rechercher les souvenirs d'un noir qui les a racontés en avril au moment de l'anniversaire des émeutes de Kansas City.

Nous avons installé une moustiquaire : crochet au plafond, voile de mousseline, … Nous allons pouvoir laisser les fenêtres ouvertes malgré la chaleur.
Inconvénient : la peur de s'emmêler dans la mousseline en bougeant la nuit et les chats à maintenir à distance: s'ils sautent sur le lit ils vont tout déchirer.

Matin

6h46. Debout depuis une heure, chassée par les moustiques. J'arrose. Vol de perruches vers le sud; le soir elles passent dans l'autre sens: où vont-elles? Bloguer, ranger, trier… Dans deux heures aller transpirer en salle puis au sauna (non, l'été caniculaire ne me suffit pas!), les clubs d'aviron sont fermés.

Le long de la Marne

Restaurant Château des îles avec Pascal et Daphné. Je me demandais qu'elle pouvait être la raison de cette invitation: il n'y en avait pas (le moment où je me dis que j'ai le cœur perverti et ne crois plus à la gratuité des gestes).

Excellente soirée. Dans un moment d'enthousiasme les hommes de l'assemblée ont pris l'engagement de renouveler cette soirée tous les deux mois. Mon pessimisme dit que si nous y arrivons tous les six ce ne sera déjà pas si mal (pas de mauvaise volonté de ma part, au contraire. Mais le temps passe si vite dévoré par tant d'obligations.)

L'endroit est très beau, très bien situé. Malgré la présence de l'eau l'air a à peine fraîchi. Comme il fait chaud cette année, mais cela fait si longtemps que nous nous contentons de deux semaines de beau temps l'été que je n'arrive pas à m'en plaindre.

J+3 Fendu

Retour au bureau. En tentant de nettoyer une fine ligne sur mon téléphone, je me rends compte que l'écran est fendu de haut en bas: que s'est-il passé, quand cela est-il arrivé? Ce téléphone a cinq ans, il est vieux selon les critères actuels (iPhone 5S) mais ça me fait de la peine.

Cinéma : The Guilty. Pas mal. Pas indispensable mais intéressant. Un huis clos plus que clos, un gros plan sur un visage pendant quasi un film entier. Belle contrainte.

Le soir je classe et j'identifie les photos en regardant les premiers épisodes de 13 Reasons Why. Sans doute pas mal en tant que campagne de sensibilisation des ados contre le harcèlement, les phrases et les gestes qui blessent au-delà de ce qu'on imagine (parce qu'en réalité on n'imagine rien, on aime juste se moquer et rire).
Cela ne me concerne pas réellement et ne m'intéresse pas beaucoup.

J+2 Récupération

Je peine à récupérer. Je suis sonnée par la quantité d'affects reçus samedi soir. Le photographe m'a envoyé environ sept cents photos via "We transfer" (un photographe qui fait aussi des reportages de foot: pas de pose, les gens pris dans le feu de l'action. Le plus incroyable est qu'il n'a oublié personne) que je découvre, trie et commence à légender.

Dans l'après-midi je retourne voir Woman at war avec H. Il supporte bien une deuxième vision. (Fatalitas, la salle de St-Maur-des-Fossés n'est pas climatisée.)

Soirée chez les voisins rentrés de vacances.

Inquiétant

Journée de rattrapage de blog. Il faut bien avouer que le visionnage de séries entières ne favorise pas le blogage. Encadrement à l'aviron le soir avec Camille. Bataille d'eau avec Grégoire.

Pizzeria. H. quasi aveuglé de l'œil droit suite à un passage chez l'ophtalmo. Sa vue a beaucoup baissé de ce côté-là, sans explication.



Aller et retour en voiture — je conduis au retour (habituellement je laisse toujours O et H conduire quand nous sommes ensemble car la place passager est plus étroite). Le retour le long de la Seine rive droite est pure merveille par ce temps. J'aime passer à Ivry, Vitry, Villeneuve. J'aime les quartiers populaires.

En ligne

Journée à m'enregistrer sur des sites de comptabilité en ligne pour les tester.
Je n'ai besoin que de quelque chose de très simple (pas de TVA, pas d'émission de facture, très peu d'encours clients): le problème est que les solutions les plus simples (donc les moins chères) partent logiquement du principe que les utilisateurs de ce genre de logiciels ne sont pas comptables (mais chefs de TPE). Tout est donc très guidé et rigide. Or j'ai besoin d'adapter le plan comptable général au plan des assurances.
Il va sans doute falloir que je choisisse quelque chose de plus cher.

