Billets pour la catégorie Revue de presse :

D'Obama à Donald Trump

Guillaume et moi lisions le même article de Courrier international. Mais tandis que lui relevait un point de traduction, j'obtenais enfin l'explication d'un mystère: comme pouvait-on passer d'Obama à Trump, comment la même population pouvait-elle faire un tel grand écart?

La réponse était pourtant évidente: il ne s'agit pas de la même population. Ceux qui plébiscitent Trump sont les Blancs qui ne supportent pas qu'un Noir puisse être meilleur qu'eux.
[…] On peut difficilement interpréter l'histoire des Etats-Unis — ou décoder l'élection présidentielle de 2016 — sans se référer à la lutte entre les Blancs pauvres et les descendants des premiers esclaves. Lyndon B. Johnson, qui est arrivé à la Maison-Blanche un siècle après la guerre de Sécession [en 1963], en a saisi les conséquences politiques de manière frappante. "Si vous pouvez convaincre l'homme blanc le plus médiocre qu'il vaut mieux que l'homme de couleur le plus talentueux, il ne s'apercevra pas que vous lui faites les poches, a déclaré le trente-sixième président américain. Diable, si vous lui mettez sous le nez quelqu'un à mépriser, il videra même ses poches pour vous." […]

«La revanche des "white trash"» dans Courrier international HS septembre-octobre-novembre 2016. Traduction d'un article d'Edward Luce paru dans le Financial Times le 15 juillet 2016
J'aurais dû m'en douter. C'est un problème courant en entreprise pour une femme : ce que ne supportent pas certains hommes, c'est qu'une femme soit aussi, ou (horreur) plus intelligente qu'eux.
(Cela peut déborder l'intelligence et se placer sur d'autres plans: je sais par exemple qu'il y a peu de chances que je convainc mes collègues de venir ramer. Vu ma position étrange dans l'organigramme, où je ne côtoie que des directeurs sans en être un, je sais qu'aucun n'acceptera de, ne songera même à, venir débuter dans un domaine que je maîtrise. J'ai évoqué cette situation une fois dans le vestiaire: toutes les femmes présentes, de tous âges, ont toutes très bien compris ce que je voulais dire.)

Bref.

Si Hillary Clinton est élue… Nathan songeait pour le futur à Michelle Obama. Si cela devait se réaliser, je me demande quelle monstruosité pire que Trump l'Amérique exhumerait ensuite.



PS: deux jours plus tard, un discours de Michelle Obama.

La presse étrangère à propos du "burkini"

Courrier international a choisi comme dossier de la semaine le French bashing, avec un constat mi-figue, mi-raisin: les pays étrangers adorent dire du mal de la France, et malheureusement il semblerait que ce ne soit pas toujours à tort.
Ces images nous obligent à nous poser la question: à partir de quand va-t-on considérer comme admise la comparaison avec les années 1930 et la persécution de ceux qui pensent autrement?

De Morgen, Bruxelles, 24 août 2016, cité par Courrier international, 1351, 22 septembre 2016

Je n'aurais pas utilisé "penser", mais "croire", "prier", "vivre".

Personnellement, j'ai de plus en plus souvent l'impression que le terme de "laïcité" est devenu le mot poli pour cacher l'intolérance: du droit de ne pas croire ou de croire ce qu'on veut garantit par la IIIe République, j'ai l'impression de glisser vers l'interdiction de croire ou l'obligation d'être athée, ce qui n'est tout de même pas la même chose.
"Croyez mais cachez-vous, qu'on ne vous voit pas" : c'est cela, "la laïcité à la française"? Ou pire: "seules les religions chrétiennes ont le droit d'être visisbles" au nom de "l'héritage culturel": c'est cela, la neutralité républicaine?

Actualités

8h50. Réveillée par les poubelles à six heures et demie. Ils ne dorment donc jamais dans ce pays? (et lorsque je fait quelques pas sur la terrasse une heure plus tard, un bruit de tronçonneuse emplit l'espace: smiley stupéfait.)

J'écris dans la petite pièce à côté de la cuisine, je trouve qu'il fait trop froid dehors (vingt degrés: on prend vite de mauvaises habitudes). Par la fenêtre ouverte (pour faire entrer le frais: je sais, ce n'est pas cohérent) j'entends une bribe de conversation entre deux femmes qui passent dans la rue: «Il y a eu un accident, on ne sait pas ce qui s'est passé. Il y avait une brèche dans la clôture en face de l'église… il y a une femme qui est morte, coincée par un taureau.»
Je sursaute: parle-t-elle de quelque chose qui s'est passé ici? Une recherche plus tard, je découvre qu'il y a bien eu un accident à St-Rémy, mais que ce n'est pas ici qu'il y a eu un mort (ou la mort est-elle survenue ensuite?) Nous n'avons pas entendu d'ambulance bien que nous ayons dîné en terrasse ce soir-là, et cela n'a pas empêché la "musique" de continuer tard dans la nuit.


Autre info, plus amusante: premier rendez-vous pastafarien à Namur (NB: le pastafarisme est impossible aux intolérants au gluten, la prochaine guerre de religion se dessine déjà). Coïncidence (mais il n'y a pas de coïncidence), nous avons acheté une passoire hier à Eyguières.

La prégnance des émotions

Un 20 minutes qui traînait dans la rame m'a émue:
«Dans sa vie, un homme peut changer de femme, de parti politique ou de religion mais il ne peut pas changer d’équipe de football» disait le célèbre écrivain Eduardo Galeano, décédé tout récemment. Il aurait pu ajouter qu’un homme peut tout oublier, sauf les émotions liées au football. C’est, en tout cas, le sens louable d’une expérience menée en partenariat par la fondation «Santé et vieillissement» de l’Université autonome de Barcelone et la revue espagnole Libero, dénichée grâce à une traduction publiée sur le site des Cahiers du foot.

