Billets pour la catégorie 2018 :

Dernier Oulipo

Dernier Oulipo, dessinateurs, drôles et impressionnants.

Pâtes flambées dans une meule de parmesan. Glace au limoncello. (Très bon).

Lire Jules Romains, Le dictionnaire du diable et l'hexagonal tel qu'on le parle qui si j'ai bien compris se moquait en 1970 de tournures devenues entretemps courantes.

Quoi qu'il en soit, le dico hors sol de la parlure Hidalgo paraît irréel.

Les papiers nickelés sont à la recherche d'un metteur en pages (sans avoir beaucoup de moyens: donc abonnez-vous, rabonnez-vous!)

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Transport en temps de grève
Lever cinq heures et demie, départ sept heures, une heure de voiture, une demi-heure de petit déjeuner, dix minutes de Mobike (quelle est jolie, la Cité des fleurs au pied de la Butte-aux-Cailles), trois quart d'heure de ligne 6 puis RER A.

Vers six heures, RER A puis ligne 14 gare de Lyon pour la TGB. (Tandis que j'attends sur le quai de la 14, je songe au RER C : trois mois de crue, trois mois de grève…)

Retour en voiture.

L'année prochaine

Rendez-vous à l'ICP pour préparer le mémoire à rendre l'année prochaine. Les trois professeurs présents sont surpris de nous voir si nombreux — alors que nous sommes surpris de voir qui manque.

L'idée est que nous donnions notre sujet, notre ébauche de sujet, pour que les professeurs puissent orienter nos lectures de l'été (je rêve du moment où je pourrais me remettre enfin à lire des romans).
Les sujets sont variés, parfois surprenants: le Christ priant (dans les Evangiles), qu'elle était véritablement la maladie appelée lèpre dans l'Ancien Testament, l'utilisation d'Amos dans les doctrines politique et sociale aujourd'hui, Sylvie Germain au prisme de la Bible,…
J'évoque l'idée de travailler autour du concept du repos à partir de la règle des diaconnesses de Reuilly: «le contraire de la contemplation n'est pas l'action, mais le souci».
J'écope de Saint Augustin : «mon cœur repose en toi» (citation très à peu près, je m'en rends compte an faisant cette recherche de lien Google).


Avant de partir, on nous propose des affiches pour le cycle C à déposer dans des endroits choisis. Je murmure à ma voisine:
— Franchement, à qui pourrait-on conseiller de faire quelque chose d'aussi difficile, d'aussi long, d'aussi pénible?
— Mais arrête, tu n'as jamais été aussi heureuse qu'ici! Tu as assisté à plein de cours, tu as lu des livres, tu as rencontré du monde… C'est juste que la dissert t'emm**, c'est difficile d'être au pied du mur.
Je l'aurais volontiers embrassée. «Jamais aussi heureuse» est peut-être exagéré, mais pour le reste, elle n'a pas tort. C'était bien. C'est bien. J'ai compris beaucoup de choses dans ma relation au monde, aux autres. J'en bave, j'en ai bavé, mais je me suis bien amusée. Peut-être qu'il n'est pas possible d'avoir l'un sans l'autre, dans ma structure d'esprit tout au moins.


Repas rapide en brasserie avec H. qui est passé me chercher. Il est si préoccupé par sa prochaine livraison (mise à jour de progiciel) qu'il dessert à peine les dents. Nous aurions fait aussi bien de rentrer manger des pâtes à la maison.

La lose

Départ avec H. le matin à 7 heures en voiture (je dois arriver au bureau à 9 heures). Il me dépose place d'Italie. Ligne 6 jusqu'à Charles de Gaulle. Je ne suis pas concernée, mais j'entends que la ligne 1 ne fonctionne pas entre Vincennes et gare de Lyon. Des navettes sont mises en place entre l'extrémité de la ligne 1 et la station Vincennes du RER A.
RER A à Charles de Gaulle. Un passager a eu un malaise aux Halles, le trafic est ralenti.

Je quitte le bureau à 16h30 avec l'intention d'aller voir La Révolution silencieuse. Au moment de descendre dans la station de Nanterre Préfecture je me rends compte que comme ce week-end, j'ai oublié mon portefeuille dans mon tiroir. Demi-tour, retour au bureau. Trop tard pour être à l'heure pour la séance: donc je travaille jusqu'à 18 heures.

