Billets pour la catégorie Réflexions méta-bloguiennes :

Deux

Une charlotte aux airelles, la belle à la belote (nous avons perdu) et retour dans la nuit sous la pluie fine. Il y a tant de monde sur la route que nous sortons après Orléans pour remonter par la Beauce (St Lyé, Méréville (nous aimons passer à Méréville),…) puis Vert-le-petit, Lisse, etc. pour éviter la Francilienne. Il semble y avoir de nombreux accrochages.
Nous nous arrêtons à deux reprises, dont une au McDo (!) pour laisser souffler H. et son caillou. A l'arrivée, la maison ne sent pas trop mauvais malgré les deux chats et le lapin enfermés trois jours (c'est toujours le moment désagréable du retour : les remugles quand on ouvre la porte).

Red 2. H. et C. ont mis en place une solution de galerie de photos hébergée en site personnel qui devrait me permettre d'en faire réapparaître sur ce blog. J'entreprends de mettre à jour peu à peu les billets des dix ans passés. C'est toujours étonnant de les relire, tout paraît si proche. Le temps ne passe pas.

Heidegger, le quotidien, le temps (les blogs ?)

Je rentre, je dîne, je lis les pages d'Être et Temps et le commentaire de Jean Greisch. Et soudain j'ai l'impression qu'il parle des blogs.
La « quotidienneté du quotidien » est un « phénomène hautement complexe » (GA, 209) qu'on ne peut pas se contenter d'aborder par une approche purement narrative. Ce n'est pas en racontant dans le menu détail ma vie quotidienne, heure par heure ou jour par jour, que j'arrive à cerner la structure existentiale de la quotidienneté ! La « négligence » de ce phénomène s'explique par le fait, lui aussi déjà évoqué (SZ §5, 16) que « ce qui est ontiquement le plus proche et le mieux connu est ontologiquement le plus lointain, le non-reconnu (SZ 43, trad. mod.). Heidegger illustre cette difficulté par le beau passage des Confessions de Saint Augustin, où celui-ci décrit ce qui est le plus proche, à savoir le moi, comme étant en même temps ce qu'il y a de plus difficile à comprendre.
La médiocrité quotidienne n'est pas une simple « alénation » qui rendrait impossible toute compréhension de soi. Elle correspond à une manière particulière du Dasein d'être concerné par lui même (SZ 44). L'analytique ne peut pas se contenter d'évocations vagues de cette structure, elle doit au contraire viser le même degré de précision que la description de l'être authentique ! Il apparaîtra alors que la quotidienneté nous met en présence d'un « concept spécifique du temps » (GA 20, 209).

Jean Greisch, Ontologie et temporalité. Esquisse d'une interprétation de Sein und Zeit, p.115
Avertissement : ce billet est à lire avec le niveau de sérieux que vous déciderez.

Obstination

Il est très tôt et je me suis levée dans l'intention de bloguer un peu. J'ai bien entendu perdu vingt minutes sur FB. Podcasts de France Musique, Martha Argerich.
Je me demande pourquoi je continue, pourquoi je m'obstine, alors que le résultat le plus clair que j'ai obtenu, c'est que ce que j'écris ici soit utilisé contre moi par ma famille la plus proche (d'où ma difficulté à écrire depuis un an et demi). Il ne faut pas céder, il ne faut jamais baisser les bras — parce qu'on le regrette, ensuite, bien plus tard, quand les raisons conjoncturelles qui ont fait reculer à un moment précis ont disparu. « L'important, c'est de durer » dit Obaldia quelque part dans son Exobiographie.

