Billets qui ont 'nawak' comme mot-clé.

Actualités

L'agitation du monde et de ma vie quotidienne semble inversement proportionnelle. Rien à raconter (mercredi journée silencieuse, je suis seule au bureau). Je vais noter les sujets du moment:
- Trump bien sûr, avec ses partisans qui font le salut nazi, l'écart de deux millions de voix entre lui et Clinton en faveur de Clinton, des rumeurs de fraude électorale (des hackers russes auraient influencé les décomptes en faveur de Trump). Clinton va-t-elle contester? (il me semble qu'elle a jusqu'à vendredi pour le faire).

- Fillon contre Juppé à la primaire de droite. A priori je ne suis pas très concernée, mais je suis ahurie devant les idées réactionnaires de Fillon. A lire Twitter (ma TL est orientée, très orientée, bien sûr), on dirait qu'il veut effacer vingt ou trente ans d'histoire contemporaine: un type paternaliste comme je supposais qu'on n'osait pas l'être publiquement. Résurgence de l'homophobie et de la misogynie (mais cela va toujours ensemble, puisque le misogyne définit sa nature d'homme en fonction de la femme (qu'il méprise): l'homosexuel lui pose un problème puisque celui-ci est la preuve qu'un homme peut se définir en soi, du fait de sa propre valeur, sans avoir besoin de se comparer à une femme pour se rassurer.)
Encore un poutinophile. Mais pourquoi? Pourquoi sont-ils tous Poutinophiles? Il faut dire qu'il y a longtemps que la presse française a arrêté de nous parler des opposants assassinés, des expropriations, des manifs d'extrême-droite en Russie… je ne vois ça que sur FB. C'est comme si la guerre en Ukraine puis en Syrie avait amené les Français à se dire quelque chose du genre: «c'est leurs histoires, après tout Poutine n'a pas forcément tort, on n'y comprend rien, qu'ils se débrouillent. Et puis les Russes aiment Poutine, il ne doit pas être si mauvais.»

- Toujours rien à gauche (Macron s'est déclaré candidat, ce qui fragmente encore le vote de gauche).

- Mobilisation auprès du gouvernement turc pour qu'il libère Aslı Erdoğan.

Et les migrants (cette bonne idée de les répartir sur le territoire français), et un génocide en Birmanie (le peuple des Rohingya), et un tremblement de terre au Japon,…

Parce que ma première playlist m'a amusée et que Leonard Cohen est mort le 7 novembre, j'ai fait une playlist de prénoms, si possible de chansons françaises malgré tout puisqu'elle est destinée à un ami américain.
J'en profite pour vous aiguiller vers ces limericks de prénoms: du nawak contemporain, mieux vaut en rire avant d'en pleurer.

Les vrais faux vrais

— Ce qui est amusant, dans Captain train, c'est la foire aux questions. Tu peux gagner des points de karma si tu fais les choses de façon correcte.
— Mais, des vrais ?
— Comment ça, des vrais ? des points de karma, ceux qui t'évitent de te réincarner.
— Ah oui, des faux alors. Il y avait dans un jeu de mangas des vrais points de karma, ça permettait de gagner des vies pour continuer.
— Ah mais non, ça c'est des faux.

Journée Défense et Citoyenneté

Vous pouvez contacter par mail l'organisme chargé de l'organisation de la journée.
Ce n'est pas un lien que je copie-colle, c'est une adresse sur un courrier que je recopie lettre à lettre:
dsn-esnidf-csn-versailles.jdc.ftc@intradef.gouv.fr

(J'ai le vague soupçon que cette adresse constitue l'un des tests auxquels les jeunes citoyens sont soumis lors de cette journée.)

Bonne nouvelle

Nous nous retrouvons au café avant le cours.
— Pfff, pas grand chose de réjouissant, en ce moment… Ah si, Nabilla n'ira pas au pénal.



S'en suivent quelques commentaires, à commencer par se demander comment il est possible qu'elle y échappe.


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J'ai un 11 mérité en théologie. Problème de méthode, pensée pas assez resserrée.
Surtout j'ai essayé de plaire, et j'ai honte d'avoir fait cela plutôt qu'avoir travaillé davantage sérieusement.

Malédiction

— Il est nul et feignant. Et pour des raisons historiques, son salaire est à un tel niveau qu'il ne peut pas s'en aller: nulle part il ne retrouve un salaire aussi haut. Et je ne peux pas le virer: il est élu au CE…
(A titre d'info, j'ai rencontré le loustic : même pour prendre l'apéro, il est désespérant.)
— Alors je ne vois qu'une solution…
— Ah ?
— La poupée vaudou.


Quelques jours plus tard :
— J'ai regardé sur internet la fabrication d'une poupée vaudou.
— Hein ??!!!
— Oui, il y a un wikihow sur le sujet.


Quelques heures plus tard :
— J'ai regardé ton site : ce n'est pas sérieux, nulle part il ne mentionne qu'il faut des cheveux ou des ongles de celui qu'on veut marabouter.


Pour ceux que le sujet intrigue, je recommande Rue des Maléfices de Jacques Yonnet et Blood Sympathy de Reginald Hill.

Entreprise buissonnière

Je ne suis pas allée travailler aujourd'hui — comme ça, sur un coup de tête, ou plutôt par glissades successives, à force de ne pas y aller, jusqu'à décider de ne pas y aller. (Ceci est tout de même un très mauvais exemple pour le dernier exemplaire de progéniture qui reste à la maison)

Comment avoir l'air con en dix secondes

— Je peux voir un justificatif pour son âge ?
— Mais on s'en fiche, puisque c'est le même prix! Regardez, 13 !
— Ça, c'est l'heure de la séance, Monsieur.




(Avenger 2 : n'y allez pas)

Dimanche sans histoire

Il pleut quand j'arrive à Melun. Une semaine plus tard, il pleut encore, il pleut toujours… 26 mn d'ergo (c'est précis, le temps de faire 5 km, ce qui est très mauvais temps, ne cherchez pas).
Les vestiaires ont été débarrassés de la plupart des vêtements qui traînaient sur les porte-manteaux (on voit que c'est les vacances et que les principaux championnats sont passés); j'ai la surprise de reconnaître mon jean perdu depuis octobre parmi les quelques nippes encore pendues.

Marché. Sieste.
J'essaie de faire des listes : à lire (pour l'été, pour la vie), à apprendre (grec et allemand), à faire (ranger, classer, jeter). Toujours les mêmes listes, cela me rend perplexe. Cela me fait rire, maintenant (à une époque cela me désespérait).

