Billets pour la catégorie 2019 :

Journée vide

A ne pas pouvoir bouger, ou pas longtemps (je peux marcher sur le talon, c'est difficile de rester debout), à ne pas devoir m'assoir à un bureau (le pied doit rester en hauteur pour ne pas gonfler), les journées deviennent vite moroses.

Réveillée et levée tôt (6h30), comme d'habitude, rendormie de 8h30 à 11h : je déconseille, ça déboussole. Passage de l'infirmer pour la piqûre quotidienne d'anticoagulant (j'avais envisagé de la faire moi-même mais j'ai reculé), repas, déclaration d'impôts (première déclaration de l'appartement acheté en loi Pinel: je suis impressionnée, l'impôt est divisé par deux). Quelques lectures mais pas grand chose (cette impression que l'Eglise catholique est davantage préoccupée d'elle-même que du message chrétien: comment écrire un mémoire dans le cadre ecclésial dans ces conditions? Je n'y arrive pas. Mais il y a aussi la peur de ne pas y arriver, et je ne sais plus ce qui sert d'excuse à l'autre).

Un monde qui m'échappe

Interloquée par un tweet de l'UNEF: «En tant que femme transgenre racisée je suis intersectionnelle. Mais ma racisation fait de moi une personne plus privilégiée qu'une afro descente et c'est à cause du colorisme qui crée un privilège entre les personnes racisées.» Clémence Zamora-Cruz


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tandis que ce genre de dessin circule (dessinateur inconnu pour le moment)


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alimentant les insultes d'une gauche qui ne sait plus prendre de recul.


(En fait ce ne sont pas les revendications que je rejette, c'est le vocabulaire1. Les mêmes idées exprimées de façon compréhensible remporteraient peut-être mon adhésion, ou au moins ma sympathie. Dans le cas d'espèce, il y a trop de mots dont je ne comprends pas le sens exact. Le lecteur (ou auditeur) est arrêté par le langage qui fait barrage aux faits. (Il essaie de démêler le sens des mots plutôt qu'accéder directement à la revendication.))

La fin doit vouloir dire : «il y a une hiérarchie2 dans le racisme subi en fonction de la couleur de peau. J'ai conscience d'avoir davantage de chances qu'une Africaine à peau très noire.» ("descente": est-ce une faute de frappe pour descendante ou pour décente? (mais dans le second cas, qu'est-ce que ça veut dire?))
Et le début : «je suis une femme latinos trangenre: je fais donc miennes les revendications des femmes, des personnes de couleur et des LGBT» (est-ce cela que veut dire «intersectionnelle»? je n'en suis pas sûre car je ne sais pas exactement ce que désigne "sections" (pour moi une section était quelque chose de l'ordre d'une cellule du parti communiste).

Que ceci soit considéré comme une première contribution à un LTI contemporain (LFV, Langue française du XXIe siècle ?)



Notes :
1 : Ce doit être une preuve de mépris de classe blanc élitiste.
2 : On remarquera le choix de "privilège" plutôt que "hiérarchie": une tendance à s'excuser par avance, ce qui est certes sympathique, mais sans doute inutile pour un état de fait que l'on subit et dont on n'est pas responsable.
Hiérarchie des couleurs de peau (ce que veut dire colorisme?): c'est un fait connu; par exemple la société du Brésil est connue pour hiérarchiser subtilement le métissage. En France la hiérarchie me paraît moins subtile (euphémisme) et tenir davantage à la beauté (oui, personne ne le dit, mais oui) et aux vêtements qu'à la simple couleur de peau. Evidemment, ce genre d'intuition serait à mesurer.

Premier jour de convalescence

Terminé L'Europe est-elle chrétienne? d'Olivier Roy (spoil : elle ne l'est plus).

A la recherche de précisions sur la loi naturelle, j'ai lu les articles «Loi» dans le Dictionnaire critique de Théologie (sous-entendu : catholique) sous la direction de JY Lacoste et l'Encyclopédie du protestantisme sous la direction de Pierre Gisel et Lucie Kaennel (qui fut ma première professeur d'allemand à l'IPT). Les deux approches (les deux façons d'aborder le sujet) sont vraiment différentes, historico-exégétique pour le catholique, philosophique pour le protestant. Est-ce une erreur de compréhension d'avoir l'impression à la lecture du Lacoste qu'Augustin aurait fait un bon luthérien?

J'ai trois semaines pour rédiger cinquante pages. Je n'ai aucune idée de la façon de m'y prendre: mon problème est le ton à adopter, le "style" (pour reprendre un mot cher à Christoph Theobald).

Il fait magnifiquement beau. C'est un peu pénible pour les genoux et les lombaires de rester les jambes allongées.