D'une certaine façon, tout cela n'a pas grand chose à voir avec moi. Il s'agit de saisir le temps, d'essayer de saisir ce qui change, insensiblement (la destruction des meulières de Yerres, de la banlieue parisienne, la France en construction, partout, le style 2010, les cubes bas blancs et marrons) sous nos yeux ; cette impression qu'il ne se passe rien et que pourtant, lorsqu'on se retourne, plus rien n'est pareil ; cette impression de vivre dans un rêve, irreconstituable.
Les romanciers populaires dont l'écriture couvre de longues années, comme Agatha Christie ou San-Antonio, rendent compte de cela. Rien ne me serre le cœur, ne me donne le vertige du temps qui passe, comme de tomber parfois, de plus en plus rarement (à Chartrettes, vers le début de la rue du faubourg St Jacques) sur une façade indiquant PTT, ou mieux, P&T : que s'est-il passé, comment se fait-il que je n'ai rien vu, y a-t-il eu une transition entre PTT et "Orange", à quel moment tout a-t-il éclaté, entre "La Poste" (c'est comme si elle ne l'était plus depuis qu'elle porte ce nom), l'organisme qui distribue les colis (colissimo, est-ce un "service" ou une entreprise ?) et la "Banque Postale" (quand les "CCP" ont-ils disparu) ?
Bien entendu, tout cela peut être reconstitué sur internet, mais comment cela se fait-il que tout cela soit si élusif, nous fuit entre les doigts, que nous ne nous rendions compte de rien ? A quel moment le ticket de métro est-il devenu blanc ? Du jaune au vert au mauve au blanc ? (avantage : il ne tache plus s'il est oublié dans une poche avant de passer à la machine à laver).

Tenir un blog pour essayer de rendre compte du temps, du passage du temps, de l'essence de la vie, insaisissable.
Essayer de rendre compte du temps, "perdu d'avance", c'était le nom d'un blog, un de tous ces blogs disparus, eux aussi (en l'occurrence, il en reste — mais pourquoi ? — une trace).
Toujours revient la fin de "La chèvre de M.Seguin" : « Elle se battit toute la nuit, et au matin, le loup la mangea ».

Curieux tout de même, je m'en avise en écrivant cette phrase, que mon verset favori de la Bible soit « je ne te lâcherai pas que tu ne m'aies béni » : encore un combat jusqu'à l'aube, dont Jacob sort victorieux, lui, mais boîteux, le prix à payer — un prix peu élevé si on le rapporte à la bénédiction obtenue.

Navrance

RC a été interviewé dans le cadre des manifestations de Charlottesville car les néo-nazis (croix gammée et KuKluxKan) chantent : « ils ne nous remplaceront pas », « les juifs ne nous remplaceront pas » : le Grand Remplacement est le titre d’un des derniers livres de RC. C’est un terme que l’on retrouve d’ailleurs dans la presse française, ce qui prouve qu’il est davantage lu que les gens ne l’avouent.

Je suis comme anesthésiée. Je n’imaginais pas qu’il tomberait si bas.
Voilà qui fait curieusement écho à mes interrogations d’il y a deux jours.

Quel futur pour mes blogs ?

H. a passé ces derniers jours a cherché des solutions pour transférer mes blogs. Je suis embarrassée qu’il y consacre temps de temps, surtout pour VS : que faire de ce blog ? Le continuer, le mettre hors ligne ? Continuerai-je jamais l’analyse de l’oeuvre de RC, est-ce que cela en vaut la peine ? Ai-je perdu dix, douze, quinze ans de ma vie à lire RC ?
Non, non, ce n’est pas perdu, la plupart de mes relations proches sont une conséquence de ma lecture de RC. Et j’ai tant appris en littérature, peinture, musique, voyages… Non, non, ce ne fut pas inutile.
Et cependant… ai-je négligé les enfants pendant toutes ces années ? Sans doute que oui.