Ah oui, une chose importante: je viens de me rendre compte que le 11, nous avons payé la dernière échéance de notre prêt immobilier. La maison est désormais à nous. (Quinze ans, p***, quinze ans).

Fin de week-end

Samedi matin : recherche frénétique d'analyses médicales dans les papiers empilés dans deux ou trois endroits. Visite médicale de routine pour le plus jeune.
=> au retour, commencé à classer les piles (le truc, c'est que le classement s'accompagne toujours de réorganisation: c'est donc toujours plus long qu'un simple classement).

Samedi soir: deux épisodes de The Wire qui se déroule à Baltimore. Exactement dans le quartier de Poe, j'en ai peur. Je me souviens exactement de la sensation que nous n'aurions pas dû être là.

Dimanche matin, aviron; dimanche après-midi je me perds en allant, puis en revenant d'Orsay; puis sieste; puis ici un peu désespérée à regarder des photos de cabriolets d'occasion, à glander sur FB et me demander comment prendre pied dans cette semaine avec la version de grecque non commencée et les papiers à classer étalés (au lieu d'être en pile: c'est plus impressionnant) dans la chambre de ma fille que je squatte durant son absence mais qui doit justement rentrer cette semaine sans que nous ayons réussi à lui faire dire quand…

Comment s'occuper au bureau

Eh bien par exemple, quand on a un client qui habite rue des maîtresses gentilles, aller vérifier sur google l'aspect de la rue; en se disant que si c'est une rue ancienne aux hauts murs, il s'agit de la rue d'un ancien bordel, mais que si c'est une rue moderne, il s'agit sans doute d'institutrices.

En l'occurrence, une rue de la fée et une rue du lapin vert dans le lotissement laissent supposer (ou espérer) que les noms ont été donnés par des enfants.

Premier jour

Lever vers 9h30. Matinée et plus à glander sur FB et à reprendre tranquillement la liste de mes adresses, contacts et anniversaires sous… Excel, ce dernier changement de téléphone achevant de me convaincre que si l'on veut conserver la maîtrise de ce qu'on fait, les vieilles méthodes restent les plus sûres.
Retour chez les voisins jusqu'à 17 ou 18 heures. Nous comparons les campagnes françaises (et la curiosité de leurs habitants): Sologne, Berry, Dordogne, Lorraine, Touraine,… Nous parlons également d'une pub des années 70 qui m'échappe, et l'on évoque Dali et le chocolat Lanvin: je n'en avais jamais entendu parler.

Trois films: Red, Red 2, Dos au mur: les Red sont vraiment bons dans leur genre, avec des moments fugaces à la Audiard (genre Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages).

Une journée de surf

J'espérais bloguer, rattraper les billets en retard à travers les années (juillet 2010, août 2012, octobre 2013).
Et puis… matin sur FB, marché, déjeuner très tard, leçon sur le fonctionnement de l'iPhone…

H. a constaté avec étonnement que l'intégralité de mes podcasts en littérature ne tenaient pas sur l'iPhone. Il a également mieux compris pourquoi iTunes m'avait découragée circa 2007: tout est en vrac, mal regroupé. Dès qu'il ne s'agit plus de musique, iTunes perd tout repère. (Et en musique, c'est énervant cette façon qu'il a de confondre "artiste" (compositeur) et interprète.)

Passé un très (très très) long moment à choisir une coque de téléphone sur Redbubble. J'en ai profité pour acheter le cadeau d'anniversaire de H.

Le soir, impression d'avoir perdu ma journée (par rapport à mes ambitions du matin, c'est certain).

Que faire pendant ses vacances ?

Eh bien par exemple, passer deux heures chez Boulanger à faire des paquets cadeaux.


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Grâce à l'apple TV, montré à H. Margin Call et Inside Job. (Avis à ceux qui ne connaissent pas: il vaut mieux les voir dans l'autre sens).
Il faut bien avouer que Blue Jasmine ne me fait ni chaud ni froid. Je peux tout au plus penser "bien fait". C'est un conte très moral que nous raconte Woody Allen. La sœur "pauvre" me rappelle le personnage d'Yvonne dans La Chinoise. Elles représentent la sagesse (une certaine sagesse, celle des innocents, celle qui s'ignore) mais aussi la résignation. Que les deux puissent se confondre me met en colère et me fait peur.

Zen

Si méditer, c'est vivre au présent en ayant la tête vide, je suis en train de devenir un maître en méditation.

Vendredi

Matin :
Je vais dire du bien pour une fois: les guichets de la SNCF de La Défense sont un modèle de gentillesse et de compétence.

Midi :
— Le mieux que j'ai vu, c'est un formulaire avec une case à cocher pour "Je certifie que je suis bien vivant".
— Et il y avait une case à cocher si tu étais mort?

Soir :
Je rejoins les enfants à Austerlitz. Départ pour Blois.

Besoin de vacances

A quoi reconnaît-on un besoin de vacances? Au fait de décider de compléter dix jours de blog pendant le cours sur Qohélet (oui, le cours intervient après le TG, ce n'est pas heureux); et après avoir fini Gottland, de ne rêver que de reprendre Maudit Karma reçu en cadeau samedi.

Aujourd'hui, j'ai cité Charles d'Orléans dans une réponse à un client («Je suis de tous maulx bien garny, Autant que nul qui soit en France»); je me suis retenue d'utiliser La Fontaine, "La Lice et sa Compagne", dans une autre.

J'ai emprunté un roman polonais sur Jérémie, Les Montagnes de la nuit de Dobraczynski. En le voyant arriver (c'est le charme de la communication en bibliothèque: on ne sait absolument pas ce qu'on commande), j'ai cru à un vieux Signe de Piste. Je ne suis pas bien sûr de le lire mais ça n'a pas beaucoup d'importance. Cela me fait plaisir de le feuilleter.

J'ai découvert dans le catalogue de la bibliothèque qu'il existait un Jérémie par Stefan Zweig.

Graffiti

Dans les toilettes du sixième étage, celles de la bibliothèque de théologie, un unique graffiti au feutre. (C'est un peu flou, mais le jaune du mur ne permettait pas l'utilisation du flash dans un endroit si étroit.)


Si vous avez des minutes de votre vie à perdre

Le web inutile (mais pas sans intérêt. Enfin, un certain intérêt.)

La fin du monde? c'est dépassé

Le billet s'intitule à peu près : De quoi diable parler avec votre cousin zarbi devenu adulte ? et propose quelques sujets pour la table de Thanksgiving. Je pense que cela pourrait servir à Noël.