L’idée de départ est simple: il s’agit, pour des patients victimes d’Alzheimer, d’inclure dans les exercices de travail de la mémoire des émotions liées à des événements sportifs marquants. Une approche testée avec succès aux Etats-Unis, où le club de baseball des Saint-Louis Cardinals a créé une association, la Cardinals Reminiscence League, qui permet à ses supporters touchés par la maladie d’échanger autour du passé du club deux fois par mois, dans l’enceinte même de l’équipe actuelle. «On a voulu faire la même chose ici avec le football, explique Diego Barcala, le directeur de la revue Libero. L’initiative est venue des médecins, qui ont fait venir des anciens joueurs du Barça pour générer une conversation autour du foot et essayer de mobiliser des souvenirs».

C’est là que Libero, une revue très centrée sur l’utilité sociale du football, intervient, en proposant gratuitement des numéros spéciaux adaptés aux époques recherchées, avec Suarez, Pelé, ou Cruyff en couverture. «Alzheimer efface la mémoire mais elle n’efface pas la passion pour le football, ni les émotions, et c’est cela que nous souhaitons récupérer par le biais de cette thérapie de la réminiscence», détaille Laura Coll, le médecin responsable du projet. Les résultats sont assez bluffants. On y voit des malades parfaitement capables d’identifier une action précise, comme le fameux but du talon de Cruyff, et même, parfois, de se souvenir de certains noms, quand ils ont oublié celui de leur enfant.[…]

20 minutes, le 30 juin.
Ça doit être étrange pour un fils de constater que son père ne se souvient plus de lui mais se souvient d'un joueur de foot… D'un autre côté, ça ne me paraît pas si étonnant que ça.

Peut-être parce que je suis en train de lire La norme et la règle, un dialogue entre Jean-Pierre Changeux et Paul Ricœur, l'idée que la mémoire et les émotions ne soient pas codées exactement de la même façon ou aux mêmes endroits du cerveau me paraît fascinant.

L'indemnisation des victimes de catastrophes aériennes

Un ami a publié l'image suivante sur son compte FB:





Bien évidemment, c'est en partie vrai, un peu comme il est en partie vrai que si les médias français (européens?) ont peu parlé du massacre kenyan, c'est parce qu'il s'agit de chrétiens1.

Cependant, la nationalité a une autre conséquence: si la compagnie n'est pas européenne (union européenne), tous les passagers ne sont pas égaux. J'avais été surprise et choquée de l'apprendre par un article de L'Argus de l'assurance paru le 28 août 2009, après la disparition du vol AF 447 reliant Rio de Janeiro à Paris et du vol 626 de Yemenia Airways en juin 2009.
J'avais mis cet article de côté, je vous le livre quasi in extenso.

J'ajoute des sauts de ligne pour faciliter la lecture en ligne.
[…] Il appartient au marché de l'assurance aviation de procéder à l'indemnisation des ayants droit des victimes, voire de la victime elle-même en cas de survie… En pratique, les assureurs aviation sont peu nombreux et spécialisés. La France en compte trois principaux : Axa Corporate Solutions, la Réunion aérienne (GIE regroupant Generali France, Groupama transport, MMA et Scor) et Allianz. Les grandes compagnies aériennes sont assurées par plusieurs marchés (européen, asiatique, nordaméricain).

Les assureurs souscrivant en coassurance, c'est leur chef de file (le leader) qui va négocier les indemnisations pour le compte de tous. En conséquence, ce sont les assureurs de l'opérateur aérien qui feront les premières avances. Il est en effet prévu, par le régime de responsabilité du transporteur aérien (règlement européen n° 2027/97), le versement d'une avance à la victime, laquelle ne peut pas être inférieure à 15000 droits de tirage spéciaux (DTS : panier de monnaies regroupant le dollar US, le yen, l'euro et la livre sterling) aux ayants droit en cas de décès.

Une fois connues les premières hypothèses sur les causes de l'accident, les constructeurs et motoristes vont devoir se défendre avec le soutien de leurs propres assureurs. En pareil cas, un dialogue s'installe souvent entre les deux groupes d'assureurs pour discuter les montants d'indemnisation des victimes ou de leurs ayants droit, voire pour se répartir les responsabilités. Ils vont devoir appliquer un régime de responsabilité complexe, rarement uniforme et, surtout, très différencié selon les victimes.

Si les derniers sinistres ont remis sur le devant de la scène la question de l'indemnisation des victimes et/ou de leurs ayants droit lors d'accidents aériens au cours de vols internationaux, la question de l'indemnisation s'est posée dès les premières heures de l'aviation commerciale. La première pièce de l'édifice a été posée par la convention de Varsovie du 12 octobre 1929 relative à l'unification de certaines règles en matière de transport aérien international (entrée en vigueur le 13 février 1933), qui a été modifiée dès 1955 par le protocole de La Haye du 28 septembre 1955 (entré en vigueur en 1963).

Ces dispositions ont très vite été considérées comme dépassées en raison des faibles plafonds d'indemnisation prévus. Divers mécanismes/régimes d'indemnisation, tant au niveau national qu'international, ont été mis en place afin de pallier les insuffisances de Varsovie-La Haye. Ainsi, selon les accords IATA de 1993 et 1995, les compagnies aériennes renoncent à se prévaloir des plafonds d'indemnisation de Varsovie-La Haye, l'article L. 322-3 du code de l'aviation civile français relevant le plafond à 114336,76 €. Malgré ces mécanismes correctifs, la situation n'était pas satisfaisante et, le 28 mai 1999, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a adopté la convention de Montréal, relative à l'unification de certaines règles en matière de transport aérien international (entrée en vigueur le 4 novembre 2003, 92 Etats parties signataires actuellement), destinée à remplacer Varsovie-La Haye.

La responsabilité du transporteur aérien envers ses passagers, lors d'un vol international, est désormais encadrée de la façon suivante (art. 21):
- jusqu'à 100 000 DTS, le transporteur ne peut pas exclure ou limiter sa responsabilité (sauf faute de la victime) ;
- au-delà de 100000 DTS, le transporteur n'est pas responsable des dommages subis s'il prouve que le dommage n'est pas dû à sa négligence ou à un autre acte ou omission préjudiciable,de sa part, de ses préposés ou de ses mandataires ; que ces dommages résultent uniquement de la négligence ou d'un autre acte ou omission préjudiciable d'un tiers.
[…]
En 2002, l'Union européenne a adopté le règlement n° 889-2002, modifiant le règlement n° 2027-97 en incorporant dans le droit de l'Union européenne toutes les dispositions de la convention de Montréal relative à la responsabilité du transporteur aérien envers les passagers et les bagages.
Désormais, toutes les personnes voyageant sur un vol opéré par un transporteur aérien de l'Union européenne sont indemnisées selon les dispositions de la convention de Montréal, que ce soit directement par l'application de la convention ou par celle du règlement n° 889-2002.