Retour

Voir le chirurgien, passer à la radio, s'exercer à descendre les escaliers avec la kiné («Pliez le genou, il faut que le pied gauche dépasse le pied droit»), récupérer tous les papiers (ordonnances, bulletin de sortie, bilans sanguins) auprès des infirmières : «vous pensez que je pourrai sortir à quelle heure? — Oh, en début d'après-midi. — Mon repas est prévu? — Mais oui.»

J'appelle H. pour lui dire de ne pas se presser, ça tombe bien il est en pleine livraison (le prototype du projet sur lequel il travaille depuis un an).

Je range mes affaires en clopinant, je déjeune, le téléphone sonne: «je suis en panne à Belle Epine». Exaspération de la voix, trois heures de sommeil, une voiture révisée il y a quinze jours. Exploration rapide des possibilités: il s'occupe de la voiture, du dépanneur, de son propre rapatriement; je me débrouille pour rentrer de mon côté.

Clopin-clopant jusqu'à l'ascenseur avec le gros (mais pas lourd) sac de sport, attente au secrétariat (le pied en l'air qu'ils disaient) qui m'appelle un taxi pour aller à la gare de RER (je sais que H. va m'engueuler, mais c'est tout de même le plus rationnel, le plus rapide, pour traverser diamétralement la région parisienne, même si ce n'est pas le plus confortable).
Descente des escaliers marche à marche (je n'ose pas prendre les escalators, je ne suis pas assez rapide, peur de tomber), tourniquet, quai, voiture pour Marne-la-Vallée. Changement à Nanterre Préfecture, RER pour Boissy-St-Léger, je monte. De l'autre côté du couloir, un jeune homme dort à poings fermés allongé sur trois banquettes, genre migrant à la rue, le jean fendu le long de la raie des fesses. Il est sans slip. Il sent mauvais du côté du supportable.
Plus tard, vers St-Maur, il se mettra à tousser à fendre l'âme. Nous passagers nous nous regardons, sans savoir ce que pense chacun. Pitié, gêne, dégoût, indignation comme les deux dames qui sont descendues plus tôt «ah, c'est bien le RER»?
Je pense à R. qui expliquait que soigner les immigrés illégaux (il n'y avait pas encore de "migrants" à l'époque) était une mesure de santé publique.
Nous nous regardons, ne disons rien, ne ferons rien. Qu'a-t-il traversé, qu'a-t-il vu, quel espoir représentions-nous, qu'avons-nous déçu? Il faudrait le réveiller, le doucher, le nourrir, l'habiller.
Nous partirons. Les passagers descendent un à un de station en station, je reste la dernière. Il dort.
Je descends au terminus. La rame repart, il dort toujours.

O. arrive avec retard. Quelques minutes plus tard je suis chez moi.


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Les ruches de Notre-Dame sont saines et sauves. Je ne comprends pas comment c'est possible.
Inquiétude pour les faucons crécerelles: où vont-ils nicher?

Billard

Douche à la bétadine (je déteste cette odeur), le joint du pommeau n'est plus jointif et arrose toute la salle de bain, blouse et slip bleu marine, charlotte, chaussons, un bas de contention sur la jambe non opérée, deux tranquillisants (puisque l'anesthésiste n'a pas cru que ma tension était due à mon boulot et non à l'opération), brancard, impression de voler dans les couloirs allongée sur le dos, ascenseur, puis je ne sais plus très bien, réveil en pleine forme entre deux dames qui gémissent, «Vous avez mal? Combien sur une échelle de 1 à 10? —5 à 6 —Je vais vous faire une piqûre», puis dans ma chambre, devant un plateau composé de desserts: yaourt compote madeleine galette St Michel jus de pomme.

Ce n'est que bien plus tard que je me rendrai compte que je n'ai aucun souvenir de la remontée dans ma chambre, ni de la façon dont je me retrouvée en tee-shirt. Ces absences me terrifient: vie volée.
Je somnole, je ne sens pas mon pied, mes orteils, prise de tension et de température toutes les deux heures. Tout va bien.

Les nouvelles de Notre-Dame sont étonnamment bonnes: les trois rosaces sont sauvées, et l'orgue principal, et même le coq de la flèche qui contenait les reliques (je suis étonnée que tant de non-croyants accordent une quelconque importance à ces reliques).
Les dons affluent pour reconstruire. Le discours que Macron devait prononcer à l'issue du "grand débat" ne l'a pas été mais est malgré tout commenté. Twitter bruit.

H. passe. J'en profite pour me lever grâce à ma chaussure Barouk. Impossible de marcher sans sentir sa jambe.
Dans la nuit je découvre l'usage du déambulateur: je suis fan de ce truc, quelle stabilité, quelle sécurité!