Donc:

Dans son dernier livre, le pape affirme que Jésus est né "plusieurs" années plus tôt que ne le suggère le calendrier actuel. Nous serions maintenant aux environs de 2017. En quel sens cette hypothèse affecte-t-elle les calculs du calendrier maya?

Etourderie

Utiliser ses (deux) chéquiers pour caler le pied de la table en terrasse est une possibilité, à condition de penser à les reprendre quand on part.



(Et sinon, si vous avez besoin de cours pour préparer le bac de français, contactez-moi, j'ai une adresse.)

Confusion

Quand j'entends boson de Higgs je comprends grognon de Bluxte.



(Appris la mort il y a une semaine de Robert Sabatier. (On ne me dit jamais rien). Pas lu depuis trente ans, mais ça me fait de la peine.)

Le chic

Lu dans Cosmopolitain de ce mois-ci.
C'est une fille qui explique ses trucs et astuces pour bâcler les corvées afin de ne pas perdre de temps: porter des pulls pour ne pas repasser, etc.
Elle termine par:

«Il paraît que j'ai une collègue qui ne se vernit que les deux orteils qui dépassent des chaussures ouvertes. Alors là je dis: total respect.»

Déception

J'ai cru que nous étions vendredi soir.

La blague du week-end

— Je ne sens plus mes pieds !
— Moi si, mais j'ai un bon nez.

Fail

«Aujourd'hui on devait avoir un cours sur la contraception, mais il a été annulé parce que l'intervenante est tombée enceinte.»

Le service après-vente de l'Apple Store, quelque chose du trombone de Microsoft Office

Le Trombone, pour mémoire.


Applestore du Carroussel du Louvre.

— Vous avez un rendez-vous?
— Euh non, pourquoi, il faut un rendez-vous?
— Ah oui, c'est comme chez le médecin, il faut prendre un rendez-vous.
— Ah je ne savais pas, mon problème est tout simple.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Le chargeur ne marche pas. C'est bien le chargeur, j'ai testé la batterie à la maison avec d'autres chargeurs.
— Il va falloir prendre un rendez-vous.
— Mais vous ne pouvez pas au moins vérifier que c'est bien ça qui ne va pas?
Il hésite.
— Oui bon d'accord.

Il s'en va. Le temps passe. Je n'ose prendre un livre, car je crois que si je ne croise pas ses yeux de temps en temps je vais disparaître de sa mémoire. De loin je le vois discuter avec un grand black à propos de ce qui paraît être un iPhone. Est-ce qu'il a pris un rendez-vous? je suis à deux doigts d'aller poser la question mais je me dis que ce ne serait pas de la plus haute diplomatie. Un autre vendeur passe, je lui fais part de ma peur d'être oubliée, il va se renseigner, revient, je ne dois pas m'inquiéter.
J'attends.
Le premier vendeur revient
.
— Alors qu'est-ce qu'il y a?
— C'est un ordinateur tout neuf acheté il y a une semaine, et le chargeur ne marche pas.
— Il va falloir prendre un rendez-vous.
— Mais vous ne vérifiez pas mon diagnostic? Vous voulez la facture?
Je commence à farfouiller dans mon sac, il m'arrête, grand seigneur:
— Non non, on ne travaille pas comme ça.

Il branche le chargeur, essaie le connecteur, tâtonne, vérifie l'absence de faux contact, prend un autre chargeur, vérifie qu'il s'allume aussitôt.

— Ah oui, c'est le chargeur, il va falloir prendre un rendez-vous.
— Mais vous ne pouvez pas le changer tout de suite? Comment je fais sans chargeur?
— Vous en achetez un, vous prenez rendez-vous, et on vous le remboursera.
— Vous plaisantez.
— Non, il faut prendre un rendez-vous.
— Mais je ne veux pas acheter de chargeur; je n'ai pas confiance.
— Alors il faut prendre un rendez-vous.
Je commence à trouver cela vraiment drôle à force d'être stupide.
— Bon, allons-y.
— Votre nom? dit-il en s'emparant de son iPad.
— Euh... Vous ne m'avez pas proposé d'horaires. Vous avez besoin de mon nom pour accéder aux plages horaires? Elles dépendent de mon nom?
— Non, chez Apple on ne fonctionne pas comme ça. J'ai besoin de votre nom pour prendre un rendez-vous.
Je m'empare de l'iPad, je tape mon nom. Nous sommes lundi, les premiers rendez-vous sont dans une semaine. Il note quelque chose dans la zone de texte libre, je lis.
— Vous n'avez pas précisé que c'est un MacBook Air, si vous voulez préparer la pièce — car j'essaie comprendre, et la seule explication sensée que je vois à ce délire, c'est qu'il y ait gestion de stock, préparation de la pièce pour échange standard, etc.
— Non, c'est inutile, on a la pièce en stock, vous savez.
— Mais alors, pourquoi on ne l'échange pas tout de suite?
— Parce qu'il faut prendre rendez-vous.
— Et vous trouvez normal de déranger quelqu'un deux fois pour un échange de pièces qui prend dix minutes?

Je n'ajoute pas que nous sommes en train de dépasser les dix minutes et que s'il m'avait échangé le chargeur tout de suite, je serais partie depuis longtemps. C'est trop difficile à expliquer à quelqu'un qui veut absolument me faire revenir alors qu'il pourrait règler mon problème immédiatement. Mais je ne comprends pas, je ne comprends pas, je ne comprends pas.

— Ah, je ne sais pas pourquoi on vous a fait venir la première fois…
— La première fois, c'est celle-là. La deuxième, ce sera lundi prochain. Qu'est-ce que vous allez faire lundi prochain, pourquoi me faites-vous revenir?
— Ne vous inquiétez pas, on ne fera rien, on changera le chargeur.
— Mais alors…

Je pars, ahurie.

PS. Apple a confirmé mon rendez-vous. Youpi.

mise à jour le 8 avril : problème résolu en passant hier à l'Applestore de Carré Sénart. Sans rendez-vous.