Pour les personnes voyageant avec un transporteur aérien non communautaire, tout dépend si le vol relève ou non de la convention de Montréal.
L'application de ce régime juridique, à l'apparence uniforme, va pourtant aboutir à des indemnisations très différentiées selon la qualité des passagers, d'une part, mais surtout de la compétence juridictionnelle, aléatoire en pratique. Les ayants droit s'efforcent de maximiser l'indemnisation en saisissant le juge le plus généreux, dans les faits le juge américain.

Les indemnisations sont de deux ordres. D'abord le préjudice économique et financier. C'est celui résultant de la perte de revenus en raison du décès ou de la blessure de la victime. […] Ensuite, le préjudice moral, en commençant par le « prix de la douleur », mais aussi les préjudices d'agrément, ou encore les désordres dits «post traumatiques» pris en charge dans certaines juridictions. Les sommes versées au titre de l'indemnisation des dommages liés à un accident aéronautique sont nettement supérieures aux indemnisations d'autres accidents, pour des raisons absolument subjectives liées à l'émotion. Elles se traduisent par une inflation des préjudices moraux, dans des proportions inconnues du droit commun… Aux États-Unis l'indemnisation d'un décès consécutif à un accident aérien peut dépasser 4 M$, dont l'essentiel est constitué de préjudices moraux. Dans un même accident, toutes les victimes n'auront pas nécessairement accès aux mêmes juridictions, d'où des disparités d'indemnisation selon les nationalités. Il s'en suit un profond sentiment d'injustice difficilement explicable par les praticiens de l'assurance. […]

Thibaut de Mallmann, ancien avocat, directeur juridique de la réunion aérienne,
avec la collaboration de Dorothée Cresp, juriste
Et comme d'habitude, murmures dans les couloirs pour savoir qui est l'assureur de l'avion allemand, quels comptes vont être plombés par la catastrophe… (Le premier réflexe des directeurs, c'est de savoir qui est l'assureur, toujours: je me souviens par exemple d'AZT à Toulouse, du soulagement de savoir que nous n'étions pas concernés… C'est assez bizarre.)





Note
1 : Je ne crois pas que ce soit pour des raisons "anti-chrétiennes", mais parce qu'on considère que les chrétiens ne sont pas à plaindre, généralement. Il reste d'eux l'idée qu'ils sont en position dominante, alors que c'est de moins en moins vrai au plan mondial. Surtout, ils n'ont plus rien à voir avec les chrétiens batailleurs et armés des siècles précédents.

Berry Christmas

(Pas taper! C'est la publicité en quatrième de couverture d'un hors-série du Berry républicain.)
Le fils de Kate Middleton et du prince William hérite d'Aubigny

Dès sa naissance, le 22 juillet 2013, George*, le premier enfant de Kate Middleton et du prince William est devenu le Stuart Little d'Aubigny-sur-Nère (comprendre: le petit Stuart). C'est sa grand-mère, Lady Diana, qui fait le lien avec le Berry, car elle était une descendante directe de Charles Lennox Richmond, le fils que Louise de Kéroual, duchesse de Portsmouth et d'Aubigny, eut avec Charles II Stuart, roi d'Angleterre et d'Ecosse. La branche des Lennox a embrassé celle de la duchesse de Portsmouthe en 1672 avant delle des Gordon-Lennox puis des Bongham au XIXe siècle. Les Hamilton sont arrivés aux Spencer via Albert, Edward, John en 1897. Puis les Burke-Roche leur ont permis de parvenir jusqu'à Diane Spencer et à Charles Windsor puis à William et enfin George. A Aubigny, à deux pas du château des Stuarts, les jardins de la duchesse de Portsmouth, Louise de Kéroual, permettent une méditation royale sur l'entrelacement du passé et du présent.

Berry secret, hors-série du Berry républicain, p.140





* : De son titre complet : Son Altesse Royale le prince George Alexander Louis de Cambridge. Il est, en tant que membre de la famille royale d'Angleterre, prince du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord.

La presse chez ma tante

Je lis Paris Match, toutes dates confondues, les trente ans de la mort de la mort de Grace de Monaco, le mariage de William et Kate, la naissance de George, les deux mille jours des Kennedy au pouvoir…

Je lis Le Berry républicain du jour.
Georges le croco

Le Territoire du Nord de l'Australie a offert un crocodile au fils de Kate et William portant le même prénom, George. Le reptile est né le jour où Kate a officialisé sa grossesse.

Les espions qui venaient du Nord

Ils sont séduisants, courageux, intelligents, vertueux et patriotes. Ils maîtrisent plusieurs langues, semblent immortels. «Ils», ce sont depuis quelques années les improbables héros du cinéma sud-coréen: les espions nord-coréens.

Holywood les dépeint en terroristes sans pitié menaçant les Etats-Unis. Mais, pour le cinéma sud-coréen, ce sont des hommes d'action dont les conflits intérieurs symbolisent le drame politique dont la péninsule coréenne est le théâtre depuis la fin de la guerre en 1953.

[…] c'est «la diplomatie du rayon de Soleil», menée par la Corée du Sud de 1998 à 2008, pour encourager les contacts entre les deux frères ennemis, qui a encouragé les cinéastes sud-coréens à présenter les Nords-Coréens de façon plus empathique.
Hier agresseurs froids et maléfiques, ils endossent, désormais, le costume d'agents à visage humain, hantés par le régime sanguinaire dont ils sont les sicaires. Ces films, qui il y a vingt ans, auraient été impensables, connaissent un grand succès auprès des jeunes Sud-Coréens qui n'ont aucune mémoire des horreurs de la guerre.