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Notre-Dame

Journée marathon à envoyer les rapports à relire, à imprimer le dossier réglementaire, à écrire les courriers indispensables. Je quitte le bureau en retard par rapport à mon planning, j'ai peur d'arriver trop tard pour les admissions, la branche du RER A pour Cergy est arrêtée pour deux heures: ouf, je prends celle de St-Germain-en-Laye.

Admission, chambre, tout est prêt, bracelet étiqueté à mon nom (que je donne plusieurs fois, mesure d'identification sécurisée), prise de tension, il faut prendre une douche à la bétadine ce soir et une demain matin à six heures, je suis la première à passer (à huit heures), H. arrive de son côté avec mes affaires dans un sac de sport. Il ressort m'acheter une brosse à dents et revient avec un Paris-Brest, dernière gourmandise avant un moment.

Il part. Je regarde négligemment mon téléphone, un ami a posté une photo avec de la fumée au-dessus des toits: «Notre-Dame vue de chez moi», commente-t-il, je me dis comme c'est bizarre, comme St-Sulpice il y a quelques semaines.

Ce n'est que peu après que je me rends compte de ce qui se passe. Je ne sens rien, anesthésiée. Je regarde mon téléphone. Ça parle d'orgues, de vitraux, de rosaces, détruits. Ruth et Lucy m'écrivent des mots désespérés. La flèche tombe. C'est beau, ce rougeoiment des braises à travers la toiture transparente. Irréel. Glaçant.

J'ai éteint mon téléphone. Je n'y croyais plus. Je pensais aux cloches qui avaient sonné pour Charlie, qui allaient tomber, plusieurs centaines de tonnes: comment imaginer cela? Je pensais à une mauvaise nouvelle de Balzac, Les Proscrits. Je me suis couchée en état de sidération, sans rien ressentir. Je ne sais plus quand j'ai appris que l'incendie était maîtrisé.

L'impensable, ou plutôt l'impensé, ce à quoi on ne pense pas, ce qu'on n'imagine pas, était arrivé. Ce qui allait de soi, l'existence de Notre-Dame-de-Paris, n'allait pas de soi. Ce que l'on pensait éternel, ou plutôt ce que l'on ne pensait pas puisque cela était, était périssable. Retour de la condition humaine.


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photo AFP

Mavrommatis

Anniversaire fêté à six dans un restaurant une étoile : heureusement que la salle était plutôt vide (réservation à 13 heures) car nous n'avons pas été discrets. Il faut dire qu'il ne fallait pas se laisser impressionner par les cinq serveurs (sommelier, etc) s'alignant parfois, sur ordre de quel rite intérieur, pour nous contempler et sans doute réagir à notre moindre désir.
Las, nous étions trop occupés à jacasser (combien de temps que nous n'avions pas été réunis? pas à Noël… depuis fin juillet?) pour avoir besoin d'eux. Notre enthousiasme a été communicatif (n'en avons-nous pas rajouté imperceptiblement dans le but de les faire basculer du bon côté de la Force?), ils ont fini par si bien communier à notre gaieté qu'une bougie plantée dans un chou nous a été spontanément apportée en fin de repas.
(Attention : le café turc est grec!)

Cuisine excellente, saveurs originales et cuisson très juste des viandes.
Un joli mousseux rosé : Akakies, domaine Kir-Yianni
Un vin rouge puissant et tanique : Ramnista 2005 du même domaine.

Incarnation

A l'ICP :
— Parfois, j'ai l'impression qu'ici on vit hors de la réalité, comme si tout le monde était croyant alors qu'en réalité presque plus personne ne croit. Par exemple si j'interroge sur le sens de passion avec un P majuscule, on me dit «mais si je sais», et quand je demande des précisions: «c'est religieux, non?»
— Oh lala, si tu savais! Des ados m'ont dit il n'y a pas longtemps: «Jésus, il a pris cher!»


Et tout bien réfléchi, ce n'est pas une mauvaise définition, ni de la Passion, ni de la vie de Jéus: d'il a pris chair à il a pris cher.

En route

A l'origine nous devions aller à Tours pour l'assemblée de copropriété de notre appartement, mais la contraire horaire s'est révélée trop forte et nous nous sommes contentés d'un coup de fil.

Nous avons pris la route par le chemin des écoliers (viaMichelin et non Waze). Saint-Sulpice-de-Favières, Souzy-la-Briche, Garancières-en-Beauce (étrange clocher comme une tour seule restée d'un château), j'ai l'impression d'être entourée des noms de Balzac (mais Vaugrigneuse, c'est Alain-Fournier et non Balzac).
Le long de la D17 les noms se terminent par -ville, est-ce une conséquence de la Révolution, nous glissons dans la Beauce, blé en herbe (est-ce du blé?) vert et soyeux et fragile et vigoureux, hangars et dépôts et usines, Beauce quasi industrielle le long de cet axe, il fait beau, nous roulons décapotés, le froid gagne peu à peu.