Il fait très chaud. La climatisation est très bruyante (bruit d'un sèche-cheveux, à peu près).

RER D bloqué le soir par un accident de voyageurs (apparemment situation insupportable dans les voitures arrêtées sur les voies. Il faut savoir que l'été, la température atteint facilement 35 à 40 degrés dans les voitures qui stationnent au soleil avant d'être utilisées. Je n'ose imaginer la température dans des wagons remplis de voyageurs immobiles). Je suis restée dans le RER A, H. est venu me chercher à Boissy.

Encore une belle journée d'été

A neuf heures, sur l'eau avec Gwenaële. Qu'il fait beau, que c'est beau. La Seine est un lac.

A trois heures je vais récupérer O. à la gare de Marne-la-Vallée. Le plan de circulation est étrange: la route fait un U devant la gare (donc une impasse prévue pour qu'on en sorte), et l'entrée de ce U est défendue par une barrière qui oblige à prendre un ticket: c'est en fait un arrêt-minute obligatoire (je dis obligatoire car il n'y a pas de sorties latérales qui permettraient de ne pas entrer dans le U).

Bouchon pour arriver jusqu'à la gare (la route est en cours d'élargissement. Des platanes de quinze ou vingt ans ont été plantés (solidement arrimés à des cadres en bois): déplacés et replantés lors de l'élargissement?), bouchon pour en partir. Je règle l'application Michelin sur "le plus court" (j'ai abandonné Waze qui ne connaît plus que les quatre voies) et nous rentrons par les petites routes (château de Ferrières, moissons, quelques kilomètres de forêt). O. raconte Avignon, les spectacles auxquels il a assisté. «Rien de classique», précise-t-il. Il a aimé Le Maître et Marguerite, Convulsions, Signé Dumas. Il a rarement autant parlé, raconté. Je suis heureuse.


Je finis la saison 4 de Prison Break.

Temps radieux

Je ne me souviens pas qu'il est fait aussi beau durant une période aussi longue depuis longtemps.

Je me lève tôt, comme d'habitude (j'ai réussi à gratter une heure: réveillée six heures, recouchée, rendormie, réveillée sept heures, levée).

Pendant que je coupe les roses fanées du côté de la rue, un voisin inconnu (je le décris à Hervé: «Celui qui lave tout le temps sa voiture? —Oui, sans doute. —Il a dû reprérer que tu lavais la tienne! (Rires) —Je crois plutôt que j'étais la seule dans la rue) me propose une douzaine d'œufs de ses poules: «vous partez en vacances? —Non, j'ai trop d'œufs.»

Chez le photographe pour une photo d'identité qui ait l'air pro (voir mon visage est un choc: rouge, brillant, large. Je ne m'y habitue pas). Pour une photo dynamique, la photographe me fait me pencher vers l'avant. Soudain je comprends pourquoi les gens ont l'air de sortir du cadre: ils sont penchés.

The Last Movie, "film expérimental" dit Allôciné. Oui, on peut dire ça comme ça. Déçue de ne pas voir davantage de paysages. Puis au Reflet qui a retrouvé son aspect d'autrefois, c'est-à-dire que la cuisine est de nouveau dans l'arrière-cuisine, et non exposée aux yeux de tous.

Traduction

Matinée à terminer la traduction d'un fil de Twitter sur la signification des broches de la reine d'Angleterre. Que de finesse et d'intelligence.
J'ai mis trop de temps à terminer cette traduction: une semaine après elle n'est plus d'actualité; l'affaire Benalla occupe toute la place dans les médias. L'avenir du pays dépend pourtant davantage des relations internationales que de ce genre de dérapage.
Le plaisir de la coupe du monde aura été de courte durée (ou peut-être pas: les gens sont en vacances, loins de BFM TV).

Skiff le soir. Bien. Je prépare plus tôt, je penche moins à babord. Il faut que je mette mes mains davantage au fond du bateau (que mes pelles soient plus hautes au-dessus de l'eau).

Chou blanc

Encadrement des débutants. Cool: deux débutantes, trois confirmés. Les débutants sont doués cette année, très bon équilibre, yolette stable.