Puis de nouveau (pas tout à fait "de nouveau" puisque tout à l'heure cela n'a pas eu lieu) RER A à Nanterre préfecture. Deux rames sont à quai (normal, il y a très souvent une ou deux rames à quai), mais le comportement des passagers montrent qu'ils attendent depuis un moment : ils sont sur le quai, tendus, prêts à sauter dans une rame ou l'autre au moindre signal, mais en même temps une certaine nonchalance des corps montrent qu'ils ne croient plus à un départ imminent.
Je monte dans la rame de gauche (dans mon expérience elle part souvent la première). Annonce : un passager a eu un malaise à Auber (deux malaises dans le RER A la même journée (je ne veux pas dire dans l'absolu mais au moment où je suis dans le RER)), les pompiers sont attendus.
Le RER s'ébranle lentement, et lentement atteint la prochaine station: La Défense. La rame s'arrête et ne repart pas. Nous attendons. Au bout de cinq à dix minutes le conducteur nous annonce plein d'espoir: «Les pompiers viennent d'arriver à Auber, nous allons sans doute repartir dans pas longtemps». (Ah? mais où étaient-ils tout ce temps? Nous attendons depuis des heures!)
Nous attendons encore. Cinq minutes, dix minutes? Puis le conducteur, déconfit: «Les pompiers disent que le passager ne peut pas être déplacé [Ouaatt? que peut-il avoir? La colonne serait-elle touchée?]; il va falloir évacuer le train.»
Et l'annonce inexorable arrive: «Mesdames, Messieurs, ce train ne prend plus de voyageurs. Nous vous conseillons de prendre la ligne 1.»
Evacuation.
Je vais prendre la ligne U (je crois que c'est son nom) pour rejoindre la gare St Lazare. Nous ne sommes jamais que quelques centaines à avoir la même idée. Le train entre en gare. Nous entrons dans le train. Nous nous serrons. Il fait très chaud (violents orages sur la France chaque soir depuis samedi, j'en profite pour le noter). Le train se traîne péniblement (mais pourquoi?) de gare en gare jusqu'à St Lazare.
Je vais prendre la ligne 12 pour passer à l'ICP déposer le travail que je dois rendre puisque j'étais absente samedi.
Kilomètres de couloirs. J'ai mal aux pieds.
Ligne 12. Et devinez quoi? Incident porte de Versailles qui ralentit l'ensemble de la ligne.
Je dépose mon devoir à l'accueil de l'ICP.

Après tout ce temps sous terre, je décide de prendre un vélo. L'application m'indique plusieurs Mobike à proximité, je ne me décide pas et marche trop (mes pieds!) pour en trouver un.
Puis cela devient du grand n'importe quoi. J'essaie de suivre CityMapper pour vélos et ça marche très mal. Je me perds, m'arrête aux feux, fait demi-tour. Comme je vais derrière la Butte-aux-Cailles je suis obsédée par l'idée de devoir grimper une côte et m'obstine à choisir le sens qui monte plutôt que celui qui descend (avenue Coty, terre-plein central, une grande caisse en bois annonce «le terreau Coty-dien») ce qui fait qu'au bout de la rue de la Glacière je monte vers place d'Italie plutôt que descendre vers Corvisart.
Bref je tourne si bien en rond que je ne peux même pas raconter ce que j'ai fait puisque j'ai planté l'application cartographique de Mobike: elle n'a noté que mon temps et pas mon trajet, 47 minutes d'errance.
Pendant ce temps H. s'inquiète et m'envoie des sms auxquels je ne prends pas la peine de répondre (car que dire?)
J'arrive à 9 heures.

Nous dînons Chez Papa puis nous rentrons en voiture rouge (oui c'est important: c'est le plaisir de la journée, toujours le même émerveillement: oohhh, elle est à moi.)

La forme des librairies change plus vite que notre cœur

Passé devant la maison du whisky rue d'Anjou. Ses locaux ont absorbé les éditions Diane de Selliers qui avaient repris les locaux utilisés en devanture par la librairie Madeleine.

Plus tard je vais à WH Smith dans l'espoir d'y trouver un tee-shirt du mariage royal. Las, rien si ce n'est une ou deux tasses très peu visibles.
Depuis combien de temps ne suis-je pas venue ici? A l'étage la grande pièce consacrée à l'histoire est devenue salon de thé. Dans la salle précédente on trouve des goodies (idiome familial) StarWars (décapsuleur, trousse, etc (et toujours cette surprenante popularité des stormtroopers)), des casquettes et des cravates claniques. Au rez de chaussée les livres d'histoire tiennent sur un seul mur, les policiers ne présentent plus de Reginald Hill.



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Dominique m'a demandé comment se passaient mes pendulations. Je reprends quelques notations.

Matin : lever 6h30, départ 7h avec O sans déjeuner, RER A 7h30, arrivée à Nanterre Préfecture à 8h30. Je monte vérifier que mon ordinateur est là et je redescends pour prendre le petit déjeuner avec C. (RV de travail).
Soir : départ 16h50 de Nanterre Préfecture pour Auber. RV au siège à 17h30. Ladurée, WH Smith puis ligne 1 Concorde jusqu'aux Halles. RER A. Arrivée à Boissy à 20h. Une demi-heure pour rentrer en voiture (décapotée malgré la menace d'orage).

Oubli

Au moment de prendre mes notes de cours, je me rends compte que je n'ai pas mon ordinateur.
Je le revoie sur mon bureau, sous une chemise. J'ai oublié mon ordinateur (my precious) sur mon bureau dans un openspace.

Sera-t-il là demain ?
Et je pense aux données que je n'ai nulle part ailleurs et qui ne sont pas sauvegardées.

Préparatifs

Quand je rentre le soir, le camion est garé devant le jardin.
C. arrive dans la soirée, il couche à la maison pour être paré à charger dès l'aube les cartons que A. a préparés le week-end dernier.