Occupation nocturne

Fouillé les poubelles à minuit pour retrouver un papier (un refus de subvention dû à une absence de fonds) vieux de trois mois, jeté le matin-même en considérant qu'il ne servirait plus (reçu dans l'après-midi un coup de téléphone me réclamant d'urgence le compte rendu devant permettre le virement de la subvention — compte rendu bien entendu non rédigé puisqu'il était la contrepartie de la subvention inexistante). #administration #logique #WTF

Journée dans un état second

Une boucle d'oreille perdue, chambre fermée à clé pour que la femme de ménage ne passe pas l'aspirateur, dormi sur la moquette, une fois de plus désespérée en réunion (mais qu'est-ce que c'est que ces mots qui paraît-il veulent dire autre chose que leur valeur faciale? (si votre pièce de deux euros est réputée en faire trois soixante quinze, c'est un peu dur à avaler)), après-midi dans la stupeur, Barbe-bleue magnifique, surprenant, dîner, rentrés, retrouvé ma boucle d'oreille.

Wagner c'est… c'est puissant, non ?

Projet : aller voir en groupe Stéphane Bern dans Celles qui aimaient Richard Wagner.

Cosplay: les garçons habillés en Louis II, les filles en Arielle Dombasle.

Si vous voulez participer, laisser un mot dans les commentaires, je vous tiendrai au courant.

Euh...

— Quelle heure il est… Juste 21 heures 03… Bon j'y vais, on peut faire naître une licorne à 21 heures 11 et 8 heures 11, à condition d'avoir deux parents licornes de la même race, et dans ce cas on a une chance sur six d'avoir une licorne (j'en ai déjà une).

Tout cela n'est pas très catholique.

« Elle fait dans le spirituel, tendance bouddhiste Christian Bobin. »

A peu près

Pieds gelés, bateau moteur sur la Seine sous la pluie deux heures, j'ai froid.

Knacki purée, un thé à la menthe.

Une bonne nouvelle, une revue, une plaquette, une carte postale.

Commandé L'Illiade et L'Odyssée en MP3 (car hier A. a confondu Archimède et Œdipe (WTF?) (par ailleurs la question n'était pas facile: citer un prénom avec l'e dans l'o (je n'en connais qu'un second: Œnone))). C'est très agréable à écouter, je le sais parce que je possède la deuxième partie de L'Odyssée en cassettes, données par Paul Rivière.




(Attente terminée. Et réponse favorable (mais pourquoi avais-je si peur?) Envie de pleurer de soulagement.

- et le 15 juin. Non, je ne raconte pas le 15 juin, mais ce soir je suis soulagée: j'ai enfin reçu une réponse positive (je crois, mais oui, positive. J'en parlerai un jour, forcément, mais pas maintenant. Je suis juste trop contente pour ne pas le noter.))

Nuit de lundi à mardi

Rangement, ou plutôt ramassage et jet(age): les tas sur le bureau étaient auparavant sur le plancher, mais pas en tas, étalés sur deux ou trois mètres carrés (j'ai abîmé des papiers en roulant dessus avec ma chaise). Dormi si ridiculement peu que je n'ose pas l'avouer. Bon, j'y retourne (je veux dire : dormir)…






(ajout cinq ans plus tard : cette nuit-là, je cherchais le carnet de santé de Clément qui en avait besoin pour prouver qu'il avait eu la varicelle et pouvait aller en cours. Je ne l'ai pas trouvé et pour cause: il l'avait avec lui à Lausanne.)

Dérive

Hier, 19h35 - J'arrive que le quai du RER A à la Défense, un peu plus bondé que normal. Une rame est arrêtée de chaque côté du quai, portes ouvertes, pleine, attendant de démarrer. Les écrans indiquent que les pompiers interviennent à Fontenay, que le trafic est interrompu entre Vincennes et Fontenay.
Peu m'importe, je descends aux Halles.

Alors les hauts-parleurs annoncent que les trains ne partiront pas: le trafic est interrompu sur toute la ligne. Aussitôt je reprends les escalators, me faufile dans les portillons pour passer dans la zone du métro (il est possible de sortir du métro sans ticket, tandis que pour sortir du RER il faut utiliser le ticket qui a permis d'entrer et les contrôleurs guettent souvent. Or je n'ai pas de ticket, je n'ai pas mis mon manteau et j'ai oublié ma carte navigo dans sa poche); je calcule le meilleur itinéraire pour rejoindre Paris en prenant en compte que le millier de personnes contenu dans les rames va prendre ces mêmes escaliers et faire les mêmes calculs.
Je choisis de prendre le train jusqu'à Saint-Lazare, cette possibilité est souvent oubliée par les usagers du RER. Je fraude encore. Je préviens les enfants de dîner sans m'attendre, je ne sais pas à quelle heure je rentrerai.
J'attends. J'achète des mars. Je mange un mars. Pas de cigarette.

Train. Il fait beau, comme prévu il y a de la place, je suis assise, je m'endors.
«Gare Saint Lazare», la voix traverse l'épaisseur de mes rêves, mouvement de panique et déception, je pensais être chez moi, mon sommeil ayant enregistré le bruit du train: quand le train s'arrête, je suis chez moi. Non, je suis à Saint Lazare. Je descends des escaliers, je remonte sur un quai parallèle à notre arrivée, j'aperçois des contrôleurs en bout de quai, ils semblent contrôler ceux qui prennent le train (et pour cause: j'ai changé de quai par le tunnel souterrain, je ne suis plus sur le quai d'un train que les passagers quittent (ce n'était pas pour frauder mais pour éviter la foule, gagner du temps)), je ne prends pas le risque, je fais demi-tour, je descends, sors rue de Rome, prends la ligne 14, note au passage dans le hall une rangée de barrières grises gardées par cinq ou six agents de la RATP sans comprendre ce qu'ils protègent ainsi (y a-t-il des travaux, un accident?)
De l'autre côté des portillons, encore des contrôleurs, assez loin. Mais j'ai des tickets métro, j'en ai acheté un carnet en constatant que je n'avais pas ma carte, les tickets de métro permettent de sortir de l'enceinte du RER dans Paris (zone 2) (mais pas à la Défense: zone 3. A quoi reconnaît-on un Parisien? Il sait que le RER de la Défense est en zone 3 et le métro en zone 2. Régulièrement il délivre des prisonniers du RER innocemment entrés dans le RER en zone 1-2 (c'est-à-dire dans Paris) et ne pouvant plus en sortir à la Défense (alors que s'ils avaient pris le métro ils n'auraient pas eu de problème) (astuce pendant que j'y suis: il y a souvent des contrôleurs à la sortie du RER à la Défense (ben tiens: après ce que je viens d'expliquer vous comprenez pourquoi), si vous n'avez pas de billet pour sortir, passez dans la zone du métro au niveau du palier intermédiaire, entre la très longue volée d'escaliers qui vient du quai du RER et la plus courte qui arrive au "raz de dalle".))