Depuis 2010, une dizaine de ces productions a été programmée dans les salles obscures en Corée du Sud (ou sont en cours de tournage) avec, à l'affiche, de grands acteurs. Kim Ki-Duk, le réalisateur de Pieta, Lion d'or à Venise, prépare actuellement Red Family (Famille Rouge), sur la vie d'un groupe d'espions passant pour une famille ordinaire du Sud.
Le Nord est une «inspiration idéale», souligne le critique Kim Sun-Yub. C'est un pays si mystérieux, si peu connu, que l'imagination se substitue souvent à la réalité. La mort du dirigeant Kim Jong-il, en décembre 2011, a aiguisé l'intérêt des cinéastes, affirme Jang Cheol-Soo, auteur de Secretly, Greatly, qui a fait 6,9 millions d'entrées depuis sa sortie en juin. «C'est un sujet qui peut s'adapter à plusieurs genres — films d'action, thrillers, films d'amour et même des comédies.»

Note : Un peu par hasard, je vois ma sœur pour la première fois depuis Noël; elle vient chercher sa chienne avant de rentrer chez elle. Au moment de se séparer, elle me dit :
— Bon, eh bien, à… . Elle hésite.
— Noël, complété-je.
— Justement non, parfois on se croise sans se voir.
Dans ce cas, cela peut signifier un an de plus.

Ryan Gosling est quelqu'un de très bien

«Pour me détendre, j'ai un passe-temps bien à moi: je tricote. J'ai découvert le tricot sur le tournage d'un film en 2007. Des grands-mères qui jouaient des figurantes m'ont enseigné cet art, et j'ai trouvé ça très relaxant. Aujourd'hui, dès que je suis un peu stressé, pour me calmer, je sors mes aiguilles et ma pelote de laine. Ça m'apaise.»

Ryan Gosling cité dans la revue One n°80, mars-avril 2013


Les bienfaits du tricot sont confirmés par Proust: «il [Cottard] lui répondit que j'étais trop émotif et que j'aurais eu besoin de calmants et de faire du tricot.»

Le chic

Lu dans Cosmopolitain de ce mois-ci.
C'est une fille qui explique ses trucs et astuces pour bâcler les corvées afin de ne pas perdre de temps: porter des pulls pour ne pas repasser, etc.
Elle termine par:

«Il paraît que j'ai une collègue qui ne se vernit que les deux orteils qui dépassent des chaussures ouvertes. Alors là je dis: total respect.»

Nutella

[…] L'autre raison, c'est que ces douceurs gastronomiques, à la fois addictives et régressives, sont avant toute chose «rassurantes». Pour Patrick Avrane, elles prennent «le contrepoint de l'anxiété de l'époque». Un même goût, partagé par le plus grand nombre, «ça fait cohésion et ça rassemble».

[…] Même recette, même pot, même étiquette au fil des années. «En période de crise, tout ce qui fait croire à une stabilité a du succès», relève encore Patrick Avrane. […]

Stéphane Leblanc, "Nutella, phénomène littéraire", in 20 minutes.fr

Et ce titre…

Ce n'est pas que ce soit forcément faux, mais cela me déroute tant de voir des gens écrire cela sérieusement, en s'attribuant une expertise X ou Y.
(Il faut que je l'avoue, je commence à rêver de "mon" consultant. Il sort ce genre d'évidences avec le même aplomb, et les gens applaudissent. WTF??)


(Aaarghhh, finalement c'est trop beau pour être vrai: deux recherches Google plus tard, je m'aperçois que le mystérieux psychanaliste Patrick Avrane a écrit un livre sur l'imposture.

Que le monde est beau, bien-aimé, et cohérent.)

Panique tendance folie (ou: ça devient n'importe quoi)

Dans ma boîte mail ce matin un message du secrétariat du collège:

Madame, Monsieur,

L'envoi d'un message concernant la présence d'un véhicule aux abords du collège a déclenché une vague de panique. Nous vous remercions de votre collaboration mais nous vous demandons de ne pas signaler systématiquement la présence de ce type de véhicule. En effet, cela gêne le travail de la police. D'autant plus que, après enquête, les faits ne sont pas avérés.



Cordialement,



Le secrétariat

Voila qui me rappelle la fin de cet article de Libération il y a quelques jours, quand un homme est mort simplement parce qu'il ne plaisait pas aux parents d'une école maternelle:

La rumeur a fait un mort lundi à Brest. Un retraité de 65 ans, ancien ouvrier de l’arsenal, soupçonné à tort de pédophilie par des parents d’élèves de l’école maternelle Auguste-Dupouy du quartier de Bellevue, un quartier populaire à la périphérie de Brest.
[…]
Mais pour une mère, la mort du retraité est «un mal pour un bien», car il lui faisait peur et «n’avait rien à faire à côté des écoles».

Pierre-Henri Allain, Libération, La mort d’un marginal taxé à tort de pédophilie, 1er décembre 2011

Je ne veux pas savoir ce que cette mère va apprendre à ses enfants.
Je déteste cette société de la peur.

Lauren Lauren

Bal des débutantes 2011 à l'hôtel Crillon

Toutes vêtues de robes de haute couture et parées de joyaux Adler, elles on valsé pour la bonne cause, en l'occurence la Feed Foundation engagée contre la malnutrition et créée par Lauren Bush — nièce de l'ex-président américain —, qui avait participé au bal des débutantes de Paris en 2000 et qui a eu la bonne idée d'épouser le fils de Ralph Lauren, devenant ainsi Lauren Lauren…

Le carnet de Stéphane Bern, Figaro madame de cette semaine.

A noter que les garçons sont plus beaux que les filles.
Et les filles de Bruce Willis sont bien vilaines, les pauvres.

Les digital mums

Spéciale dédicace à M. Cendres.

Certaines agences ont opéré une classification très précise des digital mums. KR Media et WebMediaGroup définissent ainsi quatre catégories de mamans connectées, en fonction de leurs comportements sur le Web, de leurs usages d'Internet et de l'opinion qu'elles ont de ce média.