Bonneval, un chocolat chaud dans un café où les gens sont charmants et la déco épouvantable (RFM sur grand écran, Angie, À nos actes manqués), nous recapotons, je prends le volant, l'ambiance devient morose — H. vient de réaliser que cela a pris beaucoup de temps et que nous sommes encore loin (il a du travail en retard, des documents à rendre, des imports de base à tester) — Chateaudun, Cloyes, je raconte La Terre et la maison de La Terre, nous suivons les côteaux du Loir inondés de soleil, personne, le printemps, l'eau pleine (plus tard je verrai une retenue d'eau qui explique ce niveau si élevé), St-Claude, St-Hilaire-la-Gravelle, nous rejoignons la N10, fin de la flânerie. (80km/h au régulateur de vitesse, les camionettes qui n'en croient pas leurs yeux devant cette petite voiture rouge si sage.)

Remords

Rêvé de ma prof de grec.
Alors j'ai fait une heure de grec ce matin.


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Front des travaux : radiateurs remontés dans la cuisine et la chambre (ouf).
Tout est quasi terminé : il reste des toilettes à remonter (prévu vendredi), une plinthe à placer et des caches-vis en bois à monter (plus compliqué : il va peut-être falloir les tourner nous-mêmes).

Rungis

— Mais pourquoi une place de Rungis dans le XIIIe ?
— Parce que c'est le chemin vers Rungis ?
— Mais Rungis, ce n'était rien avant le MIN. Et il n'y a pas qu'un chemin pour aller au MIN.
Une recherche plus tard :
— C'est le chemin de l'eau. Rungis «possédait une source abondante, dont les eaux étaient conduites à Paris par les aqueducs d'Arcueil et de Cachan». (Wikipedia)

Pourquoi est-ce au passé ? Il n'y a plus d'eau, ou ce sont d'autres cours d'eau qui alimentent Montsouris? (Est-ce encore Montsouris qui est utilisé? Souvenir de Léo Malet, souvenir littéraire de l'ordre du fantasme.)
Aux avions près, cela semble une commune tout à fait intéressante.


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Agenda :
J'ai enfin eu la secrétaire du chirurgien : RV avec l'anesthésiste le 11, opération le 16. (Opération du pied. Dans mon idée cela aurait dû avoir lieu en janvier, pour être d'aplomb en mars pour la clôture des comptes. Mais je n'ai pas osé/voulu laisser J toute seule face au prestataire lamentable et aux affiliés affolés. La situation est désormais stabilisée (retour à la normale dans six mois mais "on gère"), et l'opération devient urgente, pas tant pour des raisons médicales que parce que je veux me débarrasser de ça avant de me mettre à vraiment chercher un autre poste — ce qui sera le cas dès que j'aurai fini mon mémoire. (Tout cela paraît très opportuniste: oui, je l'avoue.))

Aspirine 15 ans d'âge

Déplacé (replacé) des livres et pas du tout travaillé. Je commence à paniquer à me dire que si je ne peux plus marcher six semaines, je cours le risque que les livres soient rangés par d'autres que moi (Noooonnnn!!)


La pose du nouveau plancher a obligé à enlever les plinthes devant les meubles de la cuisine. C'est l'occasion de passer le balai sous les-dits meubles et de ramener des objets inattendus, dont un tube d'aspirine date de péremption 2004:


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Une recherche plus tard, nous apprenons que l'aspirine perd ses propriétés au cours des années et se transforme en je ne sais plus quelle molécule.

10000 mètres

J'ai empiré mon temps (le contraire d'améliorer? pas bien sûre de cette syntaxe).
Il faut dire que j'ai mis à peu près toutes les chances contre moi, en arrivant une demi-heure en retard et en commençant alors que les autres en étaient déjà à mi-parcours.
Je fais souvent cela: me mettre en situation d'échec au lieu de réussite, comme si je cherchais inconsciemment (ou finalement pas si inconsciemment) à avoir d'avance une excuse pour mes déconfitures.
Je me vois en train de faire cela pour le mémoire à rendre fin mai (d'abord Candycrush puis Langelot).

Foutu orgueil.

Comité d'audit et réunion politique

Comité d'audit en fin de journée. On parle risques et moins-values latentes (pour la première fois en six ans le résultat fiscal est inférieur au résultat comptable. La bourse a sérieusement dévissée en fin d'année. Il paraît que c'est dû au Brexit mais je n'en suis pas si sûre.)

Soirée Modem "éthique et politique" (éthique en politique?) à Brétigny. Le maire vient en voisin (j'ai cru comprendre que c'était un ancien Modem et qu'il est actuellement LREM). Quelques présents sont élus municipaux à travers le département. Il ressort des témoignages et convictions de chacun que les tentations sont nombreuses (parfois insidieuses, à peine visible) et qu'il faut être intransigeant même sur les petites choses. Une charte existe à la mairie de Grigny.