J’essaie d’expliquer à H. qu’il ne faut pas la même chose pour VS et Alice : un blog pour Alice mais plutôt un site pour VS. Je farfouille, je lui montre les billets sur L’Amour l’Automne : comment les rendre plus lisible en ligne (sous réserve que j’y travaille, bien sûr). Surtout je lui montre l’affreux carphanaüm que cela est devenu, un quart peut-être des billets indexés (pas eu le temps de faire les autres), des logiques de catégories qui ont changé avec le temps sans que les transferts de logique soient totalement menés à bien (la disparition de la catégorie Citation au profit de catégories par auteur (« — Mais pourquoi ? c’est moins lisible. — Oui, mais les gens ne cliquent pas sur l’index. L’expérience prouve que très peu de gens cliquent, très peu sont curieux, surtout depuis FB »), la même transformation attendue de la catégorie Livres mais pas encore terminée, la coexistence de billets en wiki et en html : « — mais pourquoi tu le fais à la main ? L’informatique le fera beaucoup mieux que toi.» Comment lui répondre que je le fais moi-même car je ne sais pas quand il sera disponible pour travailler sur mes blogs ? D’autre part ça me permet de relire et corriger mes billets (c’est difficile car je n’aime pas mon ton, le style instituteur de certains billets)), l’existence de deux types de photos, certaines hébergées dans dotclear et d’autres dans dropbox (désormais introuvables…)

Je suis embarrassée de le voir consacrer autant de temps à reprendre quelque chose que je ne suis pas sûre de continuer, dont je ne suis pas sûre de voir encore l'intérêt. Il me répond gentiment de ne pas m'inquiéter : c'est l'occasion pour lui de faire des recherches sur des technologies qu'il a besoin de connaître.

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Par ailleurs, date fatidique, H. a cassé l'anse de la tasse d'un demi-litre que j'ai acheté à Versailles en janvier 1986. J'ai bu des litres et des litres de thé dans cette tasse. Mon premier réflexe a été de dire : « tant pis, l'anse ce n'est pas très important » mais j'ai essayé plus tard : c'est tout de même très gênant (je ne le lui ai pas dit).

*****

Pendant ce temps, il y a eu un mort à Charlottesville durant des manifestations et anti-manifestations de « suprémacistes » (nazillons) américains. Trump a déclaré qu’il y avait des « gens biens » des deux côtés. Soupir.
Est-ce pire que les années maccarthistes, est-ce pire que la chasse aux sorcières, est-ce pire que l'ambiance contre la lutte des noirs américains pour les droits civiques dans les années 50 et 60 ?
N’en est-ce que la prolongation ou s’agit-il d’un paradigme différent, héritier des théories raciales nazies ?
Je n’aurais jamais imaginé vivre cela.

Deuxième jour

Il a plu, la magie a disparu mais les oiseaux reviennent.

Aller-retour à Blois dans le brouillard. Discussion dans la voiture: ce blog devrait connaître des transformations de fond dues à des contraintes techniques (notamment, à partir de mars, je ne vais plus pouvoir afficher les photos via Dropbox comme c'est actuellement le cas). Combien de temps cela va-t-il prendre pour être effectivement en place?

Premier épisode de The OA. Fascinant.

Déjà octobre

Je me rends compte en faisant quelques recherches (pour retrouver la date du type incompétent de décembre dernier: le 18 décembre, donc) que j'ai beaucoup de billets dont je me suis dit «je les complèterai plus tard». Selon les cas je les ai alors publiés en l'état, avec des mots-clés incompréhensibes (voir décembre dernier par exemple) ou je les ai laissés à l'état de brouillon hors ligne avec quelques points rapidement notés.

J'avais l'intention de les reprendre plus tard, mais je ne sais plus vraiment à quoi ils se rapportaient. (Oublieuse mémoire).

Décision

Il pleut. J'avais l'intention d'aller ramer, je ne vais pas y aller, même s'il ne pleut peut-être pas à Melun. Je vais compléter quelques journées de ce blog.

Je regrette d'avoir manqué l'arrivée du printemps sur la Seine.


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PS le soir : révision de grec pour mardi et Almodovar au cinéma (Julieta. C'est curieux cette fascination pour les liens mère-fille. Ça change des bêtes histoires d'amour. L'épaisseur de la vie dans la filiation, la maladie, la vieillesse et la mort. Tragédie grecque, mer et pythie.)