La "Practical Digital Mum" (18 % des digital mums) utilise la toile pour trouver des informations pratiques: offres d'emploi, annonces immobilières, etc.
La "Shopping Digital Mum" utilise principalement Internet pour les achats de la vie courante (alimentaire, produits ou services) ou pour effectuer des démarches administratives, déclarer les impôts, consulter des plans, cartes/itinéraires. Elle sollicite particulièrement les sites à forte notoriété pour leurs achats. Cette catégorie représente 26 % des digital mums.
La "Social Digital Mum", qui représente environ un tiers des digital mums, est très présente sur les réseaux sociaux mais achète deux fois moins via Internet que les "Shopping Digital Mum". Pour cause, elle consomme essentiellement du contenu média (TV, presse et radio) et utilise Internet pour son côté pratique et ludique.
La "Social B Shopping Digital Mum" (23 % des digital mums) est le profil type de la maman souvent connectée qui participe activement à des tchats, forums. Très présente sur des sites communautaires, elle est friande du Web 2.0 (enchères en ligne, sites de vente collaboratifs, etc.). 73 % de ces mamans souhaitent acheter encore plus de choses sur Internet. Elles lisent et s'expriment via le Net et restent sensibles aux actions des marques sur le digital.

Marketing direct n°150 - octobre 2011

Abolir le hasard

La plupart des personnes jettent les dés moins fort si elles espèrent un petit nombre et très fort si elles souhaitent un 6.

"Les pièges de la décision" in Managéris, 1er novembre 2010

Feignasse !

L'étage s'est vidé durant le week-end. je fais le tour des bureaux, récupère une carte de France, un calendrier, des aimants... Dans l'ancien bureau d'une personne de la DRH je détache une liasse d'éditoriaux photocopiés de je ne sais quel magazine. Il s'agit pour la plupart de conseils comportementaux, mais l'un a retenu mon attention:

Vous voulez donc prendre un jour de congé. Regardons de plus près votre demande. L'année compte trois cent soixante cinq jours. Il y a cinquante deux semaines par an et chaque semaine vous disposez déjà de deux jours de congé. Il vous reste donc deux cent soixante-et-un jours disponibles pour le travail. Comme vous passez seize heures par jour loin du bureau, vous enlevez cent soixante-dix jours, ce qui vous laisse quatre-vingt onze jours de présence. Vous faites chaque jour une pause-café de trente minutes, soit un total de vingt-trois jours par an, ce qui vous laisse donc soixante-huit jours. Avec une pause de midi d'une heure par jour, vous utilisez encore quarante-six jours, laissant vingt-deux jours disponibles pour travailler. En moyenne, vous êtes malade deux jours par an, ce qui vous laisse vingt jours. Comme l'année compte cinq jours fériés et que l'on vous accorde en plus quatorze jours de vacances, il ne reste plus qu'un seul jour pour travailler! Je veux bien être pendu si je vous laisse prendre précisément ce jour de congé!

Avec assurance

A l'occasion de la sortie de son livre Le goût de vivre et cent autres propos, L'Argus de l'assurance interroge André Comte-Sponville.

Interview qui enfonce quelques portes ouvertes, certes, mais c'est le lieu de sa publication qui me fait sourire: un magazine professionnel dédié à l'assurance.
Et puis même l'évidence mérite d'être rappelée.
[…]

Descartes conseillait de «marcher avec assurance en cette vie». Pensez-vous qu'il faille en toutes circonstances «marcher avec UNE assurance en cette vie»?
Tout dépend de ce qu'on entend par là. Celui qui n'aurait aucune assurance, de nos jours et dans nos pays, c'est soit un miséreux qui n'a ni domicile ni voiture, et pas les moyens de se constituer un patrimoine, soit un irresponsable. Donc avoir une assurance, ou plusieurs, oui, bien sûr, il le faut ! En revanche, celui qui prétendrait s'assurer contre tous les risques serait une espèce de malade.
C'est un peu la dérive de notre époque. Vous savez que beaucoup d'entre nous sommes assurés (notamment via nos cartes de crédit) plusieurs fois contre les mêmes risques. Tant mieux pour les assureurs. Mais est-ce bien raisonnable ? Certains, partant en vacances, prennent une assurance météo : ils veulent se faire indemniser s'il ne fait pas beau! Mais quand on n'est même plus capable d'affronter un risque météorologique mineur (qu'il pleuve en août, ce n'est pas une catastrophe!), c'est un signe de faiblesse davantage que d'intelligence. Et puis rappelons que l'essentiel n'a pas de prix. Vous pouvez prendre une assurance sur la vie, ou sur celle de vos enfants? Ils toucheront de l'argent, ou vous. Très bien. Mais cela n'a jamais empêché personne de mourir, ni tenu lieu de consolation.

[…]

Etendu très largement, ce principe de précaution n'est-il pas un handicap?
Il risque de le devenir. D'autant plus que ce principe, dont tout le monde parle et qu'on ne formule presque jamais, est souvent pris à contresens. Plusieurs de nos concitoyens lui donnent le sens suivant: «Ne faisons rien qui présente un risque, nous ne sommes pas capables de calculer exactement ni certains de pouvoir surmonter.» Bref: «Dans le doute, abstiens-toi!» Le problème, c'est que, comme il y a toujours un doute (le risque zéro n'existe pas), on s'abstiendra toujours !1
C'est ainsi que ce principe de précaution devient un principe d'inhibition, qui risque de bloquer la recherche, de brider les énergies, de faire prendre du retard à notre pays. La bonne formulation de ce principe est à l'opposé: «N'attendons pas qu'un risque soit certain ni calculé exactement pour entreprendre de le réduire et de le surmonter. Bref: «Dans le doute, agis!» Principe non d'inhibition, mais d'action. La seconde formulation est, bien sûr, la plus juste. En pratique, je crains que la première ne l'emporte très souvent!