Personnellement je suis moins intransigeante qu'eux (je trouve dommage de se priver de l'expertise de quelqu'un parce que c'est un ami ou un parent : c'est si difficile de trouver des personnes dont les compétences nous conviennent) mais je mettrais en place davantage de contrôles imprévisibles et croisés: croiser les équipes entre mairies, entre départements, pendant quelques jours, les faire se présenter les unes aux autres leur façon de travailler, créer de l'inattendu pour rendre la fraudre et la corruption plus difficiles à cacher.

Pour le reste… toujours je reviens à la même stupeur: dans le fond les gens s'en moquent, ils réélisent les fraudeurs, les sportifs qui dénoncent les tricheries sont insultés, les lanceurs d'alerte ne peuvent plus exercer leur métier. (C'est aussi le chaînon qui me manque pour comprendre les gilets jaunes: davantage de justice fiscale, certes: mais alors, pourquoi passez-vous votre temps à voter pour des fripouilles dont on sait qu'ils sont des fripouilles? 19,94% des voix pour Fillon en 2017 (certes, son électorat n'est sans doute pas d'abord les GJ), 21,30% pour Le Pen au premier tour.)

Sourya

Je ne viens plus au bureau que les jours où j'ai d'autres engagements à Paris ou en région parisienne: le jeudi pour le huit, par exemple.
Comme j'ai du matériel de meilleure qualité à la maison, je profite du "home office" (non mais cet anglais de pacotille!) pour faire de la mise en page et du relookage de documents réglementaires. Cela devient de plus en plus joli, cela fait de plus en plus pro — et cela coûte de plus en plus cher à imprimer, c'est de moins en moins écolo, ce bel orange carmin à la place du noir et blanc habituel (en théorie il est inutile d'imprimer, tout est en ligne: mais allez donc dire ça à mes mille cint cent adhérents de plus de soixante-dix ans. Ils veulent du papier. (Et un bon nombre de plus jeunes aussi: «je ne peux pas lire à l'écran» disent les mêmes qui passent des heures sur leur smartphone.))

Huit de filles : Anne-So à la barre. Moi au deux. Je m'applique, c'est difficile, je n'ai pas ramé pendant un mois avec la préparation de Bruges et je ne vais pas ramer pendant six semaines… Je vais être définitivement larguée (mais non, il faut que je tienne bon. J'ai trop souvent abandonné trop tôt par le passé.)

Le soir, dîner (amical, papotage de tout et de rien) avec le président du Modem Essonne qui travaille à deux pas du bureau d'H. (oui, coming out (ne l'ai-je pas déjà écrit?), je suis adhérente au Modem depuis 2007, depuis Sarkozy-Royal: à l'époque je ne voulais pas choisir entre ces deux guignols. Par ailleurs s'engager en politique dans la ville de Dupont-Aignan, c'est presque une obligation morale.)

L'affolement du monde

Présentation du livre de et par Thomas Gomart au "Bureau", cours Albert 1er. Il était invité par open-diplomacy.

Le plafond du Bureau:

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Plaisir du discours de cet homme qui mêle sans solution de continuité philosophie et histoire (Machiavel, Braudel, Carl Schmitt) à son analyse du monde contemporain.

Trois remarques :
- (à propos des élections européennes): si l'on en croit l'élection présidentielle la France est divisée en quatre parts à peu près égales (LREM, FN, LR, FI);
- en 2050, l'Europe représentera 4% de la population mondiale;
- dans les relations internationales, elle risque d'être davantage un objet qu'un sujet.


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Agenda :
Matin : radio du pied en prévision de la rencontre avec le chirurgien demain.
Après-midi : rendez-vous avec mon tuteur à l'ICP. Nous avons arrêté un plan et une démarche. Il reste un mince espoir de rendre le mémoire à temps (Focus!).
Le trafic était intense, toutes les rues barrées : visite d'Angela Merkel, Xi Jiping et Jean-Claude Junker à Paris.

Retour progressif vers la normale

Huit avec le collectif garçons. Conversation de vestiaire : je suis heureuse d'apprendre que je ne suis pas la seule à me dire au milieu d'un 10000 mètres que tout cela est ridicule, je vais arrêter et aller faire autre chose.
Pascale : — J'ai passé les tests sans savoir ce que c'était. J'ai demandé des conseils à Gaëtan pour le 2000 mètres. Il m'a répondu: «ça consiste à cracher ses tripes».
Euh… Sachant qu'Anne-So m'a dit qu'elle avait senti son cœur s'envoler… ça fait pas envie.
— En fait il faut y aller à fond sur les huit cents premiers mètres avant l'acide lactique puis conserver le rythme et donner tout ce qu'on peut sur les cent derniers mètres. Et il faut savoir que même quand on pense qu'on ne peut plus rien donner on peut encore.
Je me suis inscrite pour les 10000 samedi prochain. Si je suis opérée du pied je ne pourrai pas faire de bateau pendant deux mois, mais je veux que mon engagement dans le collectif ne fasse aucun doute.