Rangement

Une journée pour faire du ménage et ranger — pas eu le temps depuis que nous sommes revenus des Etats-Unis. Cela ne fait pas une journée très palpitante, sauf que cela permet de manipuler des livres, ce qui est toujours plaisant. Aurai-je un jour le temps de les lire? Pourquoi les acheter si je ne les lis pas? (Question de C.)
Aucune idée, franchement. Quand j'achète un livre neuf, récent, je me dis que cela va soutenir, encourager, l'auteur, quand j'achète un livre d'occasion (avec souvent une pulsion presque bibliophile, avoir l'édition de l'époque, le grand format), je me dis que j'évite le pilon à l'objet.

Je n'ai pas retrouvé le dossier de la préparation pour demain, cela me pertube: comment est-ce possible? Mon bazar n'est pas organisé, mais il est englobant: tout est là, rien n'en sort, rien ne se perd. Je revois encore ces pages, je relis les questions: les aurais-je rêvées? Je sais que je suis susceptible de rêves extrêment précis, détaillés, mais en suis-je au point de rêver l'énoncé des travaux à préparer? (Je n'y crois pas, je ne le crois pas.)

Je commence — j'hésite à le signaler trop clairement, cela va prendre tant de temps et n'a aucune chance d'aboutir — à taguer les billets du jour où je les écris tandis que je les place au jour de leur survenance, au gré des dates rencontrées dans les livres, les factures, les cahiers: que peut donner une mémoire mitée, dans quelle mesure les objets peuvent-ils nous aider à remonter le temps?

Bloguer

— Mais si Trucmuche lit ton blog, tu vas être obligée de te censurer ?
— Depuis huit ans, j'ai déjà rencontré ce problème. Ce n'est pas ça le véritable enjeu, vous ne vous rendez pas compte. Le problème, c'est de résister à la tentation de la vengeance.

Il y a dix ans

J'ai rencontré Guillaume sur le site de la SLRC, à l'automne 2002. Il y a dix ans, nous discutions faux ami et façon de traduire "versatile" quand j'eus l'idée de faire une recherche sur Google.

Il y a dix ans, jour pour jour, je suis tombée sur Matoo et dans le monde merveilleux des blogs, non que les blogs soient merveilleux, mais à l'époque il n'y avait qu'eux, nous avions dix ans de moins, c'était sans fond, il devenait possible de regarder dans l'âme des autres et d'y trouver de la consolation.

C'est à ce moment-là que j'ai pris le nom d'Alice pour intervenir chez Matoo (au départ je n'étais donc qu'une commentatrice, je n'ai jamais eu vocation à être autre chose que commentatrice, mes blogs doivent leur existence au fait que la SLRC m'a découragée): en 2004 l'affaire Camus était proche, je commentais beaucoup sur la SLRC, je craignais de mettre Matoo dans l'embarras si quelqu'un s'apercevait de mes mauvaises fréquentations.

Devoir de vacances

Gvgvsse est en train de compléter un an de blog. Je ne comprends pas bien comment il arrive à être aussi précis tant de temps après quand je vois le mal que j'ai à remplir dix jours de retard. Mais il faut dire que j'essaie d'éviter les péripéties du bureau et les histoires tristes et mes lectures et…

Bref, je ne sais plus que raconter parce que je ne sais plus si c'est intéressant, si c'est indiscret, si c'est obscène… Il faut juste ne pas se poser de questions.


Journée sur FB alors que j'avais prévu de bloguer.

Entre deux eaux

Je ne sais plus trop quoi écrire ici. La tête dans la fiscalité au bureau, dans Melville dans le métro, dans Qohélet en bibliothèque.

Je ne sais pas si ce blog a jamais été très intimiste, mais j'ai l'impression qu'il le devient de plus en plus, et ça me gêne, je ne sais pas comment me saisir de ça ("to handle", quelle traduction?), le tenir sous contrôle.
Raconter des anecdotes ou décrire des scènes est tout de même moins dangereux, fait moins courir le risque de devenir niais.

Qu'en faire?

Hier Patrick m'a fait un étrange cadeau : l'année 2011 de ce blog repris dans un livre, "les mois à l'endroit".