Je monte dans la rame, ne sors pas mon livre, rêvasse. Est-ce que je vais jusqu'à gare de Lyon, comme il est très simple avec la ligne 14 (le changement est très rapide), ou est-ce que je m'arrête aux Halles (changement nettement plus long)? J'opte pour les Halles, toujours en partant du principe que beaucoup de personnes bloquées à la Défense arriveront directement gare de Lyon: il s'agit de les court-circuiter en prenant le RER en amont.
Dans les couloir je croise des policiers, ça fait beaucoup d'uniformes pour un seul soir, mais que se passe-t-il?

Je franchis les portillons, j'entends «la circulation du RER B est interrompu en direction de St-Rémy-les-Chevreuse et Robinson. Ça m'est égal, mouvement de joie, absence de pitié, schadenfreude, le D circule.
L'accès de l'escalier qui descend sur le quai du D est barré par une bande de plastique rouge et blanc. J'ai joué j'ai perdu j'aurais dû rester dans le métro 14. Bande de menteurs, vous aviez dit le RER B! Je m'apprête à passer dessous mais une grosse dame genre juive pied noir me précède en maugréant. En se penchant pour passer sous la bande elle manque de tomber je la vois dévaler, dévaler, les marches de l'escalier... Elle se reprend, nous descendons les marches. Le quai est désert, au loin quelques uniformes sont en train d'évacuer les dernières personnes, le panneau indique "ZUCO 02mn", c'est mon train, ma direction (parmi les multiples branches possibles), j'espère que les uniformes ne nous ont pas vues, ou qu'ils vont venir lentement, deux minutes...

Je m'assois.

Ils sont là, un blanc un noir en bleu marine.
— Vous ne pouvez pas rester là Madame, on évacue le quai.
— Ça m'est égal, je veux me suicider sous une rame. La Chute. La Chute, mais sans arme, juste pour voir.
— Oui, mais pour l'instant, vous ne pouvez pas rester là.
—Non. j'en ai marre. Je monte le ton, j'ai dans l'oreille les blackettes hystériques, j'essaie de leur ressembler juste assez, pas trop mais suffisamment. Déjà à la Défense il n'y avait plus de train et maintenant ici… Ma voix tremble naturellement, j'aime bien l'effet. Je sens le souffle qui manque, le coeur qui se serre, les manifestations du stress. C'est bien. C'est ce qu'il faut. J'en ai marre.
Le noir insiste:
— Il faut partir.
— Je ne partirai pas sauf si vous me portez. Est-ce qu'il en a le droit? Est-ce qu'il oserait? Image nuptiale de seuil franchi, les escaliers royaux du RER D… Curiosité. Ulysses déteint.
— Je ne vous porterai pas Zut mais on peut vous amener un fauteuil… Vous pourrez vous reposer avec des petits gâteaux? Jane Austen maintenant, de la porcelaine à fleurs et des langues de chat.
— Je ne veux pas partir. Je veux exploser. Boum! Geste de mains. Je ne veux plus de tout ça. Laissez-moi. Longtemps je me suis dit que j'allais être arrêtée pour agression sur un agent RATP. Maintenant je me dis que je vais finir à Sainte-Anne. Repos. Rémi viendra me voir avec Bernard et ils me raconteront des anecdotes psychiatriques. Nous rirons. Le Maître et Marguerite.
Le blanc cède, conciliant, se tourne vers son collègue:
— Viens, on va la laisser.
Le noir insiste:
— Il n'y a plus de train, madame. Ils ne s'arrêtent plus.
Une rame arrive, ralentit. Va-t-elle s'arrêter? Jusqu'où sont-ils butés, jusqu'où voudront-ils avoir raison, les ai-je suffisamment convaincus que je perdais la tête pour qu'ils ne veuillent pas avoir raison à tout prix?
Le train s'arrête. J'en rajoute une petite couche s'il ne me laisse pas le prendre, je perds entre une demi-heure et une heure, le suivant ne s'arrêtera sans doute pas, il faudra que j'aille reprendre le métro.
— C'est mon train, putain. J'ai des enfants. Vous allez m'empêcher de le prendre?
Ils s'écartent.
— Allez-y.

Je monte.
Train.
Soleil. Le ciel est presque du même bleu que les toits en zinc. Cités ouvrières. J'essaie d'imaginer avant, avant les maisons, ou même avec les maisons des années trente, les rangés de maisons identiques. Il en reste quelques-unes.

La fin du monde (avec l'accent écossais): qui veut danser le rigodo, le rigodo, le rigodon?
Je suis heureuse de ne pas avoir abandonné dans les boeufs du soleil.

Les enfants sont gentils, ils prennent soin de moi. Ils m'appellent pour savoir où je suis, j'arrive à Villeneuve, en concluent que je ne suis plus loin: «On te prépare à manger aussi, alors». Jambon-pâtes, ça me fait rire (mais avec du pesto). Ma fille me surveille, me gronde parce que je me couche trop tard (je n'ai plus le courage de me coucher, ça m'ennuie, les gestes m'ennuient. Beaucoup de gestes m'ennuient (mais je ne lui explique pas cela)) et me réveille le matin. Je ne proteste pas, c'est étrange cette impression que quelqu'un assume la vie à ma place.

Aujourd'hui, matin - Voiture grise, celle qui est accidentée, car le pneu de la blanche m'inquiète. En arrivant en vue du quai, nous savons que quelque chose se passe mal. Les trains de 7h06 et 7h21, c'est-à-dire ceux qui vont dans le nord, sont supprimés. Cela signifie que les autres trains sont plus pleins, bien sûr, qu'on ne peut pas s'assoir, mais surtout que lorsqu'on a une correspondance aux Halles, il faut prendre la ligne A (ou 1 ou 14 en cas de problèmes…) entre gare de Lyon et les Halles. Un changement de plus dans ce chaos, un risque de plus de mise en satellite dans le grand n'importe quoi.

Futilités

- Oublié mon badge.
- Mal connecté mon téléphone => pas chargé => pas pu prendre en photo le train supprimé de 7h06 alors que pour une fois nous avions six minutes d'avance (très précisément).
- Et donc acheté des basketts (streetware?) pour rentrer à pied le soir puisque je n'avais ni voiture ni téléphone.
- Mais ça s'est terminé plus tôt que je ne le pensais=> il y avait encore un bus.
- Donc j'ai acheté des basketts pour rien. M'en fous, je les ai payées avec les chèques cadeaux du CE pour le Noël des enfants.



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Quatre ans plus tard (2015), je trouve cette notation dans la partie cachée du blog: «Tristesse sans fond».