Torchon

Fin janvier j'avais transmis à notre gestionnaire de fonds les documents concernant la loi FATCA, le questionnaire Wolfsberg et le questionnaire sur notre niveau de compétence financière garantissant que nos décisions sont éclairées. J'avais eu quelques difficultés à obtenir les renseignements juridiques dont j'avais besoin (répondre «nous n'avons pas d'affiliés américains» m'aurait paru suffisant) et je me revoie devant le scan, agacée, en train de constater que j'avais mis les feuilles à l'envers et que le recto verso produisait des feuilles blanches…
«Ça ira bien comme ça», avais-je pensé, sachant que je n'envoyais les documents en pdf par mail que par acquis de conscience puisque tout était mis sous enveloppe.

Première bizarrerie, EM, le destinataire, m'avait téléphoné début avril pour savoir si j'avais envoyé les documents: oui, dans les premiers jours de février.
L'enveloppe n'était pas arrivée, ce qui m'avait fait douter de l'adresse que j'avais utilisée.
J'avais mis notre double des documents à la poste, puis EM nous l'avait renvoyé: entretemps la première enveloppe était arrivée à destination, aux alentours du 20 avril…

En mai, EM m'avait demandé de modifier quelques réponses sur notre "questionnaire à la clientèle". Le mail commençait par: «Nous traitons les documents réglementaires que vous nous avez fournis et en découvrons quelques particularités relatives à leur format!»
Je n'y avais pas trop fait attention, imaginant que j'avais rempli certaines cases de façon non orthodoxe, décrivant l'état de ce qui est sans utiliser de jargon professionnel.

J'ai rouvert mon pdf aujourd'hui. J'ai eu honte. Un vrai torchon, des pages en format paysage et portrait à tourner en tout sens car scannées n'importe comment, des formulaires manuscrits et non tapés (à l'époque je n'avais pas la fonctionnalité pour écrire sur un pdf), etc.

J'aime beaucoup EM, j'ai eu vraiment honte.
J'ai tout refait.

Lire Apocalypse 11-12

«Terminator, c'est l'Apocalypse. Une femme poursuivie par un monstre enfante d'un père venu d'ailleurs (du futur) un sauveur pour l'humanité.»

André Paul a écrit un petit livre1 sur la Bible. Il établit un rapport entre Léto et Apocalypse 11. Léto enceinte d'un dieu est poursuivie par le serpent Python. Elle va enfanter Apollon et Artemis. La mer va la cacher et plus tard Apollon va tuer le serpent Python.

Bref, «L'Apocalypse a une puissante portée mythique.»




Note
1 : en réalité il en a écrit plusieurs, donc je ne sais duquel il s'agit. Peut-être Autrement la Bible?
En faisant cette recherche, je découvre qu'André Paul paraît rendre accessible au grand public les manuscrits de la Mer morte. Plus intéressant peut-être pour "mes" lecteurs, il semble mettre les pieds dans le plat concernant l'image de la famille que se fait l'Eglise.

Procréation articficielle

— Je suis contre la PMA [procréation médicalement assistée] parce qu'elle consiste à stimuler hormonalement le corps de la femme pour provoquer le mûrissement de plusieurs ovules en même temps. Ça fiche en l'air tout le mécanisme biologique. Et puis imagine: tu arrives, tu veux un bébé, on t'a fait de la stimulation hormonale, et au moment de ponctionner les ovules, on te demande si tu ne veux pas faire un don d'ovules, pour des femmes stériles… toi t'es pas préparée, tu as peur que si tu dis non on s'occupe mal de toi, tu veux ton bébé… tu dis oui. Est-ce que c'est un consentement mûrement réfléchi? Pire, il y a les embryons: on ne les réimplante pas tous, on les congèle… A qui appartiennent-ils, quel est leur statut juridique si les parents se séparent? Et puis c'est une chose d'avorter, qu'il n'y est plus rien, c'est autre chose de savoir que ton embryon va servir à des expériences… Brrr, rien que d'y penser…
— Ça ne se passe pas comme ça pour les chevaux. On ne congèle pas, on réimplante. On synchronise les cycles de deux juments et on implante l'embryon de l'une dans l'autre.
— Mais quel est l'intérêt?
— Si c'est une jument qui a une belle carrière en compétition, ça évite de l'interrompre ou de la fatiguer. Comme ça, on peut avoir cinq ou six poulains la même année pour une seule jument. Certains sont contre car ils trouvent que ça fait baisser les prix; d'autres trouvent que c'est un bon moyen d'élargir le patrimoine génétique.
— Le contraire, plutôt, non? Tous frères, tous la même mère.
— Je veux dire qu'il n'est plus nécessaire que les géniteurs soient locaux, on peut faire traverser la moitié de la planète aux embryons sans déplacer les parents.




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Le soir je regarde Arte, les trois défenestrations de Prague qui ont été à l'origine de la Guerre de Trente ans.

Trois mariages

Ici et là certains se sont plaints de ne pouvoir échapper au mariage royal anglais, d'autres ont écrit qu'ils allaient "tenter d'y échapper".
Pour mes enfants, aucun problème.

Moi : Tu as vu le mariage d'Harry et Meghan ?
Ma fille : Harry? Quel Harry ?

Deuxième tentative, auprès de mon fils qui rentre des championnats de LoL au Zénith:
Moi : Harry et Meghan se sont mariés.
Mon fils : Harry ? Harry Potter ?

Bon bon. Je suis incomprise. (Mais oui c'est important. La belle-mère est noire. C'est fantastique. Cela aurait-il été possible avant Obama?) Les plus belles photos ici.