Propos recueillis par Anne Lavaud, in ''L'Argus de l'assurance'' du 2 avril 2010



Note
1 : Remarque perso: pour les sociétés d'assurance, le problème se pose en termes légèrement différents. La jurisprudence tend à leur demander de payer pour des risques qui n'en étaient pas (officiellement) au moment du paiement de la prime des contrats à l'époque. (exemple : l'amiante). L'idée non avouée mais qui a tout de même donné naissance à une expression, les ''[deep pockets| http://en.wikipedia.org/wiki/Deep_pocket]'' (les poches profondes), est de faire payer les indemnités par ceux qui en ont les moyens, dans le cas présent les assureurs. Mais il ne faut pas se leurrer : les assurances répercutent ces charges inattendues dans leurs primes afin de maintenir leur équilibre financier. Cela revient donc à faire payer les clients d'aujourd'hui pour les clients d'hier. Pourquoi pas, c'est un principe de solidarité. Ce qui me gêne, c'est que cela ne soit pas expliqué. C'est du prélèvement caché, moins sujet à discussion que l'élévation des cotisations de Sécurité sociale (par exemple: ce serait une solution parmi d'autres) pour indemniser les victimes de l'amiante. Quand on dégoûte les assureurs à force de jugements rétroactifs de ce type, en leur faisant payer la réparation de dommages dont ils ne pensaient pas qu'ils rentraient dans la définition des contrats à l'origine, ils finissent par refuser d'assurer: exemple, les gynécologues-obstétriciens. On entre alors dans des cycles légiférants étranges dans lesquel toutes les cotes sont mal taillées.$$

Ramenés du coiffeur

Une litote

En légende sous une photo de Nicole Kidman, sa fille et son mari, et à côté d'une photo de l'actrice soulignant son ventre de sa main en coupe:

Depuis la naissance de Sunday Rose, Nicole Kidman et Keith Urban mettent tout en œuvre pour agrandir la famille.

Gala du 2 décembre 2009.


Un scandale

Il s'agit d'un long article s'interrogeant sur la popularité de Berlusconi auprès des Italiens (J'ai pris des notes. Tête du coiffeur) L'article commente le silence du Vatican sur les frasques berlusconiennes, les quelques évêques s'étant offusqués l'ayant fait à titre personnel:

Officiellement, le Vatican n'a aucun problème avec l'Etat italien — car beaucoup trop d'intérêt s'en mêlent. Mais l'affaire Dino Boffo a révélé un certain malaise entre la communauté catholique et la société berlusconienne.
En septembre dernier, le journal catholique Avvenire s'est permis d'émettre une critique sur la vie privée du président du Conseil. Le lendemain, le quotidien turinois Il Giornale, propriété de Paolo Berlusconi — frère de Sylvio — a sorti un vieux dossier d'affaires de mœurs concernant... Dino Boffo, directeur de la rédaction d' Avvenire. Ce dernier, humilié en public, a été contraint de démissionner.

Paris-Match, le 10 décembre 2009

Voilà qui me rappelle l'affaire Buloz...



Et sinon, un peu de pub pour mon coiffeur, qui réussit à avoir un salon à l'ambiance provinciale à cent mètre de la Madeleine, qui vous offre le champagne, du pain-surprise et de la bûche de Noël... (accessoirement, il coupe aussi les cheveux).

Les dents de l'Alzheimer

«Ma mère ne peut plus s'habiller toute seule. Elle met son chemisier à l'envers et enfile ses bras dans les jambes de son pantalon. Quand je lui donne un stylo, elle le tourne dans tous les sens sans savoir quoi faire avec»: l'apraxie fait partie des signes de la maladie d'Alzheimer.

Pour rechercher une apraxie chez ses patients qui ont des troubles de la mémoire, un médecin avait un truc qu'il estimait infaillible: «Imaginez que vous tenez une brosse à dents dans la main et montrez-moi comment vous vous brossez les dents», leur demandait-il. Les patients qui n'ont pas d'apraxie font le geste de tenir une brosse à dents, puis bougent leur poignet de droite à gauche puis de haut en bas devant leurs dents. Les patients qui ont une maladie d'Alzheimer, incapables d'imaginer une brosse à dents dans leur main, font le geste de se brosser les dents avec l'index.

Un jour, questionné par sa grand-mère de 97 ans sur l'Alzheimer, le praticien lui raconte le coup de la brosse à dents: «Essaie, Mamy. ? Tu veux dire comme ça?», réplique-t-elle du tac au tac en faisant mine d'enlever son appareil dentaire et de le brosser. Éclats de rire… Un autre jour, un professeur de physique fait lui le geste de tenir une brosse à dents mais s'arrête, immobile, devant ses dents. «Professeur, montrez-moi comment vous vous brossez les dents! ? Mais, docteur, j'ai une brosse à dents électrique!»

Dr Emmanuel de Viel, rubrique "L'histoire du jour" du Quotidien du médecin du 23 avril 2009
dédié à Chondre et à sa grand-mère.

La nausée

Résumé de l'éditorial de Renée Carton dans le Quotidien du médecin du 12 janvier 2009:

Un chirurgien new-yorkais, Richard Batista, rencontre une infirmière; ils se marient en 1990, ont trois enfants. L'épouse souffre d'une grave insuffisance rénale. Après l'échec de deux greffes, le mari apprend qu'il est donneur compatible (une chance sur 700 000). En 2001 la greffe est effectuée avec succès.

Aujourd'hui le couple est en instance de divorce. Le mari, qui se plaint de ne plus voir ses filles, rend la chose publique en réclamant la restitution de son rein qu'il estime à 1,5 million de dollars.
Les juristes et les bioéthiciens se contentent de rappeler que le rein n'a aucune valeur puisque le commerce des organes est interdit aux Etats-Unis.

Une pub de bonne foi

Le magazine Psychologies annonce fièrement en couverture :

Cadeaux écolos : offrez-vous une bonne conscience.

1/ Tiens, il dénonce le marketing écolo (green bashing), marrant.
2/ Non, le mauvais esprit n'est pas dans la ligne éditoriale de cette revue destinée à nous convaincre que nous sommes meilleurs que nous le pensons.
3/ Serait-ce à prendre au premier degré? (Mais alors, c'est pire! lol!)
4/ Est-ce qu'ils se rendent compte que leur formulation n'est pas du tout "psychologue"?
5/ Voilà qui est mettre la morale à bas prix.
6/ C'est du joli pour un magazine qui veut mettre à jour —pour nous aider— nos mécanismes intérieurs.
7/ Ne seraient-ce pas leurs mécanismes intérieurs qu'ils viennent d'étaler?

Discrimination

Je feuillette négligemment Le Figaro qui traîne sur la table. Des filles en robe de bal. J'adore. Je regarde les robes, les prénoms, je lis.