Sensation étrange. C'est plaisant, c'est flatteur, je découvre que j'aime me relire et j'ai honte de cette complaisance; en même temps j'ai aussitôt des envie de corrections, ou plutôt d'ajustements, des précisions de contexte à apporter qui me semblaient inutiles sur le blog, éphémère par essence.
Qui dit quoi à qui dans quelles circonstances, cela paraît soudain beaucoup plus important dès que c'est imprimé. Il devient plus important d'être compris.

Mais que faire de cet objet? Je ne peux pas le faire lire à ceux qui ne connaissent pas le blog (et un livre non lu, c'est triste. J'ai toujours prêté mes livres, moins pour les lecteurs que pour les livres, pour qu'ils sortent des étagères, qu'ils respirent — parfois j'emprunte un livre à la bibliothèque uniquement pour qu'il sorte), et il est inutile de le faire lire à ceux qui lisent ce blog (et pour le coup ce serait bigrement prétentieux).
Impression étrange d'avoir dans les mains un objet absolument inadapté — et j'en suis embarrassée car j'en suis l'auteur.



Il y avait d'autres cadeaux:
- Les psaumes traduits (adaptés?) par Paul Claudel
- … le pivert nu et les tomates vertes… et Oulipotages de Jacques Theillaud (un ami FB)
- la correspondance Hawthorne-Melville que je n'avais pas trouvée cet été : D'où viens-tu, Hawthorne?

Les lecteurs (ou pas) de ce blog

Il y a ceux qui vous lisent. Vous les rencontrez, vous ne les connaissez pas, ou peu, et ils vous posent des questions sur des sujets dont vous ne leur avez jamais parlé (et pour cause), et soudain la lumière se fait en vous : « Mais ils me lisent ! Vraiment ! avec attention ! et ça les intéresse suffisamment pour qu'ils s'en souviennent ! »
Et là, vous vous sentez infiniment touchée, reconnaissante, (flattée) et embarrassée : vite, vite, vous rembobinez dans votre mémoire tout ce que vous avez écrit pour tenter d'estimer tout ce que vous n'auriez jamais confié avant des mois à un inconnu, parce que vous n'avez pas été élevée comme ça… et vous abandonnez, trop de mots, trop de billets, trop de sincérité, ce mot dont vous avez appris à vous méfier avec RC et Nabokov et contre ou avec lequel il faut vous battre certains soirs.

Il y a ceux que vous connaissez un peu plus, que vous croisez par hasard et qui vous pose une question qui fait qu'il faut bien vous rendre à l'évidence: ils ne vous lisent pas, malgré leur proclamation d'attention. Mais ceux-là, vous les fréquentez depuis si longtemps que, même si le pincement de déception ne s'efface jamais tout à fait, ils vous ont rendue philosophe, ils vous ont appris à sourire de vous-même, de votre prétention, de votre besoin d'attention; et en fait, c'est à les fréquenter que vous avez oublié que certains vous lisaient ou vous liront, cf la première catégorie.

Il y a les autres, ceux qui ne connaissent pas ce blog, à qui vous le donneriez bien à certaines heures, par affection ou par flemme (la paresse de leur raconter votre vie), et vous résistez, parce qu'en vérité, vous avez aussi peur qu'ils fassent partie de la première catégorie (« je ne vais pas raconter ça, il y a X qui me lit ») que de la deuxième (« c'était bien la peine que je raconte cela, X ne l'a pas lu »).

Ecrire pour sa vieillesse

[…] mais ce sera sans doute pour son amusement qu'il sèmera dans les jardins de l'écriture et qu'il écrira, si jamais il écrit. Amassant ainsi un trésor de souvenirs pour lui-même, quand la vieillesse oublieuse sera venue, et pour tous ceux qui marcheront sur ses traces, il prendra plaisir à voir pousser les plantes délicates de ses jardins, et, tandis que les autres recheront d'autres divertissements et d'adonneront à des banquets et autres passe-temps du même genre, lui, répudiant ces plaisirs, passera sans doute sa vie dans l'amusement dont je viens de parler.