Mais le plus important, vraiment important, c'est que Sheldon et Amy se sont mariés. Le 10 mai, ma TL n'est vraiment pas à la hauteur, personne ne m'a prévenue.
— Et devine qui les a mariés ?
— …
— Luke Skywalker !!
(La fille de Mark Hamill fait partie des invités).



(On peut ajouter le mariage de Jean Dujardin. Le jour du mariage royal pour avoir la paix. Génie.)

Mardi

Je me réveille avec un sentiment de soulagement: A. va remettre aujourd'hui son mémoire et son dernier rapport de stage. Nous revenons de loin mais we did it ! Je suis fière de nous.

Il fait très lourd, un temps que je déteste.
Quatre, presque le même que la dernière fois, mais moi à la nage et Marc au un. Toujours aussi cahotique, impression de se battre contre le bateau. Pas de glisse.
Dans les vestaires je parle avec Agathe qui était en yolette. Elle non plus n'a pas fait une très bonne sortie: «à l'intérieur mon cœur pleurait», et c'est aussi mon sentiment, bien que je l'aurais exprimé de façon plus optimiste: «si nous avions été quatre de nous cinq, qu'est-ce que cela aurait donné?»
Deuil de notre équipage de cinq.
J'envoie un mot à mes quatre complices pour organiser un pot ensemble un de ces jours. Je voudrais en profiter pour leur proposer de rajouter trois ou quatre rameuses à notre groupe pour monter un huit (soyons obstinée).

Un pot avec Jean-Marc. Il fait une overdose de Vatican II. «Non mais il y a un pape qui dit blanc, et le suivant dit noir en citant le précédant pour assurer la continuité et tout le monde applaudit. Je n'en peux plus de cette hypocrisie.» (Il me fait peur car il prédit après François un pape très réactionnaire. Or quand on voit l'après-Obama…)
Jean-Marc songe à se convertir au protestantisme. Je lui promets de lui offrir ce jour-là les œuvres de Newman.
«Tu veux te convertir pour beaucoup de raisons "contre", tu devrais en trouver quelques-unes "pour".»
Nous disons beaucoup de bêtises et c'est très satisfaisant. (Un de nos prêtres professeur qui serait un "cuir" façon Foucault… Ça me le rend plutôt sympathique (mais il m'était déjà sympathique).)
Très bon cocktail «St Germain». Presque un Hugo.


Cours, sans doute le dernier, de liturgie. C'est pratiquement une discussion, un partage d'expériences, structurée par l'histoire et la géographie.

Pendant des siècles l'accompagnement liturgique [catholique] de la mort allait de la chambre du mourant au lieu de l'ensevelissement (pas forcément en passant par l'église : car on ne faisait pas entrer un mort dans une église (restes des commandements juifs: un cadavre rend impur). Même si à d'autres moments on enterrait les morts dans les églises. Les deux sont vrais).

Le prof (moine): «Moi je pense que ne pas réfléchir à la mort, c'est un grand danger pour l'équilibre dans la vie. C'est de la vieille sagesse païenne, c'est les Grecs.»

«P. Gy : recension de quinze pages sur le livre de Philippe Ariès, L’Homme devant la mort (alors que P.Gy écrivait généralement dix lignes).»

Le cimetière des capucins de Palerme.
Le corps dont on se débarrasse.
Les urnes dans les maisons qui rendent fous.
Les familles qui se ruinent pour des funérailles (en Afrique, selon le témoignage de séminaristes (laissant les veuves misérables)).

Samedi

Double avec Gwenaëlle. Belle sortie, 14 km. Il fait beau, presque lourd.

Courses à Carré Sénart (pour des besoins de disque de sauvegarde). Comment avons-nous réussi à faire nos courses le samedi en ayant toute la semaine pour ce faire?
Mais ça va, pas trop de monde.
Nous remplissons un de ces caddies qui me fait rire, plein de bières et de boîtes chat. L'insouciance de la jeunesse retrouvée (c'est l'insouciance qui est retrouvée, pas la jeunesse!)

Je ne sais pas trop où est passé mon temps. J'ai repris quelques billets sur ce blog, il faut mettre à jour le lien des photos disparues depuis mars. Je continue Bonhoeffer, De la vie communautaire.

Retour en salle

Comme rarement mais régulièrement (ou l'inverse), je suis retournée en salle de sport, pour calmer ma culpabilité de ne pas aller ramer aujourd'hui (pas eu envie de traverser tout Paris uniquement pour ramer (peut-être que je devrais expliquer que je suis à la maison depuis dix jours pour écrire la dissertation de septième année — dernière année avant le mémoire, dernière dissertation — que bien évidemment je n'ai pas écrite tout en ayant cependant bien avancé, j'ai bon espoir (c'est l'équivalent d'un petit article, trente mille signes)).

Puisque je reste à la maison je n'irai pas non plus au théâtre voir Beaucoup de bruit pour rien. Après avoir manqué La tempête la semaine dernière pour cause de voyage dans le Perche, ce sera donc une année sans.