— Oh, la fille de Carrie Fisher au bal des débutantes !
Je relève la tête. Ma collègue me regarde, interrogative.
— Ah oui, tu ne sais pas qui c'est... La fille de la princesse Leia, mais si, dans le premier Star Wars!

Avec qui dansent-elles, ces jeunes filles? Où sont les hommes? Pourquoi n'avons-nous jamais quelques post-ados en smoking pour nous rincer l'œil?

Que fait la Halde?

Vocabulaire de la crise

Ce n'est pas que ce ne soit pas stupide, mais ça soulage. (dédié à Zvezdo, as usual).

CEO : Chief Embezzlement Officer.

CFO : Corporate Fraud Officer.

BULL MARKET : A random market movement causing an investor to mistake himself for a financial genius.

BEAR MARKET : A 6 to 18 month period when the kids get no allowance, the wife gets no jewelry, and the husband gets no sex.

VALUE INVESTING : The art of buying low and selling lower.

P/E RATIO : The percentage of investors wetting their pants as the market keeps crashing.

BROKER : What my broker has made me.

STANDARD & POOR : Your life in a nutshell.

STOCK ANALYST : diot who just downgraded your stock.

STOCK SPLIT : When your ex-wife and her lawyer split your assets equally between themselves.

FINANCIAL PLANNER : A guy whose phone has been disconnected.

MARKET CORRECTION : The day af ter you buy stocks.

CASH FLOW : The movement your money makes as it disappears down the toilet.

YAHOO : What you yell after selling it to some poor sucker for.$240 per share.

WINDOWS : What you jump out of when you're the sucker who bought Yahoo@$240 per share.

INSTITUTIONAL INVESTOR : Past year investor who's now locked up in a nuthouse.

PROFIT : An archaic word no longer in use.

trouvé sur le net, relevé par Le Nouvel Economiste du 13 novembre 2008

Gaffe

L'amour chez les invertébrés.
La punaise déprimée prend un verre; le barman mille-pattes tente de lui remonter le moral:

— Je sais pas moi... Tiens, t'as déjà pensé à l'échangisme?
— Je viens de me faire larguer, vieux. Tu veux que j'échange quoi?

Claire Bouilhac, Fluide Glacial n°44, p.83

Un homme en colère

Je ne sais si Charles Gave a raison ou tort (ses arguments sont convaincants mais je ne suis pas spécialiste). Ce qui me plaît, c'est la vigueur de sa colère. Il n'a pas écrit «Jean-Claude Trichet est un âne», mais on sent qu'il l'a pensé très fort.


« Je dois écrire que la gestion de la crise financière par M. Trichet a été absolument calamiteuse. »

[...]

2. Sur le moyen terme, la croissance des profits dans n'importe quel pays est égale à la croissance du PNB nominal. Dans un système économique normal, les entrepreneurs ont donc une hausse de leurs revenus égale à la croissance du PNB, tandis que les rentiers touchent les intérêts que leur versent leurs fonds de trésorerie. Si les taux d'intérêt sont supérieurs au taux de croissance - les rentiers touchent plus que les entrepreneurs -, prendre des risques ne paie plus et l'économie s'arrête brutalement, nous avons donc une récession. Depuis un an, les taux sont au-dessus de la croissance en Europe et l'économie européenne est en train de s'effondrer. Il est vrai que la croissance économique n'est pas de la responsabilité de la BCE, mais il est encore plus vrai que la BCE n'est pas non plus censée suivre une politique qui tue la croissance. C'est pourtant ce qui a été fait.

3. La crise bancaire a débuté il y a plus d'un an. Tout le monde savait que les banques dans le monde entier en général, et en Europe en particulier, étaient dans une situation difficile. Au printemps de cette année, tous les indicateurs avancés de l'économie européenne ont commencé à s'effondrer. En avril, il n'y avait plus le moindre doute que l'économie du Vieux Continent allait rentrer en récession. La quasi-totalité des banques se sont donc déclarées pour une baisse des taux courts en Europe. Patatras ! Juste après que la Fed et la Trésorerie américaine eurent sauvé Bear Stearns, trois jours après que M. Bernanke eut manifesté sa volonté de voir le dollar monter, la BCE a annoncé qu'elle allait monter ses taux en juillet. Toutes les banques commerciales furent prises à contre-pied et perdirent des milliards sur leurs positions, la courbe des taux s'inversant brutalement au lieu de se « pentifier », comme tout un chacun l'attendait. Ces milliards manquent cruellement aujourd'hui, comme chacun peut le constater. La responsabilité de la faillite de plusieurs banques européennes est donc à mettre au débit de cette décision insensée d'augmenter les taux courts en juillet. Les taux furent augmentés de 0,25 point, comme promis, et la BCE, pour faire bonne mesure, annonça qu'elle allait durcir les conditions de ses prises en pension pour certains papiers à partir de février 2009, déclenchant de ce fait un véritable effondrement des prix de ces mêmes papiers, et menant les banques à une faillite certaine compte tenu de la règle du « mark-to-market » (cf. nos précédents articles sur le sujet). On a du mal à imaginer pareille incompétence...

4. Alors même que nous sommes dans la crise financière la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, la BCE maintient ses taux à 3,75 %, à la place de les amener à toute allure à 1 %. Cela est très supérieur à la croissance du PNB nominal dans tous les pays européens aujourd'hui. Le système est lourdement endetté (sociétés, particuliers. Etats), le coût de la dette explose tandis que les recettes disparaissent, les faillites se multiplient et on va, peut-être, baisser les taux au printemps 2009 ? Maintenir les taux courts à ce niveau, c'est garantir que l'Europe va rentrer en déflation-dépression, ce qui relève maintenant d'une quasi-certitude. Un seul responsable à cet inéluctable désastre, la BCE, dont le gouverneur restera comme l'homme qui a organisé le troisième suicide de l'Europe en un siècle. Je suis absolument atterré de l'incompétence dont fait preuve la BCE, qui dépasse tout ce que je pouvais imaginer, et pourtant, je ne m'attendais pas à être « déçu en bien », comme disent nos amis suisses. Depuis que j'ai commencé à écrire ces chroniques dans Le JdF, et tout spécialement depuis ce printemps, je n'ai cessé de recommander au lecteur de sortir des pièges que constituaient l'Europe et l'euro.
La seule solution, qui sera imposée par le marché, c'est bien entendu l'effondrement de l'euro. [...]