Passé dans deux magasins le soir dans l'espoir vague de faire les soldes. J'ai décidé de me faire une garde-robe pro, ie bleu marine, blanche, beige (les trois B. Je plaisante mais pas tout à fait. Je n'irai pas jusqu'à adopter le tailleur, je n'aime que les robes).
Rien trouvé. Ce sera pour une autre fois.

Pris un Mobike pour rejoindre H. Comme nous n'avons pas réussi à nous mettre d'accord sur un restaurant dans le quartier, nous avons repris la voiture et échoué au Bambou (rue Baudricourt), le plus vietnamien des Vietnamiens. Salade de papaye et crêpe de porc accompagnée de mystérieuses feuilles (lotus d'eau? mûriers?): beaucoup trop mangé.

LinkedIn

Matinée à étudier LinkedIn dans un groupe dont deux RH (intéressant: la vision du recruteur). Ce lien permet d'avoir la vision des recruteurs (voir tout en bas de page).

Je suis en train de réaliser que je n'ai jamais pris la (ma) vie professionnelle au sérieux: c'était une sorte de hobby destiné à me nourrir, en aucun cas quelque chose de noble dans lequel s'investir. Ce n'était pas digne d'intérêt.
Aujourd'hui que je ne crois plus à l'intérêt général de la culture (art et littérature)1 j'ai envie de voir ce que donnerait l'investissement dans la vie professionnelle: est-ce là qu'il est possible d'être utile, de servir à quelque chose? (J'aimerais bien être utile). J'espère qu'il n'est pas trop tard.


Le soir vu Ocean 8. J'aime beaucoup Rihanna. Pour le reste ce film est totalement creux.


Note :
1 : cela n'a d'intérêt que pour soi-même, donc cela ne regarde que soi-même. L'injonction d'être cultivé vient des personnes cultivés en manque d'interlocuteurs pour discuter. Mais à part ça…

Marcelle et Job

Matin en quatre de couple à 9 heures à Neuilly (Anne-Sophie, Isabel, Anne). Tour de l'île la Jatte pour profiter de la fraîcheur relative des arbres. Nous étions encore sur l'eau quand nous avons vu passer les avions pour le défilé. Je ne les avais jamais vus aussi bien — je ne les avais jamais vus IRL le jour J.
J'ai donc vu passer l'avion qui s'est trompé de fumigène (j'aime bien ce genre d'erreur, ça me permet de moins angoisser sur mes projets : rien n'est si grave).
Et aussitôt, bien entendu, c'est le côté sympathique des Français (si si), tous de rire et de s'emballer.

Plus tard j'ai pris le chemin des écoliers pour rentrer en utilisant l'application Michelin réglée sur "le plus court" (Waze ne fonctionne plus du tout. Sa seule obsession est de vous ramener sur les routes sans feu rouge pour aller le plus vite possible. Moi je cherche des rouges ombreuses pour me promener). J'ai donc vu passer les hélicoptères qui doivent venir du sud. Je suis passée devant la mairie de Thiais et dans des quartiers neufs sortis de terre. Travaux du tramway ligne 9. le Grand paris est en train de bouleverser la banlieue; je me demande s'il y a eu autant de chantiers autour de Paris depuis la construction des villes nouvelles dans les années 60.


C. arrive en fin d'après midi avec CS, que j'ai déjà rencontrée au concert Theo & the Hearts et qui entre-temps a acquis le statut de petite amie. Elle nous fait rire en prétendant appeler leurs futurs enfants Marcelle et Job, ce qui horrifie C. Je m'abstiens de faire remarquer que le seul Job que je connaisse est Job Getcha, archevêque des églises orthodoxes russes en Europe occidentale et me contente de commenter que ce sera plus facile à écrire en maternelle que Pierre-Emmanuel.

Nous passons une agréable soirée sur la terrasse, plus agréable que quinze jours avant où il avait vraiment fait trop chaud (j'avais eu peur que cela ne décourageât C. de revenir).
Je propose plutôt Marcellin et Félicien.
— Mes enfants ne porteront pas un nom de fromage!
— Fun fact : le St Félicien est produit à St Marcellin.
(ou le contraire, je ne suis plus très sûre).

CS possède un humour digne de celui de mon beau-père (les blagues pourries!)

Chaleur

Journée plutôt ratée, il faut le reconnaître, et je le regrette.