Puis sauna. J'apprends que s'il n'y a plus de louche pour verser de l'eau sur les pierres — ni de seau pour contenir l'eau, ni d'arceau en bois pour protéger l'ampoule — c'est qu'elle a été volée (il y a longtemps déjà. Moi, j'avais pensé que c'était pour éviter les excès, les gens qui versaient trop d'eau sur les pierres).

Sieste, j'ai trop forcé ce matin. Je mets l'après-midi à récupérer.

Les prénoms de la jeune génération

Enola et Timeo
Maurine et Lilou
Ethan et Louca (garçon)
Enzo
Matt
Gabin et Camille (garçon)

Sinon, Barbie a trouvé Ken.
— A ton avis, c'est quoi son prénom? Kevin?
— Je trouve qu'il a une tête de Jordan.

C'était Bryan.

Aviron et ballet

H. me dépose en passant gare de Lyon — pas de métro entre l'Etoile et la Défense, je prends le RER jusqu'à la grande Arche pour redescendre le parvis à pied et aller ramer.
Nous savions que nous serions là toutes les cinq mais sans nous être assez concertées : quel bateau voulions-nous faire étant entendu que nous ne faisions pas de yolette? (deux doubles un skiff, deux skiffs un canoë un double canoë, etc)
Nous n'avons donc pas pu indiquer un choix clair à l'entraîneur alors que nous n'étions pas toutes arrivées à la même heure (à quelques minutes près — mais le midi c'est important) et nous nous sommes retrouvées dispatchées entre différents bateaux, moi dans un quatre dont je connaissais bien les rameurs mais qui a été particulièrement cahotique, sans hauteur de mains. Sortie décevante, donc.

Déjeuner au café Beaubourg (plus de coquillettes aux truffes, plat d'hiver, mais une énorme profiterolle) puis palais Garnier pour Anne Teresa de Keersmaeker.

Regarder de la danse est sans doute ma façon préférée d'écouter de la musique. Ce soir:
- Quatuor n°4 de Bartok, dansé par quatre jeune filles dans une chorégraphie bondissante et ludique, où les claquements de talons ont leur rôle;
- La grande Fugue de Beethoven dansé par sept hommes et une femme en chemise blanche et veste noire (la femme ne s'identifie que tardivement). L'art de la chute.
- La Nuit transfigurée de Schönberg dans un croisement de couples qui courent et tombent et reconstituent le temps en décalant leurs mouvements.

A ma grande surprise, un couple et une famille quittent la salle durant la Fugue: qu'est-ce qui peut leur déplaire à ce point-là? A quoi s'attendaient-ils, qu'attendaient-ils?

Quand danseurs et danseuses viennent saluer, je suis étonnée de leur jeunesse.

Lecture et géopolitique

Je lis Rahner au soleil, Qui est ton frère?, article de colloque de 1982 qui rappelle combien le style de Jean-Paul II avait déstabilisé la Curie et les théologiens.
Parmi les intellectuels allemands appartenant à l'Eglise, il y en a beaucoup — disons-le en toute honnêteté — qui estiment que l'actuel pape est bien trop polonais. Mais pourquoi n'aurait-il pas le droit d'être polonais? […] Les «supporters» du Pape (que l'on me pardonne ce terme) devraient ne pas se formaliser de voir un chrétien moins enthousiaste qui, sans pour autant nier la fonction pontificale, fait honnêtement état de ses divergences d'opinion. Cette tolérance réciproque est aussi un aspect de la nécessaire fraternité qui doit régner actuellement à l'intérieur de l'Eglise.

Karl Rahner, Qui est ton frère ? ed. Salvator, Mulhouse 1982
Aujourd'hui nous savons que le pape suivant sera (a été) allemand.


Pour mémoire, Trump a dénoncé aujourd'hui l'accord nucléaire iranien peu après que la Corée du Nord a annoncé la fin de ses essais nucléaires. Tout se passe comme si maintenant que la menace nucléaire s'est éloignée des cotes américaines (l'Alaska), Trump la redirigeait vers Israël et l'Europe.
Der Spiegel fait une analyse proche, même si plus économique.

En bibliothèque

Découvert François Jullien. C'est bien.

Cours le soir. Gérard Billon, directeur de la revue Cahiers Evangile, pour professeur. Quand il cite, j'imagine sa langue de référence: hébreu ou grec? Torah ou Septante?: «Qui est enlevé au ciel dans l'Ancien Testament? Enoch en Gn 5 et Elie en 2Rois 2,11». Et je sais qu'il ne s'agit pas tant d'être enlevé, l'action, que de l'usage du même mot, très précisément.

Les cercles de la fraternité

Je commente rapidement l'évangile du jour aux enfants (ils sont nombreux, moi qui comptais sur un petit nombre un week-end de pont…): «Aimez-vous les uns les autres… Vous entendez souvent cela, mais on ne vous dit pas souvent comment vous y prendre. Evidemment, cela ne concerne pas vos amis et les gens que vous aimez bien, parce que ça, c'est facile. Après, il y a ceux qui vous sont indifférents, dont vous ne pensez rien et auxquels vous ne pensez jamais. Puis il y a ceux que vous n'aimez pas ou que vous détestez, avec ou sans raison. Il y a une dernière catégorie dont on ne parle pas souvent: ceux qui ne vous aiment pas, sans que vous sachiez pourquoi. Ceux-là, c'est bizarre. Je vous conseille de commencer par ceux auxquels vous ne pensez pas, ou pas souvent. Il faut commencer par faire attention: tenir une porte, porter un sac, sourire… Vous avez toute votre vie pour penser aux autres catégories, ce n'est pas si facile, il faut s'entraîner.»