Je vais me coucher

Fatiguée.
Je rêve de blogueurs. (Si si. Je ne donne pas de noms pour ne pas faire de jaloux, mais j'aime bien).
Deux réunions aujourd'hui, une sur les "reco"1 et l'autre sur Saint-Sulpice de Favières, "la plus belle église de village de France"2.
J'ai mal aux yeux.
Ce matin j'ai conduit trois kilomètres en tenant la portière qui ne fermait pas à cause du froid.
Je crois que c'est tout pour cette journée passionnante.


Note
1 : recommandations des commissaires aux comptes sur la clôture des comptes
2 : sortie prévue avec les enfants dans le cadre de l'aumônerie

Fragments

— Vous lisez votre Langelot un crayon à la main?
— Oh oui, vous savez, c'est difficile.

— Vous reprendrez bien un peu de momie avec votre jus de criquet ?

— « Quand la guerre est déclarée, la vérité est la première victime. » Arthur Ponsonby (1928)

— C'est dommage, tu ris trop, tu es floue.

— Je ne vais pas empêcher de courir un cheval qui a envie de courir.
— Merci! [rires.]

— Je peux vous demander pourquoi vous avez commandé vos livres de philo dans une librairie portugaise?

— C'est quoi, ces cravates au mur?
— C'est la tradition, on coupe les cravates.

— On a moins de chance d'être le Proust du XXIe siècle que de gagner à l'Euromillion. (D'ailleurs j'ai mon billet dans mon sac).

Panneau Passage




Ce panneau est au bord d'un passage clouté qui traverse la rue Louis Delacarte en contrebas de la gare de Yerres. (Cependant il faudrait avoir de très bons yeux pour réussir à lire le texte du quai.)

Je le recopie ici pour le plus grand bénéfice de Google:

Le Passage par FUSION

Le passage est une intervention artistique qui vient renforcer la fonction de cette signalisation: Passage piéton protégé.
Par un effet visuel de trompe-l'?il, c'est un pont qui enjambe deux rives. Dans un court instant, pendant la traversée du passage, tout peut arriver si le promeneur ne fait pas attention.
C'est aussi une métaphore de la vie: nous naissons, premier pas sur le passage, nous vivons, traversée et puis nous mourons, arrivée sur l'autre rive.
Cette intervention n'est pleinement lisible qu'à la place d'une personne qui se trouve sur le quai en partance pour Paris, vue en plongée. Ce point de vue met en évidence le côté théâtral de l'intervention. Le spectateur qui regarde "Le passage" est un témoin de ce qui peut s'y passer.

Cette réalisation donne lieu à une extension interactive sur le site Internet:

www.noscouleurs.com partie FUSION, rubrique "Le Passage".

Yerres, juin 2003

Festival

19h38. Le RER démarre devant mon nez au moment où j'arrive sur le quai gare de Lyon. Le suivant est indiqué "retardé", et le suivant, supprimé.

Comme j'ai le temps, je décide de retourner attendre aux Halles, afin de pouvoir monter dans le train quand il arrivera (car c'est le deuxième effet KissCool: quand des trains sont supprimés, il y a tant de monde à vouloir monter dans les trains qui circulent que vous ne pouvez y accéder et restez sur le quai (avec une petite centaine de personnes, nothing personal). L'une des solution consiste à remonter la ligne d'une station en amont, car beaucoup de voyageurs descendent aux Halles, ce qui fait de la place (logique: je me dis que ceux qui connaissent ne vont pas comprendre pourquoi je précise, et que ceux qui ne connaissent pas ne comprendront pas quoi que j'écrive. Les expériences sont intransmissibles.)

A partir de là, cela a tourné à la mauvaise farce. Je ne sais plus combien de variations deceptives (décevantes et trompeuses) la SNCF/RATP (la ligne D est SNCF, mais les Halles sont RATP, donc je ne sais pas) a réussi à nous donner. Si j'avais su, j'aurais pris des notes, mais évidemment, quand ça commence, on ne sait pas encore que l'on va avoir droit à un show exceptionnel.

Au fur à mesure je songeais à Gordon Pym, à son sauvetage éternellement remis, tant et si bien qu'à la fin, on n'attend plus qu'il soit sauvé, mais quel tour Poe va bien pouvoir inventer pour une fois de plus décevoir notre attente.

Les trains se sont succédés, allant tous à Corbeil (je suis sur la ligne de Melun).

Nous avons eu (à peu près, de mémoire):
- l'annonce d'un train pour Corbeil tandis que l'affichage sur le quai disait Melun (ce fut Corbeil);
- l'affichage d'un train pour Corbeil tandis que l'annonce nous promettait Melun (mais nous avons cru l'affichage car il correspondait à ce qui était inscrit sur la locomotive elle-même);
- l'annonce d'un train pour Melun et l'arrivée d'un train vide et non éclairé. Il a ralenti le long du quai, nous nous sommes réjouis à la perspective d'être tous assis, et il a commencé, très lentement, à accélérer et à prendre de la vitesse sans s'arrêter : «ce train ne prend pas de voyageurs, veuillez vous éloigner de la bordure du quai». (Les trains fantôme me donnent l'impression d'être dans des western);
- l'annonce d'un train pour Melun dans lequel nous sommes montés (chauffé!: quel plaisir après les quais froids) avant d'en descendre quand le conducteur nous a prévenus qu'il allait à Corbeil (deux hommes m'ont demandé: «Vous êtes sûre qu'il va à Melun? ? Non, mais je le prends pour y aller.» Ils sont montés, nous sommes redescendus ensemble);
- un train annoncé pour Melun, mais dont on nous a précisé quand il fut arrêté à quai, comble du raffinement sadique, qu'il allait à Melun mais aurait exceptionnellement pour terminus Paris gare de Lyon, «par suite des retards accumulés» (et là sur le quai, nous avons commencé à envisager sérieusement d'aller étrangler la tête de linote qui déclamait les annonces).
- le conducteur de ce train nous a promis que le train suivant irait à Melun. Cependant nous ne l'avons pas cru, et nous avons eu raison.


M'en fiche, une fois dans le wagon (plutôt vide), j'ai choisi ma place. (Bon évidemment il a bougé, et vu le temps de pose de mon téléphone, ce n'est pas exactement la photo que je voulais.)






Arrivée chez moi deux heures plus tard, à 21h30. Plus de bus avec la neige. Mais je ne prend pas le bus :p

Miss Chou Rouge

Un live sms (comme il y a des live twitts) en direct de Mulhouse. Ce qu'écrase ce billet, honorable lecteur, c'est la perception des minutes qui s'écoulent entre chaque sms.