extrait de l'éditorial de Charles Gave (charlesgave@gmail.com) dans Le Journal des Finances du 25 octobre 2008

Ignobles Nobel cuvée 2008

[...] on peut déjà se réjouir de la distinction obtenue par une chercheuse de l'École nationale vétérinaire de Toulouse, Marie-Christine Cadiergues : L'Ig Nobel de biologie pour une étude sur les sauts de puce (avec Christel Joubert et Michel Franc). Juste avant la semaine des Nobel, qui commence aujourd'hui avec la médecine, les Ig Nobel (« Ignobles Nobel ») sont remis à l'initiative de la revue scientifique humoristique « Annales de la recherche improbable ». Lors de la cérémonie à Harvard, un des vainqueurs de 2007, Dan Meyer, coauteur d'un rapport médical sur « les effets collatéraux de l'ingestion de sabre », a ouvert la soirée en avalant une épée, qui a vite été retirée par le Dr Thomas Michel, doyen de l'École de médecine. La capacité d'une amibe à sortir d'un labyrinthe, le Coca-Cola spermicide efficace ou sans effet (prix ex œquo pour les deux équipes parvenues à des résultats opposés), les faux médicaments chers qui marchent mieux que les faux médicaments bon marché (l'Ig Nobel de médecine, remporté par un économiste), la modification électronique du bruit de la chips pour dormer l'illusion du croustillant et de la fraîcheur, le principe légal de la dignité des plantes (Ig Nobel de la paix)... : les récompenses sont parodiques, mais les recherches sont sérieuses. « La recherche n'est pas forcément toujours de la grande recherche », dit à l'AFP Marie-Christine Cadiergues, dont le travail portait en fait sur la comparaison de deux espèces de puces dont l'une est en voie de disparition. « D'abord rire, puis réfléchir », dit Marc Abrahams, l'organisateur du prix. Un bon conseil ?

éditorial de Renée Carton dans Le Quotidien du médecin, le 6 octobre 2008

Nikita Nicolas, même combat !

Ça doit être en train de faire le tour du web, mais tant pis pour l'originalité:

(Précisons que j'aime bien ce slogan: je fais partie de ceux qui ont été élevés dans la religion du travail, et qui ne comprennent pas très bien qu'on puisse avoir des problèmes avec la DRH parce qu'on travaille trop.)

A l'occasion, j'essaierai de mettre un meilleur scan en ligne.

Point de vue n° 3141

Je l'achète de temps en temps, ou Gala, pour les photos et pour les articles toujours bienveillants, voire guimauve (ici se tient mon espace réservé de guimauve).
Paul Newman en couverture, j'achète donc Point de vue.

A noter :

  • Une photo étonnante réunissant Carla Bruni, la reine de Jordanie et l'épouse de Rupert Murdoch : trois femmes, trois continents, trois cultures (hum, où à grandi la femme de Murdoch? en tout cas, elle est asiatique), une identité de looks et de sourires.
  • le mariage de Julien Dassault : Proust cent ans plus tard.
  • Penélope Cruz me rappelle Marie Gillain.
  • Cinq pages d'interview de Dmitri Nabokov avec photos : «Le manuscrit forme un ensemble de 138 fiches de bristol, écrites au crayon — mon père utilisait un crayon n°2, assez fin, qui lui permettait de biffer son texte. Ces cartes sont numérotées, et un bon tiers est assemblées dans un ordre définitif. Le reste est un ensemble d'esquisses, de fragments, de disgressions qu'il est possible d'interpréter de plusieurs manières. Mon idée est de présenter la partie achevée de l'œuvre sous forme d'un livre, et le reste en fac-similé, que le lecteur pourra arranger à sa fantaisie. Il pourra battre les cartes à sa façon, se faire lui-même son petit Nabokov.»
  • En marge de l'exposition Mantegna au Louvre, la galerie G. Sarti présente 27 œuvres peintes entre 1325 et 1510 dans le nord de l'Italie. 137 rue du faubourg Saint-Honoré jusqu'au 15 novembre.
  • Le 4 octobre, la maison Tajan vend des arbres de collection. (Mais qu'est-ce que ça veut dire?)
  • Dans le cadre de la succession du comte et de la comtesse de Paris, des objets ayant appartenu aux Orléans (dont des souvenirs de Louis XVII et de sa sœur (je trouve cela lamentable de devoir se séparer de souvenirs de famille pour des raisons fiscales)) seront dispersés chez Christies le 14 octobre.

Visite privée chez Christie's, à Paris: les 10, 11 et 13 octobre à 9 heures, et le 12 octobre à 14 heures, en compagnie de Vincent Meylan. Réservation impérative au 01 40 76 83 70 les 2 et 3 octobre et sur présentation de ce numéro de Point de vue.
Donc si vous êtes intéressés, téléphonez d'abord, achetez le journal après!

Le Point du 28 août 2008 (je n'aime pas coller à l'actualité)

  • La piscine d'Aubagne où Alain Bernard a appris à nager va désormais porter son nom.
  • La première statue européenne de Bob Marley a été inaugurée dans un petit village de Serbie.
  • Un supporter enthousiaste a serré la main de Cindy Mc Cain, l'épouse du candidat américain, avec tant de force qu'elle souffre d'une entorse du poignet.
  • Le (nouveau déjà ancien) site de Phersu.

Les jumeaux d'Angelina

L'un de mes plaisirs de l'été: la couverture de Gala avec Angelina Jolie et ses jumeaux. A un mois, la petite fille a les mêmes lèvres que sa mère.

Modèle chinois / modèle occidental

En première page du Figaro de ce jour :

JO: les Chinois apprennent les bonnes manières

Le deuxième [guide de bonnes manières édité par les autorités chinoises à l'usage de leurs compatriotes], dédié aux compétitions olympiques, incite, par mille et un conseils, à se comporter de manière civilisée sur les stades.


Franchement, ces Chinois, quels barbares... Ce n'est pourtant pas difficile de bien se tenir, il suffit de prendre modèle sur les supporters européens.

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