Et je n'ajoute pas que concernant la catégorie de ceux qui ne vous aiment pas, l'urgent est de ne rien faire, surtout ne rien faire. Attendre et laisser venir.

Une boucle de cinquante kilomètres

Réveillée vers minuit vingt. Inquiète. Demain j'ai caté, dans huit jours je dois rendre cette fichue dissert et je n'ai pas lu grand chose. Je me lève.

Je descends dans la cuisine, me prépare une grande camomille, sors les affaires de catéchisme. Saint Paul. La conversion de St Paul. Possibilité de regarder les deux premiers chapitres d'un dessin animé sur Youtube : je vais le faire, pour une fois. J'ai la flemme pourrais-je dire, ce qui est vrai, mais aussi je ne suis pas sûre finalement qu'un dessin animé ne soit pas plus efficace d'un point de vue pédagogique. L'important est de transmettre, tant pis si j'ai l'impression de tricher, de ne pas faire ma part.

Une heure moins dix. Le téléphone sonne. Une sonnerie à peine, je décroche. C'est O. J'entends sa voix paniquée. Donc il est vivant (mon cerveau analyse au fur à mesure). A-t-il cassé la voiture? Non, il s'est trompé de branche de RER, il est à Noisiel.
— Pas grave, j'arrive. Mais il y en a bien pour une demi-heure.
N19, Francilienne, A4, N19. Je dépose O. à Boissy pour qu'il récupère la voiture, je rentre, me couche et m'endors immédiatement.

Pluie

J'ai eu froid toute la journée en bibliothèque. Quel changement par rapport à la semaine dernière. S'il fait ce temps demain, ça ne va pas être amusant.

Bis

Et de nouveau ce matin. Dix-huit kilomètres sans m'ennuyer (parce que c'est toujours le défi : est-ce que je vais m'ennuyer ? Bien concentrée avec l'ojectif d'être calée sur la nage, je n'ai pas vu le temps passer).
Bassin très agité, beaucoup de vent. Ça ne va pas être drôle si c'est ainsi mardi. La seule consolation est que nous serons tous logés à la même enseigne.

A la différence d'en semaine, le week-end nous avons du temps après la sortie. On prend un café et on papote. La Vogalonga, la peur de la grève d'Air France (—Tu as pris Air France? Nous, on ne prend plus de billet avec eux depuis longtemps. —Il n'y avait pas trop le choix, il y a des milliers de gens qui vont à Venise ce week-end-là), le train de nuit, la difficulté du train de nuit quand on est grand (ou grande): « En Russie, ils font dépasser leurs pieds dans le couloir. Pour aller aux WC, la nuit, c'était chaud.»
Etc, etc…
Un beau bateau, une bonne équipe.

Débriefing BAFA :
— Tu connais le film Nos jours heureux ?
— Euh non.
— Eh bien c'est tout ce qu'il ne faut pas faire.

Dix-huit kilomètres

Entraînement à neuf heures. Equipage au complet. Puis démontage du bateau pour le mettre sur la remorque. Vincent a indiqué la stratégie : changement nage-barreur à chaque demi-tour (deux), une qui tient l'équilibre, deux en charge de faire tourner le bateau. Donc Agathe va être la nage la moitié du temps car je souhaite qu'Anne-Sophie soit à la nage les derniers kilomètres: elle apaise le bateau et le cadence. Et elle a un mental d'acier, ce qui est essentiel quand nous serons épuisées.
Or Agathe ne s'est pas beaucoup entraînée puisqu'elle avait une entorse au genou (enfin, finalement non, plus de peur que de mal. Mais elle s'est moins entraînée. D'un autre côté c'est la plus jeune d'entre nous, elle en a moins besoin à priori).

Une heure de l'après-midi. Restaurant pour ne pas faire le trajet le ventre vide, Mavrommatis de Passy, retour.

Vincent nous a envoyé un extrait de la liste des participants. Dossard 34. Nous ne sommes que trois yolettes de femmes, le plus lent des bateaux: des yolettes et des femmes. (Il y a des yolettes d'hommes, des quatre avec et sans barreurs et des huit, hommes, femmes, mixtes).
Trois yolettes féminines dont une de l'X. Des jeunes donc, à l'entraînement militaire…
Bref, je ne suis pas d'un optimisme démesuré. Mathématiquement nous devrions faire le plus mauvais temps ou l'avant-dernier. Tout dépendra du niveau technique des autres.

Muscles brûlants. Comment dormir ?

Trois remarques générationnelles

1 - J'ai affilié une petite fille née en 2018 prénommée Leia.

2 - J'ai affilié (en CDD) un homme né en 1959. C'est la première fois que je vois l'embauche de quelqu'un si près de la retraite. (J'avais vu des cumuls emplois-retraite, mais ce n'est pas la même chose.)