Cablage du dernier étage à travers le cagibi que j'appelle in petto "the priest hole" depuis que j'ai lu The Stranger House (Reginal Hill). Déménagement de l'ordinateur et écran du bureau d'O car c'est le prochain plafond à être repeint.

The Happiness Therapy puis The Proposition en projection sur le mur. C'est fun (pas les films, mais le fait d'avoir de nouveau un canapé pour se zoner dans un endroit chauffé après trois mois à ne pouvoir se réfugier nulle part).

Circonstances inattendues

Huit. Acacia planté au milieu du petit bras, comme tombé du ciel.
Caroline est devenue nauséeuse à la barre durant le dernier tour (migraine ophtalmique). Je propose de la ramener chez elle.
C'est ainsi que vers midi un cabiolet rouge décapoté s'est arrêté devant les militaires anti gilets-jaunes au centre de la place de l'Etoile. Un militaire s'est approché pour savoir ce que nous voulions: «elle est malade», ai-je expliqué tandis que Caroline ouvrait la portière pour vomir. Le militaire s'est retiré.

Nettoyage du canapé réinstallé sur la mezzanine et projection de Triple Frontière sur le mur.

Kapuściński (que je suis en train de lire) décrit exactement ce film (spoiler alert ?):
Mais l'avidité du tyran [Cyrus] va provoquer sa déroute, de même que l'insatiabilité causa naguère la déchéance de Crésus. De plus, le châtiment frappe toujours l'homme au moment où il croit être sur le point de réaliser son rêve, rendant son malheur encore plus cruel et destructeur. Désillusion, immense rancœur contre le sort vengeur, sentiment accablant de soumission et d'impuissance s'ajoutent alors à la lourdeur de la peine.

Ryszard Kapuściński, Mes voyages avec Hérodote, Pocket p.117


Fin de Daesh. Moins de cinq ans. Mais ce n'est pas fini. Que va devenir la Syrie? Et les hommes entraînés et dispersés?

Free sans illusion

Pour une fois j'ai demandé un accusé de réception lors de l'envoi d'un mail. Free m'a envoyé le message suivant lorsque mon message a été ouvert :
Le mail envoyé le xxx 2019 10:03:05 GMT+01:00 au destinatairexxx@free.fr avec l’objet "xxx" a été affiché. Cela ne signifie aucunement que ce mail ait été lu (ou compris). Reporting-UA: 88.178.2xx.xxx

Jusqu'à quand accepter l'inacceptable ?

Les gilets jaunes et black blocks ont incendié le Fouquet's. L'argument classique est «ce ne sont pas les "vrais" gilets jaunes».

Mais qui sont les vrais? Car si la revendication des plus pauvres est fiscale, ça n'a pas de sens puisque ceux-là ne paient pas d'impôt. Quant aux autres… pas un jour sans découvrir que l'un ou l'autre des leaders les plus en vue est fonctionnaire en disponibilité ou héritier d'un grand garage nantais ou autre anomalie.
Qu'ils éliminent l'impôt, je serai riche, mais qui s'occupera des plus fragiles? Il y a tant d'incohérence dans tout cela, tant de perte de vue des articulations, de la pensée du monde comme un ensemble. Chacun dans son coin enviant tous les autres et non chacun supportant tous les autres dans une vision organique de la société.

«Ce que je voulais dire c'est que» il faut savoir choisir son camp: quelle que soit la sympathie qu'on peut éprouver pour le mouvement, il faut décider si l'on trouve opportun de soutenir une action dont les leaders ne sont plus qualifiés d'extrême-droite mais "d'ultra-droite" — ramenant du même coup, ô douleur, l'extrême-droite dans l'acceptable.
Je découvre que la haine de Macron peut amener un homo à soutenir l'homophobie, une gauchiste à trouver les fachos pas si graves.



Précision : ce n'est pas l'incendie du Fouquet's que je trouve inacceptable. Concernant cet événement, je suis surtout soulagée qu'il n'y ait pas eu de mort. Ce que je trouve inacceptable, c'est le premier mort, le deuxième, chaque mort, les gens quittant leur domicile pour une course ou une visite chez le médecin et ne rentrant jamais. Ils n'avaient rien demandé. Et non, je ne mets pas les blessés des manifestations au même niveau: eux ont fait un choix, le choix de manifester. Certes ils soutiennent être victimes de violence. Mais curieusement les marches pour le climat ou contre la violence n'entraînent aucun débordement. Pourquoi?