Platon, Phèdre, traduction d'Emile Chambry, p.168 (Garnier-Flammarion 1964)

Je ne suis pas sûre de comprendre: cela veut-il dire que dans trente ans je passerai mon temps à relire ce blog (mazette!), ou que j'y écrirai plus longuement?

Fin

Voici ce que j'avais écrit le 6 juin 2006[1]:

Ceci est mon dernier billet.
Cette date est choisie depuis le 6 juin 2006.
Je n'espérais pas avoir assez de souffle pour tenir jusqu'ici, mais je suis têtue (finalement).

Au revoir et merci.

Mais finalement non. Depuis septembre 2011 (la théologie), je sais que je vais essayer de tenir huit ans de plus (juin 2019).

Notes

[1] Il suffit de regarder le numéro du billet pour voir qu'il date, je crois que les actuels dépassent 2000 (mais ça ne veut rien dire, parfois je réutilise de vieux billets jamais publiés)

Prédiction

Pas aujourd'hui que j'écrirai… ni demain… ni vendredi, ni ce week-end: donc à lundi, avec de la chance.

Bizarre

En parcourant mes billets mis en ligne en revenant de Venise, je me rends compte qu'ils ne permettent absolument pas de savoir ce que j'y ai fait, ils ne rendent rien de la chair des jours.
Bien sûr c'est volontaire, mais tout de même, c'est étonnant de tenir quotidiennement quelque chose qui n'est pas un journal de faits, mais un journal de pensée, ou même pas (car cela supposerait qu'il y ait "pensée" et continuité dans le fait de la noter), juste des lignes, en fonction des envies et de la volonté, de la volonté de cacher le plus souvent. Pourquoi écrire tous les jours avec la volonté de cacher?
Disons que ce n'est pas une volonté initiale, c'est plutôt une volonté résultante, résultant de ne pas trop montrer les mauvais moments, une volonté de glisser. RC prétend que c'est justement quand tout va mal qu'il faut tenir son journal. Peut-être, mais un blog n'est pas un journal, il est en ligne, il est lu, ou susceptible de l'être.

Ne restent je l'espère que la fantaisie, le farfelu, le rire, quelques coups de gueule, un peu de publicité pour les spectacles ou les sites aimés. Et la bizarre constatation que deux ans plus tard on ne retrouve rien de ce qu'on aurait aimé avoir noté parce qu'on ne s'en souvient plus.
Tant pis.

Dilemme

Si je ne me lève pas et ne finis pas le billet que je veux mettre en ligne depuis une semaine, je vais m'en vouloir et être de mauvaise humeur.
Si je me lève, je n'aurai pas assez dormi et je serai de mauvaise humeur.

C'est à peine un dilemme en fait : puisque le résultat sera le même, autant se lever, ça évite les regrets. Mais ça augmente les risques de se faire gronder (les engueulades, pour être précis).

Ladas

Mercredi. Déjeuner très agréable avec Gvgvsse (allez-y, il vient de faire la mise à jour trimestrielle de son blog!)
J'ai appris la vérité (si l'on peut dire, ce mot est un peu trop gros pour l'occasion: disons la réalité) sur les Ladas: je connaissais la deuxième, je pensais, à cause de la similitude des noms, que la première était de la même marque, qu'il ne s'agissait que d'une évolution dans la gamme.
Eh bien pas du tout, mais la réalité est totalement conforme à la voiture que j'aurais spontanément imaginée pour Gvgvsse.

C'est drôle comme un blog peut donner une idée, non pas des détails, mais de ce qui cadre et de ce qui ne cadre pas.
Je suis contente des blogueurs que je lis. (J'en lis très peu, beaucoup moins qu'on se l'imagine en général). Je veux dire: je suis contente d'avoir choisi les blogs que je lis. Je suis contente de ne m'être pas trompée.