3 - J'ai fait une recherche pour comprendre "snowflake" (flocon de neige). Cela fait plusieurs fois que je croise le terme (il y a quelques jours encore, sur la pancarte d'un manifestant américain: "snowflake en colère") et je pensais que c'était une remarque de Trump pour disqualifier des opposants en insinuant que leur résistance était éphémère, comme neige au soleil.
Pas du tout : cela qualifie la générations des adultes de 2010 (chez nous la "génération Z") que leurs parents auraient élevé en insistant sur le fait qu'ils étaient uniques, une génération très susceptible et moins endurante que les générations précédentes.

A la nage

Entraînement le midi, nous sommes trois (Anne et Anne-Sophie). Yann et ?? pour compléter la yolette. Je pense que nous les avons fatigués.
J'étais à la nage. Ce n'est pas ma place, je me pose trop de questions. «Tu gamberges trop» disait René du temps de ma jeunesse.

L'art de nommer

Les noms des groupes scolaires visibles sur le plan du quartier affiché à la sortie Nanterre Préfecture du RER A:

- Robespierre,
- Pablo Picasso,
- Pablo Neruda,
- Elsa Triolet,
- Maxime Gorki,
- Paul Eluard.

Y a-t-il tant d'enfants à Nanterre Préfecture ?

Sortie du soir, espoir

La Seine a beaucoup baissé mais le courant est encore rapide. Les sorties vespérales (à partir de 18h) reprenaient aujourd'hui.

Trois tours d'île de la Jatte (13 km). Agathe (qui peut ramer une fois par semaine et pas le jour de la compétition, d'après son médecin), Anne, Anne-Sophie, Amandine et moi. Beaucoup d'insectes (je pense aux oiseaux), il fait frais.

Il se confirme que j'ai mal au dos, une barre au niveau des lombaires. Je veux croire que ce sont les muscles qui travaillent; je redoute que ce soit le même problème que l'année dernière (« une sorte d'entorse », avait dit le radiologue en regardant le scan de mes lombaires, ce qui avait fait tordre le nez au kiné).
J'avais justement encore quelques séances de kiné sur mon ordonnance, mais ont-elles moins d'un an? Quoi qu'il en soit, je suppose que le kiné n'aura pas de place.
Tenir jusqu'à la course. Après, tant pis.



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Agenda
H. a récupéré les clés de Tours cette après-midi et assisté à la première assemblée de copro ce soir. Le voilà élu.

Récapitulatif

Je ne peux saisir l'air du temps. Comment rendre la folie qui s'est de nouveau emparé de la France ? Twitter, FB, les chaînes d'information en continu donnent une impression d'urgence, de catastrophe et de fin du monde à tout moment. C'est fatiguant.

Le pire est de voir des amis, des connaissances, devenir tout à fait agressifs. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi mes amis homos sont restés amicaux pendant la lutte du "mariage pour tous" sans me réduire à ma dimension catholique — alors qu'eux-mêmes se faisaient insulter par la hiérarchie ecclésiale (pas toute mais quand même, quelle honte quand j'y pense) — tandis qu'aujourd'hui certaines connaissances de gauche perdent toute mesure devant mes positions plutôt conservatrices alors qu'il ne s'agit jamais que de choix qui ne les (qui ne me) touchent pas profondément au quotidien : que les zadistes obtiennent ou non le droit de rester sur les terres occupées depuis des années, que les cheminots conservent ou pas leur statut et leur retraite, que les étudiants soient ou pas sélectionnés, cela ne remettra pas en cause leur vie personnelle (alors que le droit ou pas de se marier devait avoir un impact direct sur la vie des homosexuels et le regard que la société posait sur eux).

Faut-il voir dans leur virulence la trace de leur incohérence, d'une conscience intime mais non acceptée de la bizarrerie de rejeter la sélection en étant de purs produits de la plus haute sélection (classes préparatoires, grandes écoles)? De la bizarrerie de monter en épingle sur FB ou des blogs la nullité des étudiants en première année de fac (pour faire rire leurs lecteurs, évidemment) pour ensuite réclamer que ces étudiants ne soient pas sélectionnés? De la bizarrerie d'être prêts à condamner leurs enfants ou petits-enfants à payer la retraite de personnes qui auront passé, qui passeront, plus de temps à la retraite qu'à avoir travaillé tandis que la pyramide des âges s'inverse inexorablement?

S'agit-il de vraies protestations portant sur l'objet des protestations, ou simplement de l'occasion de frondes contre Macron qui les insupporte?


Récapitulatif disais-je :
- 17 janvier : abandon du projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDLL). Les occupants (illégaux, non propriétaires) ont jusqu'au 1er avril pour évacuer la zone. Le 9 avril, l'évacuation forcée commence. Les journalistes ne sont pas autorisés à être présents : on crie à la censure (mais je pense "Rémi Fraisse").
Ma position : aucune raison de donner des terres sous prétexte d'un droit acquis par le squattage. Mes contradicteurs arguent de projets collectifs d'agriculture responsable : je ne vois pas en quoi respecter la loi sur la propriété empêche de faire de l'agriculture responsable en déposant des projets individuels.