Mes beaux-parents voulaient passer pour fêter l'anniversaire de C. qui est venu avec deux amies, Charlotte et Myriam. Nous avons fait l'erreur de déjeuner sur la terrasse et nous n'avons pas tardé à avoir beaucoup trop chaud, sans avoir le courage de rentrer (réinstaller les couverts, etc.)
La conversation est restée languissante tout l'après-midi, Charlotte saignait du nez (j'aurais dû imposer l'eau oxygénée mais je n'ai pas osé), fallait-il jouer aux cartes? pas osé proposer non plus. Tout le monde avait plus ou moins mal à la tête, accablés de chaleur.


Point positif malgré tout : j'ai retrouvé au pressing ma robe grise japonaise que je me désespérais d'avoir perdue depuis avril.

Mon bon coeur

Test cardiaque ce matin à l'aube (8 heures, ce n'est pas si tôt, mais à Nanterre Préfecture un jour de grève, cela demande de l'organisation).
Tout va bien (je m'en doutais). C'est beaucoup moins dur que ce que je redoutais (je suis la génération traumatisée par Goscinny), bien moins dur que n'importe quelle séance en salle de sport.

Tout cela n'est pas gratuit : il y a un projet en vue. J'en reparlerai le moment venu.

J'ai ensuite testé les douches des nouveaux immeubles : mazette, ils n'ont pas lésiné. C'est mieux que ma salle de sport. Carrelage peut-être un peu glissant.

A midi j'ai découvert un accès au toit (j'explore). Cette porte ne devrait pas être ouverte, ne devrait pas rester ouverte.

Privatisation

J'ai réservé une salle de réunion pour moi toute seule, pour être tranquille. J'y ai passé l'après-midi. #mesvoisinssontbruyants
Je sens que je vais le refaire souvent.


Les Allemands ont perdu et tout le monde est bien plus ému que lors de la victoire des Français.

Jullien

Sortie en skiff, première sortie depuis Bréhat. Je n'ai pas le courage de venir ramer le midi, j'ai toujours l'espoir de rédiger cette dissert qui n'en finit pas le soir… Donc je ne rame plus.
Du vent mais il fait très beau, très doré.
Marin me regarde trois minutes et me dit de me détendre… #malediction


Jullien est le nom du skiff.


Le soir, planches et côtes du Rhône au pied de la Butte-aux-Cailles. Encore des habitués. J'ai faim.

Retour du Berry

Rentrée en passant par Cosne/Loire. Crépuscule interminable sur les coteaux du Sancerre. Nous sommes encore dans les jours les plus longs.

Rentrée en écoutant Victor Hugo sur Napoléon III, avec quelques extraits de Marx.
Trois heures de Victor Hugo. Magnifique.

Martine roule en Mobike

Repris un Mobike ce matin : vendredi mon compte avait été bloqué parce que l'application avait ouvert l'antivol tandis que celui-ci ne restait coincé (donc le compteur a commencé à tourner sans que je prenne le vélo: photo, déclaration d'incident dans l'appli — et compte bloqué); mardi matin le compte était débloqué et annonçait joyeuxement un solde négatif de 241 euros pour 4819 minutes de trajet (ne perdant pas courage j'ai envoyé un mail pour demander l'annulation de cette dette); mardi soir je recevais un sms m'annonçant que la dette était annulée.

Pas de Mobike mardi soir : je n'ai jamais réussi à trouver le vélo indiqué par l'appli, sans doute quelqu'un l'avait-il garé dans une cour.

J'y ai pris goût

La grand-mère de ma coiffeuse était florentine (je m'en doutais, je me doutais de quelque chose!)

J'ai lu un peu de Sophie Calle. Ce que dit Angot n'est pas faux: ce n'est pas sain et dangereux et manipulateur d'ainsi mettre en scène une lettre de rupture. Cela m'avait fait instinctivement fait fuir la première fois que j'en avais entendu parler: l'humiliation de l'homme. (Depuis j'ai lu la lettre et je la trouve si mauvaise que ma répulsion est passée à l'arrière-plan.) Pas eu le temps de terminer le conte de Marie Desplechin. Ce sera pour la prochaine fois.

Casque

J'ai essayé de travailler en écoutant de la musique (pour ne pas entendre mes voisins parler cuisine et vacances).
Youtube, Richter, Gould, Bach, Chopin.
Je n'y arrive pas, ça m'abrutit.