RC

Je m'apprêtais à envoyer une carte de félicitation à RC pour sa victoire contre Yann Moix (RC avait porté plainte contre Yann Moix qui l'avait traité d'antisémite. Je ne donnais pas cher de sa peau car je ne voyais pas un tribunal donner raison à RC dans le contexte actuel, avec la montée inquiétante de l'antisémitisme. Et pourtant, RC n'est pas antisémite. Il est anti-musulman).

Aujourd'hui un attentat a été commis contre des musulmans en Nouvelle-Zélande. L'un des inspirateurs du meurtrier est RC et sa théorie du grand remplacement.

Je n'ai pas envoyé ma carte de félicitation. J'ai pensé «ouf, heureusement que je n'avais pas de carte convenable sous la main et que j'ai pris du retard dans mon projet».
Je me demande ce qu'en pense Rémi.

Colloque œcuménique

Ce colloque célèbre la signature en 1999 de la Déclaration commune sur la justification entre les catholiques et les Luthériens, déclaration adoptée peu à peu par d'autres Eglises protestantes
Pour mes lecteurs non concernés, il s'agit en quelque sorte de la fin officielle des guerres de religion catholiques contre protestants: il s'agit de la reconnaissance par écrit que les objets de discorde n'en sont plus, parce qu'on ne pense plus exactement comme à l'époque, parce qu'on a pris le temps de s'écouter, parce que, surtout, on accepte de ne pas être d'accord sur tout tant que l'essentiel est préservé. C'est un processus fascinant
.

De l'importance de la narrativité.

« On ne peut pas changer l'histoire. Mais on peut changer la façon dont on en parle. »
«L'unité n'est pas quelque chose que nous produisons, mais quelque chose que nous recevons. Deux fois déjà j'ai dû bouleverser mon calendrier….»
Olivier Brès, ancien secrétaire général de la Fédération de l'Entraide Protestante

Parler ce ce qui rapproche plutôt que de ce qui sépare.

Maintenant la cuisine

Huit ce matin avec six filles et trois garçons (Martin, Franck, Simon). Isabel à la barre. Au un. Le vent souffle tant que nous rentrons après une boucle barrage-île.

Après-midi à transborder le contenu les placards de la cuisine dans la bibliothèque du salon (elle même mise en cartons) pendant que O. et H. reconstruisent la penderie et remontent le placard de l'entrée.

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Ensuite, démontage des dits placards.

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Le soir nous sommes défaits et épuisés, à peine heureux du travail accompli. Cela fait quasi trois mois que ça dure (17 décembre, il me semble).

Samedi studieux

Journée sur le bilan pendant que H. continue le câblage électrique.
Je ne me souviens de rien, je suis pas à pas la procédure que j'ai écrite en 2015 et mise à jour chaque année depuis. La méticulosité récompensée.
Ce soir j'ai quasi fini la partie fiscale et l'annexe du bilan. Il me restera le rapport de gestion.

Un pantalon en lin

Anne avait du chic. Elle avait un style, elle portait des pantalons en lin. Nous étions en première, et certes elle était redoublante, mais tout de même, c'était impressionnant qu'elle vécût en couple.

J'admirais son style, sa gentillesse, son aisance.
Pour l'imiter, j'ai essayé dans mon adolescence rondouillette un pantalon en lin. C'était atroce.

Il est normal que je pense à elle ce soir puisque je viens d'acheter un ensemble en lin.
(Toute une vie comme une revanche sur l'enfance, ou comme un accomplissement de l'enfance. Deux façons si différentes de le dire pour renvoyer aux mêmes actes.)

Un coup de fil

Aviron à midi : RER A, La Défense, métro ligne 1.

Sur le quai, coup de fil. C'est la commissaire aux comptes: «Allô, j'appelle pour nous régler les détails de notre venue lundi».
Je balbutie : — Vous venez lundi ?

J'ai complètement oublié. J'avais revu mon agenda en début de semaine, relu des mails: je n'avais rien vu sur les CAC. Je n'avais pris aucune note sur leur venue.
Eh bien voilà.
Elle me propose de décaler sa venue (avec une junior). Je sais combien son emploi du temps doit être serré en ce moment, elle est responsable de mission pour la première fois, c'est une jeune femme, je ne peux pas lui faire ça: «Non non, venez, je vais me débrouiller».

Ma voix n'est toujours pas revenue. Je rame dans le huit pour la première fois depuis un mois.

Un quatre

Toujours pas de voix. Ça m'arrange : pas de téléphone.

A midi, dans le désir de ne pas me couper du club, je vais ramer hors du huit.
Sortie avec William, Benoît et Marc.

Le soir, Barry Seal projeté sur le mur (si blanc) de la chambre. H. ne l'avait jamais vu.