- 15 février (à peu près) : la fac de Montpellier est bloquée par des étudiants qui protestent contre la sélection à l'entrée des universités. (Un professeur et un ex-doyen font intervenir l'extrême-droit contre ces étudiants: grave erreur, car si je (je étant une position possible et non "moi") trouve l'occupation ridicule, je ne pourrai que défendre les étudiants s'ils se font tabasser). Plusieurs universités sont peu à peu bloquées (Toulouse, Tolbiac). Les bloqueurs paraissent minoritaires. Ces minorités découvrent que les réseaux sociaux peuvent jouer contre eux : avant, seuls ceux qui prenaient le mégaphone étaient entendus, aujourd'hui n'importe qui peut twitter : la majorité silencieuse s'exprime, il est possible de connaître son avis. Depuis mi-avril (les vacances scolaires?), les facs sont peu à peu évacuées par les CRS.
Ma position : je ne comprends pas pourquoi ce sont les étudiants et non les lycéens, voire les parents des lycéens, qui protestent. Je crois qu'il faut de la sélection, qu'il nous faut les meilleurs chercheurs et les meilleurs ingénieurs et les meilleurs écrivains parce que c'est ce qui élève le niveau général d'une nation, en fait son prestige à l'international, c'est ce qui fait des brevets, des emplois; je trouve stupide de prétendre que tout le monde est égal devant les études alors que personne ne le dirait pour du foot, par exemple (tout le monde n'est pas Zidane ou Marie Curie, tout le monde peut jouer au foot ou apprendre la chimie: il s'agit de niveau, eh oui). Mais sans aller jusque là, au premier abord, il me paraît préférable d'admettre un étudiant dans une filière du fait de son travail et de ses aptitudes que par tirage au sort. Le tirage au sort fait perdre deux personnes: celle qui est admise dans une filière qui ne lui convient pas et celle qui n'y est pas admise alors qu'elle lui conviendrait. Admettons que j'ai tort. Il reste que je ne comprends pas que ce soient les étudiants qui protestent et non les parents de lycéens. (Je pense à ma nièce qui passe le bac cette année : quel casse-tête.) Ce point m'empêche de prendre les étudiants au sérieux.)

- 14 mars : le gouvernement présente un projet de réforme de la SNCF. Les syndicats de cheminots annoncent une grève perlée de deux jours par semaine pendant trois mois.
Ma position : là en revanche je comprends très bien. Défenses des droits acquis (qui entre nous soit dit ne sont pas remis en cause) et souhait d'emm*** un maximum de monde pour avoir gain de cause. C'est pour moi la définition du caprice: si on se roule par terre dans le magasin en faisant suffisamment de bruit, les parents gênés finiront par céder. Je ne crois pas une seconde à "une défense de l'intérêt général". Sur le fond, la réforme est inévitable puisque la France est tenue par ses engagements européens. Elle est préparée de longue date puisque c'est par cette prochaine mise en concurrence qu'on avait justifié les changements d'horaires de la SNCF il y a quelques années. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose? Nous avons tous gagné à la mise en concurrence des opérateurs mobiles, à l'apparition d'Uber. On brandit en contre-exemples les accidents en Grande-Bretagne et en contre-contre-exemple le réseau secondaire allemand. Je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, ce serait à tous les Français de protester, pas aux seuls cheminots : visiblement ce n'est pas le cas. Il s'agit bien de la défense d'intérêts personnels, et non de "l'intérêt général".)


Ajoutons à tout cela (et sans doute est-ce le plus important, le plus préoccupant) la montée de l'antisémitisme : 23 mars, meurtre de Mireille Knoll. Avoir échappé à Drancy pour finir assassinée à 85 ans…
Et toujours cette logique d'exclusive qu'il faut à tout prix rejeter : si vous combattez l'antisémitisme vous êtes contre l'islam, si vous êtes pour Israël vous êtes contre la Palestine.
Non.
Nous sommes pour la raison et pour la paix, même s'il faut se battre pour elles. (Dernière phrase qui me fait penser à un dernier fait de cette période confuse : le 14 avril bombardement franco-anglo-américain des forces de Bachar El-Assad après que des civils ont été gazés).

Magari !

— Tu viens avec moi voir les tulipes en Hollande ?
— Mais enfin maman, tu sais bien que si tu pars d'ici, tu ne reviendras pas.

Sortie à trois

Retour à La Défense un samedi : entraînement oblige. Anne, Anne-Sophie, moi. Amandine et ?? pour compléter. Trois tours d'île de la Jatte.
Mal au dos. Pourvu que cela ne tourne pas comme l'année dernière. Demain seules Anne et moi aurions été disponibles. Nous ne pourrons pas ramer car nous n'avons pas trouvé de rameurs pour compléter le bateau. Tant mieux, ça me laisse du temps pour récupérer.

Retour de O. Il a fait exceptionnelllement beau cette semaine, il a eu de la chance pour son stage BAFA.

Exercice 2017

Conseil d'administration d'arrêté des comptes dans nos anciens locaux. Je laisse la clé de mon ancien bureau que j'avais emmenée avec moi lundi sur la porte.

Du fait de la dernière loi sur la rotation des commissaires aux comptes, le CAC a changé. En un an, trois personnes sur les cinq avec lesquelles j'aimais travailler sont parties.

Le syndicaliste administrateur le plus actif n'est pas là: du fait de la grève il ne pouvait réserver son billet SNCF que vingt-quatre heures à l'avance, il a donc préféré ne pas venir. (Mais pourquoi? Pourquoi réserver son billet au dernier moment était-il si problématique?)
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