Billets pour la catégorie 1996 :

Baptême de Claude

Je retrouve dans ma Bible le livret du baptême de A.

Bernard avait accepté de venir la baptiser. Je me souviens que lorsque j'étais allée demander au prêtre de la paroisse l'autorisation de la faire baptiser par un prêtre ami (le problème est d'avoir accès aux registres paroissiaux), il avait accepté à une condition: que nous venions présenter A. à la communauté un dimanche.
Je ne l'ai jamais fait et c'est resté comme un remords. Ce que je ne savais pas alors, c'est que cette présentation fait quasi partie intégrante du rite.

J'avais choisi en première lecture le songe du roi Salomon. J'aime beaucoup ce texte: l'homme à qui Dieu offre tout choisit la sagesse.

Nous sommes allés au restaurant. Nous n'avions pas beaucoup d'argent, le nombre des invités était restreint: parents, grands-parents, frère et sœur, parrain, marraine. Ni les oncles ni les tantes, H. en a beaucoup trop. Ce fut très gai, je m'en souviens vaguement comme d'une journée joyeuse, heureuse.

Plus tôt dans la voiture ma sœur m'avait fait de la peine: nous étions les seuls, nous avait-elle dit, à lui avoir souhaité son anniversaire quelques semaines plus tôt. En effet, elle avait démissionné de Lancôme au printemps précédent pour suivre son ami dans l'Ain où il venait d'être nommé receveur des postes, une place inespérée alors qu'il s'attendait à passer plusieurs années en région parisienne. Ma famille (ma mère, mes tantes, ma grand-mère) lui en voulait et la boudait.

Village Voice

Crack Down de Val Mc Dermid. 55 francs
billet créé le 8 janvier 2016 alors que nous posons un faux plafond dans les toilettes du bas (c'est le lieu des poches policiers et SF). Je vais me débarrasser de ce livre par manque de place.

Village Voice

Kick Back de Val Mc Dermid. 55 francs

Aujourd'hui 8 janvier 2016, je vais me débarrasser de ce livre par manque de place.
Aujourd'hui 8 janvier 2016, la librairie Village Voice a disparu depuis deux ou trois ans. C'était une librairie étrange: je savais à peu près où elle était, mais jamais exactement, et j'errais dans les rues adjacentes jusqu'à trouver sa devanture bleue qui se dérobait toujours. C'était Patrick qui me l'avait fait découvrir du temps où nous allions déjeuner au RU de Mabillon (le pire RU de Paris à l'époque). Je n'étais pas très à l'aise à l'intérieur, elle était trop léchée, je ne me sentais pas assez riche.
Et voilà, elle n'existe plus.

Quand à Val Mc Dermid, c'était, à l'époque de l'achat, ma tentative de reconstituer le petit miracle de ma découverte de Reginald Hill. Tentative infructueuse, avouons-le. Je vais abandonner ce livre dans le métro sans regret.

Ce billet est le premier des billets d'une tentative systématique de reconstitution du temps perdu à partir des dates que je peux retrouver, dans les livres, les tickets de cinéma, les factures, les dates de fêtes de famille, etc.
Je tente une reconstitution à partir de faits bruts. Peut-être sera-t-il possible d'amalgamer un peu de chair autour de ces indices.

Juillet 96. Ma fille n'a pas un an. J'ai négocié mon départ de G** en mars ou avril, je cherche du travail sans me presser. Je cherche dans les boîtes d'intérim, je n'ai pas envie de m'engager, j'ai envie de voir ce qui est possible. Mes deux premières expériences professionnelles ont été très désagréables.

L'incendie du Crédit Lyonnais

Un post de Gilda me permet de dater quelque chose dont je me souviens très précisément mais que j'aurais été incapable de dater.

Quoique. 1996, évidemment : peu après la naissance d'A., après mon départ négocié de G** (mars?), après la semaine de stage d'anglais avec AC (avril).

AC travaillait avec moi à G**, nous nous y étions rencontrées et devenues amies (elle est la marraine d'O.) Elle avait quitté G** en 1994 pour aller travailler à Tahiti et était rentrée récemment en France. Nous nous aidions mutuellement: je la motivais et la briefais avant ses entretiens d'embauche, elle me disait comment négocier mon départ (demander un an pour obtenir six mois, etc: sans elle je n'aurais jamais osé; là, je me contentais de suivre ses indications, en m'interdisant de réfléchir).

Nous avions vécu les années Pétriat (vingt ans plus tard j'apprends son destin) ensemble, nous avions résisté ensemble à une hiérarchie bête (et concernant la mienne, méchante), nous nous tenions les coudes.

Je ne sais plus qui a appelé l'autre cette après-midi-là en apprenant l'incendie du Crédit Lyonnais, mais je me souviens de moi dans le salon à Villecresnes, de nous au téléphone en train de rire souffle coupé, incrédules : «ils ont osé», dans notre instinct de ces magouilles (le même genre de) dont nous avions souffert ensemble pendant trois ou quatre ans.
Jamais, même une seconde, avons-nous cru que ce n'était pas un incendie criminel, volontaire, une façon de faire disparaître la preuve de malversations. (Je ne sais plus pourquoi cela paraissait si évident à l'époque: affaires Adidas, MGM (Metro Goldwyn Mayer))? Plus tard, en 2011, j'ai appris lors d'une formation à la "gestion du risque" que les archives du Crédit Lyonnais avaient également brûlé au Havre, ce qui me parut la preuve définitive que c'était bien un incendie criminel.
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