Laïcité

Dernière séance de catéchisme. Les enfants sont peu nombreux, peut-être parce que nous avons changé la date de la séance en mai à cause de Bréhat.
Je ne sais plus bien comment, je me suis retrouvée à leur faire un cours sur la différende entre les laïcs dans l'Eglise, par opposition à la vie consacrée; et la République laïque qui dessine deux sphères privée et publique et qui est censée protéger ces deux sphères (dont le droit à vivre sa foi dans la paix). J'ai expliqué, très utopiste, qu'un synonyme de laïcité de la République serait, devrait être, neutralité, un arbitre qui surveille qu'on respecte son voisin et qu'on ne dérange personne.
J'ai pointé au passage la difficulté de rester ainsi discret et de "proclamer le message du Christ" comme nous y engage l'Eglise ou le pape François: «je vous conseille de ne rien dire. Ayez une petite image, une croix, sur vous. Si quelqu'un est curieux et vous pose des questions, répondez, mais ne vous mettez pas à parler comme les apôtres à la Pentecôte!»

— C'est encore vous l'année prochaine ?
— Ah non, moi je redouble, vous vous passez en aumônerie.
(Décidément je n'aimerais pas être prof. C'est triste de quitter les enfants.)


Apéro chez les voisins (les voisins) qui dégénère en dîner, comme très souvent. Tous leurs animaux ont été tués par une fouine. Je leur en veux un peu de ne pas être plus rigoureux et de ne pas les avoir enfermés chaque soir. Mais cela n'aurait sans doute rien changé.


Parmi mon surf de l'après-midi, la vocation du dernier des Hasbourg.

Bloomsday

En retard chez Nicolas. Jeux oulipiques (qui m'impressionnent toujours, je ne suis pas très douée) puis buffet à partir de ce que chacun à amener.
Nous célébrons aussi le Bloomsday.
Le domaine est si paisible, cette famille si accueillante avec tant de naturel.


Robert Rapilly a inventé le Chaïpku: soit deux groupes, chaque groupe écrit un haïku en fonction de ce qui l'entoure puis le danse (ou le mime) à l'autre groupe qui doit deviner ce qui est représenté et (tenter de) retrouver le texte du haïku dansé.

Voici le nôtre :
La jeune glycine
Le silence du chenil
Maronniers vigies.

Très amusant de danser le silence du chenil.


Haïku de l'autre groupe:
Le volet ouvert
Deux pavés l'herbe frémit
Les oiseaux pépient.

13e arrondissement

En voiture jusqu'au 13e arrondissement. Petit déjeuner. J'essaie de reprendre un Mobike mais le verrou ne s'ouvre pas tandis que mon compte commence à décompter les secondes. Oups… Je prends une photo comme indiqué. Mon compte est bloqué. Pas de chance.

Corvisart (à pied) puis ligne 6 puis RER A.

Le soir Chris Marker. Deux courts-métrages sur Berlin en 1990. Décevant: tant de gros plans qu'on ne voit rien, pas de recul, pas de vue d'ensemble. Cet homme qui dit qu'il a toujours été du côté des perdants et qu'il s'y ait habitué…

Dîner en terrasse. Pastis, planche de charcuterie et brouilly. Papotage avec des voisins de table. Ce quartier est vraiment agréable.

A. a raté l'un des examens de fin d'année.

Dernier Oulipo

Dernier Oulipo, dessinateurs, drôles et impressionnants.

Pâtes flambées dans une meule de parmesan. Glace au limoncello. (Très bon).

Lire Jules Romains, Le dictionnaire du diable et l'hexagonal tel qu'on le parle qui si j'ai bien compris se moquait en 1970 de tournures devenues entretemps courantes.

Quoi qu'il en soit, le dico hors sol de la parlure Hidalgo paraît irréel.

Les papiers nickelés sont à la recherche d'un metteur en pages (sans avoir beaucoup de moyens: donc abonnez-vous, rabonnez-vous!)

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Transport en temps de grève
Lever cinq heures et demie, départ sept heures, une heure de voiture, une demi-heure de petit déjeuner, dix minutes de Mobike (quelle est jolie, la Cité des fleurs au pied de la Butte-aux-Cailles), trois quart d'heure de ligne 6 puis RER A.

Vers six heures, RER A puis ligne 14 gare de Lyon pour la TGB. (Tandis que j'attends sur le quai de la 14, je songe au RER C : trois mois de crue, trois mois de grève…)

Retour en voiture.
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