20h25
Je suis en train de manger au restaurant de l'hôtel et dans la salle d'à côté il y a une teuf (bien bourgeoise) qui s'encanaille (y'a des miss et leurs dauphines) des membres de la confrérie du... Chou rouge!! Si si, et ce n'est même pas du San Antonio... Il y a 5mn, l'orateur loquace et décomplexé a conclu sa présentation par ces mots: «chou rouge après chou rouge, notre confrérie a grandi»! Ils sont au moins cent!

20h41
...la première dauphine de Miss Chou Rouge est en train de parler. Dommage, je ne peux pas la voir...

20h57
Pas de pb... J'en suis au dessert et ça continue de causer, et ça applaudit, ça se congratule et ça rigole. Beaucoup de femmes bien habillées (même pas en rouge!)... Même ma jeune et jolie serveuse attitrée a l'air concernée!

20h58
Je voulais dire consternée! (what a lapsus!)

21h02
Y'a des élus!! Jamais je ne pourrais sérieusement faire de la politique!

21h16
Ouahhh! Je viens de voir miss chou rouge, elle est super canon! On dirait Audrey Hepburn...[1]

21h27
Et la dauphine est une pouffe blonde. Décidément, je préfère les brunes.

21h28
Le spectacle va se terminer, je vais aller me coucher!

21h29
Au secours... Ils chantent... savez vous planter vos choux!



Notes

[1] Quelques recherches plus tard, je peux vous apprendre que Miss Chou rouge (en réalité Miss Roug'Chou) est également (en 2010) Reine du trèfle royal, Reine du carnaval de Buhl, Reine du vin nouveau, 2e dauphine de Miss Lentilles, 2e dauphine de Miss Muguet et 2e dauphine de la Reine de la bière de Baldersheim.

Résumé

Je ne peux pas rester au lit quand je ne suis pas fatiguée (bonne nouvelle: je ne suis pas fatiguée). Détartré la bouilloire, lessivé un mur (oui je sais). Roissy. Chinois (ou Vietnamien). Froid. Abbé Mugnier. Bilan énergétique (un grand beur qui parle sans arrêt et vous explique «qu'on n'a jamais trop de joints»), pressing, boulangerie, saumon, Die unendlichte Geschichte. Le blues de la rentrée.

En passant...

L'informaticien qui a donné le nom de bug au bug est une informaticienne. Elle s'appelle Grace Hopper, soit grasshopper (un bug!), le nom anglais de Petit Scarabée...

Couleurs, chaleur

Chaleur, puces, moustiques, voisins qui font la teuf jusqu'à trois heures du matin... Rien à faire, j'ai trouvé l'hiver si long que je suis contente de me réchauffer enfin un peu.

Je joue au camaïeu de bronzage en variant la largeur des bretelles des robes. En vérité c'est atroce. Mais on dirait que grâce à l'aviron je vais enfin réussir à bronzer un peu cette année.

Perplexe

A voir s'agiter certains fous on finit par se demander si ce ne sont pas eux qui sont normaux, et si par hasard on n'aurait pas loupé quelque chose (tant il semble impossible d'être à ce point illogique).


Précision en 2015 : c'était une allusion aux réactions de JA.

Dimanche

Gueule de bois.
Trois machines (de linge: il fait beau, enfin. Sorti les draps en lin.)
Sieste, encore.
Le reste du temps, je ne sais pas. Bricolé invisiblement.

Matin blême

Tout le monde est réuni autour de la table du petit déjeuner un jour de semaine, ce qui est exceptionnel.
Tout le monde est silencieux, ce qui est également exceptionnel (six personnes, pas un bruit, même pas celui de la mastication.)
Question de ma fille (d'un ton accusateur et moralisant, exactement celui des enfants de la pub Bob l'éponge qui passe au cinéma («Maintenant les parents vous allez vous amuser!» (Qu'on m'amène le réalisateur, que je l'écorche vif. Et tous les adultes qui ont accepté de tourner dans ce truc))): «Mais pourquoi on passe sa vie à la gagner?» Dans un sens je suis soulagée: enfin une question normale. Je lui dis tout de suite qu'il n'y a pas de raison et que vivre est un choix? Je réponds: «A cause d'Adam et Eve.» (Heureusement qu'elle n'écoutait pas sinon je me serais fait engueuler). Et j'ajoute, parce que c'est plus fort que moi et que je pense toujours à cette scène des Sept Mercenaires, quand l'un des héros morigène un petit garçon qui méprise son père paysan et admire les tueurs: «De toute façon la vie c'est très humble, pas très flashy.» (Heureusement elle est déjà partie. Phrase ridicule à prononcer, scène ridicule à raconter, je dois être un peu maso (plonger la tête la première dans sa peur, conversation inattendue dimanche par chat avec une personne rencontrée une unique fois en 2008… Igitur, la peur du noir dont on se souvient le jour. Ahlala la littérature…))

Travaux dans la rue, circulation sur une seule file, le bus slalome. RER en retard, incident mécanique décelé à la sortie des garages, dans l'autre sens une personne est tombée en montant dans une wagon, il a fallu une "intervention", un train est supprimé à cause du retard pris.
Trajet debout, je descends de mes chaussures et fais discrètement le trajet pieds nus (afin d'être stable, de lire sans me tenir ni abîmer le livre (ne pas en casser le dos — ne pas me casser la figure)).
Finnegans Wake. «All the world's in want and is writing a letters». Is There Anybody Out There? Hey! It looks like You're writing a letter! (C'est si facile désormais que nous avons le principe et l'autorisation).

Dernière épreuve, l'ascenseur. Un sur six en panne, comme d'hab. Qui s'arrête à presque autant d'étages que de personnes ascendantes. Portes poussives, qui hésitent à se fermer, prennent leur élan pour accomplir leur jonction en accélérant sur la fin, comme fières d'y parvenir.
J'arrive dans mon bureau en me disant qu'Indiana Jones n'est qu'un petit joueur.

Trop culte

— O., tu ne crois pas que tu devrais lire un peu?
— Mais pourquoi?
— Je ne sais pas, pour te cultiver…
— Mais je suis déjà beaucoup plus culte que les autres !

Les moyens du bord

— Aujourd'hui comme on n'a plus de grenouilles, on va disséquer des poissons panés.

Discussion autour de cinq pizzas, deux salades et une escalope au marsala

Ah j'allais oublier : les tournesols respectent bien mieux la suite de Fibonacci que les marguerites.