Je me trompe davantage (voir énormément) quand il y a interactions, dialogues, échanges. Alors entre en jeu la folle mécanique de l'interprétation, de la culpabilité, des interrogations, des excuses qu'on trouve aux autres en s'accusant soi («Incroyable qu'il m'écrive ça, je dois mal comprendre…» et des mois pour accepter que non, je ne me trompais pas, c'était bien incroyable. Et inacceptable).
Mais en lecture pure, je ne me trompe pas beaucoup.
Voire peu.
Ça me rassure.

Britten, Venise, James Joyce. Trois heures d'escapade mentale. C'est déjà ça.
Merci.


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Le soir match de foot de coupe du Monde au café avec Tlön et Skot.

Toilettage

Tout d'abord, j'espère que vous avez remarqué que l'ancien habillage rose « Cheshire cat » est disponible dans la marge.

L'indexation du blog est terminée depuis une semaine (un peu plus de neuf cents billets représentant 4,2 Mo à ce jour. Il ne faut pas se fier au numéro des billets puisque ce blog a commencé ailleurs. C'est une indexation plus ludique que pratique, c'est-à-dire que les tags sont davantage destinés à tracer des coupes dans les années qu'à véritablement retrouver quelque chose.
Les catégories « films », « visite », « La Défense », etc., ont été remplacées par des tags.
Certains billets ne sont pas tagués, des tags évidents ne sont pas utilisés : tout n'est pas destiné à être trouvé facilement.
Le tag « citation » toutes les citations, et le tag « bibliophore » est toujours réservé à Dominique. Normalement j'ai entré le nom de certains sites ou blogs dans l'index des œuvres, mais je n'ai pas été exhaustive (par défaut d'attention, pas par volonté).
L'index "animaux" recense tous les tags utilisés dans les billets tagués "animaux" (c'est un faux index, décidé tardivement: en fait c'est un filtre).

Si vous trouvez des erreurs, si vous souhaitez voir (ou ne pas voir) figurer certains tags sur tel ou tel billet, il suffit de me le demander, par mail ou dans les commentaires. Toutes les demandes seront examinées (mais pas forcément satisfaites).

La fonction recherche est dans les choux. Cela devrait être réparé bientôt. Elle sera utilisable comme une recherche Google (avec les guillemets, plusieurs mots, les commandes intitle, inurl, etc.)

Voilà. Maintenant j'attaque le travail sur l'autre blog. A raison d'un mois par jour, cela devrait être fini au début de l'été.

(Merci à mon informaticien personnel.)

Ralentissement

Indexation — et test — en cours (voir colonne de droite). Blog en stand-by. Pas grand chose à raconter de toute façon.
Les gens commencent à s'écharper pour une place en RER. Enervement, exaspération, froid. Et puis certains, adorables et déplacés, continuent à s'excuser s'ils vous bousculent, alors qu'il n'est même plus possible de vaciller tant nous sommes serrés...

Nouvel habillage

Cela fait un petit moment que je me sens gênée d'écrire des billets tristes sous des couleurs roses. Et puis j'avais repéré ce site et j'avais envie d'utiliser ces images. Donc voilà.

L'ancien est disponible dans la marge à droite.

Un blog, quelle ouverture d'esprit !

Ça m'a bien plu :





Par ailleurs, vous pouvez voter ici pour le meilleur site de dessins on the web (ce qui est aussi un moyen d'en découvrir un certain nombre que je ne connaissais pas).

Prétérition

Ce soir il n'y aura pas de billet.

Creux

J'ai déjà comparé les blogs, ce blog-ci en tout cas, au trou dans la vase dans la légende du roi Midas: on écrit ici ce qui pèse trop lourd et dont on souhaiterait n'encombrer personne.
Evidemment, cela devient de moins en moins vrai et de moins en moins possible au fur à mesure qu'on connaît ses lecteurs.

On enterre sa peine dans le marécage mais les roseaux la colportent (ou encore, selon ce mot qui me fait beaucoup rire: «Ne t'inquiète pas, cela ne sortira pas d'internet»): on sait bien qu'on va en inquiéter un peu, au moins un ou deux au moins un peu. (Et on se prend à regretter d'avoir trop diffusé cette adresse).