La mule

Pas désagréable mais un peu bof. J'ai préféré de loin Barry Seal.



Rentré avec O. (qui a renversé son thé dans son sac de sport mais c'est une autre histoire) dans un RER dont le conducteur aimait le foot (il nous a expliqué que certes le train était en retard mais que nous serions à l'heure pour le match (quel match?). Il a diffusé de la musique dont j'ai supposé que c'était l'hymne d'un club).

Récupération

Journée à la maison. Toujours aphone. Salle de sport (cours d'abdos), sieste. Un peu de rangement.

Pas fait grand chose.
Demain doit arriver l'escalier pour le dernier étage. Il est d'un seul bloc, il va falloir le passer par la fenêtre du premier étage. Je ne vois pas comment c'est possible.

Bruges la ville

Ce matin je n'ai plus de voix. Du tout.

Tour paresseux en ville : à une dizaine rien n'est rapide. Pluie fine. Cathédrale, église, c'est dimanche, il y a des messes, on ne peut visiter. Béguinage, je me souviens de quelques explications de l'été 2017, mais bien peu.
Salon de thé. Impossible de monter au beffroi (ce qui était mon ambition) car trop de queue. Barquette de frites sur la place.

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Echanges de sms : mon chauffeur décide de partir à 13h30. Il passe nous prendre à l'auberge de jeunesse.

Retour : les mêmes qu'à l'aller, plus Anne-So. A un moment la conversation dérive sur le mariage pour tous et je découvre l'homophobie ordinaire. Le chauffeur a participé à la manif pour tous "parce qu'il faut voir ce que se prenaient les cathos". C'est bien pratique de pouvoir déclarer alors que je fais des études de théologie (c'est bien la première fois que j'en parle IRL, à part dans ce blog, je ne le dis jamais), cela donne un poids non-anticlérical à mon rappel des paroles de Monseigneur Vingt-Trois assimilant le mariage gay à la zoophilie.

Plus surprenant et plus douloureux est de découvrir la rigidité d'Anne-Sophie (que je n'imagine pas très engagée) qui déclare être gênée par les actuelles pubs dans le métro mettant en scène des couples d'hommes: «comment j'explique cela à mes enfants?»
En fait la question me paraît si absurde que je ne réponds pas car le développement serait trop long, et visiblement nous n'avons pas la même façon d'élever nos enfants. Tout d'abord le plus probable est que les enfants ne le voient pas: grâce à Dieu (si je puis dire) ils ne sont pas obsédés, eux, ils ne pensent pas qu'au cul, ils ne le voient pas, ne le comprennent pas et n'en ont pas vraiment conscience. Une fois qu'ils ont atteint l'âge où ils se sentent concernés, il n'y a plus grand chose à expliquer, mais le cas échéant, il faut aller à la vérité simple: «c'est une pub pour les préservatifs, ça évite d'attraper des maladies quand on fait l'amour.» Ça n'est pas si compliqué à dire.
Tout cela me traverse l'esprit, je ne réponds pas, par lassitude, parce que je ne vais pas la convaincre, que la seule façon de la convaincre serait de la faire rencontrer des amis homos, car je suis persuadée qu'elle ne doit pas en connaître — enfin, pas en connaître de déclarer, car statistiquement, il est probable qu'elle en côtoie.
(Il me semble d'ailleurs que c'est ainsi que la conversation avait commencé: j'avais remarqué que certaines expressions ou remarques pouvaient blesser des homos dont on ne savait pas qu'ils l'étaient; j'étais en train de plaider pour une certaine délicatesse de vocabulaire. J'avais eu droit à «on ne peut plus rien dire». Ben euh… d'un point de vue féministe je milite contre «on s'est fait baiser»: si c'est pour ainsi dévaluer la chose, cela ne donne pas envie de pratiquer. «On s'est fait avoir» est une option envisageable, ce n'est tout de même pas si difficile. Bref.)


Arrêt à une station-essence sur l'autoroute. Je m'aperçois que j'ai oublié mon blouson sur le dos d'une chaise à l’auberge de jeunesse avec pass Navigo, lunettes et clé de la maison. Nous faisons appel aux rameurs encore à Bruges qui passent récupérer mon blouson. Il me reste à les attendre à La Défense. J'ai deux heures devant moi. Je prends un billet pour Dragons 3 à La Défense (le seul dont l'heure de début soit adéquate) puis m'introduis en douce au milieu d'une séance de Greenbook. J'en regarde les cinquante-et-une minutes de la fin (soyons précis). Cela m'a rappelé un épisode de ma pire expérience en entreprise.

Je rentre. H. partait à Nantes à l'heure où j'arrivais à Paris. J'aide O. à passer deux cables internet à travers le mur de la chaufferie au salon.
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