Inquiétude

J'ai l'impression de ressembler de plus en plus à Sonia Rykiel (en moins roux, les joues en plus ? donc les rides en moins).


(Et comme j'ai mauvais esprit, je me demande si je ne devrais pas me teindre en roux Sonia Rykiel).

En torche

Clément : Si je disparais entre vingt et trente ans, c'est pas que je vous en veux, c'est que je vous aurais oubliés.
Moi : Tant pis. Comme je le rappelais à quelqu'un, les petits d'animaux s'en vont et ne reviennent jamais.
Hervé : — Oui enfin... L'homme est connu pour avoir plus de besoins affectifs que le ver de terre.
Moi : T'en sais rien. Qu'est-ce que tu sais des besoins affectifs des vers de terre?…
Hervé : Oui, t'as raison, j'ai bien connu un lombric…
Clément : … il s'est suicidé sur un hameçon…




Hervé et Clément partent visiter l'école polytechnique de Lausanne.

Les Sims (version décousue)

Conversation (si on peut dire) de dîner: on m'a fait entrevoir les Sims. (Et toujours, sous ces artefacts, je cherche à saisir ce monde, que je ne comprends pas, qui ne m'intéresse pas et me fascine: que peut-on appréhender du présent et du futur à partir de ce qui est donné dans les jeux?)

— Moi la fille était un peu plate alors j'ai installé un plug-in pour lui faire gonfler les seins.
— ???!!
— Mais non, c'est pas dans la version de base, c'est des geeks qu'ont développé ça!

— Non, mais si tu le laves pas, le besoin hygiène i tombe à zéro et y devient tout vert, il moisit et il meurt. La mort vient avec sa grande faux et spflatch!

— Tu peux faire crac-crac ou tu peux faire des enfants (faire crac-crac, c'est avec préservatif, les enfants c'est sans).
— Oui, et pour faire crac-crac, il ne faut pas dormir!
— Oui, les deux sont sur le lit, et il faut inscrire "détente" sur chacun, et alors tu as le choix "crac-crac" qui apparaît.
— Et si les deux sont sur le canapé et qu'il y a "détente" sur les deux, il peuvent s'embrasser.

— La mort peut devenir ton amie. Moi je l'ai draguée, et j'ai baisé avec la mort.

— Tu as des objectifs de vie, ce qu'on appelle des objectifs à long terme. Parmi les objectifs, il y a "briser le cœurs de dix sims". Moi j'adore, je suis "malveillant, charismatique et baiseur magnifique".
— Baiseur? Embrasseur?
— Oui.
— Et pour briser les cœurs, tu convoques tous tes amis à la même heure, ils se disputent et ils s'en vont. Lol.

— Je voulais que mes enfants pirates un ordinateur. C'était des jumeaux de dix ans, normalement tu as des objectifs de vie quand tu deviens ado; ils ont piraté l'ordinateur et après l'un des deux avait "PDG" comme objectif de vie possible, et l'autre "voleur". J'ai pas compris...

— Je n'ai pas beaucoup d'amis, mais je n'ai pas compris, je suis allée dans un cimetière, j'ai parlé avec des fantômes, et depuis j'ai pleins d'amis nouveaux...

Mnémotechnique

— 06 65, je me le rappelle, 64, c'est 38 fois 2…
— 38 fois deux, ça ne fait pas 64.
— Non, ça fait 76. Moins 7, 69.
— C'est ça, que tu appelles mnémotechnique?

Ignobles Nobel cuvée 2008

[...] on peut déjà se réjouir de la distinction obtenue par une chercheuse de l'École nationale vétérinaire de Toulouse, Marie-Christine Cadiergues : L'Ig Nobel de biologie pour une étude sur les sauts de puce (avec Christel Joubert et Michel Franc). Juste avant la semaine des Nobel, qui commence aujourd'hui avec la médecine, les Ig Nobel (« Ignobles Nobel ») sont remis à l'initiative de la revue scientifique humoristique « Annales de la recherche improbable ». Lors de la cérémonie à Harvard, un des vainqueurs de 2007, Dan Meyer, coauteur d'un rapport médical sur « les effets collatéraux de l'ingestion de sabre », a ouvert la soirée en avalant une épée, qui a vite été retirée par le Dr Thomas Michel, doyen de l'École de médecine. La capacité d'une amibe à sortir d'un labyrinthe, le Coca-Cola spermicide efficace ou sans effet (prix ex œquo pour les deux équipes parvenues à des résultats opposés), les faux médicaments chers qui marchent mieux que les faux médicaments bon marché (l'Ig Nobel de médecine, remporté par un économiste), la modification électronique du bruit de la chips pour dormer l'illusion du croustillant et de la fraîcheur, le principe légal de la dignité des plantes (Ig Nobel de la paix)... : les récompenses sont parodiques, mais les recherches sont sérieuses. « La recherche n'est pas forcément toujours de la grande recherche », dit à l'AFP Marie-Christine Cadiergues, dont le travail portait en fait sur la comparaison de deux espèces de puces dont l'une est en voie de disparition. « D'abord rire, puis réfléchir », dit Marc Abrahams, l'organisateur du prix. Un bon conseil ?

éditorial de Renée Carton dans Le Quotidien du médecin, le 6 octobre 2008

Aptitude inattendue

— Je ne sais pas plonger mais je fais très bien le cornichon dans le vinaigre.

Mamma mia : au secours !

Enough is enough.

C'est la dernière fois que je vais voir un film pour un acteur (en l'occurence Meryll Streep). Ç'aurait pu faire un bon clip de 10 mn, à la rigueur, sur fond de bacchanales bucoliques. Mais là... Failli partir au bout de dix minutes (non, au bout de cinq, dès que j'ai vu les demoiselles d'honneur hurler sur la jetée).

To do list estivale

  • cette année : ranger OK
  • l'année prochaine : bronzer

Certains repas sont plus fatigants que d'autres

— Il m'a insultée; il m'a traitée de conique!

— La structure du centre Beaubourg est globalement tubulaire, localement cylindrique.

— Donc pour toi, aucun problème entre l'œuf et la poule?
— Aucun, on a toujours d'abord un œuf.
— Mais comment tu as l'œuf?
— A la base, par un lézard. Enfin bon, sauf du point de vue théologique, dans ce cas, on a d'abord une poule: Dieu a créé la poule.

— On est tous des cônes.

— Mais Louis XIV était enfant, sa mère était gérante...
— Gérante?
— euh...
— Celle-là, je te jure que je la mets sur mon blog.

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