Alors on hésite: arrêter d'écrire le temps que «ça passe» (car selon mon expression, «ça passe toujours»), ou écrire factice, sur des thèmes n'engageant à rien? (ce qui est de toute façon le plus souvent possible la voie choisie ici.)



Et je pense à Matoo: «Qu'est-ce qui ne va pas Choupinette?» et je ris.

Evidence

Quand on passe son temps à écrire ailleurs que dans son blog, on n'a rien à écrire dans son blog.

Fini le Rex Stout. J'aime bien.

Principe de réalité

Il faut bien me rendre à l'évidence: séparer la littérature (ou plus humblement les livres) du reste pour en faire deux blogs est totalement irréaliste, je m'en rends compte soir après soir quand je n'ai rien à écrire ici. Qu'écrire quand ma journée se résume à des somnolences emplies de cauchemars et un désaccord avec le cours de Compagnon? (Comment peut-on opposer les récits de vie "narratifs" (ayant la forme d'un récit) et les récits de vie "anecdotiques" (ayant la forme d'une succession d'épisodes) sans jamais parler du moment où l'on est en train d'écrire? Car pour écrire un récit, il faut se situer après, voire bien après: un récit s'écrit à rebours, c'est la fin qui ordonne le discours. Il est impossible de se penser récit si l'on écrit au fur à mesure).

Enfin bon.

Information asymétrique

Sur un blog ou un forum, tout le monde est à égalité, ou à peu près, une fois les éventuelles inscriptions effectuées.

La particularité des outils de "réseaux sociaux", c'est que vous ne savez pas très bien ce que voient les autres.

Sur twitter, vous voyez les gens que vous "suivez", et chacun d'entre eux voient ceux qu'il suit. Comme personne ne suit exactement les mêmes, personne ne voit exactement la même chose. Cependant, vous pouvez aller farfouiller parmi les personnes que suivent ce que vous suivez... et suivre ceux qui vous plaisent, puisqu'il est autorisé de lire qui ne vous lit pas (sauf si ses informations sont protégées).

Sur Facebook, c'est plus compliqué, puisqu'il existe des niveaux différents, amis, "amis d'amis", réseaux, "tout le monde", et que l'on peut donner des accès différents à chaque cercle. On peut ensuite repréciser une deuxième fois qui a accès à quoi, au niveau des photos, par exemple.
Surtout, merveilleuse invention (!), on peut se rendre invisible: on entre un nom détesté, et soudain, vous n'existez plus à ses yeux (problème: si quelqu'un s'est ainsi rendu invisible à vous, vous ne pouvez plus, par définition, vous rendre invisible à lui, puisque vous ne le voyez plus pour pouvoir sélectionner son compte. J'espère que cela a été bien pensé et que toute personne se dissimulant ainsi à vous ne vous voit plus, par défaut).

Ensuite, il y a des solutions pour suivre le compte de ses "amis" par fil rss, par mail, pour effacer ses propres traces sur sa page, etc. Mais vous ne savez jamais quelle information atteint qui. Vous ne savez pas ce que voient les autres. Il est troublant de se dire que personne ne voit exactement la même chose de la même page (par exemple, aucun d'entre nous n'apparaît jamais dans la liste des amis affichée sur la page de l'ami qu'il consulte: personne ne voit la même liste que son voisin).
Certains commentaires d'inconnus chez nos "amis" peuvent être commentés, d'autres non. Certains liens d'inconnus sont accessibles, d'autres non.
Etc, etc.

Nous savons ce que nous voyons. Nous ne savons pas ce qui nous échappe sur la page que nous voyons (notre meilleur ennemi invisible y a peut-être écrit). Nous ne savons pas ce que voient les autres de la même page.
Nous vivons dans un monde de réalités partielles qui se recoupent partiellement. C'est à la fois angoissant et amusant.
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